Multinationales responsables: soyons précurseurs

L’automne sera orange. L’orange vif de l’initiative populaire pour des multinationales responsables qui égaie nos balcons et atterrira bientôt dans vos boîtes aux lettres grâce à l’opération des 500 000 cartes postales. Le 29.11 prochain, nous avons l’occasion d’inscrire les multinationales parmi les nouveaux sujets du droit international.

De la responsabilité collective à la responsabilité individuelle

Longtemps, les seuls sujets du droit international ont été les Etats. S’y sont ajoutés dans le courant du XXe siècle, les organisation internationales (Société des nations remplacée en 1945 par l’Organisation des Nations Unies, Organisation mondiale du commerce, Union européenne, etc. ). En 1998, le Statut de Rome a mis sur pied à La Haye une Cour pénale internationale faisant des individus en cas de génocide, crime de guerre ou crime contre l’humanité, eux aussi des sujets de droit international, quand les Etats n’étaient pas en mesure de traduire les responsables devant leur justice interne. À ce jour, l’essentiel des affaires de la Cour pénale internationale ont mis en cause des dirigeants africains. Dans le même temps, plusieurs grandes puissances parmi lesquelles la Chine, les Etats-Unis et la Russie n’ont pas ratifié le Statut de Rome. Plusieurs voix en Afrique se sont élevées pour prétendre que la Cour pénale internationale reflétait les velléités des Etats occidentaux d’imposer leur justice aux pays en voie de développements.

Tentatives de compétences universelles  

Certains pays ont tenté de s’en prendre à des chefs d’Etat ou de gouvernement en exercice en contestant leur immunité sitôt le pied posé dans leur pays. Au début des années 2000 à la suite de plaintes déposées devant ses tribunaux, la Belgique cherche à s’en prendre à Ariel Sharon, alors premier ministre israélien, qui n’était pas le bienvenu à Bruxelles. À la même période, le juge d’instruction espagnol Batasar Garzon a aussi beaucoup fait parler de lui pour ses enquêtes sur les crimes commis au Chili par le général Pinochet à la suite des nombreuses victimes espagnoles tuées ou exécutées, allant jusqu’à tenter d’auditionner l’ancien Secrétaire d’Etat Henry Kissinger sur les relations des Etats-Unis avec les régimes autoritaires des années 1970 en Amérique latine. Enfin, les Etats-Unis et sa Drug Enforcement Administration (DEA) sont parvenus à extrader, incarcérer et juger plusieurs barrons de la drogue mexicaine notamment (on pense à la condamnation en 2019 de Joaquin Guzman alias El Chapo par un Tribunal de New York).

Faire des multinationales des sujets du droit international

Les multinationales en revanche sont jusqu’ici pour l’essentiel toujours restées en dehors du droit international. Elles ne sont en tous cas pas des sujets du droit international. Leur rôle dans la captation et l’exploitation des ressources naturelles en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie rend pourtant cette question légitime. Glencore est une de ces multinationales active dans le négoce, le courtage et d’extraction de matières premières. Elle contrôle l’essentiel du marché international du zinc, du cuivre ou du plomb. Dans le bassin du fleuve Congo, au Katanga, deux entreprises rattachées à Glenore ont été mises en cause en raison du travail d’enfants et d’adolescents dans des mines artisanales de cuivre rejettent de l’acide sulfurique empoisonnant les populations locales. Glencore comme d’autres multinationales sont devenues des acteurs extrêmement influents, souvent dénoncé dans des affaires d’évasions fiscales et de corruption auprès de pays en voie de développement. Plusieurs de ces multinationales, à l’image de Glencore, ont la particularité d’avoir leur siège en Suisse.

Nous pouvons être précurseurs

L’initiative populaire sur laquelle nous voterons le 29.11 prochain pose la question de la responsabilité environnementale et en matière de respect de droits humains devant nos tribunaux de ces entreprises suisses pour leur agissement à l’étranger. La captation et l’exploitation de ressources naturelles doivent impérativement être encadrées pour éviter qu’elles se fassent au détriment des populations locales et de notre environnement. Ces multinationales doivent rendre des comptes. Sans colonie bien que sa trajectoire historique s’inscrive dans la colonisation, la Suisse ne peut rester passive face à une exploitation sans précédent, susceptible de créer des dommages irréversibles à notre planète. Les regards se tourneront vers la Suisse au soir du 29 novembre. Comme Henry Dunant, précurseur du droit international humanitaire et des Conventions de Genève de 1949, nous avons l’occasion d’inspirer d’autres pays en votant Oui à l’initiative pour des multinationales responsables pour créer les fondements d’un ordre juridique plus respectueux des droits humains et de notre environnement.

Initiative de résiliation: Erasmus en danger

L’initiative de l’UDC sur laquelle nous nous prononcerons au mois de septembre s’invitera-t-elle dans les conversations entre étudiants ou apprentis attablés à une terrasse en sirotant un spritz ? Espérons-le. C’est l’éternel recommencement. Le 27 septembre prochain, nous voterons – encore – sur une énième initiative UDC qui réduirait nos perspectives en isolant notre pays. Sur 173 objets de votations fédérales entre 2000 et 2020, 24 soit 14% ont porté sur des questions européennes (politique internationale mise à part) ou migratoires (2000-2020). La plupart émanaient de l’UDC, seul parti en Suisse disposant des bailleurs de fonds suffisants pour imposer pareillement ses thèmes à l’agenda politique. Après l’initiative « Contre l’immigration de masse » adoptée le 09.02.2014, nous voterons le 27.09.2020 sur celle « Pour une immigration modérée (initiative de limitation) ».

Sur quoi vote-t-on ?

Ce changement de termes n’en modifie pas le contenu. Le titre du projet d’article constitutionnel est plus parlant: “Immigration sans libre circulation des personnes”. D’une part, la Confédération ne doit signer aucun nouveau traité international accordant la libre circulation à des ressortissants étrangers. D’autre part et c’est là le point central, selon les dispositions transitoires « des négociations » seront menées entre la Confédération et l’Union européenne pour que l’Accord sur la libre circulation des personnes soit dénoncé dans les 12 mois suivants l’acceptation de l’initiative. Là où l’initiative « Contre l’immigration de masse » prévoyait trois ans pour sa mise en œuvre sans expressément dénoncer l’Accord sur la libre circulation des personnes, la nouvelle initiative « Pour une immigration modérée » est en réalité beaucoup plus radicale. Elle ne laisse la place à aucun doute possible en résiliant l’un des piliers des accords liant la Suisse à l’Union européenne. Les opposants au texte ne s’y sont pas trompés en la qualifiant « d’initiative de résiliation ». Il s’agit bien d’une nouvelle initiative CONTRE la libre circulation des personnes et CONTRE les accords bilatéraux. 

Préserver la mobilité

L’acceptation de l’initiative entraînerait la fin des programmes de mobilité Erasmus+ pour les étudiants et apprentis. Formellement exclue d’Erasmus+ en 2014 à la suite du vote pour l’initiative contre l’immigration de masse, l’Union européenne a fini par tolérer la participation de la Suisse à la mobilité grâce au Programme de mobilité Suisse-Europe (SEMP). Depuis 1987, ce sont plus de 44 251 Suisses qui ont déjà bénéficié d’un programme de mobilité européen. Entièrement intégrés à ce programme depuis 2014, le nombre d’apprentis en profitant a déjà plus que triplé. En cas de vote pour l’initiative de résiliation, l’Union européenne mettrait fin à la participation de la Suisse à ce programme de mobilité. Si beaucoup d’étudiants et apprentis voient déjà leur projet de séjour en mobilité reporté en raison du coronavirus, demain c’est l’ensemble des étudiants et apprentis qui devraient renoncer à un semestre ou une année d’étude dans un pays européen. 

Une expérience de vie et un plus pour son CV

Renoncer à étudier à l’étranger, c’est être privé d’une expérience intense, de s’ouvrir à d’autres façons de penser et d’adopter une vision internationale des choses tellement nécessaire dans un monde compliqué. C’est aussi renoncer à l’apprentissage d’une langue en immersion. C’est enfin se voir privé de capacités pourtant très appréciées des employeurs à un moment où les jeunes sont particulièrement frappés par le chômage. Ayant eu la chance d’étudier une année à l’Université d’Utrecht aux Pays-Bas, je mesure aujourd’hui encore tout ce que cette expérience de vie m’a apporté.

Votez

Après le vote de 2014 en faveur de l’initiative contre l’immigration de masse, on a beaucoup critiqué le manque de visibilité des milieux universitaires dans la campagne et la très faible participation des jeunes. Cette fois, il est essentiel que la participation des jeunes remonte massivement. Il en va de leur avenir. L’attitude des étudiants et des apprentis est l’une des clés du scrutin du 27 septembre : se donner des perspectives d’avenir en votant non, ou préférer l’isolement en votant oui. Toute abstention favorisera le camp du oui dans un scrutin où la mobilisation sera déterminante.

Ne pas se tromper de débat

Cette votation ne doit pas occulter celui de la protection des salaires de la population indigène et la nécessité d’un renforcement des contrôles, d’une extension des conventions collectives de travail et des mesures d’accompagnement. Cette question se posera bien assez tôt, dès le 28 septembre, autour de la suite à donner au projet d’accord cadre. En réalité, par effet de domino, le vote de l’initiative de résiliation provoquerait la disparition des mesures d’accompagnement et affaiblirait la protection de nos salaires. Gare au mirage isolationniste dans une situation déjà bien morose du fait du coronavirus. La Suisse, tout comme l’Europe, ne s’en sortiront pas toutes seules. 

=> Pour une vision plus complète des enjeux du vote du 27.09.2020 sur les bilatérales, lisez l’excellente contribution du 02.07.2020 « Initiative de résiliation: le grand saut dans le vide! » de Roger Nordmann, président du Groupe socialiste aux Chambres fédérales sur son site

Election au Conseil des Etats: 2e tour VD

Complémentarité contre neutralisation : l’enjeu du 2e tour au Conseil des Etats en terres vaudoises

Deux femmes. Un homme. Trois possibilités. Dans dix jours, les Vaudois.es éliront leurs deux représentant.e.s au Conseil des Etats. Sur la ligne de départ, un sortant : Olivier Français (PLR, 64 ans) et deux challengers conseillères nationales : Ada Marra (PS, 46 ans) et Adèle Thorens (Les Vert.e.s, 47 ans). Plus si challengers que ça, puisqu’au 1ertour, les deux candidates totalisaient 19 000 voix d’avance sur Olivier Français (Adèle Thorens et Ada Marra se situant dans un mouchoir de poche, puisque la première ne totalisait que 400 voix d’avance sur sa colistière).

Un coup d’œil sur le profil Smartvote des candidat.e.s livre un aperçu de l’étendue des divergences entre Olivier Français d’une part, et Ada Marra et Adèle Thorens, d’autre part.

Il est pour :

  • l’augmentation de l’âge de la retraite à 67 ans
  • la hausse du montant des franchises d’assurance maladie
  • la libéralisation complète du marché de l’électricité
  • la libéralisation complète des horaires d’ouverture des commerces (sans CCT).

Elles sont opposées à ces mesures, mais sont pour :

  • la construction de logements d’utilité publique
  • l’interdiction de l’exportation de matériel de guerre produit en Suisse
  • le renoncement aux pesticides de synthèse et la limitation de l’utilisation des antibiotiques
  • un salaire minimum de CHF 4000.- bruts pour un 100%

… que lui combat.

Neutralisation ?

Répété à l’envi par les huiles de l’UDC, l’argument d’une « représentation équilibrée » serait le meilleur argument pour inciter son électorat à voter Français au second tour. Mais que pèse cet argument, quand sur la plupart des sujets, une représentation prétendument « équilibrée » aboutirait à ce que les votes contraires des représentant.e.s vaudois.es s’annulent ?

Ou complémentarité ?

Une dynamique est en cours dans le canton de Vaud. Elle repose sur la prise de conscience que l’action collective contre le réchauffement climatique doit redoubler d’intensité et que nos habitudes de consommation doivent être repensées en profondeur pour des raisons écologiques, comme pour notre santé. Ce mouvement repose aussi sur la prise de responsabilités des femmes dans la société dans son ensemble, jusque dans les fonctions politiques les plus en vue. Dans un Parlement majoritairement conservateur, il reste de l’espace pour une représentation vaudoise au Conseil des Etats prête aux changements nécessaires pour relever les défis qui s’imposent à nous pour plus de cohésion sociale et plus d’attention à notre environnement. Dans le canton de Vaud, cette complémentarité est incarnée par Ada Marra par sa fibre sociale et Adèle Thorens pour sa sensibilité écologique.

Jeunes et politique : À vous de jouer (épisode 4/4)

Quelque chose me dit que vous êtes encore nombreux.euses à ne pas avoir voté. Vous avez reçu votre enveloppe de vote depuis plus d’une semaine. Est-elle enfouie sous la pile de votre courrier à traiter ou sous une pile de facture ? Commencez par remettre la main dessus.

Comme Jeunes, vous êtes à la pointe de la mobilisation pour le climat et pour les droits des Femmes*. Voici trois occasions manquées de changer les choses au Conseil national et autant de raisons de voter le 20.10 pour obtenir de nouvelles majorités.

  1. Êtes-vous favorables à l’introduction d’un congé parental ? 60 OUI vs 131 NON (11.09.2019)

Toutes les propositions de congé parental de 28 ou 38 semaines (demandes de Mathias Reynard PS/VS) – la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) est de 54 semaines – ont été rejetées dans les mêmes proportions.

  1. Êtes-vous favorable à l’interdiction du glyphosate au moins jusqu’en 2022 ? 59 OUI vs 119 NON (26.09.2019)

En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classifié le glyphosate comme « cancérigène probable ». L’Allemagne déploie une stratégie de réduction progressive de l’utilisation de glyphosate, avant de l’interdire complètement en 2024. Malgré les propriétés cancérogènes du glyphosate, le Conseil national a rejeté cette motion de Balthasar Glättli (Verts/ZH).

  1. L’Etat doit-il s’engager pour offrir davantage de logements abordables ? 54 OUI vs 143 NON (22.03.2019)

Avec 40% de propriétaires (30% dans le canton de Vaud), les Suisses.esses restent majoritairement des locataires. L’initiative de l’Association suisse des locataires (ASLOCA) demande 10% de logements à loyers abordables (logements d’utilité publique) sur les nouvelles constructions.

Les décisions qui seront prises ces quatre prochaines années seront essentielles pour les employé.e.s, pour le climat ou encore pour le logement. Remettez la main sur votre enveloppe de vote. Faites mentir l’abstention des Jeunes. À vous de jouer !

Ø Pour savoir comment voter, consultez le tutoriel youtube de Ch.ch

Ø Pour en savoir plus, consultez mon Appel aux jeunes sur mon site internet

Ø Vous pouvez aussi (re)lire les épisodes précédents de ma série sur les Jeunes et la politique

Episode 1 du 05.08.2019 « Jeunes et politique : L’éveil »

Episode 2 du 13.08.2019 « Jeunes et politique : Un rendez-vous manqué ? »

Episode 3 du 18.08.2019 « Jeunes et politique: Faire son choix »

Jeunes et politique : Faire son choix (épisode 3/4)

Plus de 4000 candidat.e.s sont dans les starting-blocks pour les élections fédérales du 20.10. 377 Candidat.e.s se lancent au Conseil national rien que pour le canton de Vaud. Des nombres records qui peuvent être décourageants pour les électeur.trice.s et les plus jeunes notamment qui n’ont pas toujours le temps, ni l’envie de comparer les propositions des différents partis et les profils des uns et des autres. Plusieurs moyens existent pourtant pour vous aider à faire votre choix.

Approchez les candidat.e.s

En Suisse, les élus au Parlement sont des miliciens et non des professionnels. Ce statut les rend – pour la plupart – beaucoup plus accessibles que dans les autres pays. Sur internet, vous trouverez facilement leur e-mail, assez souvent même leur numéro de téléphone. Vous pouvez les croiser dans le train et ils n’ont pas de voiture de fonction. Vous avez une question, une demande, une attente particulière : écrivez-leur, appelez-les, interpellez-les. Plus j’avance dans mon parcours politique, plus les sujets me sont suggéré par des personnes qui m’ont sensibilisé à un enjeu qui m’avait échappé. Et si un.e candidat.e vous reçoit mal ou vous ignore, c’est qu’il ne mérite pas votre confiance.

Aides à la décision

Comme candidat au Conseil national, j’ai déjà répondu à 15 questionnaires allant d’Animaux Parlement à Ecorating en passant par un baromètre numérique. Plusieurs de ces organisations vous renseignent sur les résultats des différents partis et candidat.e.s. En répondant à quelques questions (30 pour la version courte et 75 pour la version longue), Smartvote (accessible aux électeurs.trices dès le 20.08) ou Vimentis (dès le 26.08) vous renseignent sur votre profil politique en générant votre « smartspider » (voici la mienne, à titre d’exemple) et sur les candidat.e.s les plus proches de vos idées. Ces plateformes comportent aussi des limites. Tout d’abord, Smartvote ou Vimentis (même si cette seconde plateforme permet de hiérarchiser l’importance des questions) ne vous renseigneront pas sur la personnalité ou la sensibilité des candidat.e.s. Ensuite, l’approche retenue par ces plateformes comporte aussi certains biais. La différence entre un « Oui » ou un « Plutôt oui » à une question x ou y, ou la définition des algorithmes peuvent avoir des conséquences importantes sur la définition de votre profil politique. Ces plateformes vous donneront un repère, mais ne reflètent pas toutes les aspérités qui font la vie politique. Rien ne vaut le contact humain. La politique ne se résume pas à un algorithme.

Listes jeunes

Enfin, il faut se réjouir de tous ces jeunes candidat.e.s, qui malgré leurs faibles chances d’être élu, sortent de leur zone de confort et affrontent leurs inhibitions pour porter les valeurs qui leur tiennent à cœur. Si le taux d’abstention chez les jeunes a atteint des niveaux records aux dernières élections en 2015 et 2011, le nombre de listes jeunes pour les élections fédérales du 20.10 prochain atteint des niveaux rarement atteints auparavant. En se portant candidat, ces jeunes montrent à leurs semblables qu’il est possible de se lancer. Ces listes sont aussi pour les jeunes électeurs.trices une incitation à participer avec l’espoir que leurs préoccupations seront relayées par des candidat.e.s de leur génération. Ces jeunes méritent notre bienveillance et notre considération.

À suivre le 04.10.2019 : « Jeunes et politique : À vous de jouer (épisode 4/4) »

-Pour en savoir plus, consultez mon Appel aux jeunes sur mon site internet

-Vous pouvez aussi (re)lire l’épisode 1 du 05.08.2019 « Jeunes et politique : L’éveil » et l’épisode 2 du 13.08.2019 « Jeunes et politique : un rendez-vous manqué ? »

Jeunes et politique : Un rendez-vous manqué ? (épisode 2/4)

Pourquoi en Suisse les jeunes ne votent pas ou si peu (autour de 30% pour les moins de 30 ans) ? Quand j’ai adhéré au Parti socialiste, lors de ma première séance, j’ai soulevé cette question. Une quinzaine d’années plus tard, cette préoccupation m’habite toujours.

Le rôle de l’école

Premier élément de réponse. Notre système politique est compliqué. Les élections nous permettent de voter une liste en bloc, de panacher, de la composer de toutes pièces, de doubler des candidat.e.s, d’en biffer d’autres. Nous votons quatre à cinq fois par année sur plusieurs objets. Il faut rendre compréhensible des sujets de prime abord arides (nos impôts ou nos relations avec l’Union européenne) et pourtant essentiels. C’est le rôle de l’école. Dans ce domaine elle doit faire plus et mieux, avec un volume d’enseignement suffisant dédié exclusivement à l’éducation civique. Pour susciter l’adhésion à nos droits populaires, il faut les enseigner. C’est le seul moyen d’éviter la reproduction des inégalités en limitant les futurs électeurs aux enfants des parents qui votent. Aujourd’hui encore, plusieurs jeunes débutent l’Université ou une formation supérieure sans savoir ce qu’est un Parlement ni à quoi sert un référendum. Le droit de vote à 16 ans pourrait aussi s’avérer utile pour que les collégien.ne.s ou apprenti.e.s qui en cours se familiarisent avec notre système politique n’aient pas à attendre deux ans avant d’exercer leur droit de vote.

Clarifier les enjeux

En politique, il faut en permanence adapter son langage à son audience. Les politicien.ne.s ont beaucoup de progrès à faire pour rendre leur message compréhensible et accessible. Les élu.e.s pour la plupart ne sont pas des professionnel.le.s. C’est un avantage pour se confronter à la vie professionnelle et être plus proche de ce que vit la population. Mais ce système de milice implique aussi pour les élu.e.s d’éviter le jargon politique, les abréviations incompréhensible pour les non-initiés et de réfléchir à la manière dont ils s’expriment. Il faut que les élu.e.s s’intéressent aux Conseils d’établissements, aux Parlements de jeunes, Commission de jeunes, à tous ces espaces qui de l’enfance à l’entrée dans l’âge adulte, donne aux plus jeunes le goût du débat d’idées. Il faut que les élu.e.s se rendent disponibles pour se rendre dans les établissements scolaires, les collèges, les écoles professionnels, les gymnases et que les enseignant.e.s les y invitent.

Pas de fatalité

Certain.e.s politologues expliquent parfois que les jeunes ne votent pas avant d’avoir des enfants, ne se sentant pas concernés par les enjeux. Je ne me suis jamais satisfait de cette réponse. Elle est d’ailleurs démentie par la plupart des pays qui nous entourent dans lesquels les jeunes votent dans des proportions beaucoup plus significatives dès l’atteinte de la majorité. À 18 ans, les attentes sont aussi nombreuses que lorsque l’on devient parents. Elles sont simplement différentes. Comment financer mes études ? Quel sera mon premier emploi ? Est-ce que j’y trouverai du sens ? Comment trouver un logement accessible pour quitter le cocon familial ? Et surtout, de plus en plus depuis plusieurs mois : quelle action concrète pour le climat ? C’est aux politiques de répondre à ces questions. La nouvelle génération est consciente des difficultés qui l’attendent. Elle a les pieds sur terre. Elle est curieuse et très concernée par ce monde qui vient. Il n’y a pas de fatalité à voir son taux de participation aux votations et élections stagner autour de 30%. Prenons la peine d’écouter et d’entendre ce que les jeunes ont à nous dire pour apporter des réponses concrètes à leurs préoccupations, voilà sans doute encore le meilleur moyen de combattre l’abstentionnisme ambiant des moins de 30 ans.

À suivre le 18.08.2019 : « Jeunes et politique : Leviers et moyens d’action » (épisode 3/4)

-Pour en savoir plus, consultez mon Appel aux jeunes sur mon site internet

-Vous pouvez aussi (re)lire l’épisode 1 du 05.08.2019 « Jeunes et politique : L’éveil »

Jeunes et politique : l’éveil (épisode 1/4)

Comme rarement auparavant, les jeunes ont été au cœur de la mobilisation depuis plusieurs mois déjà. Les grèves internationales du vendredi pour le climat, cet éveil politique pour des dizaines de milliers d’apprenti.e.s et gymnasien.ne.s, ont rencontré un succès sans précédent, avec ce message simple : « à quoi bon poursuivre mes études, si notre planète ne sera plus viable ? ». La grève féministe a pris le relai avec une envie sans précédent d’en découdre avec les discriminations vertigineuses aux corps des femmes, d’émancipation et de combat contre les assignations de genre au travail, sur son lieu de formation, dans l’espace public et jusque chez soi. Ces deux mouvements ne s’arrêtent pas aux jeunes. Mais la jeunesse en a été à la fois le moteur et un.e acteur.rice incontournable. Rien n’indique que ces mouvements vont s’essouffler. Au contraire, ils génèrent une puissante émulation. Pourtant, les tentatives de le discréditer émergent déjà. En France, un philosophe supposé influent s’est étonné que l’initiatrice des grèves pour le climat, Greta Thunberg lui faisait penser à un robot et qu’elle ne souriait jamais, faisant fi de son autisme et de toutes celles et ceux atteint.e.s de cette maladie. Comme souvent la réaction contre ces deux mouvements d’émancipation pour notre environnement et pour l’égalité femmes-hommes oscilleront entre le mépris et la condescendance. Le rapport de force va se cristalliser de plus en plus autour de ces enjeux : pour ou contre le climat, pour ou contre la cause des femmes.

De l’indignation …

Dans son essai de 2010 « Indignez-vous ! », Stéphane Hessel écrit que l’indignation est le ferrement de l’esprit de résistance. Il est aussi le point de départ de toute prise de conscience et de tout engagement politique. Comment continuer à peser sur le débat d’idées ? Il faudra toute la créativité des animatrices et animateurs de ces mobilisations pour dénoncer le déni trop souvent entendu face à l’urgence climatique ou aux inégalités hommes-femmes, pour identifier les changements à entreprendre et pour conquérir ces nouveaux droits.

… À la participation

Mais nous ne serions pas complets, si nous ignorions la nécessité pour les jeunes de se servir de leurs droits populaires : droit de vote, droit d’élection et d’éligibilité aussi. Naturellement, la démocratie n’est pas l’alpha et l’oméga du champ d’action politique, mais elle en est une des composantes incontournables. En Suisse, aujourd’hui, deux jeunes (moins de 30 ans) sur trois ne participent pas aux élections / votations. Les élu.e.s l’ont parfaitement en-tête. S’adresser aux jeunes ne leur rapporte que peu de voix et ils n’hésitent pas à se détourner de leurs préoccupations. Il n’y a pas pire sourd que celui ou celle qui ne veut pas entendre. Pour peser de tout son poids sur la politique et imposer ses thèmes, environnement et féminisme en-tête, la jeunesse doit prendre toute sa place et cela passe aussi par l’usage de son droit de vote.

À suivre le 13.08.2019 : « Jeunes et politique : un rendez-vous manqué ? » (épisode 2/4)

Pour en savoir plus, consultez mon Appel aux Jeunes sur mon site internet

Déconnexion : un droit à conquérir

Vous vous apprêtez peut-être à partir ou à rentrer de vacances. Vous êtes-vous senti.e obligé.e de relever vos courriels professionnels provoquant une soudaine montée de stress, alors que vous étiez tranquillement assis à siroter un café glacé sur une terrasse ombragée ? Avez-vous répondu au téléphone de votre chef.fe qui avait oublié que vous étiez en vacances ? Le temps de vacances est protégé par la loi. Il a pour but de se reposer, d’occuper son temps différemment afin de reprendre le travail.

Contre la semaine de 67 heures

Seulement voilà à l’ère de l’ultra-connexion, nous sommes passés d’une période où nous allions surinternet à une période où nous sommes dansinternet. La frontière entre vie professionnelle et vie privée s’estompe, d’où l’importance de protéger notre temps libre. Les tentatives d’affaiblir la loi sur le travail sont déjà bien avancées. En Suisse, la durée maximale du travail est déjà l’une des plus élevées en Europe, pouvant aller jusqu’à 45 heures, voire 50 heures/semaine. Tout récemment,pourtant,deux initiatives des partis bourgeois ont obtenu une nette majorité au sein de la Commission de l’économie et des redevances du Conseil des Etats. La première consiste à introduire l’annualisation du temps de travail, permettant d’augmenter le temps de travail jusqu’à 67 heures/semaine, en réduisant le temps de repos entre deux journées de travail de 11 heures à 9 heures plusieurs fois/semaine (terminer lundi à 22 heures, pour reprendre mardi matin à 7 heures). La seconde veut supprimer l’enregistrement du temps de travail, qui a précisément pour objectif d’éviter le cumul d’heures supplémentaires. Ces régressions affecteraient les travailleurs exerçant une fonction de supérieur.e.s ou les spécialistes disposant d’un pouvoir de décision important dans leur domaine, soit jusqu’à 38% des employé.e.s.Ces velléités de dérèglementation rendent d’autant plus nécessaire la reconnaissance d’un droit à la déconnexion garantissant à tout.e employé.e le droit de ne pas lire ses courriels professionnels ou de répondre au téléphone pendant ses vacances et son temps libre. Un droit qui souffre naturellement quelques exceptions pour certaines fonctions dirigeantes élevées, vu leur niveau de responsabilités.

Solutions techniques

Le droit à la déconnexion a été reconnu dans plusieurs pays. En Allemagne, à la demande du syndicat IG-Metall, certaines entreprises, comme Mercedes ou VW font en sorte que les courriels reçus en dehors des heures de travail ne soient pas déviés sur le portable de leurs employé.e.s. Un procédé utile pour éviter une concurrence malsaine orchestrée par des employeurs pas toujours bien intentionnés, visant à tester la réactivité des salarié.e.s jusque sur leur temps libre.

En attendant

En Suisse, malgré quelques tentatives, nos autorités ne souhaitent pas inscrire ce droit dans la loi. En attendant la conquête de cedroit, prenez bien soin d’activer vos notifications d’absence à votre départ en vacances, en précisant bien que vos courriels ne seront lus qu’à votre retour au travail et en orientant vos destinataires vers votre secrétariat ou vers un collègue disponible en votre absence.

-Pour en savoir plus, consultez le post publié le 28.07.2019 sur mon site internet « Droit à la déconnexion : pourquoi et comment »

-Voir aussi, le débat RTS Forum du 27.06.2019 – Déconnexion : faut-il une loi ?

Avec Jean Tschopp, candidat PS au Conseil national, député et juriste chez Unia,

Claudine Amstein, directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie,

Pierre Imhof, chef du Service du développement territorial du canton de Vaud, et

Catherine Vasey, psychologue du travail

@naassomz1

Bonne fête, Papa ?

Bonne fête à tous les papas ! Ce matin en me réveillant, j’ai voulu faire le point sur la condition des pères sous nos latitudes et plus précisément sur le congé paternité, ce serpent de mer de la politique suisse qu’on évoque toujours, mais qui ne se concrétise jamais. Le 23.05.2019, le Conseil fédéral renonçait à entrer en matière sur la proposition de deux semaines de congé paternité de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des Etats. En 2015, la naissance de ma deuxième fille m’a donné droit à cinq jours de congé paternité, de quoi me faire passer pour un privilégié. En Suisse, la plupart des pères n’ont droit qu’à un seul jour pour la naissance de leur enfant (qui ne constitue pas un congé paternité, à proprement parler) contre trois en cas de décès du conjoint ou de son enfant. Tout juste de quoi assister à la naissance de son enfant. Malaise

Nécessité

On voudrait décourager les pères de s’investir dans l’éducation de leurs enfants qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Tous les parents le savent : la naissance d’un enfant est une révolution. Sortir de soi pour focaliser son attention sur son nouveau-né, changement de rythme, nuits rock’n’roll, défi pour le couple, charge mentale … Excepté dans la pub, cette étape de vie intense et extraordinaire à tous points de vue n’a rien d’un long fleuve tranquille. Alors que toutes les femmes de bonne volonté s’apprêtent à défiler en nombre dans les rues de Suisse pour demander un meilleur partage des tâches entre femmes et hommes, il y a quelque chose de totalement anachronique à nier aux pères leur rôle essentiel dans les premières étapes de vie de leurs propres enfants.

Et ailleurs ?

Alors que la situation s’enlise en Suisse, en Europe notamment, les lignes bougent. Point important : alors qu’en Suisse, le congé-paternité est le cheval de bataille des partis de gauche, ailleurs, indépendamment des majorités en place, la situation évolue. Alors que l’Europe du Nord est exemplaire, la condition paternelle progresse également dans le Sud de l’Europe et dans les pays de l’Est. Tour d’horizon non exhaustif

Congé paternité en jours : tableau comparatif – la Suisse bonne dernière

Allemagne Autriche Bulgarie Danemark Espagne Finlande France Grèce
365 365 15 14 56 54 14 2

 

Islande Italie Lituanie Norvège RU Slovénie Suède Suisse
90 2 30 112 14 14 480 1

 

Allemagne : base volontaire et pour un seul parent (congé parental)

Danemark : 224 jours (32 semaines) de congé parental en sus

Espagne : dès 2021, 112 jours (16 semaines), contre 56 jours actuellement (8 semaines)

France : 3 jours à la naissance + 11 jours à prendre dans les 4 mois suivant la naissance

Royaume-Uni (RU) : faible indemnisation

Enfin, l’Union européenne s’apprête à garantir un congé paternité de deux semaines, dans tous ses Etats membres à la suite d’une directive du Parlement et du Conseil adoptée, début 2019.

Et maintenant ?

Tout prochainement (vraisemblablement en 2020, voire 2021), nous voterons sur une initiative populaire fédérale demandant 4 semaines de congé paternité. En 2015, un sondage montrait que 81% de la population suisse était favorable à l’introduction d’un congé paternité. Le financement envisagé repose sur un financement paritaire employeur-employé de l’assurance perte de gain, qui nécessiterait tout au plus un très léger relèvement de la cotisation paritaire. Le Conseil des Etats a ficelé un contre-projet proposant 2 semaines, mais le Conseil fédéral y est défavorable. Dans le cadre de leurs revendications, les collectifs de la Grève des femmes – et les hommes solidaires – demandent, entre autres changements, 8 semaines de congé paternité : une demande mesurée, dans la moyenne de ce qui se fait ailleurs en Europe

Projet de congé paternité en Suisse en semaines : état des lieux

Initiative populaire Commission du Conseil des Etats Conseil fédéral Grève des femmes
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Initiative « pour l’autodétermination » : le jour d’après

Si les derniers sondages montrent une légère avance pour les partisans du Non à l’initiative « pour l’autodétermination », l’issue du vote reste incertaine. Une acceptation de l’initiative UDC « contre les juges étrangers » ne serait pas sans conséquence pour notre pays. Passage en revue des conséquences plus ou moins vraisemblables au soir et dans les mois suivant la votation. Politique fiction ? Peut-être pas tant que ça.

Berne, 25.11.2018 15h41

Comme le laissait présager le dernier sondage du début du mois de novembre, le camp du « Oui » a remonté la pente lors des derniers jours. Dans une interview au Tages Anzeiger du 10.11, Christoph Blocher a résumé en ces termes l’enjeu du vote : « Nous savons maintenant que la Commission européenne ne se donne même plus la peine d’écouter la Suisse. Soit le peuple Suisse décide de prendre son destin en mains, soit les décisions seront entièrement imposées depuis Bruxelles ». À 15h43, la conseillère nationale PLR Christa Markwalder tweete : « La votation va se jouer à un rien. Nous retenons notre souffle ». Le camp du Oui ne possède que 17’000 voix d’avance, mais tout reposera sur le vote des Argoviens (double majorité des cantons et de peuple oblige). À 15h57, le résultat tombe à 50,6%, Argovie a rejoint le camp du Oui. Dans l’euphorie du stamm des partisans du Non, en direct de Zurich, l’influent UDC Roger Köppel déclare au micro de la RTS : « Ce 25.11 est à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de la Suisse. Nous le célébrerons comme le jour où le peuple Suisse a pris son destin en mains, comme les Confédérés en 1291 ». À 18h00, Christian Levrat, président du parti socialiste déclare en ouverture de Forum : « Les milieux économiques portent une lourde responsabilité dans cette défaite. Leur engagement a été très timide. La gauche a fait sa part, mais les milieux économiques n’ont pas été à la hauteur des enjeux ».

Paris, 26.11.2018 10h15

Lundi matin, le Président français Emmanuel Macron, qui ne s’était pas encore exprimé au sujet du vote de la Suisse, déclare avec une pointe d’opportunisme lors d’une conférence de presse improvisée en écho aux velléités de départ de Genève exprimées la veille par plusieurs responsables d’ONG : « Nous prenons acte du vote du peuple suisse. Ne reconnaissant plus la Cour européenne des droits de l’hommes, la Suisse n’est désormais plus en mesure de garantir pleinement le respect des droits humains. La Suisse n’a plus la légitimité suffisante pour héberger le siège régional des Nations Unies et celui de l’Organisation international du travail (OIT). La France est déterminée à renforcer son rôle de patrie des droits humains. Dans une lettre adressée ce matin aux Nations unies et à l’OIT, elle demande à ces deux organisations internationales le transfert de leurs sièges en France. Plus de 3000 emplois sont concernés ».

Ankara, 06.12.2018 15h17

En marge d’une rencontre bilatérale sur la Syrie, Vladimir Poutine et Recep Tayip Erdogan annoncent la dénonciation simultanée de la Convention européenne des droits de l’homme. Dans un communiqué commun, les deux chefs d’Etat, dont les pays sont les plus souvent condamnés par les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme déclarent : « La Cour de Strasbourg est devenu un instrument de colonisation des pays d’Europe de l’Ouest pour imposer sa vision du monde et affaiblir le pouvoir souverain des Etats. La Suisse a montré la voie en remettant en cause le pouvoir des juges étrangers. La Fédération de Russie et la République de Turquie savent ce qui est bon pour leurs peuples et n’ont pas à se faire dicter leur comportement par une Cour politisée ».

Bruxelles, 22.03.2019 17h46

Réuni en sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, le Conseil européen annonce la fin des principaux accords bilatéraux avec la Suisse. Dans un mémorandum d’entente, l’Europe des 28 dénonce les Accords sur la libre circulation des biens, des services et des personnes. Selon le communiqué final du Conseil : « La Suisse ne peut pas nouer un partenariat étroit avec l’Union sans les droits humains. La protection des droits humains fait partie intégrante du droit européen. La remise en cause systématique du droit international par la Suisse n’en fait plus un partenaire fiable. L’Union va renforcer ses contingents et ses taxes à la frontière avec la Suisse dans tous les secteurs d’activité. Cela ne sera pas sans conséquence, puisque 71% des importations suisses proviennent du marché européen ».