AVS+ : une solution pour les jeunes

Selon le dernier sondage du 26 août 2016, 35% seulement des 18-34 ans seraient favorables à AVS+, alors que 65% des plus de 50 ans seraient prêts à voter oui. Comme pour l’initiative sur l’immigration de masse, le vote jeunes sera la clé du scrutin du 25 septembre 2016 sur l’initiative de l’Union syndicale suisse qui propose un relèvement des cotisations AVS de 10% (0.4% pour la part employeur et 0.4% pour les salariés).

Effet Couchepin

Comment se fait-il que les jeunes ne se laissent pas convaincre ? L’explication remonte aux déclarations d’un certain Pascal Couchepin en 2003, fendant une lance pour prôner la retraite pour tous à 67 ans. Sur le moment, plusieurs cadres du parti ont reproché à leur Conseiller fédéral de détourner les électeurs du Parti libéral radical, qui enregistrait une perte de près de 3% aux élections fédérales de 2003. Le sujet a ensuite disparu des radars, pour refaire surface treize ans plus tard au sein de la Commission de sécurité sociale du Conseil national, proposant un système de relèvement automatique de l’âge de la retraite à 67 ans pour tous, sans compensation. Face à ces velléités, plusieurs jeunes ont acquis la conviction que les seniors bénéficiaient aujourd’hui de conditions de retraite qu’ils ne pourraient jamais atteindre. Dans ces conditions, pourquoi encore améliorer le niveau des rentes ?

Moment optimal

C’est là ou le bât blesse. Pourtant, les efforts raisonnables consentis dès aujourd’hui avec AVS+ par les jeunes générations leur permettront demain de bénéficier de meilleures conditions de retraites et de contrer tout tentative de relèvement de l’âge de la retraite, à l’heure où la situation du 2e pilier s’assombrit. En effet, les pertes accumulées par les caisses de pension se poursuivent, sans interruption, depuis la crise de 2008. En raison de l’instabilité économique ambiante, tout indique que ces pertes de rendement ne s’arrêteront pas. Elles contraignent les caisses de pension à réduire leur taux de conversion, tout en relevant l’âge de la retraite, parfois même au-delà de l’âge légal. La semaine dernière, Manor annonçait ainsi le relèvement de l’âge de la retraite de ses employées femmes à 65 ans pour toucher l’entièreté de leurs rentes. Travailler plus, pour gagner moins. La génération de retraités actuels a pu bénéficier d’une hausse de ses rentes à la faveur d’un relèvement de taux de cotisations en 1975. Pour faire fasse à l’augmentation du coût de la vie, loyers et primes d’assurance-maladie en tête, la génération des jeunes actifs doit pouvoir aussi bénéficier d’une hausse de ses rentes futures par un léger relèvement des taux de cotisations. L’effet multiplicateur est particulièrement convaincant. Avec AVS+, pour un trentenaire en 2016, moyennant une hausse de Frs. 20- de cotisations sur un salaire mensuel de Frs. 5'000.-, à l’horizon 2050, sa rente AVS ferait un bond de Frs. 200.- par mois et Frs. 350.- pour les couples. AVS+ ? « Yes, we can ! », une question de priorité, selon l’économiste Cédric Tille (Blog de L'Hebdo, L'économie déchiffrée, 25.08.2016). Et les jeunes seraient parmi les premiers bénéficiaires d’AVS+.

Jean Tschopp

Jean Tschopp

Juriste de formation, Jean Tschopp est l’auteur d’un livre sur l’accès aux ressources et aux matières premières (Statut et droits collectifs des peuples autochtones, Stämpfli, 2013). Titulaire d’un doctorat en droit international de l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID), il est depuis 2012, député socialiste au Grand conseil vaudois et vice-président de Groupe depuis 2016. Parallèlement, Jean Tschopp exerce comme juriste au syndicat Unia Vaud et représente les employés dans plusieurs caisses de pensions. Lausannois, Jean Tschopp est aussi vice-président de la Fondation pour l’animation socioculturelle lausannoise (FASL).

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