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Reconversion vers les métiers de la transition écologique

Durant ces vingt prochaines années, nos approches professionnelles devront se modifier en profondeur. La transition écologique ne se limite pas à des incitations à des comportements respectueux de l’environnement ou à des investissements dans les énergies renouvelables aussi indispensables soient-ils. Pour relever le défi de réduction de 50% de nos émissions de CO2 d’ici 2030 (par rapport au niveau de 1990) et de neutralité carbone en 2050 qui engage notre pays aux termes de l’Accord de Paris, il faut pouvoir repenser notre rapport au travail dans tous les secteurs d’activité sans exception.

Transition ou transformation?

Le mot « transition » n’est d’ailleurs pas le plus approprié. L’atteinte de la neutralité carbone n’a rien d’automatique. Elle ne se décrète pas. Dans son dernier rapport de 2018 sur l’environnement, le Conseil fédéral indique qu’en Suisse l’empreinte moyenne de gaz à effet de serre/personne est 23 fois supérieure à ce que les limites planétaires peuvent supporter. Un défi sans précédent s’impose à nous. Nous parlons d’une transformation écologique. L’ampleur des efforts nécessaires peut être vertigineux. Parmi les plus jeunes en particulier, mais pas seulement, un phénomène social d’eco-anxieté s’observe. Il faut en faire quelque chose. Plusieurs démarches existent pour repenser son orientation professionnelle, on peut citer notamment « Slow ta carrière » proposant des ateliers pour donner du sens et trouver sa voie professionnelle dans les limites planétaires. À la prise de conscience doit succéder une mise en mouvement. Nous sommes toutes et tous des acteurs du changement et nous ne sommes pas seuls.

Quels sont les métiers de la transition écologique ?

Une vision romantique et réductrice véhiculée par certains peut donner le sentiment que nous devrions tous retourner vers les métiers de la terre. Premièrement, nous n’avons pas tous des prédispositions ou affinités pour travailler à la ferme. Deuxièmement, ne serait-ce que pour préserver nos ressources, il n’y a aucune raison objective à tous nous reconvertir dans l’élevage ou l’agriculture.

En réalité, les secteurs professionnels favorables à la reconversion écologique sont innombrables: énergies renouvelables, agriculture de conservation, foresterie, régénération des sols, assainissement énergétique des bâtiments, transports publics et mobilité douce, accompagnement et conseil, formation, information et médias, finance durable, légal et institutionnel, recherche et séquestration de CO2, revalorisation des déchets, recyclage. Et cette énumération ne prétend pas à l’exhaustivité. Plus que des métiers en tant que tels, il y a des approches professionnelles à repenser en terme de durabilité et d’économie circulaire (voir le livre de Sophie Swaton de 2020 « Le revenu de transition écologique: mode d’emploi »). Dans un contexte où le secteur du bâtiment en raison d’isolations déficientes génère 26% des émissions internes de CO2, les ouvriers du bâtiment ont un rôle de premier plan à jouer dans la nécessaire transformation écologique. Peinant à recruter, la filière du bâtiment doit offrir de meilleures conditions de travail pour rendre ces métiers plus attractifs et pour faciliter les évolutions de carrière. Notre imaginaire aussi doit évoluer pour voir les ouvriers du bâtiment occupés à poser de nouvelles couches d’isolation comme des acteurs incontournables du combat contre le dérèglement climatique. Plus largement, la construction doit évoluer vers des matériaux moins dépendants du béton, vers des matériaux recyclés moins polluants ou vers le bois, comme le demande dans le canton de Vaud l’initiative populaire « Sauvons le Mormont ».

Comment y parvenir?

Comment accélérer cette reconversion? L’urgence climatique empêche de cibler l’effort de la nécessaire transition exclusivement sur les générations qui entrent sur le marché du travail. Quantité d’employés ne demandent qu’à se réorienter vers un métier plus durable. Seulement quand on a une famille à charge, ce n’est pas à la portée de tout le monde. Des bourses sont nécessaires sous conditions de ressources pour les personnes qui n’ont pas les moyens de se lancer dans une nouvelle formation vers un métier durable. En un mot: nous avons besoin d’une écologie sociale. C’est la demande que j’ai faite dans une motion du 01.06.2021 portée par le Groupe socialiste au Grand Conseil vaudois: une motion soutenue par la gauche et le centre, mais combattue par un Parlement à majorité de droite. Au vote, le 30.11.2021, il a manqué trois voix à cette motion pour passer la rampe. Ce n’est pas la fin de l’histoire et nous reviendrions à la charge. Mais par-delà les déclarations d’intention et les postures électoralistes (les élections dans le canton de Vaud ont lieu le 20.03.2022), les crispations des partis bourgeois font encore trop souvent échec à la nécessaire transition écologique. Nous devons emmener tout le monde sur la voie de la transition écologique. Elle ne doit pas être le privilège de quelques-uns, sinon nous échouerons.

La transition écologique n’a rien d’évident. Cette nécessaire transformation s’incarne dans des trajectoires professionnelles de femmes et hommes déterminés à être des acteurs du changement. Nous avons à soutenir cette dynamique sans réserve par tous les moyens possibles. Le temps presse. Attendre nous coûtera trop cher. Ne tardons pas.

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Invasion de l’Ukraine par la Russie: neutralité de la Suisse à géométrie variable

C’est un cauchemar éveillé. Les chars russes sont aux portes de Kiev et la centrale nucléaire de Tchernobyl est occupée par les forces armées. Selon le Haut commissariat aux réfugiés, plus de 150 000 ukrainiens ont déjà quitté leur pays. Les premiers chiffres font déjà état de plusieurs centaines de mort au sein de la population civile ukrainienne.

Cette attaque unilatérale est condamnée par la quasi-totalité de la communauté internationale à l’exception notable de la Chine, de la Corée du Nord et de l’Inde. Plusieurs des sanctions économiques nécessaires pour éviter à la Russie de financer sa guerre sont pourtant écartées par le Conseil fédéral. Cette position n’est pas acceptable. Selon les Ukrainiens, 1/3 des fonds des oligarques russes proches de Poutine se trouvent dans des banques suisses. Ces avoirs doivent être gelés sans délai pour éviter de financer l’invasion russe en Ukraine.

Confiscation de la neutralité

Il y a un malentendu dans la définition de la neutralité que cherchent à imposer les milieux conservateurs. La neutralité ne réduit pas dans chaque conflit qu’elles qu’en soient les circonstances et les disparités à se tenir à équidistance des belligérants pour se mettre à disposition en cas de pourparlers devenus de toute évidence impossibles. Ce discours révèle d’ailleurs de profondes incohérences. Les partisans les plus affirmés de cette passivité, bien représentés dans les rangs de l’Union démocratique du centre (UDC) ou de l’Association pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN), expriment même leur sympathie à Vladimir Poutine (éditorial du 24.02.2022 « Poutine l’incompris » de l’influent conseiller national UDC zurichois Roger Köppel dans son propre hebdomadaire la Weltwoche). Les défenseurs de cette neutralité absolue ne s’émeuvent pas davantage de l’impossibilité d’établir la traçabilité d’armes livrées par la Suisse à l’Ukraine se retrouvant aujourd’hui dans le camp des séparatistes.

La neutralité doit devenir une politique active de promotion de la paix

Quand un Etat viole ouvertement le droit international en décidant d’envahir un Etat voisin, en s’en prenant à sa souveraineté territoriale (art. 2 § 4 de la Chartes des Nations Unies), la Suisse doit en tirer les conséquences. L’invasion russe ne repose ni sur une action de sécurité de sécurité collective des Nations Unies, ni sur la légitime défense de la Russie (art. 42 et 51 de la Charte des Nations Unies). Elle viole l’intégrité territoriale et l’indépendance de l’Ukraine. Or, la Suisse s’engage à respecter le droit international (art. 5 al. 4 Cst).

Quant aux axes de notre politique étrangère, ils sont définis dans notre Constitution. La promotion de la coexistence pacifique entre les peuples et le soulagement des populations dans le besoin en font partie intégrante (art. 54 al. 2 Cst). Ces priorités ont été acceptées à près de 60% par le peuple et les cantons en votation populaire en 1999. Le respect du droit international, la promotion de la paix et l’aide aux populations dans le besoin sont étroitement liées à notre neutralité. Ces fondements justifient que le Conseil fédéral fasse usage de tout ce qui en son pouvoir pour priver la Russie du financement d’une invasion sur le dos des populations civiles violant le droit international et fragilisant la sécurité internationale.

Débattre de la neutralité que nous voulons

Il manque à cette neutralité active incarnée par le Conseiller fédéral radical Max Petitpierre dans les années 1950 et reprise à son compte par la socialiste Micheline Calmy-Rey comme ministre des affaires étrangères au début des années 2000, une assise populaire ou/et associative qui fasse contrepoids au discours isolationniste de l’ASIN. Cette neutralité incarnée peut faire de la Suisse un Etat assumant pleinement ses responsabilités internationales en accord avec son rôle humanitaire de premier plan, contre une attitude d’égoïsme et d’indifférence. Cette neutralité gagnerait également en cohérence en s’évitant des livraisons d’armes dont nous nous sommes ni en mesure de contrôler les reventes, ni de garantir qu’elles soient utilisées lors de conflits armés. Et la Suisse n’en serait pas moins indépendante.

Morges

Droit à la déconnexion: le temps retrouvé

Grosse fatigue. En deux ans de pandémie, nous n’avons sans doute jamais passé autant de temps à la maison, jamais annulé autant de séance « en présentiel » et pourtant beaucoup se plaignent d’être épuisé. Comment l’expliquer? Les causes sont multiples, mais l’usage que nous faisons du télétravail (et non le télétravail en soi) est sans aucun doute un facteur d’explication.

Télétravail et déconnexion

Le télétravail implique une unité de lieu entre vie privée et vie professionnelle. Garde des enfants, tâches domestique et sollicitations professionnelles se confondent. Les horaires habituels peuvent rapidement se retrouver chamboulés. On peut être tenté d’aller chercher ses enfant plus tôt à la garderie, mais il faudra ensuite travailler jusqu’à tard dans la nuit. Le télétravail ne s’arrête pas avec la levée des mesures de restrictions de la pandémie entrées en force ce 17.02.2022. Pour rester attractif, tout employeur devra désormais proposer à ses salariés du télétravail. Les avantages sont nombreux: gain de temps du fait de l’absence de trajet, bienfait pour l’environnement et organisation facilitée, à condition justement … d’être très bien organisé.

Contre la dérégulation du temps de travail

Sous couvert d’autonomie, un discours très idéologique prend forme: celui d’un travailleur pleinement en phase avec les nouvelles technologies, disponible en tout temps, jamais vraiment complètement en vacances ou en week-end. L’initiative parlementaire du conseiller aux Etats Konrad Graber (Le Centre/LU) en fournit un bon exemple. Ce texte demande une réduction du temps de repos entre deux journée de travail à 8 heures, un déplafonnement par branche professionnelle du maximum de 45 heures de travail par semaine et des dérogations supplémentaires pour les cadres ou spécialistes à l’interdiction du travail du dimanche. Alors même que des négociations entre partenaires sociaux sont en cours sur les attentes et besoins des différentes branches professionnelles, la commission de l’économie du Conseil des Etats s’est prononcée dans la précipitation en faveur de l’initiative le 04.02.2022.

Le temps protégé

Les sollicitions en continu s’insinuent dans une zone grise susceptible de mettre les travailleurs en concurrence. Dois-je répondre à cet e-mail de mon supérieure reçu à 22h? Son e-mail ne pouvait-il pas attendre demain? Ces questions nous devons nous les poser et agir en conséquence. Notre apprentissage en accéléré du télétravail nous a fourni quelques enseignements: il est illusoire de pouvoir s’occuper d’enfants en bas âge en travaillant. Sans délimitation de ses horaires de travail, la charge mentale s’accroît et les atteintes à la santé, parfois jusqu’au burn-out, guettent. Nous avons besoin de temps pour nous vider l’esprit, faire autre chose que travailler et pour redémarrer ensuite à son bureau la tête reposée avec des idées neuves.

Comment m’y prendre

Le droit à la déconnexion, celui de ne pas recevoir de sollicitations professionnelles durant son temps libre, ses week-end ou ses vacances, est une contre-offensive à la dérégulation du temps de travail. Deux ans de télétravail ont souligné l’importance du droit à la déconnexion. Ce droit est encore à conquérir. Mais il peut déjà être une source d’inspiration dans notre rapport au travail. Il passe pas l’enregistrement quotidien de son temps de travail sur une plateforme à laquelle l’employeur a accès non seulement pour le porter à sa connaissance, mais aussi pour être conscient du temps consacré à son activité professionnelle. Dans nos vies trépidantes, le droit à la déconnexion prend la juste mesure de nos sollicitations continues pour se préoccuper de notre santé au travail.

Pour en savoir plus

>24 heures, Alain Détraz « Avec le retour au bureau, le droit à la déconnexion revient sur la table » 15.02.2022
>Sur mon blog Le Temps Changement et politique. « Déconnexion: un droit à conquérir » 28.07.2019
>Sur mon site « Droit à la déconnexion : pourquoi et comment » 28.07.2019
>Débat RTS Forum « Déconnexion : faut-il une loi ? » 27.06.2019

Mariage pour tous. De la tolérance à l’acceptation

Depuis la votation populaire de 2005 en faveur du partenariat enregistré, les couples de même sexe sont tolérés. Le scrutin du 26 septembre 2021 est l’occasion de passer à une véritable acceptation des couples homosexuels. Les arguments des opposants au mariage pour tous montrent une étonnante similarité avec ceux de 2005. Passage en revue et contre-argumentaire.

« Une différence biologique insurmontable ». FAUX

Selon cet argument, la nature voudrait que le couple se réduit à l’union d’un homme et d’une femme. Dès lors, il n’y aurait aucune discrimination à interdire le mariage aux couples de même sexe. D’un point de vue biologique, cette assertion est fausse. Le règne animal connaît quantité de comportements homosexuels chez les dauphins et les girafes notamment et chez 450 espèces vertébrées. Des comportements bisexuels sont aussi observés chez certains lions, putois ou lézards ou encore lesbiens comme parmi les macaques (voir le très beau livre « Amours » de Jacques Attali et Stéphanie Bonvincini). L’exposition à visiter en ce moment au Musée d’histoire naturelle de Berne « Queer – La diversité est dans notre nature » en fournit une riche illustration. Pour les tenant d’une vision essentialiste pourtant, la différence entre une femme et un homme ne se réduit pas aux aspects physiologiques, mais procède de goûts et d’affinités différentes. Poussée à son extrême, cette approche peut aller jusqu’à justifier les thérapies de conversion, encore bien présentes en Suisse, contraignant les homosexuels à (re)devenir hétérosexuels (voir la motion de mars 2020 du député socialiste Julien Eggenberger au Grand Conseil vaudois « Pour l’interdiction des thérapies de conversion »). Cette vision s’oppose à une représentation constructiviste de la personnalité libérée des assignations de genre. Cette représentation accepte la part de féminité présente à divers degrés chez de nombreux hommes hétéros ou homosexuels et inversement la part de masculinité chez bien des femmes. Il arrive parfois qu’une personnalité passe même du masculin au féminin (ou inversement), voire au genre neutre. On parle alors de genre fluide.

« Le bien de l’enfant n’est pas pris en compte ». FAUX

La loi soumise à votation autorise le don de sperme aux couples lesbiens. Les opposants au mariage pour tous y voient un danger pour l’enfant. La plupart des pays d’Europe occidentale connaissent déjà le mariage pour tous depuis de nombreuses années. En Suisse, depuis 2018, l’adoption est possible pour les familles arc-en-ciel, mais moyennant une procédure longue et intrusive. L’accès étendu aux dons de sperme facilitera la parentalité des couples homos. Aucune étude empirique sérieuse n’a pu établir que le fait d’avoir des parents homosexuels allait contre le bien de l’enfant. Un nouveau-né et un enfant a besoin de parents présents et aimants pour se développer. Leur sexe est sans importance. Seul les vexations et discriminations exprimés par des personnes hostiles aux familles arc-en-ciel peut porter atteinte au bien de l’enfant. Sur ce terrain, on peut mesurer le progrès considérable réalisé en une génération à peine. Il y a une vingtaine d’année, l’insulte « pédé » résonnait encore largement dans les préaux. Aujourd’hui, sous l’impulsion des nouvelles générations, plus grand monde ne se risque à proférer des insultes homophobes en public, et ce, même si ces discriminations restent encore beaucoup trop nombreuses. L’acceptation en février 2020 en votation populaire à plus de 63% de la loi Reynard contre l’homophobie en fournit l’illustration (art. 261bis CP).

« La gestation pour autrui et le don d’ovules seront les prochaines étapes ». IMPOSSIBLE À SAVOIR

Le texte de loi soumis à votation le 26 septembre 2021 n’autorise aucune de ces méthodes de procréation médicalement assistée. Notre Constitution fédérale interdit la gestation pour autrui (mère porteuse) et le don d’ovules (art. 119 al. 2 let. c et d Cst). Seul une majorité du peuple et des cantons pourrait autoriser ces pratiques. L’avenir nous dira si ces pratiques seront autorisées un jour. Actuellement, en Europe, la gestation pour autrui est interdite notamment en Allemagne, en Espagne, en France et en Italie. Le Danemark et les Pays-Bas l’autorisent en interdisant toutefois toute rémunération. Le Portugal la limite aux cas de stérilité féminine en cas de dysfonctionnement de l’utérus. La Grèce ou l’Ukraine l’acceptent avec plus de souplesse. Pour revenir à la Suisse, à ce stade, aucun projet de gestation pour autrui n’est à l’ordre du jour. Le don d’ovules est lui interdit notamment en Allemagne, en Autriche, en Italie, en Norvège ou encore au Portugal. La France autorise le don d’ovocytes anonyme sans rémunération. L’Espagne le permet aussi en préservant l’anonymat des donneuses et avec une rétribution possible. En Angleterre, la donneuse n’est pas anonyme et une rémunération est autorisée. En Suisse, une initiative parlementaire a été déposée en mars 2021 par la conseillère nationale verte libérale de Bâle-Ville Katja Christ. Elle n’a pas encore été traitée au Conseil national. Il est difficile de savoir le sort que le Parlement lui réservera. En tous les cas, si un projet devait aboutir, le peuple et les cantons auraient le dernier mot.

Sur le même thème pour prolonger le débat dans les blogs du Temps voir aussi:
Pour le mariage pour tous
Ecologie politique et égalité. Le blog de Delphine Klopfenstein Broggini. 13.08.2021. Le mariages pour toutes et tous. Un droit fondamental. 13.08.2021
Contre le mariage pour tous
Le grain de sable. Le blog de Suzette Sandoz. Mariage pour tous: nouvelles inégalités. 19.08.2021

Pour les arguments des deux camps:
Le site des partisans du Mariage pour tous
Le site des opposants au Mariage pour tous

Pour le droit de vote à 16 ans

Voilà 50 ans les femmes finissaient par obtenir le droit de vote. Selon le principe « j’y vis, j’y vote », d’autres droits de vote sont à conquérir: celui des étrangers (la plupart des cantonaux ne connaissent pas le droit de vote communal des étrangers) et le droit de vote à 16 ans.

Discernement

À quel âge a-t-on suffisamment de discernement pour se prononcer pour ou contre le mariage pour tou·te·s, pour ou contre les pesticides? En permettant aux élèves de développer un esprit critique, de débattre, l’école leur donne les outils pour être en mesure de se forger une opinion. À 16 ans et jusqu’à preuve du contraire, un jeune a suffisamment de discernement pour se faire sa propre opinion sur un sujet de société. Dès qu’il suit ses cours de citoyenneté, on ne devrait pas faire attendre un jeune avant de lui donner son droit de vote. À 16 ans, le temps paraît plus long. Pour donner le goût de la chose publique, il faut pouvoir passer rapidement de la théorie à la pratique.

Droit de vote médian à 57 ans

En Suisse, l’âge de droit de vote médian (celui pour lequel il y a le même nombre de votants d’un âge inférieur et supérieur) s’établit à 57 ans. Il n’a cessé d’augmenter au cours de ces dernières décennies. En comparaison, l’âge médian en Suisse est de 42 ans. L’ « électeur moyen » a donc près de 20 ans de plus que la moyenne d’âge actuelle. Parallèlement, 2/3 des moins de 30 ans ont tendance à s’abstenir. Persévérer sur cette voie du vieillissement de l’électorat a quelque chose de préoccupant. Naturellement, une génération n’est pas homogène. Il n’en reste pas moins qu’elle partage des préoccupations communes, qui peut détourner son attention de nouveaux enjeux. Il y a donc un intérêt à promouvoir des mesures qui permettent de rajeunir l’âge des électeurs·trices. Le droit de vote à 16 ans est l’une d’entre elles. Elle doit s’accompagner d’un renforcement des cours de citoyenneté dans toutes les filières de formation (école obligatoire, formation professionnelle; lire mon post du 13.08.2019: Jeunes et politique: Un rendez-vous manqué?).

Le peuple décidera

Si en Suisse, seul le canton de Glaris connaît depuis 2007, le droit de vote à 16 ans, les lignes bougent. Longtemps considéré comme un gadget, le 02.02.2020, la Commission des institutions politiques du Conseil des Etats, imitant le Conseil national, se prononçait à 7 contre 6 en faveur de l’initiative de Sibel Arslan (Verts/BS) pour le droit de vote (et non d’éligibilité) à 16 ans, un vote encouragé par le Conseil suisse des activités de jeunesse (CSAJ). Dans le canton de Vaud, la Commission des institutions et des droits politiques du Grand Conseil s’est prononcée à 7 contre 5 (et 3 abstentions) en faveur de la motion de l’écologiste Léonore Porchet pour le droit de vote à 16 ans (mon rapport de majorité et rapport de minorité de Grégory Devaud, PLR). Au plan fédéral, si le Parlement soutient le droit de vote dès 16 ans en vote final, le peuple et les cantons décideront. Dans le canton de Vaud aussi une votation populaire est nécessaire, puisque la Constitution devra être retouchée. Or cette étape sera sans doute la plus difficile. Le 09.02.2020, le canton de Neuchâtel rejetait en votation populaire une initiative pour le droit de vote à 16 ans à 58% de non, un score auquel l’âge relativement élevé des électeurs n’est sans doute pas étranger.

One wo·man, one vote

Selon le principe « One wo·man, one vote », nous n’avons rien à craindre d’un élargissement du droit de vote à 16 ans. Les Etats qui comme l’Argentine, l’Autriche, le Brésil ou encore l’Ecosse ont introduit le droit de vote à 16 ans n’ont pas fait marche arrière. Au contraire, le droit de vote dès 16 ans renforcera le principe d’égalité au coeur du suffrage universel. Elle incitera aussi les élu·e·s à intégrer les préoccupations des jeunes sur le réchauffement climatique ou, plus proche de nous, sur l’attention portée à leur santé mentale en période de distanciation sociale (pandémie oblige).

Multinationales responsables: soyons précurseurs

L’automne sera orange. L’orange vif de l’initiative populaire pour des multinationales responsables qui égaie nos balcons et atterrira bientôt dans vos boîtes aux lettres grâce à l’opération des 500 000 cartes postales. Le 29.11 prochain, nous avons l’occasion d’inscrire les multinationales parmi les nouveaux sujets du droit international.

De la responsabilité collective à la responsabilité individuelle

Longtemps, les seuls sujets du droit international ont été les Etats. S’y sont ajoutés dans le courant du XXe siècle, les organisation internationales (Société des nations remplacée en 1945 par l’Organisation des Nations Unies, Organisation mondiale du commerce, Union européenne, etc. ). En 1998, le Statut de Rome a mis sur pied à La Haye une Cour pénale internationale faisant des individus en cas de génocide, crime de guerre ou crime contre l’humanité, eux aussi des sujets de droit international, quand les Etats n’étaient pas en mesure de traduire les responsables devant leur justice interne. À ce jour, l’essentiel des affaires de la Cour pénale internationale ont mis en cause des dirigeants africains. Dans le même temps, plusieurs grandes puissances parmi lesquelles la Chine, les Etats-Unis et la Russie n’ont pas ratifié le Statut de Rome. Plusieurs voix en Afrique se sont élevées pour prétendre que la Cour pénale internationale reflétait les velléités des Etats occidentaux d’imposer leur justice aux pays en voie de développements.

Tentatives de compétences universelles  

Certains pays ont tenté de s’en prendre à des chefs d’Etat ou de gouvernement en exercice en contestant leur immunité sitôt le pied posé dans leur pays. Au début des années 2000 à la suite de plaintes déposées devant ses tribunaux, la Belgique cherche à s’en prendre à Ariel Sharon, alors premier ministre israélien, qui n’était pas le bienvenu à Bruxelles. À la même période, le juge d’instruction espagnol Batasar Garzon a aussi beaucoup fait parler de lui pour ses enquêtes sur les crimes commis au Chili par le général Pinochet à la suite des nombreuses victimes espagnoles tuées ou exécutées, allant jusqu’à tenter d’auditionner l’ancien Secrétaire d’Etat Henry Kissinger sur les relations des Etats-Unis avec les régimes autoritaires des années 1970 en Amérique latine. Enfin, les Etats-Unis et sa Drug Enforcement Administration (DEA) sont parvenus à extrader, incarcérer et juger plusieurs barrons de la drogue mexicaine notamment (on pense à la condamnation en 2019 de Joaquin Guzman alias El Chapo par un Tribunal de New York).

Faire des multinationales des sujets du droit international

Les multinationales en revanche sont jusqu’ici pour l’essentiel toujours restées en dehors du droit international. Elles ne sont en tous cas pas des sujets du droit international. Leur rôle dans la captation et l’exploitation des ressources naturelles en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie rend pourtant cette question légitime. Glencore est une de ces multinationales active dans le négoce, le courtage et d’extraction de matières premières. Elle contrôle l’essentiel du marché international du zinc, du cuivre ou du plomb. Dans le bassin du fleuve Congo, au Katanga, deux entreprises rattachées à Glenore ont été mises en cause en raison du travail d’enfants et d’adolescents dans des mines artisanales de cuivre rejettent de l’acide sulfurique empoisonnant les populations locales. Glencore comme d’autres multinationales sont devenues des acteurs extrêmement influents, souvent dénoncé dans des affaires d’évasions fiscales et de corruption auprès de pays en voie de développement. Plusieurs de ces multinationales, à l’image de Glencore, ont la particularité d’avoir leur siège en Suisse.

Nous pouvons être précurseurs

L’initiative populaire sur laquelle nous voterons le 29.11 prochain pose la question de la responsabilité environnementale et en matière de respect de droits humains devant nos tribunaux de ces entreprises suisses pour leur agissement à l’étranger. La captation et l’exploitation de ressources naturelles doivent impérativement être encadrées pour éviter qu’elles se fassent au détriment des populations locales et de notre environnement. Ces multinationales doivent rendre des comptes. Sans colonie bien que sa trajectoire historique s’inscrive dans la colonisation, la Suisse ne peut rester passive face à une exploitation sans précédent, susceptible de créer des dommages irréversibles à notre planète. Les regards se tourneront vers la Suisse au soir du 29 novembre. Comme Henry Dunant, précurseur du droit international humanitaire et des Conventions de Genève de 1949, nous avons l’occasion d’inspirer d’autres pays en votant Oui à l’initiative pour des multinationales responsables pour créer les fondements d’un ordre juridique plus respectueux des droits humains et de notre environnement.

Initiative de résiliation: Erasmus en danger

L’initiative de l’UDC sur laquelle nous nous prononcerons au mois de septembre s’invitera-t-elle dans les conversations entre étudiants ou apprentis attablés à une terrasse en sirotant un spritz ? Espérons-le. C’est l’éternel recommencement. Le 27 septembre prochain, nous voterons – encore – sur une énième initiative UDC qui réduirait nos perspectives en isolant notre pays. Sur 173 objets de votations fédérales entre 2000 et 2020, 24 soit 14% ont porté sur des questions européennes (politique internationale mise à part) ou migratoires (2000-2020). La plupart émanaient de l’UDC, seul parti en Suisse disposant des bailleurs de fonds suffisants pour imposer pareillement ses thèmes à l’agenda politique. Après l’initiative « Contre l’immigration de masse » adoptée le 09.02.2014, nous voterons le 27.09.2020 sur celle « Pour une immigration modérée (initiative de limitation) ».

Sur quoi vote-t-on ?

Ce changement de termes n’en modifie pas le contenu. Le titre du projet d’article constitutionnel est plus parlant: “Immigration sans libre circulation des personnes”. D’une part, la Confédération ne doit signer aucun nouveau traité international accordant la libre circulation à des ressortissants étrangers. D’autre part et c’est là le point central, selon les dispositions transitoires « des négociations » seront menées entre la Confédération et l’Union européenne pour que l’Accord sur la libre circulation des personnes soit dénoncé dans les 12 mois suivants l’acceptation de l’initiative. Là où l’initiative « Contre l’immigration de masse » prévoyait trois ans pour sa mise en œuvre sans expressément dénoncer l’Accord sur la libre circulation des personnes, la nouvelle initiative « Pour une immigration modérée » est en réalité beaucoup plus radicale. Elle ne laisse la place à aucun doute possible en résiliant l’un des piliers des accords liant la Suisse à l’Union européenne. Les opposants au texte ne s’y sont pas trompés en la qualifiant « d’initiative de résiliation ». Il s’agit bien d’une nouvelle initiative CONTRE la libre circulation des personnes et CONTRE les accords bilatéraux. 

Préserver la mobilité

L’acceptation de l’initiative entraînerait la fin des programmes de mobilité Erasmus+ pour les étudiants et apprentis. Formellement exclue d’Erasmus+ en 2014 à la suite du vote pour l’initiative contre l’immigration de masse, l’Union européenne a fini par tolérer la participation de la Suisse à la mobilité grâce au Programme de mobilité Suisse-Europe (SEMP). Depuis 1987, ce sont plus de 44 251 Suisses qui ont déjà bénéficié d’un programme de mobilité européen. Entièrement intégrés à ce programme depuis 2014, le nombre d’apprentis en profitant a déjà plus que triplé. En cas de vote pour l’initiative de résiliation, l’Union européenne mettrait fin à la participation de la Suisse à ce programme de mobilité. Si beaucoup d’étudiants et apprentis voient déjà leur projet de séjour en mobilité reporté en raison du coronavirus, demain c’est l’ensemble des étudiants et apprentis qui devraient renoncer à un semestre ou une année d’étude dans un pays européen. 

Une expérience de vie et un plus pour son CV

Renoncer à étudier à l’étranger, c’est être privé d’une expérience intense, de s’ouvrir à d’autres façons de penser et d’adopter une vision internationale des choses tellement nécessaire dans un monde compliqué. C’est aussi renoncer à l’apprentissage d’une langue en immersion. C’est enfin se voir privé de capacités pourtant très appréciées des employeurs à un moment où les jeunes sont particulièrement frappés par le chômage. Ayant eu la chance d’étudier une année à l’Université d’Utrecht aux Pays-Bas, je mesure aujourd’hui encore tout ce que cette expérience de vie m’a apporté.

Votez

Après le vote de 2014 en faveur de l’initiative contre l’immigration de masse, on a beaucoup critiqué le manque de visibilité des milieux universitaires dans la campagne et la très faible participation des jeunes. Cette fois, il est essentiel que la participation des jeunes remonte massivement. Il en va de leur avenir. L’attitude des étudiants et des apprentis est l’une des clés du scrutin du 27 septembre : se donner des perspectives d’avenir en votant non, ou préférer l’isolement en votant oui. Toute abstention favorisera le camp du oui dans un scrutin où la mobilisation sera déterminante.

Ne pas se tromper de débat

Cette votation ne doit pas occulter celui de la protection des salaires de la population indigène et la nécessité d’un renforcement des contrôles, d’une extension des conventions collectives de travail et des mesures d’accompagnement. Cette question se posera bien assez tôt, dès le 28 septembre, autour de la suite à donner au projet d’accord cadre. En réalité, par effet de domino, le vote de l’initiative de résiliation provoquerait la disparition des mesures d’accompagnement et affaiblirait la protection de nos salaires. Gare au mirage isolationniste dans une situation déjà bien morose du fait du coronavirus. La Suisse, tout comme l’Europe, ne s’en sortiront pas toutes seules. 

=> Pour une vision plus complète des enjeux du vote du 27.09.2020 sur les bilatérales, lisez l’excellente contribution du 02.07.2020 « Initiative de résiliation: le grand saut dans le vide! » de Roger Nordmann, président du Groupe socialiste aux Chambres fédérales sur son site

Election au Conseil des Etats: 2e tour VD

Complémentarité contre neutralisation : l’enjeu du 2e tour au Conseil des Etats en terres vaudoises

Deux femmes. Un homme. Trois possibilités. Dans dix jours, les Vaudois.es éliront leurs deux représentant.e.s au Conseil des Etats. Sur la ligne de départ, un sortant : Olivier Français (PLR, 64 ans) et deux challengers conseillères nationales : Ada Marra (PS, 46 ans) et Adèle Thorens (Les Vert.e.s, 47 ans). Plus si challengers que ça, puisqu’au 1ertour, les deux candidates totalisaient 19 000 voix d’avance sur Olivier Français (Adèle Thorens et Ada Marra se situant dans un mouchoir de poche, puisque la première ne totalisait que 400 voix d’avance sur sa colistière).

Un coup d’œil sur le profil Smartvote des candidat.e.s livre un aperçu de l’étendue des divergences entre Olivier Français d’une part, et Ada Marra et Adèle Thorens, d’autre part.

Il est pour :

  • l’augmentation de l’âge de la retraite à 67 ans
  • la hausse du montant des franchises d’assurance maladie
  • la libéralisation complète du marché de l’électricité
  • la libéralisation complète des horaires d’ouverture des commerces (sans CCT).

Elles sont opposées à ces mesures, mais sont pour :

  • la construction de logements d’utilité publique
  • l’interdiction de l’exportation de matériel de guerre produit en Suisse
  • le renoncement aux pesticides de synthèse et la limitation de l’utilisation des antibiotiques
  • un salaire minimum de CHF 4000.- bruts pour un 100%

… que lui combat.

Neutralisation ?

Répété à l’envi par les huiles de l’UDC, l’argument d’une « représentation équilibrée » serait le meilleur argument pour inciter son électorat à voter Français au second tour. Mais que pèse cet argument, quand sur la plupart des sujets, une représentation prétendument « équilibrée » aboutirait à ce que les votes contraires des représentant.e.s vaudois.es s’annulent ?

Ou complémentarité ?

Une dynamique est en cours dans le canton de Vaud. Elle repose sur la prise de conscience que l’action collective contre le réchauffement climatique doit redoubler d’intensité et que nos habitudes de consommation doivent être repensées en profondeur pour des raisons écologiques, comme pour notre santé. Ce mouvement repose aussi sur la prise de responsabilités des femmes dans la société dans son ensemble, jusque dans les fonctions politiques les plus en vue. Dans un Parlement majoritairement conservateur, il reste de l’espace pour une représentation vaudoise au Conseil des Etats prête aux changements nécessaires pour relever les défis qui s’imposent à nous pour plus de cohésion sociale et plus d’attention à notre environnement. Dans le canton de Vaud, cette complémentarité est incarnée par Ada Marra par sa fibre sociale et Adèle Thorens pour sa sensibilité écologique.

Jeunes et politique : À vous de jouer (épisode 4/4)

Quelque chose me dit que vous êtes encore nombreux.euses à ne pas avoir voté. Vous avez reçu votre enveloppe de vote depuis plus d’une semaine. Est-elle enfouie sous la pile de votre courrier à traiter ou sous une pile de facture ? Commencez par remettre la main dessus.

Comme Jeunes, vous êtes à la pointe de la mobilisation pour le climat et pour les droits des Femmes*. Voici trois occasions manquées de changer les choses au Conseil national et autant de raisons de voter le 20.10 pour obtenir de nouvelles majorités.

  1. Êtes-vous favorables à l’introduction d’un congé parental ? 60 OUI vs 131 NON (11.09.2019)

Toutes les propositions de congé parental de 28 ou 38 semaines (demandes de Mathias Reynard PS/VS) – la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) est de 54 semaines – ont été rejetées dans les mêmes proportions.

  1. Êtes-vous favorable à l’interdiction du glyphosate au moins jusqu’en 2022 ? 59 OUI vs 119 NON (26.09.2019)

En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classifié le glyphosate comme « cancérigène probable ». L’Allemagne déploie une stratégie de réduction progressive de l’utilisation de glyphosate, avant de l’interdire complètement en 2024. Malgré les propriétés cancérogènes du glyphosate, le Conseil national a rejeté cette motion de Balthasar Glättli (Verts/ZH).

  1. L’Etat doit-il s’engager pour offrir davantage de logements abordables ? 54 OUI vs 143 NON (22.03.2019)

Avec 40% de propriétaires (30% dans le canton de Vaud), les Suisses.esses restent majoritairement des locataires. L’initiative de l’Association suisse des locataires (ASLOCA) demande 10% de logements à loyers abordables (logements d’utilité publique) sur les nouvelles constructions.

Les décisions qui seront prises ces quatre prochaines années seront essentielles pour les employé.e.s, pour le climat ou encore pour le logement. Remettez la main sur votre enveloppe de vote. Faites mentir l’abstention des Jeunes. À vous de jouer !

Ø Pour savoir comment voter, consultez le tutoriel youtube de Ch.ch

Ø Pour en savoir plus, consultez mon Appel aux jeunes sur mon site internet

Ø Vous pouvez aussi (re)lire les épisodes précédents de ma série sur les Jeunes et la politique

Episode 1 du 05.08.2019 « Jeunes et politique : L’éveil »

Episode 2 du 13.08.2019 « Jeunes et politique : Un rendez-vous manqué ? »

Episode 3 du 18.08.2019 « Jeunes et politique: Faire son choix »

Jeunes et politique : Faire son choix (épisode 3/4)

Plus de 4000 candidat.e.s sont dans les starting-blocks pour les élections fédérales du 20.10. 377 Candidat.e.s se lancent au Conseil national rien que pour le canton de Vaud. Des nombres records qui peuvent être décourageants pour les électeur.trice.s et les plus jeunes notamment qui n’ont pas toujours le temps, ni l’envie de comparer les propositions des différents partis et les profils des uns et des autres. Plusieurs moyens existent pourtant pour vous aider à faire votre choix.

Approchez les candidat.e.s

En Suisse, les élus au Parlement sont des miliciens et non des professionnels. Ce statut les rend – pour la plupart – beaucoup plus accessibles que dans les autres pays. Sur internet, vous trouverez facilement leur e-mail, assez souvent même leur numéro de téléphone. Vous pouvez les croiser dans le train et ils n’ont pas de voiture de fonction. Vous avez une question, une demande, une attente particulière : écrivez-leur, appelez-les, interpellez-les. Plus j’avance dans mon parcours politique, plus les sujets me sont suggéré par des personnes qui m’ont sensibilisé à un enjeu qui m’avait échappé. Et si un.e candidat.e vous reçoit mal ou vous ignore, c’est qu’il ne mérite pas votre confiance.

Aides à la décision

Comme candidat au Conseil national, j’ai déjà répondu à 15 questionnaires allant d’Animaux Parlement à Ecorating en passant par un baromètre numérique. Plusieurs de ces organisations vous renseignent sur les résultats des différents partis et candidat.e.s. En répondant à quelques questions (30 pour la version courte et 75 pour la version longue), Smartvote (accessible aux électeurs.trices dès le 20.08) ou Vimentis (dès le 26.08) vous renseignent sur votre profil politique en générant votre « smartspider » (voici la mienne, à titre d’exemple) et sur les candidat.e.s les plus proches de vos idées. Ces plateformes comportent aussi des limites. Tout d’abord, Smartvote ou Vimentis (même si cette seconde plateforme permet de hiérarchiser l’importance des questions) ne vous renseigneront pas sur la personnalité ou la sensibilité des candidat.e.s. Ensuite, l’approche retenue par ces plateformes comporte aussi certains biais. La différence entre un « Oui » ou un « Plutôt oui » à une question x ou y, ou la définition des algorithmes peuvent avoir des conséquences importantes sur la définition de votre profil politique. Ces plateformes vous donneront un repère, mais ne reflètent pas toutes les aspérités qui font la vie politique. Rien ne vaut le contact humain. La politique ne se résume pas à un algorithme.

Listes jeunes

Enfin, il faut se réjouir de tous ces jeunes candidat.e.s, qui malgré leurs faibles chances d’être élu, sortent de leur zone de confort et affrontent leurs inhibitions pour porter les valeurs qui leur tiennent à cœur. Si le taux d’abstention chez les jeunes a atteint des niveaux records aux dernières élections en 2015 et 2011, le nombre de listes jeunes pour les élections fédérales du 20.10 prochain atteint des niveaux rarement atteints auparavant. En se portant candidat, ces jeunes montrent à leurs semblables qu’il est possible de se lancer. Ces listes sont aussi pour les jeunes électeurs.trices une incitation à participer avec l’espoir que leurs préoccupations seront relayées par des candidat.e.s de leur génération. Ces jeunes méritent notre bienveillance et notre considération.

À suivre le 04.10.2019 : « Jeunes et politique : À vous de jouer (épisode 4/4) »

-Pour en savoir plus, consultez mon Appel aux jeunes sur mon site internet

-Vous pouvez aussi (re)lire l’épisode 1 du 05.08.2019 « Jeunes et politique : L’éveil » et l’épisode 2 du 13.08.2019 « Jeunes et politique : un rendez-vous manqué ? »