Shadow Game: le parcours dangereux des mineurs non accompagnés dans les Balkans

Le long métrage documentaire Shadow Game, de Eefje Blankevoort et Els Van Driel est en compétition Documentaire de création au Festival du film et forum international sur les droits humains FIFDH 2021 (5 au 14 mars 2021). Dans ce film, les réalisatrices nous emmènent dans les Balkans où de nombreux jeunes tentent de traverser les frontières serbes, croates, hongroises, puis italiennes et françaises afin de trouver refuge dans les pays où ils souhaitent demander l’asile. En 2020, les deux réalisatrices avaient emporté le Prix Impact Day du FIFDH. 

 

 

Traversées par des milliers de réfugiés en 2015, la fermeture et la sécurisation des frontières serbes, hongroises, croates, bosniaques, ainsi que les refoulements systématiques en Serbie, en Roumanie, en Bosnie-Herzégovine, au Monténégro, en Macédoine, en Albanie et en Grèce n’ont pas empêché des milliers de personnes, et notamment des jeunes adolescents non accompagnés, de tenter leur chance encore et encore surtout depuis 2018

 

De plus en plus de réfugiés ont, à nouveau, opté pour la voie des Balkans bien que régulièrement confrontés à des murs de barbelés à la frontières hongroises, des refoulements brutaux à la frontière croates, des centres de rétentions, des camps insalubres en Bosnie-Herzégovine, des violences policières nombreuses, des chasses à l’homme de groupes paramilitaires qui n’hésitent pas à tirer ou à poser des mines. 

 

Ce documentaire est une immersion brillante dans le voyage de dizaines de jeunes qui se filment et commentent leurs doutes, leurs choix et leurs nombreuses stratégies pour ne pas flancher et fuir les centres de rétention ou des camps délabrés. A chaque obstacle, que ce soit une rivière, un mur de barbelé ou une forêt à traverser, Durrab, SK, Faiz, Jano et Shiro, Mohammed, Mo, Fouad, Yaseen et Mustafa, en provenance d’Irak, d’Afghanistan, de Syrie, du Soudan, risquent la mort.

 

Ils disent qu’ils n’ont pas le choix car il n’y a pas de retour possible, ils doivent continuer leur périple pour être en sécurité. Et pour avoir le courage de continuer, ils imaginent que le passage de chaque barrage frontalier est une mission qu’il doivent réussir comme dans un jeu, un jeu très dangereux, d’où le titre du film. 

 

Mais Shadow Game c’est aussi un projet transmédia composé du film, d’une série de courts documentaires, d’un jeu d’aventure, d’une série de photos en collaboration avec le photographe Cigdem Yuksel et enfin d’une campagne d’impact. Le documentaire se regarde comme un thriller, il est passionnant, éprouvant et révoltant. Si vous vous demandez ce que vous pouvez faire, le FIFDH propose quelques actions concrètes en faveur des jeunes adolescents migrants non accompagnés et vulnérables. 

 

Vous pouvez par exemple:

 

En vous tenant au courant des activités du projet et en diffusant leurs actualités vous contribuez à sensibiliser les européens sur ce qui se passe à nos frontières. 

 

Voir la discussion avec les réalisatrices:

 

 

Et aussi le complément audio : Des Balkans aux portes de l’Europe : le journalisme pour dénoncer une route de la mort

 

Jasmine Caye

Avec une expérience juridique auprès des requérants d'asile à l'aéroport de Genève, Jasmine Caye aime décrypter l'information sur les réfugiés et les questions de migration. Elle a présidé le Centre suisse pour la défense des droits des migrants (CSDM) et continue d'assister des personnes en procédure d'asile. Les articles sur ce blog paraissent en version courte sur un autre blog ForumAsile.

3 réponses à “Shadow Game: le parcours dangereux des mineurs non accompagnés dans les Balkans

  1. Pourriez-vous m’expliquer?

    https://www.letemps.ch/sport/nedim-bajrami-un-10-perdu

    Ce jeune homme est né en Suisse, de nationalité macédonienne, devenu citoyen suisse, mais déclare que son coeur est albanais et dispose de la nationalité albanaise…

    Si l’Albanie reconnaît la nationalité à tous les citoyens “albanais” macédoniens, kosovars, serbes, bosniens, etc.. pourquoi viennent-ils demander l’asile en Suisse? Et pourquoi nos autorités entrent en matière s’ils disposent d’un safe haven en Albanie? Ne faut-il pas les inviter à épuiser leurs droits en Albanie, et seulement regarder une éventuelle admission provisoire ?

    1. Bonjour, l’article ne dit pas si cette personne ou si ses parents ont reçu le statut de réfugié. A partir du moment où il est en droit de jouer pour une autre équipe nationale dont il a la nationalité cela ne me pose pas de problème. En outre je ne connais pas le dossier de cette personne donc je ne peux pas me prononcer sur ce cas évidemment, notamment concernant l’admission provisoire permis F ou le statut de réfugié permis B. Si cette personne avait un permis F ou B, il lui serait impossible de retourner dans son pays d’origine (*). Il arrive souvent que des très bons joueurs reçoivent la nationalité suisse ou française ou allemande de manière facilitée vous le savez.
      (*) https://www.osar.ch/fileadmin/user_upload/Themen/Asyl_in_der_Schweiz/Aufenthaltsstatus/200430_Tableau_droits_et_obligations_fr.pdf

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