Giving Birth in Exile, la belle exposition de Sylvie Léget

Aujourd’hui 8 mars c’est la Journée internationale des droits des femmes et mes pensées vont aux requérantes d’asile en Suisse, en particulier aux jeunes femmes arrivées seules qui ont accouché en Suisse ou durant leur parcours migratoire.

Dans le cadre du Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains (FIFDH), la photographe Sylvie Léget présente l’exposition « Giving Birth in Exile » à la maison des Arts du Grütli du 9 au 18 mars 2018.

Cette exposition montre les difficultés de la vie quotidienne de jeunes femmes seules en cours de procédure d’asile et leur grande solitude puisqu’elles ne peuvent s’appuyer sur le soutien d’un mari, d’un compagnon ou même sur celui de la voisine de palier. L’exposition est aussi destinée à être une expérience participative, un appel à témoignage pour toutes les personnes qui ont donné la vie ou qui sont nées dans le déchirement de l’exil. Un livre sera mis à la disposition du public afin de recueillir les expériences personnelles. Il est aussi possible d’envoyer un témoignage directement à Sylvie Léget par email à contact@sylvieleget.com.

C’est après une longue expérience humanitaire au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qu’elle a choisi de revenir sur le terrain avec ce projet photographique fabuleux et très touchant qu’elle aimerait bientôt publier dans un ouvrage.

La maternité est quelques chose d’universel. J’aimerais sensibiliser le public et montrer le parcours de ces femmes, leur courage et leur vulnérabilité. Pour elles le combat ne s’arrête pas avec la fuite du pays d’origine, il continue durant leur parcours migratoire puis en Suisse où la crainte du renvoi est pesant et les difficultés de vivre seules déstabilisant.

A côté des photographies, les témoignages émouvants expriment la peur de l’avenir en Suisse, la douleur de savoir ceux qu’elles aiment toujours en danger dans leur pays d’origine, la tristesse de devoir enfanter après un viol ou parfois même l’envie d’en finir après avoir tant souffert.

L’isolement de ces femmes c’est ce qui m’a le plus choqué. J’ai été impressionnée par leur résilience, leur générosité et la confiance qu’elles m’ont octroyées au fil des rencontres.

Sylvie Léget insiste sur la situation particulière des femmes requérantes d’asile et sur la nécessité de prendre en considération la question du genre lié à la migration. Entre le statut de réfugiée politique et l’étiquette de migrante économique il existe une multitude de situations qui soulèvent nombre de questions autour de la fuite due au genre. En réalité, beaucoup de femmes fuient des sociétés où elles ont été maltraitées et persécutées en tant que femme. Puis sur le chemin de l’exil elles subissent encore d’autres formes de persécutions liées à leur genre comme le viol ou la prostitution forcée.

Mais malgré toutes les souffrances endurées, il y a dans la plupart des témoignages recueillis une touche d’espérance, un filet de lumière. Allez les lire ! Sylvie Léget doit être félicitée pour cette exposition coup de poing qui met en lumière le destin frappant de femmes admirables. Bravo !

 

Photo © Sylvie Léget

Jasmine Caye

Avec une expérience juridique auprès des requérants d'asile à l'aéroport de Genève, Jasmine Caye aime décrypter l'information sur les réfugiés et les questions de migration. Elle préside le Centre suisse pour la défense des droits des migrants (CSDM). Les articles sur ce blog paraissent en version courte sur un autre blog ForumAsile.

Une réponse à “Giving Birth in Exile, la belle exposition de Sylvie Léget

  1. Une belle occasion aussi pour rappeler que la Suisse tient compte “des motifs de fuite spécifiques aux femmes” (art. 3 al. 2 LAsi) – si tous les pays pouvaient faire de même (souhait) – et qu’elle n’a pas à rougir du traitement apporté à chacune de ces demandes d’asile, même si le temps de la procédure peut effectivement être long en raison de l’écrasante majorité d’hommes seuls qui déposent une demande d’asile (et parfois avec de seuls motifs économiques).

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