MSF dénonce les conditions de vie abjectes des requérants d’asile et des réfugiés en Italie

Dans un nouveau rapport très documenté, MSF dénonce les conditions de vie sordides de milliers de migrants vulnérables en Italie.

On y voit des images de réfugiés et requérants d’asile bloqués aux frontières, dormant sous les ponts, dans des tunnels ou des ghettos désaffectés, éloignés de tout. Vivant en dehors du système d’accueil formel des milliers de personnes n’ont pas accès aux soins de base ou à la nourriture.

Selon MSF ce sont presque 10’000 personnes qui sont réparties dans 47 camps insalubres dispersés entre les villes de Turin, Milan, Florence, Foggia, Rome et les villes frontières de Ventimiglia, Côme, Gorizia et Bolzano.

La moitié des sites visités par MSF n’ont pas d’eau ni d’électricité. Beaucoup de lieux improbables sont occupés uniquement par des hommes, dans d’autres sites se trouvent des femmes seules et même des familles avec enfants en bas âge.

L’ONG explique que cette situation résulte des nombreuses évictions forcées qui se sont multipliées ces derniers mois conduisant à la création de groupes dispersés vivant dans des conditions extrêmes sans accès aux soins médicaux et aux services sociaux. Les personnes concernées sont somaliennes, syriennes, irakiennes, pakistanaises, afghanes, toutes en possession d’un statut de protection mais incapables de trouver un emploi stable et un logement.

Gabriele Eminente, directeur général de MSF, a déclaré que le système d’accueil en Italie doit être complètement réformé. Le système actuel s’appuie presque essentiellement sur les CAS (centre d’hébergement extraordinaires) improvisés en urgence et sensés fonctionner sur de courtes périodes. Ces centres sont gérés par des personnes inexpérimentés. Cela doit être changé».

Le rapport de MSF confirme les témoignages récoltés par de nombreuses associations suisses opposées aux renvois vers l’Italie. Il est temps pour les autorités d’asile suisses de constater la défaillance du système d’accueil en Italie et de suspendre les renvois de personnes vulnérables vers ce pays.

 

 

 

 

Jasmine Caye

Avec une expérience juridique auprès des requérants d’asile à l’aéroport de Genève, Jasmine Caye aime décrypter l’information sur les réfugiés et les questions de migration. Elle préside le Centre suisse pour la défense des droits des migrants (CSDM). Les articles sur ce blog paraissent en version courte sur un autre blog ForumAsile.

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