Véronique Marti sur les traces d’Angèle, requérante d’asile renvoyée en Italie

Cette semaine accrochez-vous à l’émission radio Vacarme sur la RTS qui sera diffusée tous les jours à 13 heures. Vous en sortirez grandis car vous vivrez quelques jours du parcours d’Angèle (1), une jeune requérante d’Afrique de l’Ouest. Elle voulait rester en Suisse pour sa procédure d’asile mais elle a été transférée par avion en Italie en application de l’Accord d’association au règlement Dublin, le lendemain de son arrestation à Genève. C’est en Italie que sa demande devrait être examinée si les circonstances pratiques le permettent.

Une arrestation honteuse

C’est le jeudi 30 mars vers 9 heures alors que la jeune femme vient de faire renouveler son « permis de rester » – son attestation d’aide d’urgence – à l’Office cantonal de la population et des migrations (OCPM) qu’Angèle est arrêtée.

Elle était accompagnée de Véronique Egger, aumônier à l’AGORA. Tout en prolongeant son attestation jusqu’au 6 avril, l’OCPM a donné le signal de sa présence à la police pour qu’elle puisse l’arrêter et la renvoyer. C’est une pratique courante très contestable et très critiquée par les organisations proches des requérants d’asile. Véronique Egger avait mis en garde la jeune femme : un prolongement de l’attestation ne garantit pas que la Suisse renonce au renvoi. Alors que les deux femmes étaient installées dans la voiture pour repartir, soulagées du prolongement de délai, elles furent violemment appréhendées par des policiers surgissant d’un véhicule banalisé.

Le récit posé de Véronique Egger est choquant. Les policiers sont arrivés à coup de grosse sirène pour bloquer la voiture de l’aumônier et ils ont brutalement sorti la jeune femme pour la menotter. Véronique Egger a eu peur et honte de voir une femme inoffensive être traitée comme une criminelle.

En Italie

Dans l’émission Vacarme il vous sera possible d’entendre les propos d’Angèle qui raconte les longs jours qui ont suivi son arrestation à Genève et les détails sombres de son arrivée à Milan où rien n’est organisé pour les cas Dublin comme elle. Il n’y a pas de logement pour elle, ni à Milan, ni à Varese où elle a trois jours pour s’annoncer à la préfecture. Et sans adresse précise, il lui est impossible de faire enregistrer sa demande d’asile. L’Italie est aujourd’hui un « no (wo)man’s land » pour les requérants d’asile « dublinés ». C’est le constat qu’a pu faire Véronique Marti. En Italie elle a retrouvé Angèle deux jours après son renvoi. Elle a pu constater le désarroi de la jeune femme littéralement « clochardisée » en 48 heures. Le reportage vous permettra de suivre ses traces en Italie et de comprendre la détresse d’une femme qui a souffert la détention forcée en Libye, l’angoisse de la traversée de la Méditerranée et la mort de son fiancé sur le parcours de l’exil.

Vacarme, du lundi 8 au vendredi 12 mai, de 13h à 13h30 sur RTS-La Première. Et le dimanche 14 mai, de 9h à 10h dans Les Echos de Vacarme.

Les reportages seront ensuite disponibles sur le Player RTS et sur la page Facebook de Vacarme.

Moi Angèle, requérante d’asile, renvoyée vers l’Italie

Crédit : Laurent Bleuze / RTS
Crédit : Laurent Bleuze / RTS

Cinq reportages de Véronique Marti. Angèle a 24 ans. Elle a quitté son pays d’Afrique de l’Ouest il y a un an, a traversé le Sahara, la Méditerranée et l’Italie pour demander l’asile en Suisse. Mais ses empreintes digitales ayant été enregistrées en Sardaigne, Angèle a été déclarée« NEM Dublin ».  Selon le principe cardinal des accords de Dublin, dont la Suisse est signataire, le requérant ne peut déposer une demande d’asile recevable que dans le pays par lequel il est entré en Europe. Angèle doit donc retourner en Italie et la Suisse peut l’y contraindre par la force. Qu’est-ce qui l’attend dans ce pays ? À quoi sert le système Dublin ? Comment est-il vécu au quotidien par les « dublinés » ?Réalisation : Jean-Daniel Mottet & Production : Marc Giouse

(1) nom d’emprunt.

Crédit pour la photo d’Angèle: Véronique Marti / RTS

Jasmine Caye

Jasmine Caye

Avec une expérience juridique auprès des requérants d'asile à l'aéroport de Genève, Jasmine Caye aime décrypter l'information sur les réfugiés et les questions de migration. Elle a présidé le Centre suisse pour la défense des droits des migrants (CSDM) et continue d'assister des personnes en procédure d'asile. Les articles sur ce blog paraissent en version courte sur un autre blog ForumAsile.

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