Un esclavage  en Suisse

 

 

La Suisse a tellement bonne réputation que le visiteur occasionnel découvre avec étonnement qu’elle n’est pas parfaite. Malgré le haut niveau civique de la population, il y a des graffitis sur les murs et les wagons, des déchets incongrus sur le sol et, plus étonnant que tout, une prostitution en plein jour. Dans des quartiers particuliers le racolage est autorisé, des maisons closes existent et font de la publicité, des journaux respectables comme 24 Heures publient de petites annonces tout à fait explicites.

Bien entendu les femmes suisses en sont guère concernées : on estime à 95 % le taux d’étrangères dans ce métier, surnommé travailleuse du sexe pour lui donner par un détournement de langage une sorte d’honorabilité : ne serait-ce pas un travail comme un autre avec ses cotisations sociales et sa caisse de pension ?. Pourquoi s’en étonner ? Malgré toutes ses qualités, le pays vit sur le mode patriarcal. Les prostituées proviennent de l’Est de l’UE, d’Amérique latine ou d’Afrique. Elles font souvent partie du prolétariat des sans-papiers, des clandestins, du sous-prolétariat.

En Suisse, la prostitution est légale depuis 1942. En 1992, la loi pénale sexuelle a été révisée, depuis lors, le proxénétisme et la sollicitation passive ne sont plus punissables . L’Onusida estime qu’il y a 20000 prostituées dans le pays. L’État reconnaît la prostitution comme étant une profession en tant que telle. De ce fait, comme tout autre salarié, les prostituées suisses doivent payer des impôts, étant donné qu’elles sont enregistrées en tant que travailleuses indépendantes.

Compte tenu de cet état de fait, qui semble hautement satisfaisant, il fallut une bonne dose de candeur à la conseillère nationale Marianne Streiff-Feller (PEV/BE) pour déposer une motion : « Les êtres humains ne sont pas des choses. Pour interdire l’achat de services sexuels en Suisse selon l’exemple nordique ». S’inspirant de législations adoptées par la Suède, la Norvège, l’Islande, le Canada, la France, l’Irlande du Nord ou encore Israël, l’élue voulait ainsi faire sortir les femmes contraintes de vendre leurs charmes du marché de la prostitution. Les clients de prostitué·e·s auraient du être amendés en Suisse. La motion ne réprimait pas la vente de services sexuels mais leur achat, visait les clients plutôt que les victimes.

Sa motion a été rejetée par 172 voix contre 11 devant la Chambre du peuple. Compte tenu des 84 élues, cela signifie que le rejet est aussi bien la réaction des femmes que des hommes. Par son ampleur, ce rejet est humiliant pour son autrice et révélateur de l’état d’esprit dominant. Les mauvaises langues en ont naturellement déduit que beaucoup de conseillers nationaux ont recours à la prostitution. Il est exact que les jours précédents une session, des propositions de Berne arrivent par Internet. Mais ce serait passer à côté du problème que de le réduire à une affaire d’individus.

Cela engage le Droit des Personnes. L’article 7 de la Constitution fédéral est simple et explicite : « La dignité humaine doit être respectée et protégée. ». Cela signifie a minima que toutes les personnes devraient bénéficier de leur intégrité corporelle, aucunes ne devraient être contraintes de vendre leur corps pour gagner leur vie. Cela signifie que celles-ci n’ont pas bénéficié d’une formation professionnelle, qui leur permettrait de vivre en échange de leurs compétences dans un véritable métier. Cela signifie qu’elles sont les proies toutes désignées de réseaux et de maffias qui empochent une rente. Cela signifie que cela arrange tout le monde pourvu que l’on regarde ailleurs.

Le Temps a publié un reportage sur les conditions réelles de l’exercice de cette activité à Zürich. La police ne sait même pas quelle est l’ampleur du phénomène parce « qu’il n’est pas possible de contrôler tout le monde ». Deux travailleurs sociaux, un prêtre et une religieuse, constituent le recours des femmes. Ils posent un diagnostic simple : « beaucoup ne font pas ce boulot par choix. C’est la pauvreté qui les y force ». La prostitution, même légalisée, est un exemple extrême de l’exploitation des plus faibles dans l’indifférence avouée du législateur. Le Conseil national fut-il dans ce vote l’expression fidèle du sentiment de la population ?

 

 

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck est ingénieur, ancien conseiller national PDC et député au Grand Conseil vaudois, professeur honoraire de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), d'origine belge, de nationalité française et naturalisé suisse. Il exerce la profession d'écrivain.

75 réponses à “Un esclavage  en Suisse

  1. Et c’est vous, vieil adepte du travail forcé discriminatoirement imposé au seul homme par la confédération, qui écrivez cela !

      1. Travail forcé au sens de l’article 4 ch. 2 de la ConvEDH tel que l’ont précisé la CourEDH et le Tribunal fédéral. Travail forcé imposé aux seuls hommes suisses. Travail forcé auquel vous avez échappé du fait de votre naturalisation tardive. Travail forcé qui est de nature à conduire à la mort de celui auquel il est imposé. Travail forcé que vous trouvez normal et dont vous êtes adepte. Admissible en principe, il ne l’est plus dès lors qu’il n’est pas imposé aux femmes.

        1. Pourriez-vous être plus précis et dire de quel travail il s’agit en pratique. Sauf erreur de ma part l’Etat fédéral n’impose pas aux hommes de se prostituer.

          1. A se prostituer ? Pas à ma connaissance. A se faire tuer ? Oui. Et vous y avez toujours été favorable. Des victimes de ce travail forcé discriminatoire, arrivés en fin de vie parce que détruits par ce travail forcé discriminatoire, se suicideront lors de la prochaine session du parlement fédéral. Alors vous comprendrez. Bon été.

          2. Mon cher CEDH,

            Vous ressentez des pensées suicidaires, ou vous vous inquiétez pour un proche? Parlez-en et faites-vous aider, 24/7.

            La Main Tendue (adultes, 24/7): 143

            Pro Juventute (jeunes, 24/7): 147

            Urgences médicales: 144

            santépsy.ch

            Stop suicide

          3. @ “On doit s’inquiéter ?”

            Merci de votre sollicitude. Mais vous faites erreur sur la personne. En ce qui me concerne, je n’ai pas été atteint gravement dans ma santé suite au travail forcé qui me fut, comme à d’autre, discriminatoirement imposé. D’autres que je connais si. Et je ne crois pas qu’il soit séant de psychologiser le sort de ces derniers qui, de plus, endurent le mépris des racailles législatives actuelles et anciennes.

          4. Donc CEDH estime: A) que le service militaire est un sesclavage et B) que c’est discriminatoire (sans doute parce que les femmes en sont exemptées). On a là un bel exemple des perceptions saugrenues de la doxa post 68 féministes et antimilitaristes. Je crois que CEDH étend abusivement le champ de la “CEDH” (dont il se prévaut) qui accepte le principe de la conscription réservée aux hommes. CEDH devrait aller expliquer aux Ukrainiens que le service militaire est un esclavage discriminatoire. Il sera bien reçu.

          5. Donc Martin est un vieil homme qui ressasse son échec politique et ignore la difference entre esclavage et travail forcé.

            De plus, Martin s’oppose, sans motivation aucune, à la jurisprudence du Tribunal fédéral (et de la CourEDH) d’où il ressort que le service militaire (imposé et non contractuel) est un travail forcé au sens de l’article 4 CEDH.

            Martin devant être de ceux qui pensent faussement que le Tribunal fédéral a récemment qualifié de contrat de travail le contrat liant Uber et ses chauffeurs, il est bien inutile de lui exposer quoique ce soit.

          6. Je lis: La commission européenne des droits de l’homme (ancêtre de la CEDH) a conclu que le service militaire accompli par les requérants ne s’analysait pas en une servitude au sens de l’article 4 § 1 (interdiction de l’esclavage et de la servitude) de la Convention européenne des droits de l’homme et elle a déclaré les requêtes irrecevables.

            https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-3053

            Et je lis:
            N’est pas considéré comme «travail forcé ou obligatoire» au sens du présent arti­cle:
            b) tout service de caractère militaire ou, dans le cas d’objecteurs de conscience dans les pays où l’objection de conscience est reconnue comme légitime, à un autre service à la place du service militaire obligatoire;

            https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/1974/2151_2151_2151/fr#art_4

          7. @ Curieux votre raisonnement

            La Commission, qui n’était pas un Tribunal, a disparu avec le siècle dernier. Autant dire que son avis de 1968 (!) est obsolète. Quant au texte de la Convention, il a le sens que lui donne la CourEDH : à savoir que le service militaire est un travail forcé de ceux qui sont en principe admissible. Cet interprétation évolutive peut heurter l’originaliste que vous êtes, mais elle s’impose à tous, y compris au Tribunal fédéral qui, en une affaire de taxe militaire, a admis que le service militaire est un travail forcé au sens de l’article 4 CEDH.

            Bien que ce travail forcé soit en principe admissible, il ne doit pas être discriminatoire (14 CEDH). La question est donc de savoir ce qui justifie une différence de traitement entre la femme et l’homme. Le Tribunal fédéral avait examiné la question et avait trouvé un motif justifiant cette différence de traitement. Cependant au vu de l’évolution de la société et, surtout, de la jurisprudence de la Cour ce motif est devenu obsolète.

            J’y reviendrait ultérieurement si le Professeur Neyrinck y consent.

          8. @ CEDH

            Effectivement vous n’avez parlé que de travail forcé et non d’esclavage. D’ailleurs vous avez raison de dire que le service militaire non contractuel est un travail forcé, car c’est une prestation en travail exigée par l’état au même titre qu’il exige le paiement forcé de l’impôt.

            (D’ailleurs, si on y réfléchit, le service civil est aussi un travail forcé, puisqu’il est exigé par l’état en remplacement du service militaire. Le service civil est donc une forme de corvée moderne. Un travail forcé. C’est à ma connaissance la dernière forme de travail forcé qu’un état moderne exige encore légalement. C’est une des raisons pour lesquelles j’étais contre le service civil que je considère comme un rétablissement de la corvée. On a le droit de disposer du temps et des efforts des citoyens pour défendre leur pays, pas pour vider des pots de chambre).

            Il n’empêche que c’est vous et non moi qui avez fait le parallèle entre le travail forcé qu’est le service militaire, et l’esclavage, puisque vous avez parlé de ça en réponse à l’article de M. Neirynck qui parlait d’esclavage au sujet de la prostitution. Vous avez dit à M. Neirynck que du moment qu’il était pour le service militaire obligatoire, qui est en effet un travail forcé, il ne pouvait pas s’opposer à un esclavage (la prostitution). Vous avez donc fait le rapprochement entre travail forcé et esclavage.

            C’était un raisonnement spécieux, mais c’est vous qui l’avez fait. Pas moi.

          9. Vous ne sauriez échapper à la nécessité d’examiner la compatibilité de la conscription suisse des seuls hommes avec l’article 14 CEDH, lequel prohibe, non pas absolument mais strictement, les différences de traitement entre homme et femme; plus exactement il faut examiner la compatibilité de la conscription suisse avec l’article 14 CEDH en relation avec l’articles 4, ch. 3, lettre b.

            Pour les relations entre l’article 4, ch. 3 et l’article 14 CEDH : cf. par exemple, Zarb Adami c. Malte (ch. 42 et ss.)

            https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-75935

            Quel est donc cette raison impérieuse qui justifie une pareille différence de traitement ? La Moralité publique a été mise en avant dès lors que la population ne supporterait pas que l’on expose la femme aux affres du service militaire. Cela se discute, mais admettons que cela soit le cas.

            Force serait alors de constater que cela est perdre de vue qu’il n’existe pas de service militaire obligatoire en Suisse mais un service de défense obligatoire, qui comporte un libre choix pour le service civil. Or imposer le service civil à la femme ne saurait heurter la moralité publique.

            Ainsi est-il clair que le Professeur Neyrinck a soutenu l’imposition d’un travail forcé discriminatoire aux hommes.

  2. Je ne comprends pas comment une femme peut voter contre l’interdiction de la prostitution. Un jour il faudra d’excuser mais malheureusement il y aura beaucoup de souffrances jusqu’à ce qu’on y arrive.

  3. Si la loi était respectée et exécutée, nous vivrions dans un paradis.

    Pour entrer en Suisse, tout étranger doit:
    a. avoir une pièce de légitimation reconnue pour le passage de la frontière et être muni d’un visa si ce dernier est requis;
    b. !!disposer des moyens financiers nécessaires à son séjour!!;
    c. ne représenter aucune menace pour la sécurité et l’ordre publics ni pour les relations internationales de la Suisse;
    d. ne pas faire l’objet d’une mesure d’éloignement ou d’une expulsion au sens des art. 66a ou 66abis du code pénal (CP) ou 49a ou 49abis du code pénal militaire du 13 juin 1927 (CPM).
    2 S’il prévoit un séjour temporaire, il doit apporter la garantie qu’il quittera la Suisse.

    https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/2007/758/fr#art_5

  4. On comprend la démarche humaine et respectable de cette CN du PEV/BE. Nos élus/es aux chambres fédérales ont apparemment oubliés que la notion de liberté individuelle peut être durement méprisée par diverses contraintes sociales et économiques fragilisant d’autant ces personnes. L’ampleur du rejet de cette motion parle d’elle même et pose question.

  5. Votre texte m’a fait mûrement réfléchir à cette question et j’en arrive à la conclusion que si déjà maintenant la société, la police et justice est dépassée pour le « simple » contrôle d’identité de ces travailleurs et travailleuses du sexe (vu que si j’ai bien compris le noeud du problème se présente sous la forme de personnes clandestines et/ou de travail forcé) et du soutien aux personnes les plus démunies (qui parfois en arrivent à se vendre pour survivre), je vous mal en quoi l’interdiction de la pratique même de la prostitution y changerait quelque chose, si ce n’est d’isoler encore plus ces personnes de la société et de la justice qui veut et doit les protéger. J’y vois un parallèle avec la vision de la légalisation de l’avortement se justifiant par le refus d’interdire ce qui relève de la détresse humaine et qui même interdit se pratique quand même mais dans d’affreuses et dangereuses conditions.
    Si ces personnes sont sans papiers, elles sont déjà en infractions.
    Si des proxénètes utilisent des personnes en détresse pour du travail forcé, c’est déjà pénalisé comme de la traite d’êtres humains.
    Si des clients ou clientes agressent ces travailleurs ou travailleuses, c’est déjà pénalisé comme aggression physique et/ou sexuelle.
    Je comprends bien mal en quoi criminaliser la prostitution aiderait en quoi que ce soit les victimes de ce système abusif, vu qu’il s’agit ici non d’un défaut de base légale mais plutôt de moyens dans l’encadrement de ces pratiques et d’application de la loi …

    1. La loi réprime de nombreuses pratiques, vol, trafic de stupéfiant, excès de vitesses, etc. Elle n’est pas toujours et partout respectée ou sanctionnée mais elle établit au moins une norme. Si le consommateur de prostitution sait qu’il commet un délit, cela le freinera. Telle est du moins l’expérience faite en Suède.

      1. Oui cela je le conçois, mais la pratique perdura dans une certaine ampleur, avec plus d’opacité et de discrétion qui ne seront pas un service rendu aux victimes du système qui, même parfois conscientes de leur mauvaise situation, oseront encore moins chercher de l’aide en cas d’agressions ou d’abus, car synonyme alors d’obligation de dénonciation de toute sa clientèle (pour éviter l’accusation de complicité si la loi ne prévoit pas cette exception) et donc perte financière pour une personne déjà précarisée.
        Le crime de traite d’êtres humains (pour les proxénètes criminels) et la complicité en découlant pour les clients et clientes de ce type de réseau de traite sont déjà de graves crimes, si l’on peut poursuivre les proxénètes et la clientèle de réseau de prostitution de personnes mineures pour pédophilie, traite, viols et j’en passe, pourquoi pas de même lorsque la personne prostituée est en détresse, sans papiers et forcée de pratiquer des actes sexuels (selon la notion de viol en l’absence de consentement) ?
        Criminaliser la clientèle me semble au mieux cosmétique et aidant la conscience de notre société qui est bien mal menée devant le constat terrible de cette situation, au pire précarisant et fragilisant le statut de personnes qui ne verront pas d’amélioration concrète de leur situation ou la verront empirer.
        Mais je vais très clairement me documenter en profondeur sur la forme exacte des lois utilisées dans ces pays du nord sur le sujets et les impacts positifs et négatifs qu’elles ont eu !
        Merci infiniment d’avoir amené ces réflexions essentielles et profondes sur la condition peu enviable de vie de certains habitants et habitantes de notre pays !

  6. En arrière-plan se pose la question de la possibilité de vivre dans nos sociétés pour tous les « non conformes » : quid des moches, des petits, des pas diplômés, des bougons ou des timides ?

    Ils / elles ne pourront plus compenser en roulant dans des voitures rutilantes parce que trop polluantes, ils /elles ne pourront pas courir après la réussite sociale parce que c’est vain, ils ne pourront plus aller voir des prostituées, et des femmes n’auront plus de droit de se prostituer, parce qu’il s’agit d’un commerce immoral qui exploite la misère humaine, ils ne pourront plus conduire des taxis Uber parce que ça viole les lois de protection des travailleurs, ils / elles ne pourront plus être engagé(e)s dans des entreprises parce qu’ils / elles n’ont pas de « compétences sociales ».

    Seuls les beaux, les sympathiques, les instruits et les intelligents auront-ils le droit de vivre ?
    Que va-t-il rester à tous les autres qui devront zigzaguer entre les impératifs moraux et légaux définis par ceux qui ont tout réussi, qui aspirent à une société idéale purifiée de ses scories sociales et qui sont aux commandes ?

    L‘être humain est ainsi fait que, sans compensation de ses frustrations, sans soupape, il devient un fauve prêt à tuer.

    Toutes ces activités jugées indésirables par nos hypocrites bien-pensants (*) ne sont peut-être pas très morales, mais elle pourraient éviter à nos sociétés de devenir des champs de bataille, comme c’est déjà le cas dans certains quartiers, et que les révoltes des gilets jaunes en France ou la tentative de prise du Capitole aux Etats-Unis ne soient que d’aimables amuse-gueules.

    (*) Rappelons que ce sont souvent le même milieux qui condamnent la prostitution, qui encouragent les « assistantes sexuelles » pour les handicapés ou qui veulent la légalisation de la drogue. Certains auraient donc droit au plaisir et d’autres pas. Les bien-pensants de 2022 ont l’indignation et la compassion extrêmement sélectives …

      1. Si la pratique de ce métier est bien encadrée et suivie correctement pour couper l’herbe sous les pieds des mafias, alors ça ne sera aux dépens de personne. J’ai cru comprendre que c’est la démarche qui sous-tend la volonté de libéraliser le marché de la drogue ou de mettre à disposition par certaines villes des locaux d’injection et de fumette.

        Dans les année 80 j’avais un studio d’enregistrement à la rue de Genève à Lausanne. Sur le trottoir devant le bâtiment, un dame exerçait son métier et attendait le client. Quand il faisait trop froid en hiver, nous l’invitions à venir boire un café pour se réchauffer. Elle nous racontait qu’elle s’était acheté une maison à St Gingolph et qu’elle payait les études de son fils. Ce qui la choquait, c’était que des clients venaient la chercher en voiture avec un siège pour bébé installé sur la banquette arrière. Elle ne comprenait pas que des hommes avec famille et enfants aient recours à ses services.

        Comme disait un personnage de prostituée dans un dialogue de Audiard : « la seule différence entre moi et un psy c’est que moi je me couche sur le divan avec le client ». Et encore pas toujours si l’on en croit les témoignages de nombreuses travailleuses du sexe qui se contentent souvent de simplement écouter leur client, sans même passer à l’acte.

        Ce métier est dur et peu valorisant, mais je persiste à croire que, comme d’autres métiers précaires et peu gratifiants, il est nécessaire à l’équilibre de la société. Penser le contraire est soit le fait d’une grande naïveté soit d’une formidable hypocrisie morale … et certainement pas la meilleures façon d’aider ces personnes au mieux de leurs intérêts et de leur sécurité.

    1. C’est ça! Et légalisons aussi pour ces pauvres unijambistes qui ne peuvent pas devenir des Gangsters redoutés. C’est vraiment injuste que tout le monde ne puisse pas faire autant de mal. Je réclame une assurance pour que les voleurs maladroits puissent voler comme tout le monde. Notre monde est tellement injuste avec eux !!!

  7. Comme l’avortement ou les seins découverts, pénaliser la prostitution serait une nouvelle fois la société qui impose aux femmes les règles sur ce qu’elles ont le droit ou non de faire avec leur corps, sous couvert de la “dignité” et sous prétexte de les protéger.

    C’est selon moi encore plus patriarcal que le statu quo, heureusement choisi par les 172 voix parlementaires.

    Quant à la prostitution visible en plein jour, rien d’étonnant pour moi vu que déjà rien n’est fait contre ce qui est illégal et également visible en plein jour : trafic de drogue, consommation de cannabis, mendicité active.

    1. Le statu quo impose à des femmes de vendre leur corps. La société n’impose rien aux femmes en général qui sont libres de mener la vie qui leur plait. D’ailleurs la motion refusée au parlement n’impose rien aux femmes mais à leurs clients. Réaction révélatrice : on limite la liberté des hommes et on le refuse sous prétexte que c’est une limitation à la liberté des femmes.

      1. Je ne suis pas d’accord sur deux points :
        1) Ce n’est pas notre culture ni le métier de la prostitution qui impose à des femmes de vendre leur corps, mais la conjoncture durablement établie où des milliers de clandestins résident en Suisse sans que nos autorités n’aient le moindre contrôle. De fait du statut illégal d’être en Suisse, il y a donc forcément un esclavage économique mais qui ne concerne de loin pas seulement le milieu la prostitution : trafic de drogue, travail au noir dans les services de nettoyage, la construction, l’agriculture, la restauration. Une surabondance d’offre entraîne forcément à une forte baisse des prix, donc de sous-enchère salariale, et donc de pauvreté et d’abus criminels.
        Si le métier de la prostitution permettait un revenu intéressant, je peux vous garantir que certaines femmes, mais celles avec une formation universitaires, s’y intéresseraient. D’ailleurs dans les marchés de niche, il y en a !

        2) Laisser libre les femmes de proposer leurs services et punir les clients s’ils ne résistent pas à la proposition, il n’y a rien de plus infantilisant pour les femmes.

      2. Petite coquille dans mon commentaire :
        “mais celles avec une formation universitaires” => “même celles avec une formation universitaire”

  8. “…aucunes (sic) ne devraient être contraintes de vendre leur corps pour gagner leur vie. Cela signifie que celles-ci n’ont pas bénéficié d’une formation professionnelle, qui leur permettrait de vivre en échange de leurs compétences dans un véritable métier.”

    Si c’est d’abord une affaire de formation, alors j’aimerais qu’on m’explique pourquoi le brevet d’aptitude à l’enseignement secondaire m’a été refusé naguère sous ce prétexte, entre autres – je cite une consoeur “expérimentée”, seule à m’avoir confié en coulisse un motif tant soit peu crédible: “Tu ne te prostitues pas assez”.

    Ne sont-ils pas précieux, les conseils des collègues expérimentés?

    Bien sûr, il ne s’agissait pas de mon corps (encore que…, allez savoir) dont elle parlait, mais de mon cerveau, ce qui est bien pire car celui des profs, matière première de l’Instruction publique, ne fait-il alors pas de l’école, au même titre que la presse, le lupanar de la pensée, comme dirait Balzac?

    En effet, nul besoin d’être contraint de vendre ses charmes par nécessité ou par manque de formation. Combien d’écrivains ne prostituent-ils pas leurs talents pour l’oseille? (Vous y aviez fait allusion vous-même, dans un précédent commentaire, si mes souvenirs sont bons). Un célèbre magazine, vade-mecum des producteurs de l’écriture industrielle aux Etats-Unis, le “Writer’s Digest”, affichait autrefois une publicité sans équivoque: “Writing is like prostitution, first you do it for pleasure then you do it for money.” Combien d’auteurs notoires plus par leur taux de vente que par leur écriture n’ont-ils pas suivi cette voie?

    Et si les “travailleuses du sexe” contraintes de vendre leur corps par nécessité peuvent être identifiées et assistées, ne serait-il pas aussi intéressant d’avoir des statistiques sur le nombre de secrétaires de direction, d’honorables mères de famille et d’étudiantes qui font ça autant pour le plaisir que pour le pognon, sans aucune obligation?

    Au contraire d’un(e) enseignant(e), certaines prostituées ne font-elles d’ailleurs pas des carrières enviables? Elles voyagent, écrivent leurs mémoires, donnent des conférences et la police les protège. Elles vivent très heureuses.

    Mais qui protège les profs?

    1. Personne n’est obligé d’être enseignant. Je l’ai été de 1957 à 1996, soit presque 40 ans avec beaucoup de plaisir et sans avoir jamais l’impression de me prostituer à quelque titre que ce soit. Pourriez-vous donner un exemple?

      1. Bien entendu, il n’est pas question de prendre ma boutade au mot. Je citais le souvenir de cette ancienne collègue parce que son allusion au plus ancien métier du monde dans le contexte de la formation – elle, obligatoire pour toute personne désireuse d’être nommée dans l’enseignement public – d’un futur maître me paraissait assez singulière, d’autant plus quand l’enseignement passe pour le plus merveilleux métier du même monde.

        A sa remarque, je pourrais aussi ajouter celle du directeur d’une école du cycle post-obligatoire, à Genève, où j’ai aussi enseigné, qui disait avec humour au sujet de son établissement qu’il était devenu “une maison de tolérance”. Quiconque a quelque expérience de l’enseignement comprend tout de suite à quoi il fait allusion. Il serait regrettable, dans ce cas encore, de le prendre au mot.

        Venant d’une famille d’enseignants et pour avoir enseigné pendant quelques années – mon expérience de ce métier n’est toutefois rien comparée à la vôtre – j’y ai pourtant consacré assez de temps pour en avoir reçu, moi aussi, de grandes satisfactions, et je serais bien le dernier à les renier. Le cas que je cite dans mon commentaire concerne un contexte de formation pédagogique bien précis – c’est avec elle, et elle seule que j’étais en désaccord, et non avec l’institution scolaire elle-même, qui ne m’a jamais rien reproché ni fermé sa porte.

        En revanche, je pourrais citer plus d’un(e) ancien(n)e collègue autrement plus sévères dans leur appréciation de l’instruction publique.

        Ai-je répondu à votre question?

    2. Un homme de [email protected] Pour corroborer votre témoignage, “l’enseignement est une affaire de pouvoir” comme me l’avait affirmé textuellement le responsable du SPES vaudois en 1992. C’est exactement la même chose avec les puritains combattant ce qu’ils appellent le “vice” en s’en prenant aux clients, principale voire unique source de revenus des prostitué(e)s. Monsieur Neyrinck, n’y aurait-il donc rien de mieux à proposer pour “aider” ces personnes avec souvent de gros problèmes, responsables d’enfants, de parents âgés ou des familles entières à l’étranger? Faudrait-il aussi poursuivre ces familles pour proxénétisme en suivant ce genre de raisonnement moralisateur et fallacieux? Quelle hypocrisie (!) vu les immenses services rendus à une société basée avant tout sur un système de contrôle et d’exploitation que Pierre Guyotat considérait justement comme un vaste “univers prostitutionnel”. Ainsi, très nombreux sont les clients avec de la gratitude envers les personnes auprès desquelles ils ont trouvé de l’attention et de l’affection dans des moments difficiles de leur vie. Avant de vouloir juger et légiférer sur un sujet ne nous concernant peut-être pas directement, sans doute faut-il bien connaître et appréhender les réalités complexes de ce qui relève réellement du vice et de la vertu. “Vivre et laisser vivre” est à ce sujet la meilleure doctrine philosophique et, par pragmatisme, le législateur CH ne s’y est d’ailleurs pas trompé sur ce dossier. Le discours des idéaux utopiques de pureté et de morale est celui du fanatisme religieux menant tout droit à l’intolérance et aux crimes les plus abominables perpétrés au nom d’une telle idéologie par l’Inquisition au Moyen-Age en Europe ou plus récemment par l’EI au Moyen-Orient.

      1. Il ne s’agit absolument pas dans le blog de morale. Le sujet est l’indifférence avec laquelle l’exploitation des prostituées est considérée. Selon les travailleurs sociaux seule la misère explique ce phénomène.

          1. Le blog rapporte un fait, le vote du parlement. Ce n’est pas un discours mais la prise de conscience des préjugés dominants en la matière

      2. …“l’enseignement est une affaire de pouvoir”…

        En effet, selon l’adage “qui tient l’école tient le pays”, l’enseignement est une affaire de pouvoir comme la recherche est une affaire d’Etat et “knowledge is power”.

        Quel rapport avec les maisons close? En voici un offert à la réflexion:

        “El-Oued: Une école primaire transformée en maison close par sa directrice

        Une directrice d’école primaire a été mise en détention hier par le procureur de la République. Cette femme est accusée d’être à la tête d’un réseau de prostitution, et de transformer quotidiennement un établissement scolaire en maison close, une fois les cours terminés.”

        Source: Observalgerie.com, 4 octobre 2018

        Par ailleurs, s’il est vrai que le chômage croissant, la précarité et les lois répressives dans les pays de l’UE incitent des jeunes femmes, souvent avec un bon niveau de qualifications, à venir chercher de l’embauche en Suisse, attirées par sa stabilité économique, encore faudrait-il que les autorités cessent leur hypocrite double jeu à cet égard. Selon une enquête du Temps, voici comment une jeune parisienne recrutée par le premier salon érotique genevois est accueillie par le douanier à son arrivée à Genève:

        “Bienvenue en Suisse, Mademoiselle. J’espère que les affaires seront bonnes.”

        (“En Suisse, les exilées du sexe tarifé”, Le Temps, 15 février 2014 – https://www.letemps.ch/suisse/suisse-exilees-sexe-tarife).

        Ou encore:

        “En Suisse, les exilées du sexe tarifé

        Enquête. Les prostituées françaises, fuyant les lois répressives, sont de plus en plus nombreuses à s’installer à Genève.” (Le Monde, 15 février 2014)

        Certaines débarquent aux frontières avec une formation ad hoc:

        “Cours de prostitution en Espagne : débouchés assurés

        Alors que le chômage atteint des sommets, une formation propose d’apprendre les rudiments du plus vieux métier du monde. Et pour l’instant, ça n’a rien d’illégal.

        « Travail immédiat ! Cours de prostitution professionnelle. Un travail très rentable pour les deux sexes. »

        L’affiche, apparue dans les rues de Valence en Espagne, ne permet plus aucun doute : devenir prostitué(e), mais un(e) pro, cela s’apprend aussi. Et même, après la formation, les enseignants du cours promettent un travail immédiat…”

        (L’Obs/Rue 69, 17 novembre 2017 – https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-rue69/20120923.RUE2620/cours-de-prostitution-en-espagne-debouches-assures.html).

        A l’heure où les diplômé(e)s des hautes écoles sont toujours plus confronté(e)s à la précarité et au chômage, à quand un master ou un doctorat ès sciences du tapin?

  9. En Suisse on a une conception très libérale de la prostitution. On estime que c’est la plus vieux métier du monde, que ça ne disparaîtra pas et que donc il faut le réglementer en luttant contre le proxénétisme pour que les femmes qui vivent de cette profession le fassent librement, et que ce soit en quelque sorte une profession libérale. Evidemment on n’y parvient pas toujours, et il y a sans doute des réseaux de proxénétisme et un trafic, mais les autorités les combattent, du moins elles en ont l’intention et le font avec des succès et des échecs comme toujours. Dans l’ensemble ça fonctionne assez bien et la Suisse attire beaucoup de personnes qui peuvent trouver ainsi un débouché économique et un argent facile. Ces personnes seraient très fâchées si on venait leur gâcher le métier par des politiques répressives. On voit mal en quoi la solution puritaine des pays nordiques serait meilleure. Il paraït que la principale conséquence en est que les prostituées scandinaves sont reléguées dans une clandestinité où elles sont exposées à beaucoup plus de violences. Bref c’est complètement contreproductif. En fin de compte j’ai l’impression que comme dans beaucoup de domaines, la Suisse a fait le choix du moindre mal.

  10. “L’enfer est pavé de bonnes intentions” et, probablement, de plus en plus avec le wokisme triomphant…
    Dites-moi, Monsieur Neirynck, seriez-vous tenté par l’émasculation rampante de notre société ?
    Votre charge récente contre les “excès de vitesse” m’avait déjà laissé songeur… D’après vous, tous les conducteurs qui dépassent les vitesses limites ne sont que des incapables “professionnels, familiaux, sociétaux et amoureux.” !!! Bigre
    Quels que soient la capacité à piloter un véhicule, les possibilités du dit véhicule – un camion ou une moto ne sont point exactement la même chose – et, surtout, les conditions routières, Hop! tous dans le même chaudron diabolique, tous des rebuts existentiels ! Voilà, voilà….
    Je me souviens du témoignage d’un pilote de ligne Swissair – exemplairement réputés pour leur “insuffisance professionnelles”, n’est-ce pas ? – retraité et qui fut contrôlé à 140 km/h en moto en rase campagne, soit avec une visibilité parfaite, sans aucun trafic donc avec beaucoup moins de risque que celui pris par des conducteurs qui roulent “sagement” à 115 km/h sur autoroute mais à 5 mètres de la voiture qui les précède…
    Le pauvre bougre qui s’était fait un petit plaisir solitaire vit débarquer chez lui la maréchaussée qui l’embarqua MENOTTES AU POIGNETS et qui fut condamné à une année de prison (heureusement avec sursis) !
    Vous trouvez cela bien ? Proportionné au danger social représenté par cet individu ?
    Dans ce cas, non. Dans d’autres cas, le comportement inconscient et irresponsable de cervelles brûlées mérite une forte sanction et fut d’ailleurs à l’origine de cette loi.
    Les effets pervers de Via Secura méritait, je crois, une petite rectification.
    Une étude espagnole a montré qu’un tiers des conducteurs sont anxieux au volant. Évidemment, lorsqu’un chauffeur trop compétent les dépasse avec une aisance incompréhensible pour eux, leur indignation infondée s’explique et l’injure de “chauffard” leur est naturelle.
    Le nivellement par le bas est dans l’air du temps – français “simplifié” par exemple – et plutôt que d’augmenter les exigences donc les compétences des conducteurs, il est tellement plus simple de diminuer les limitations de vitesse et d’assommer les récalcitrants sans nuance.

    La prohibition de la prostitution est de la même veine.
    Madame Streiff-Feller est probablement et dans la même logique qui se veut humaniste, favorable à l’afflux de “migrants”.
    Bien. Qui sont-ils ? En majorité des mâles, jeunes. Et que ferons-nous de leur pulsions sexuelles ?
    Et nous serons tout surpris de découvrir un jour l’existence de gangs asservissant de naïves Suissesses – je sais, naïf et suisse est un pléonasme – à un esclavage sexuel, comme cela s’est passé avec des gangs de Pakistanais en Angleterre, dans la réalité vraie, ignoble et méprisable…
    Notons que par peur d’ostraciser cette communauté, les autorités britanniques ont fait un déni de réalité d’une durée scandaleuse… Quelle épique époque !
    Notons une discrimination tue et en faveur des femmes : la facilité à trouver un partenaire sexuel.
    Par une attitude aguicheuse, la belle – et même nettement moins belle – trouvera facilement l’étalon désiré. Inversant les rôles, de nombreux mâles ont constaté que le contraire est nettement moins évident !
    D’après elle et vous, les rejetés n’ont qu’à s’adonner à l’onanisme, sacrifiés sur l’autel de la discrimination vertueuse ?
    Ici aussi, le problème, les dysfonctionnements que je ne nie pas, seront résolus par le quantitatif et non le qualitatif, si je puis dire. Bref, c’est “tout le monde en deuxième classe” et, surtout, pas de vagues !
    “Le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas” ? Peut-être, mais ce que nous savons déjà, c’est qu’il sera assurément puritain donc triste…

  11. Monsieur Neirynck,
    Réprimer la prostitution contrainte, oui, absolument. Mais condamner les prostituées et leurs clients relève du puritanisme. Savez-vous de quoi vous parlez ? Vous n’êtes jamais ‘allé aux putes’ comme on dit chez nous. Sinon vous sauriez à quel point ces femmes sont une bénédiction pour la société. Grâce à elles, combien d’hommes ont échappé au viol, au désespoir et au suicide. Elles font plus de bien que tous les psys réunis. Ce sont des femmes, des êtres humains. Elles méritent le respect et non le dénigrement et l’injure. Elles pratiquent le plus vieux métier du monde et malgré toutes les élucubrations des moralistes, aucune mesure n’a pu jusqu’ici ni ne pourra jamais y mettre fin. Si des femmes sont dans la précarité, notre devoir moral est de les aider, non de les mépriser.

    1. Le blog ne stigmatise absolument pas les prostituées elles-mêmes, considérées comme des victimes. Il requiert seulement la condamnation de leurs clients. L’dée que la prostitution est un bienfait pour la société constitue l’excuse classique. Elle revient à dire que siles hommes ne peuvent assouvir leurs désirs, ils deviennent dangereux.

      1. « L’idée que la prostitution est un bienfait pour la société constitue l’excuse classique »

        Pas un bienfait, un mal nécessaire.

        Et, en effet, si les êtres humains (hommes et femmes, nous tous) ne peuvent pas trouver d’échappatoires à leurs frustrations (sexuelles, sociales, psychologiques, professionnelles, etc.), ils peuvent devenir dangereux.

        A plus forte raison s’ils ont un peu de pouvoir.
        L’actualité est là pour nous le rappeler.

        1. Je m’oppose à la théorie du mal nécessaire. On peut l’utiliser pour tout justifier, la colonisation, la guerre, l’exploitation sociale. Cela revient à dire que le moindre avantage pèse plus que le pire des inconvénients. Ici, c’est clair : si on exploite la faiblesse de certaines femmes, cela améliore l’humeur de certains hommes qui deviennent sinon insupportables. Ils ont tous les droits sur celles qui n’en ont aucun.
          Pour réussir, le mal a intérêt à adopter les apparences du bien, au point de devenir indécelable. Le vice tout cru est hideux et lassant par sa triste répétition. Pour surgir, il convient qu’il apparaisse comme une vertu. On doit pouvoir l’embrasser de grand cœur, avec une conscience claire et un jugement droit. Il faut que les hommes ne fassent pas le bien qu’ils désirent, mais qu’ils commettent le mal qu’ils repoussent. Puisque tout est alors dans tout, rien n’est plus dans rien.

          1. « Je m’oppose à la théorie du mal nécessaire. »

            Moi pas. C’est une manière de voir le monde tel qu’il est et non pas comme on voudrait qu’il soit.

            Ça évite bien des erreurs d’appréciation et des dérives idéologiques ou religieuses.

          2. Avec tout le respect dû à M. Neirynck, je ne peux pas comprendre sa remarque: voir le monde tel qu’il est et non comme on voudrait qu’il soit empêcherait de s’améliorer.

            Je trouve qu’il y a là un mélange bizarre d’idéalisme perfectibiliste et de morale catholique (sans doute un reste de son éducation sévère chez les bon pères belges) et avec cette conception on ne risque pas de trouver des politiques raisonnables.

            Mettons l’hypocrisie de ce côté dans ce débat, si vous le voulez bien. J’estime que tout homme a eu recours dans sa vie aux services de prostituées. Ceux qui le nient sont des hypocrites. Enfin, il y a sans doute des exceptions mais elles sont rares, bien que M. Neirynck avec sa rigueur morale et son horreur du vice, en fasse partie, je n’en doute pas.

            Des nombreuses prostituées que j’ai connues dans ma vie, aucune ne m’a donné l’impression de “vendre son corps” sous la contrainte d’un souteneur. J’ai eu au contraire l’impression que c’étaient des femmes libres qui avaient choisi ce travail aussi librement que l’on choisit d’être maçon, ouvrier d’usine ou une autre profession. Il y a une nécessité économique, mais ce n’est aps de l’esclavage.

            Je pense que l’esclavage existe quand la femme est sous l’emprise d’un réseau mafieux de traficants d’êtres humains. Mes expériences du monde de la prostitution étant déjà anciennes car je suis hélas un homme âgé maintenant, je peux imaginer que l’immigration massive voulue par nos autorités cyniques a pour conséquence le développement de réseaux de trafic d’êtres humains. De ce fait, l’esclavage se répand. Il n’existait pas de mon temps, ou à peine. Cette dégradation est la conséquence d’une politique d’immigration qui se veut humaniste mais est en réalité hypocrite. Il faudrait revenir à une politique d’immigration très restrictive, et sévir plus efficament contre les réseaux de proxénétisme, pour que la prostituée suissesse puisse à nouveau jouir de ses droits de travailleuse indépendante.

          3. Ça tombe bien. Ça fait en effet bien des années que j’ai arrêté de me bercer de ce genre d’illusions.

  12. L’expression “vendre son corps” serait-elle un abus de langage ? Ne s’agirait-il pas plutôt de “location temporaire” ?

  13. C’est sur et certain que la Suisse n’est pas parfaite, mais elle l’est de moins en moins depuis les années 90, depuis qu’elle a intégré schengen.
    Je rappelle que dans les années 90 on pouvait laisser la portière de sa voiture sans la fermer qu’il ne se passait rien.
    Années 90, donc il y a 20 bonnes années, pas il y a un siècle.
    Je rappelle qu’il y a 70% d’étrangers dans les prisons suisses.
    Je rappelle que pendant le confinement à la première vague de covid, il y a eu une baisse de 70% de la délinquance/criminalité dans le canton de vaud et 50% de baisse à genève, dus notamment à la fermeture des frontières.
    Je rappelle que les délinquants/criminels français lorsqu’ils se font attraper en France après avoir commis leurs méfaits en Suisse demandent à être jugés par la justice suisse, connue et reconnue internationalement pour être angélique.
    Sans compter les politiques bisounours dans la suisse francophone, genève, lausanne, etc etc.
    Alors oui la Suisse n’est pas parfaite ET si c’était mieux avant.
    Mieux quand les irresponsables politiques suisses s’occupaient des citoyens du pays au lieu de savoir si ce qu’ils font va plaire à bruxelles.

    1. Les prostituées étrangères ne sont pas des délinquantes. La question posée par la motion était de savoir si leurs clients suisses ne le seraient pas.

      1. “leurs clients suisses”

        Pourquoi “suisses” ?
        La clientèle des prostituées est représentative de la population résidente dans notre pays.

        Voici un lien qui devrait vous plaire avec chiffres à l’appui : https://www.20min.ch/fr/story/qui-sont-les-clients-des-prostituees-728417355920
        Extrait :

        « Il est ressorti que la moitié d’entre eux [les clients des prostituées] sont «d’origine suisse» et que leur moyenne d’âge est de 33 ans. (…)

        Concernant le statut social et les professions des intéressés, Matthias Cavassini précise qu’on «trouve de tout»: des médecins, des ouvriers, des étudiants, des agriculteurs, des employés de banque, des chauffeurs ou des commerçants. «On a vu tous les modèles de voiture, même des 4×4 avec des chaises bébé à l’arrière», précise le médecin. »

        Et j’imagine que la motion à laquelle vous faites allusion concerne également les clientES des prostitués : http://institutions.ville-geneve.ch/fr/bm/interroge/questions-recentes/questions/detail/existe-t-il-une-prostitution-masculine-heterosexuelle-a-geneve/

        Extrait :

        « Même si on est très loin du volume des femmes escorts, une étude de l’Université de technologie du Queensland (Australie) portant sur l’offre de sexe en ligne dans plusieurs pays indique qu’un marché pour les femmes achetant des “services sexuels” est bien en train d’émerger. Il concernerait 11% des sites dédiés. Des chercheuses de l’Université de Lancaster, au Royaume-Uni, ont aussi travaillé sur le sujet. Elles ont observé que cette clientèle est constituée notamment de femmes en couple, désireuses d’égayer leur vie sexuelle, ou au contraire de femmes actives qui n’ont pas le temps ni l’envie de nouer des relations amoureuses. » (…)

        « La prostitution masculine est en plein essor à Genève. Depuis trois ans, les prostitués ne se cantonnent plus uniquement à la prostitution de rue, dans des saunas ou via internet. Désormais, les mâles prostitués vendent leur corps au profit d’agences spécialisées. Comme l’agence Adonis Escorte Service, la première de Suisse romande, qui ne reçoit que la clientèle hétérosexuelle.
        […]
        L’ouverture des frontières et le fait que la prostitution masculine soit autorisée depuis 1992 en Suisse a motivé des étrangers à occuper le trottoir genevois. Les prostitués déclarés aux Mœurs sont principalement des Latinos, Africains, Bulgares, Roumains et des ressortissants européens. Côté prostitution de luxe en revanche, ce sont des gigolos suisses et français qui occupent le marché »

      2. Saint Augustin, grand amateur et fin connaisseur du genre (Cf. “Confessions” II-IV et suivants), n’est pas réputé pour avoir fréquenté avec assiduité les boui-bouis de Carthage en qualité d’assistant social, que l’on sache. Et le Seigneur n’avait-il pas sa Marie-Madeleine?

        A vous croire, tous deux ne devraient-ils pas être inscrits au Casier judiciaire?

          1. Pure affabulation, vraiment?

            Vers 591, le pape Grégoire le Grand (Homiliae in Evangelium) assimile Marie-Madeleine à la pécheresse citée dans l’Évangile de Luc (VII, 36-50) et l’identifie également avec Marie de Béthanie, sœur de Lazare et de Marthe.

            Selon Madeleine Scopello, “la Tradition chrétienne des premiers siècles s’est rapidement emparée du personnage de Marie la Magdaléenne en lui attribuant des actes accomplis et faits par d’autres femmes du cercle de Jésus : Marie de Béthanie, sœur de Lazare ; la prostituée anonyme repentie chez Simon le Pharisien ; ou encore la femme présente chez Simon le Lépreux. Ainsi, Marie Madeleine est devenue un personnage composite qui a pris consistance sous le pape Grégoire le Grand (590-604), puis a traversé les siècles avec une extraordinaire fortune.”

            Marie Madeleine apparaît au VIIIe siècle au martyrologe de Bède le Vénérable, où elle est célébrée comme sainte le 22 juillet.

            En 1969, le pape Paul VI décrète qu’elle ne doit plus être fêtée comme “pénitente”, mais comme “disciple”, l’Église préférant la mettre en valeur via le texte de Jean plutôt que celui de Luc.

            Sources:

            * Jean-Philippe Watbled, “Les figures bibliques de Marie-Madeleine, une histoire d’Amour” (Archive.org • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?), université de la Réunion, 8 mars 2011.

            * Veronica Ortenberg et Dominique Iogna-Prat, “Genèse du culte de la Madeleine (VIIIe – XIe siècle)”, Mélanges de l’École française de Rome. Moyen Âge, Temps modernes, no tome 104, no 1. 1992, p. 9-11,‎ 1992.

            * Madeleine Scopello (interview), Sciences et Avenir, n° 791, Dossier: Les Évangiles secrets, p. 50.

          2. Il s’agit d’une personne participant à la légende et qui n’a qu’une connexion ténue avec l’histoire comme tous les événements relatés par la Bible. Rien dans celle-ci ne l’assimile à une liaison avec le Christ.

          3. Rien dans celle-ci ne l’assimile à une liaison avec le Christ?

            Ceci pourrait vous intéresser:

            “Un pharisien pria Jésus de manger avec lui. Jésus entra dans la maison du pharisien, et se mit à table. Et voici, une femme pécheresse qui se trouvait dans la ville, ayant su qu’il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre plein de parfum, et se tint derrière, aux pieds de Jésus. Elle pleurait []”

            – Luc, VII, 36-38

          4. Et après? Ce passage est bien connu mais n’implique pas votre conclusion. Rien n’est plus contraire à l’enseignement de Jésus de Nazareth que l’exploitation des faibles. Mais cela ne veut pas dire qu’ils doivent ^rtre ignorés et que l’on doit éviter tout contact avec eux.

          5. “Ce passage est bien connu mais n’implique pas votre conclusion.”

            Quelle conclusion? Je me borne à constater les faits et m’interdis de conclure quoi que ce soit.

          6. Si vous avez laissé entendre dans votre commentaire du 23 du 6 que la prostitution était le fait d’Augustin d’Hippone et de Jésus de Nazareth

          7. “…vous avez laissé entendre dans votre commentaire du 23 du 6 que la prostitution était le fait d’Augustin d’Hippone et de Jésus de Nazareth”

            Ne m’attribuez-vous pas par erreur le propos d’un autre commentateur, “Formule 1”? Pour ma part, même si tel était le cas encore une fois je ne fais que constater les faits. En ce qui concerne Augustin, je n’ai pas à y revenir, les chapitres des “Confessions” dans lesquels il évoque ses frasques de jeunesse sont connus.

            Quant à la relation qu’aurait eue le Christ avec une “pécheresse” – terme qu’utilise Luc -, le passage de l’Evangéliste où il en est question relate le pardon qu’accorde le Christ à celle-ci et rien de plus, si mes souvenirs de catéchisme sont bons. Ce n’est pas moi qui utilise le mot “prostitution”. Les complotistes de tout poil et les malheureux disciples de Dan Brown en seront pour leurs frais.

            Vous êtes libre d’en déduire ce qui vous convient mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.

  14. Le projet que vous soutenez est d’une parfaite hypocrisie. La sanction infligée aux hommes dont vous rêvez est aussi mise à néant d’une relation contractuelle à laquelle la femme est partie et, par là, restriction de la liberté des femmes.

    La liberté d’enseignement ne serait-elle pas atteinte si on érigeait en délit le fait d’assister à un enseignement sans sanctionner l’enseignant ?

    Votre hypocrisie ne trompe personne. Le but que vous mettez en avant n’est pas votre but, Il n’est que prétexte. Votre dessein est le triomphe de votre conception morale, contraire à celle qui prévaut ici et maintenant comme le met en exergue la récente jurisprudence du Tribunal fédéral selon laquelle le contrat de prostitution n’est pas contraire aux moeurs.

    1. J’ignorais que le Tribunal fédéral soit compétent en matière de morale.
      Le blog ne parle pas de morale mais d’un vote révélateur du parlement.

  15. M. Neirynck veut poursuivre pénalement les clients des prostituées, mais il n’a rien contre les prostituées elles-mêmes.

    Cette position ne tient pas debout. Si on poursuit pénalement les clients, les prostituées n’auront plus de clients, ou alors seulement dans des bordels clandestins tenus par la mafia et où la police aura peur de s’aventurer.

    Par conséquent la politique préconisée par M. Neirynck est directement contraire à l’intérêt des prostituées. Si elle était pratiquée elle aurait pour effet de tarir leur source de revenus, d’une part, et en plus, d’autre part, de les mettre en danger en les rendant vulnérables à des réseaux mafieux.

    Par conséquent M. Neirynck n’a pas le droit de dire qu’il se soucie du sort des prostituées. Ce n’est tout simplement pas vrai.

    1. Argument spécieux. Si une personne est exploitée, il ne faut pas y mettre fin parce que c’est contraire à son intérêt. Son véritable intérêt est de plus être exploité en gagnant sa vie de façon normale.

      1. Je suis bien d’accord avec vous, Monsieur Neyrinck. Mais que proposez-vous ou que pouvez-vous proposer concrètement en ce sens aux personnes exploitées, qui de loin ne relèvent pas seulement du milieu de la prostitution vu que certain(e)s cumulant parfois plusieurs emplois “normaux” n’arrivent pas à gagner leur vie correctement? Seuls de potentiels employeurs éclairés peuvent améliorer les choses. Faites-vous donc partie de cette catégorie ou voulez-vous aussi forcer par la loi des entreprises à engager des gens dont elles ne veulent pas? Et comment voulez-vous aussi forcer en cela les prostitué(e)s, alors qu’il leur est possible de gagner en une heure autant qu’un salarié moyen en toute une journée de travail? Comment voulez-vous convaincre par votre argumentation des personnes étrangères ayant besoin de beaucoup d’argent rapidement, par ex. pour pouvoir faire soigner un proche gravement malade dans des pays où les soins médicaux coûtent aussi cher voire plus que chez nous et où il n’y a pas d’assurance-maladie? En voulant les priver de leurs revenus par une forme indirecte et hypocrite de coercition, vous ne faites que les étouffer en les plongeant davantage dans leurs problèmes et le désespoir. Vous voulez criminaliser leurs clients? Alors il faut accuser et punir également les gérances ou ceux/celles qui louent à des prix largement surfaits des locaux pour la prostitution ou en profitent largement en organisant/gérant ce genre d’activité, ainsi que l’Etat lui-même qui agit comme un proxénète notoire en prélevant aux un(e)s et aux autres des impôts très élevés sur ce qui relève pour vous de l’esclavage et du vice. Donnez plutôt la parole aux personnes prostituées au lieu de vouloir décider à leur place de façon paternaliste ce qui leur convient le mieux, tant il est frappant de constater combien celles-ci sont peu encouragées ni amenées à s’exprimer publiquement. Je ne suis pas du tout l’opinion de votre blog qui pour moi vise clairement à opprimer encore davantage sous le prétexte d’aider. Car les prostitué(e)s dérangent énormément les règles sociales et l’ordre établi, en permettant un libre accès à la sexualité en dehors du carcan du mariage et de la responsabilité de la procréation. Le fait que ces personnes puissent susciter de la reconnaissance et de l’affection est certainement inconcevable et inimaginable (voire inconvenant?) à ceux/celles qui comme vous voudraient légiférer pour les faire purement et simplement disparaître en les privant de leur clientèle. Néanmoins, la discussion à ce sujet s’avère utile d’après les réactions et commentaires parfois très remarquables qu’elle a généré. Mentionné par CEDH, l’arrêt du TF déboutant un scélérat est ainsi une parfaite illustration de ce que doit être l’équité et la justice dans un Etat de droit. Cocotte-Minute évoque aussi fort bien la relation entre la prostitution, l’enseignement et l’accès à la connaissance/au pouvoir par le biais d’une relation basée sur ce dernier, qui peuvent mener très paradoxalement à l’émancipation et à la liberté. L’évocation fort à propos de Saint-Augustin et de Marie-Madeleine dans ce débat déstabilise fortement la légitimité de l’argumentation morale basée sur la religion. Il est réconfortant de voir que la plupart des gens savent très bien raisonner par eux-mêmes avec justesse et lucidité. En ce sens, j’ai de même beaucoup apprécié l’humour décapant de la vidéo de Valek démolissant à juste titre le machisme ainsi que tous les préjugés.

  16. Hors sujet, mais la Suisse est visiblement la cible pour un attentat 😱😱😱😱

    https://www.letemps.ch/suisse/quatre-personnes-suspectees-terrorisme-arretees-suisse-allemagne

    https://www.letemps.ch/suisse/un-projet-dattaque-bombe-une-grande-ville-suisse-dejoue-police-allemande

    Mais que fait notre police?
    Devons-nous ENCORE passer par les services étrangers pour assurer notre sécurité sur notre sol, malgré les nouvelles lois ???

    Notre Etat est faible. Notre population est lâche!

    1. Et on décerne la médaille de la bienveillance aux fonctionnaires qui les ont naturalisés! qui bien sûr n’encourrent aucune sanction…

      1. Comme précisé dans le blog, les prostituées sont à 95% des étrangères avec un taux de renouvellement trè rapide. Il n’y a donc pas matière à naturalisation.

      2. Je suis en colère contre nos fonctionnaires qui accueillent et naturalisent des terroristes ! Vous n’allez quand même pas me dire qu’on peut détecter une recrue dangereuse aux journées de recrutement, et qu’on est pas capable de faire passer des tests de dangerosité aux requérants d’asile et à chaque fois qu’on délivre un permis ??

        https://www.blick.ch/fr/news/monde/piste-terroriste-privilegiee-deux-morts-et-14-blesses-dans-une-fusillade-en-plein-centre-doslo-id17607598.html

        Pour les artistes de cabaret, la plupart sont tellement brisées par les clients suisses et le champagne qu’elles doivent boire avec eux qu’elles finissent par en épouser un.. qui s’en servira comme esclave personnel pendant 5 ans (naturalisation facilitée) puis la jettera pour une plus jeune 🤬

  17. Monsieur Frey, je vous cite.
    “En majorité des mâles, jeunes. Et que ferons-nous de leur pulsions sexuelles ?” Donc, il incombe aux femmes d’assouvir leurs pulsions? Ah bon et au nom de quoi? D’ailleurs, pourquoi auraient-il plus de pulsions que ceux nés ou vivant ici? Ce ne sont pas des bêtes sauvages, ces “mâles”, mais des êtres humains comme les autres. Comme vous et moi. En moins chanceux, puisqu’ils et elles ont été obligé.e.s de partir de chez eux. Et qui peuvent être désireux d’avoir des relations amoureuses et de fonder une famille. De respecter et d’intégrer la société. Elles et eux aussi ont reçu des valeurs morales, non?

    Autre citation: “Notons une discrimination tue et en faveur des femmes : la facilité à trouver un partenaire sexuel. Par une attitude aguicheuse, la belle – et même nettement moins belle – trouvera facilement l’étalon désiré. Inversant les rôles, de nombreux mâles ont constaté que le contraire est nettement moins évident !” Or, dites-moi, quand les femmes se font violer ou agresser sexuellement, est-ce grâce à cette même “facilité à trouver un partenaire sexuel”?

    Votre vocabulaire est également bien spécifiques. Pour les hommes: “mâles”, “étalon”. Pour les femmes: “aguicheuse”, “nettement moins belle”…

  18. Toute la question consiste à savoir s’il s’agit réellement d’un “métier”, ce dont je doute. En dehors des questions morales, auxquelles on peut ou non adhérer, il y a celle du corps en tant qu’objet de consommation. En est-ce un, véritablement, je vous le demande?
    L’achat d’une maison par cette péripatéticienne lausannoise suffirait-il, en soi, à effacer les souffrances physiques (eh oui!) ou psychologiques (il y a de mauvaises rencontres, entre autres aspects!), la honte, le rejet, voire les maladies? Revendiquait-elle son activité? Et son fils? Comment en était-elle arrivée là? Lui avez-vous posé la question? Elle devait donc coucher sans être le moins du monde séduite, indépendamment du physique, de l’odeur ou de la personnalité du client? Le corps d’un côté, la sensibilité de l’autre? Fait-on cela en se dissociant? Cela vous semble-t-il agréable, Monsieur? Pour moi, le coût psychologique doit être énorme. Sans compter que le “métier” ne s’exerce pas indéfiniment, que les tarifs baissent alors que l’âge avance, que l’âge n’aide pas à surmonter les souffrances (j’insiste vraiment sur le terme)…
    Peut-on imaginer pour soi-même ou nos proches de s’adonner à cette activité? Je tremble d’imaginer que mes enfants, neveux ou nièces, pourraient, contre de l’argent, vendre leur corps. Si j’avais dû, moi-même, le faire, je ne peux convoquer en moi d’autres motifs que celui de la pauvreté et de la misère. J’y aurais absolument perdu mon âme, j’en suis persuadée, car j’aurais été obligée de me dissocier de ma sensibilité, des valeurs transmises, dont la dignité.
    Je n’ai sincèrement rien contre celles et ceux qui se livrent à la prostitution, mais j’ai de la peine à croire qu’on puisse le faire par “plaisir”, d’après ce que j’ai entendu, lu, compris, observé – il suffit de traverser les quartiers chauds. Gisèle Halimi en était, elle aussi, convaincue. D’ailleurs, prostitution, drogue et alcoolisme sont souvent associés et ce n’est pas un hasard.
    J’ose également prétendre que le rapport à la sexualité n’est pas toujours le même, selon le sexe et la sensibilité.
    Ce n’est pas, Monsieur, parce que certains recourent aux services de personnes se prostituant que celles-ci ne souffrent pas et/ou revendiquent leur activité. Je ne pense pas me tromper.

  19. Merci pour cet article qui met à nu l’hypocrisie sur la prostitution qui peut regner en Suisse. Je travaille pour l’Amée de Salut et nous sommes conscients dans notre bureau à Zurich, que pour beaucoup de femmes cette forme d’exploitation a été la conséquence de leur pauvreté. Je pense qu’aucune d’elles ne dirait que ce travail a été le rêve de leur vie.

    Pour ceux qui défendent la légalisation de la prostitution, pourquoi ne pas aussi encourager nos écoliers à decouvrir ce métier pour y songer à faire carrière ? Ça serait certainement une bonne inclusion dans le curriculum scolaire!

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