Réflexion pascale : le pouvoir et le sacré

 

 

Même si on n’en est pas conscient, la religion est un problème éminemment politique en Suisse, comme elle l’est d’ailleurs toujours et partout, sans que cela se sache, ou sans qu’on veuille le savoir. Certes, on n’en est plus à sacraliser ouvertement le pouvoir politique en le nantissant d’une religion d’Etat, pratiquée obligatoirement par tous les citoyens, sous peine de persécution. Alors que les Eglises établies ne font plus de politique aujourd’hui en s’abstenant d’influencer (trop) visiblement le pouvoir, des partis (exPDC, PEV, UDF, UDC) instrumentalisent les religions en tant que référence électorale ou électoraliste.

La Confédération suisse n’a pas de religion d’Etat unique. Cependant la réalité est plus subtile. Car les premiers mots inscrits dans la Constitution  sont “Au nom de Dieu Tout-Puissant!”, ce qui présume l’existence d’une ou de plusieurs religions, ou du moins que la majorité de la population soit théiste. La Suisse a très bien vécu avec deux religions chrétiennes, catholique et réformée, que subventionne généreusement aussi un cinquième de la population, de sentiment agnostique.

Mais ce n’est pas l’essentiel, car cet exorde va beaucoup plus loin. Il signifie que tout ce qui va suivre n’est pas d’inspiration humaine. Ce n’est pas le bien commun supputé à partir des intérêts particuliers qui fonde l’Etat. La norme est transcendante. On verra tout de suite qu’elle est tellement exigeante qu’elle dépasse les forces humaines. Elle fixe un idéal inatteignable. C’est bien la définition de tout idéal.

Le reste du préambule explicite un programme évangélique :

« conscients de leur responsabilité envers la Création, résolus à renouveler leur alliance pour renforcer la liberté, la démocratie, l’indépendance et la paix dans un esprit de solidarité et d’ouverture au monde, déterminés à vivre ensemble leurs diversités dans le respect de l’autre et l’équité, conscients des acquis communs et de leur devoir d’assumer leurs responsabilités envers les générations futures, sachant que seul est libre qui use de sa liberté et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres. »

Ce programme fait écho à certaines des Béatitudes :

Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux.

Sur cette norme pourra se mesurer l’écart du pays réel avec ce Royaume mythique.

En France c’est apparemment l’inverse, en ce sens que depuis 1905, la République ne reconnaît, ni ne subsidie aucune confession. Ce n’est pas tout à fait vrai puisque l’enseignement libre catholique est en partie subsidié. En sens inverse, la laïcité à la française inspire parfois des démarches ridicules et odieuses (interdiction de crèche à Noël) qui font penser à une religion de l’Etat, pas très loin du stalinisme. Une initiative présente des évêques en démontre toute l’ambiguïté.

La « Lettre des évêques de France aux catholiques sur la lutte contre la pédophilie mentionne un « pouvoir sacré » qui aurait été détourné de son objectif. « Nous, prêtres et évêques, ordonnés, nous recevons du Christ Pasteur et Serviteur un « pouvoir sacré ». Pour vous, fidèles, qui, avec nous, recevez la grâce de la foi, ce « pouvoir » est source de vie, de consolation, de force, de paix et de liberté intérieure. Or, de ce pouvoir, il est possible d’abuser. Comme tout pouvoir, celui-ci peut servir à exercer une emprise et à établir un rapport de domination. »

Si ce texte reconnaît le détournement du pouvoir, il ne remet pas en cause l’existence, la légitimité et la pertinence de celui-ci. Même s’il a été abusé, il serait normalement : « source de vie, de consolation, de force, de paix et de liberté intérieure ». Et dès lors justifié malgré ses dérives. Impossible de le remettre en cause. C’est bien le nœud du problème. Existe-t-il un ordre du sacré ? Fonde-t-il certains pouvoirs, comme celui attribué par ordination aux prêtres catholiques français d’être dispensateurs exclusifs de certains sacrements et aux évêques d’être les seuls à attribuer ce pouvoir sacré par l’exercice d’un pouvoir encore supérieur ? Dans la plupart des diocèses du monde, l’expérience a démontré que ce pouvoir sacré grise certains esprits, les pousse au crime et leur permet de s’en absoudre eux-mêmes.

La faiblesse des hommes comporte une tentation universelle dans l’exercice de tout pouvoir, de toute nature, mais a fortiori quand il s’appuie sur une élection qui se postule divine. « Le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument. » comme l’a décelé John Acton. Cela se vérifie partout déjà dans la tentative malheureuse d’un secrétaire communal, puisant dans la caisse publique pour rembourser des dettes de jeux ou offrir un colifichet à sa maîtresse clandestine.

Dans la société civile démocratique, les différents pouvoirs s’équilibrent aujourd’hui du fait de leur séparation, du moins en principe. Obligatoirement élus, les titulaires ne disposent que d’une compétence limitée dans son objet et sa durée : le pouvoir leur est prêté par la Nation et subordonné au bien public. En Suisse on adopte une position extrême : c’est une acratie, personne ne dispose du pouvoir puisqu’il est exercé collectivement par le peuple des citoyens. Dans l’institution ecclésiastique, tous les pouvoirs, attribués par cooptation, sont toujours amalgamés et attribués à vie. Cette singularité historique est-elle encore valide ?

La collusion entre le pouvoir et le sacré est traditionnelle. Car la vocation première des religions fut de conforter le pouvoir, selon l’adage ejus regio, cujus religio (à chaque pays sa religion). En Suisse, à chaque canton sa confession. C’est fatalement une exclusion de l’étranger, puisqu’elle fonde l’appartenance nationale ou même régionale. Depuis l’Edit de Milan en 313 et pire encore celui de 380, légalisant et imposant le christianisme dans l’Empire romain, jusqu’à la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis en 1776, séparant l’Etat des multiples Eglises, le christianisme fut rabaissé en religion d’Etat, initiatrice des croisades, des pogroms et des guerres de religion.

On pourrait croire ces combats périmés. Mais la collusion entre le pouvoir et le sacré persiste. Comme il n’y a que deux sources possibles au pouvoir, Dieu et le peuple, il est tentant de convaincre ce dernier que Dieu lui appartient en exclusivité. A l’image des rois de France se faisant sacrer à Reims, Napoléon Bonaparte mit en scène une cérémonie impie à Notre-Dame en convoquant à Paris Pie VII, comme un vulgaire chapelain. Plus récemment, Poutine fait étalage d’une piété démonstrative. Et Trump se fit photographier une Bible en main.

La véritable question est de savoir si ces racines-là sont réellement chrétiennes ou si elles en constituèrent une perversion radicale. Dans son essence – et non dans son histoire –, le christianisme n’est en rien une religion de l’exclusion, de la xénophobie et de l’intolérance. Abraham, le père mythique des trois religions monothéistes, était un sémite errant. Paul de Tarse proclame qu’il n’y a plus grec ou juif, homme ou femme, maître ou serviteur, mais que tous ont une égale dignité et sont tenus à la solidarité au-delà des limites du clan.

Ces fameuses « racines » chrétiennes» sont donc celles d’un chiendent qu’il faut arracher. ­Or, elles ne perturbent pas seulement le jeu du pouvoir politique, elles perpétuent le sacré dans la religion : le magique, l’initia­tique, le spectaculaire. Elles ­s’incarnent dans des rites bizarres, des apparitions problématiques, des miracles supposés, des morales infantilisantes, des clergés autoritaires. « Dieu» intervient dans le monde selon son bon plaisir, viole les lois de la Nature, protège les uns (Gott mit uns) et renverse les autres, surveille jalousement chaque individu.

Colonel, gendarme et juge, « Il » a naturellement partie liée avec le pouvoir politique et ses institutions. Cela constitua par l’édit de Milan en 313 une régression dans le paganisme romain, où la religion n’avait rien à voir avec la spiritualité, mais avec l’ordre public dont elle était la caution sacrée. Il en subsiste des traces dans les Amériques et dans l’Est de l’Europe. A rebours, le message de Jésus de Nazareth n’est pas de l’ordre du sacré, mais de celui de la sainteté. La collusion avec le pouvoir y est condamnée (Mon Royaume n’est pas de ce monde). L’alliance s’exerce à l’égard des plus faibles et non des plus forts.

Dans l’Europe vieillissante, désenchantée et matérialiste, il est néanmoins profitable en politique de déterrer les « racines chrétiennes». Les partis populistes tentent ainsi de sauvegarder un électorat perturbé en le rempotant dans un terreau nourricier. Car leur véritable objectif est d’entraver la montée de l’islam, dépeint comme une religion étrangère, donc forcément fausse.

Depuis quelques décennies, les églises se vident de tous ceux qui les encombraient uniquement par croyance au sacré et par dévotion au pouvoir : appartenance à un groupe social, respect de la tradition familiale, culte rendu au divin afin de se concilier ses faveurs. Depuis que les églises ne sont plus les temples du pouvoir, ­inutile pour eux de s’y ennuyer. Mais paradoxalement ces croyants non pratiquants sont les premiers qui se réclament des ­racines chrétiennes, pour exclure aujourd’hui les musulmans, comme jadis ils le firent des juifs : pas de minarets, pas de burqa.

Le désenchantement du sacré fut l’œuvre paradoxale du christianisme. La Nature n’est plus le jouet de divinités fantasques, tantôt hostiles, tantôt bienveillantes. On ne lui commande qu’en obéissant à ces lois et non en suppliant qu’elles soient violées par un Créateur omnipotent, à l’image des autocrates de jadis. Dès lors la fonction de la religion n’est plus de fournir de fausses explications à la Nature, ni de garantir le trône des puissants, ni de remplir les églises de fidèles contraints, ni de garder à leur place les pauvres, les humiliés et les offensés.

Les véritables racines du christianisme sont l’ouverture à tous et la solidarité avec les plus faibles. Les assimiler à la fermeture sur soi en politique ou de façon équivalente à l’égotisme (sacré) d’un clergé constitue une perversion radicale du message. Toute référence à un « pouvoir sacré » formule sa propre condamnation. Il a perverti universellement ceux qui croyaient en disposer. Ils purent aller tranquillement jusqu’à violer un enfant sans se sentir coupable.

Jacques Neirynck

 

 

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck est ingénieur, ancien conseiller national PDC et député au Grand Conseil vaudois, professeur honoraire de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), d'origine belge, de nationalité française et naturalisé suisse. Il exerce la profession d'écrivain.

17 réponses à “Réflexion pascale : le pouvoir et le sacré

  1. Le christianisme est complexe, il y a la notion de partage, mais en même temps il responsabilise celui qui est dans le besoin avec 2 notions : “Aide-toi toi même et le ciel t’aidera”, et “il vaut mieux leur apprendre à pêcher que de leur donner du poissons”
    Il y a une notion de mérite. C’est un équilibre entre une gauche misérabiliste et une droite qui se reconnaît que dans l’individualisme.

    La question de l’arrivée d’une nouvelle religion ne se pose pas ou peu. C’est l’extrémisme qui fait débat, parce qui dit extrémisme dit intolérance. Il y a de quoi être choqué, si la liberté conquise avec des révolutions, se voit rabotée par une nouvelle religion radicalisée (humour critiqué, homophobie, antisémitisme, …). L’islam est vu à travers le prisme de la radicalité, c’est ça le drame. La ferveur religieuse en soi est acceptée si cela reste dans le privé.
    La burqa est associée à la radicalité, et donc à un mouvement intolérant et antidémocratique. Voilà pourquoi, le vote a été salutaire.
    Il faut être intolérant à l’intolérance des religions, pour un vivre ensemble.

    Le partage se mérite. Celui qui vient nous chez nous, de pays non démocratiques, a tendance à reproduire l’intolérance de son pays. Si il n’est pas capable de s’adapter à la tolérance et liberté de la démocratie, il ne mérite pas ce partage. La démocratie et un vivre ensemble, ne se réalisent que dans une bonne volonté commune, et non avec la seule bonne volonté de celui qui accueille.

    C’est un donnant-donnant, pour un win-win. Sinon, l’intolérance face à une migration va exploser.

  2. Avec le décret qu’il a signé aujourd’hui pour modifier la Constitution en vue de lui permettre de se maintenir au pouvoir jusqu’en 2036 (soit pour deux mandats de plus), le président Poutine semble vous avoir pris au mot: il réaffirme en effet les principes conservateurs qui lui sont chers – foi en Dieu, mariage réservé aux hétérosexuels, enseignement patriotique – introduits par la révision constitutionnelle votée en 2020. Et surtout, il vise à s’assurer une immunité garantie à vie.

    (Les Echos, “Poutine s’offre le droit de faire deux mandats de plus”, 5 avril 2021 – https://www.lesechos.fr/monde/europe/poutine-soffre-le-droit-de-faire-deux-mandats-de-plus-1304269).

  3. “Les véritables racines du christianisme sont l’ouverture à tous et la solidarité avec les plus faibles.”
    Les racines du christianisme sont la foi en un Dieu unique et en ce que Jésus est le Messie – le Sauveur de son peuple.
    Les problèmes viennent dès lors que l’Etat a voulu se sacraliser avec l’appui de la religion. Désormais, en Occident, les liens ne sont plus avec la religion, comme dans les temps ancien. D’autres formes de sacralisation du pouvoir politique existent – la science est la religion de notre époque. Qui est contre le discours sacré sur la science est un hérétique du XXIe siècle.
    Or la science est bonne, lorsqu’elle connaît ses limites – comme la religion. Beaucoup de politiciens utilisent la science pour construire un discours théologique, qui promet monts et merveilles. Ce sont des impostures (politiques et scientifiques).

  4. Très beau texte monsieur Neirynck. Tant de belles vérités dites sur la situation actuelle de la Suisse religieuse.
    Cependant, je ne crois pas aux racines, elles sont comme ces promesses de paradis, juste un peu plus tangibles parce qu’empruntées à des faits plutôt qu’à des idées. Une espérance de concept fondateur plus fort que tout, et salvateur mais monté de toutes pièces.

    Après avoir dénoncé tous les défauts indéniables, vous tentez de trouver un fond salutaire au christianisme, je ne suis pas convaincu. Parceque vous pouvez le faire avec toutes les religions. Ce sont ces arguments que tous les défenseurs de leur foi vont avancer pour valider leur choix “juste”. En réalité la société n’évolue pas mieux que quand elle se dissocie de la religion, quelle qu’elle soit.

    Le bon fonctionnement d’une société s’épanouit dans le recherche des ressemblances entre tous, et la recherche du bien commun de toute la société. C’est la voie qu’a prise le monde occidental quand il a eu le courage de réclamer la séparation de l’Etat et de l’Eglise, et que les notions de solidarité ont commencés à se développer hors des dogmes. L’empathie humaine ne s’initie pas sous la bienveillance d’un être supérieur. Dès que l’on pense devoir suivre les règles divines, ont est obligé de se différencier dans la source divine. Dieu(x), est-ce le tien, le mien ou les nôtres? Peu importe, il y a différence , et dès lors la source du conflit peut commencer.

    C’est le fond de commerce du communautarisme qui est d’ailleurs devenu plus fort encore aujourd’hui avec des dogmes nouveaux. Celui des racisés, des féministes, des sexisés, ou genrés, toutes des nouvelles manières de créer des communautés prêtes à s’affronter plutôt que de vivre ensemble.

    Je vous rejoins sur l’erreur de persister sur une formule incantatoire pour le mode de fonctionnement de notre société. Il est surtout une marque irrespectueuse de tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette référence.

    1. “C’est le fond de commerce du communautarisme qui est d’ailleurs devenu plus fort encore aujourd’hui avec des dogmes nouveaux. Celui des racisés, des féministes, des sexisés, ou genrés, toutes des nouvelles manières de créer des communautés prêtes à s’affronter plutôt que de vivre ensemble.”

      Ces dogmes, auxquels vous auriez pu ajouter le plus politisé d’entre eux, celui de post-colonialisme, n’ont rien de nouveau. Au sujet du post-colonialisme, leurs principaux auteurs, à commencer par la locomotive du genre, Edward Saïd, Palestino-américain né à Jerusalem et élevé dans les écoles anglaise et américaines – il obtient une licence ès lettres à Princeton puis un master à Harvard -, ont pour modèles les penseurs français et occidentaux. Dans son principal ouvrage, “L’Orientalisme. L’Orient créé par l’Occident” (Orientalism), publié en 1978, Saïd, théoricien littéraire et professeur de littérature à l’Université de Columbia, se réfère d’abord à de Foucault, Derrida et Césaire, mais aussi à Gramsci, Fanon, Adorno, Chomsky, Vico, Shakespeare, Hopkins, et Conrad, auquel il a consacré sa thèse. L’ouvrage, traduit en trente-six langues, a eu un retentissement international. Il est considéré comme un des textes fondateurs des études postcoloniales – celles-là mêmes, avec celles sur le genre et la race, sur lesquelles le président Macron a ordonné en février dernier une enquête dans les milieux académiques français, et d’abord en sciences humaines et sociales, soupçonnées par le gouvernement français de “tendances islamo-gauchistes”.

      Les modèles de Saïd (et, de manière générale, chez les théoriciens du genre, de la race et du post-colonalisme) n’ont donc rien d’original ni de nouveau. La nouveauté, chez cet auteur formé dans les meilleures écoles et universités occidentales, c’est la mise en cause de l’impérialisme de la France, de l’Angleterre et des Etats-Unis à partir de son expérience personnelle d’activiste palestinien, et non l’orientalisme romantique, littéraire et artistique, du XIXe siècle (Chateaubriand, Nerval, Flaubert, etc.). Aux antipodes d’un communautariste violent mû par la seule haine de l’Etat laïc, il a même plaidé pour la légitimité politique et l’authenticité philosophique des revendications sionistes du droit à une patrie juive, mais aussi du droit inhérent à l’autodétermination nationale du peuple palestinien. Il a fondé avec son ami le chef d’orchestre argentin et israélien Daniel Barenboïm une fondation visant à promouvoir la paix au Proche-Orient par le biais de la musique classique, grâce à la formation d’un orchestre symphonique composé d’Israéliens et d’Arabes : l’Orchestre Divan occidental-oriental.

      C’est tout le contraire d’un rejet haineux et fanatisé de la laïcité et des Lumières au nom d’un communautarisme exclusif. Pourtant, n’est-ce pas la confusion que fait la gouvernement Macron avec le supposé “islamo-gauchisme” actif dans les universités françaises, ceci à seules fins électorales?

      1. @ N.Drean
        Ce qui est vrai c’est que les dominants ont horreur de remettre en cause leur passe., leur facon de penser, leurs dogmes.
        Ce que l’ont voit aujourd’hui se sont des gens qui s’arqueboutent sur la defense d’aquis dates.
        La laicite est devenue une maniere policee d’etre raciste sans trop se devoiler.

        1. @ CLAUDECR
          “La laicite est devenue une maniere policee d’etre raciste sans trop se devoiler.”

          J’ai du mal à cerner votre position. Je ne qualifierais pas de racistes les adeptes du christianisme qui tentent de défendre leur foi sans l’avouer. Pour être raciste, il faut attaquer. La position est celle de la défense, dans un espace qu’ils pensent être “conquis” alors que depuis longtemps déjà , le partage se fait dans une occupation pacifique et respectueuse.
          Quoiqu’il en soit, le choix de la laïcité reste plus acceptable que celui d’un préambule qui réfuterait une partie de la population déjà présente et en accord avec ceux qui ont une croyance, qu’elle soit thésite, déiste ou panthéiste (houps, non, ces derniers sont déjà exclus!) .

          S’il faut comprendre que les pro-laïcité sont des racistes non-dévoilés, vous faites le jeu des théistes extrémistes pour qui avant de s’attaquer aux autres religions, il faut d’abord démonter les agnostiques, les athées , les laïques qui veulent enlever le pouvoir politique des organisations religieuses. Ceux-là se trouvent dans toutes les fois.

          @N.DREAN
          Quant à l’islamo-gauchisme, c’est un autre débat. Mais s’il n’y a pas une sympathie d’une certaine gauche avec les idées islamistes, il faudra me l’expliquer. Serait-ce du Gaucho-islamisme? Dans tous les cas, c’est un communautarisme exclusif d’un état qui ne reconnait pas les différences, et de préférence qui lui donne des faveurs.

  5. Splendide, généreuse, naïve et dangereuse philosophie qui feint d’ignorer que l’islam ne constitue pas seulement une religion, mais bien plus et surtout un système politique. La loi d’Allah, très rétrograde, se place au-dessus des lois humaines. Prépondérance de l’homme qui a pleins pouvoirs sur la femme, violence et dissimulation sont encouragées avec comme but suprême l’assujettissement de l’univers. Cela fait plus de 1000 ans que les musulmans rêvent de soumettre l’Europe. Grâce à de zélés prosélytes, généralement plutôt de gauche, leur cause progresse. Désirons-nous vraiment imposer un tel régime à notre descendance ? L’Islam et la démocratie ne sont hélas pas compatibles. Regardons ce qui se passe en France, ou en Belgique où certains quartiers deviennent des zones de non-droit. La situation chez Erdogan ou au Moyen-Orient nous fait elle envie ? L’islamisation rampante de l’Europe n’est malheureusement pas une fiction ! Et tant pis si nous sommes taxés d’islamophobes.

    1. Le christianisme ne constitue pas seulement une religion mais aussi un système politique. Tel est le sujet du blog. Aussi longtemps que nous croirons être meilleur que les autres nous ne nous corrigerons pas.

      1. Parlons-nous le même langage : jamais question de jugement, sommes ni meilleurs ni pires, mais simplement incompatibles (basique bon sens) ; vigilance et refus de nous laisser majoriser sournoisement. En vacances actuellement en pays musulman, bien placé pour me faire une opinion indépendante.

  6. Bonjour,
    Comme toujours dans les questions de religion, l’auteur s’aventure un peu comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Je rappelle que, pour l’Eglise catholique du moins, le pouvoir du prêtre est fondé par Jésus-Christ: Le prêtre est un confesseur de la foi qui reçoit le POUVOiR de pardonner les péchés (Mt. 16), il est donc aussi un gardien ou un surveillant de la foi (Lc 22:32 « quand tu seras revenu [= que tu auras la vraie foi suite à un repentir complet], affermis tes frères ») et finalement aussi un pasteur (Jn 21), qui exerce un POUVOIR à la manière d’un berger, c’est-à-dire avec bienveillance et amour. Comme le christianisme est héritier du judaïsme, il a interprété ce pouvoir dans les formes du sacerdoce à la manière de l’Ancien Testament et de l’empire romain, ce n’était pas très différent: le pontife offre des sacrifices. Le pardon des péchés sera donc un sacrifice. On pourrait aujourd’hui imaginer d’autres formes à ce pouvoir, mais l’expérience de 2 millénaires devrait amener à un peu de retenue et d’humilité.

    1. La question est bien de savoir si un pouvoir sacré est une bonne idée même si on le justifie par une tradition à laquelle on peut faire dire n’importe quoi. Le scandale des abus sexuels et spirituels peut faire penser le contraire.

      1. Le pouvoir quel qu’il soit a quelque chose de sacré; mais il y a un bon pouvoir, qui se sacrifie, se mettant au service des autres au point de renoncer à soi-même, et un mauvais, qui sacrifie les autres.

        1. Si tout pouvoir est sacré, aucun ne l’est vraiment. Je parle du pouvoir dont les évêques français disent qu’il est sacré, en revendiquant une origine transcendante pour le leur. C’est une tentation terrible qui a mené à une confusion totale. L’individu finit pas se prendre pour un être divin à qui tout est permis.

  7. Politique et religion étaient autrefois unifiées et non distinctes , les pharaons puis les rois étaient considérés comme les représentants directs de Dieu , quand ils ne se prenaient pas pour des dieux !
    Il faudra attendre les premiers philosophes puis la révolution intellectuelle et scientifique pour établir une distinction entre le sacré et le profane …
    Ceux qui pensent que notre civilisation a des racines chrétiennes se trompent , elles sont multiples et remontent autant à l’époque celtique que gréco-romaine , notre culture reste davantage tournée vers l’acquis grec que chrétien qui n’est qu’une représentation mythologique !
    Le préambule de la constitution ne précise pas de religion , on peut mettre derrière le concept de Dieu ce qu’on veut et pas seulement la définition chrétienne ! juste le fait que des forces supérieures nous dominent , ce qui n’est pas faux , même pour les athées !
    Le pouvoir profane dans ce sens est limité par des décisions politiques aux actions des hommes envers eux-mêmes ou la nature mais ne peut pas changer les lois fondamentales de l’univers !
    On ne pourra pas changer la vitesse de la lumière ou devenir immortel !
    De cette réflexion , la notion de sacré disparait , du moins dans le sens que les religions enseignent et qui les touchent en priorité , leurs pouvoirs qui n’existent plus, puisqu’elles ont perdu toute légitimité .
    Ce que nous pouvons considérer comme sacré est ce qui nous définit le plus profondément, à savoir notre patrimoine génétique et donc il ne faudrait pas essayer de redéfinir notre code génétique pour imaginer fabriquer des surhommes ou autres fantaisies en jouant à l’apprenti sorcier , desquelles ne sortiraient que de nouvelles sources de conflits à n’en plus finir …

    1. Les Hébreux séparaient déjà pouvoir et sacré – on le voit dans l’Exode ou dans le récit de Daniel qui refuse de se prosterner devant une statue de l’Empereur.
      Idem pour les premiers chrétiens.
      La sacralisation du pouvoir est liée au cités et royaumes, depuis le début de l’histoire, en Mésopotamie comme en Chine. C’est là que naît l’idée qu’un pouvoir sacré qui utilise des moyens mythologiques pour fédérer les population derrière un pouvoir hiérarchique fort.
      Les Royauté chrétiennes sont une tentative de réconcilier les croyances judéo-chrétienne avec l’évolution de l’état gréco-romain. Tentative compliquée. L’islam a aussi formé une telle civilisation hybride, peut-être avec plus de succès? Difficile à juger l’histoire.
      La Renaissance et les temps modernes jusqu’à nos jours marquent à mes yeux la séparation progressive des Etats européens du greffon judéo-chrétien et le retour progressif vers l’Etat gréco-romain – qui est un Etat sacré, basé sur l’économie et la philosophie utilitaire, avec la citoyenneté au mérite.
      D’autres civilisations primitives ont certes sacralisé la vie, mais elles n’ont pas d’Etat.
      Peut-on sortir de l’Etat sacré? Telle est la question depuis la tour de Babel. Question difficile, car le problème n’est pas le religieux, mais la sacralité de l’Etat et l’usage religieux au service de l’Etat.
      A ce niveau, l’URSS est un état sacré comme les autres, bien que sa religion ait été un athéisme philosophique.

Les commentaires sont clos.