En politique, la perversion des esprits paie.

 

En mars, nous voterons pour décider si le port de la burqa peut être interdit par un article de la Constitution fédérale selon une initiative du Comité d’Ekerkingen. On a déjà fait sa connaissance, on a déjà appris ses manigances. Son passé comporte une campagne islamophobe, avec des affiches montrant des minarets noirs transperçant le drapeau suisse, comme si c’étaient des fusées. Le message était clair : la sécurité de la Suisse est vraiment menacée, si l’on construit davantage que les cinq minarets qui existent déjà.  Il y a péril dans la demeure. C’est le dernier moment pour réagir. Si vous ne votez pas correctement, l’Islam l’emportera, vous ne pourrez plus manger de porc, ni boire de vin.

C’était tellement stupide que la campagne des opposants fut négligente : qui pouvait estimer une telle fable, en somme une fake news présageant Trump ? Néanmoins, le 29 novembre 2009 le peuple l’a approuvée à une majorité respectable de 57,5%, seuls quatre cantons la rejetant (BS, NE, VD et GE). L’article 72 de la Constitution fédérale comporte désormais cette mesure discriminatoire.

Tout laisse prévoir que lanouvelle initiative islamophobe sera, elle aussi, acceptée, d’autant qu’elle joue sur une ambiguïté sournoise : ne pas interdire la burqa revient à l’autoriser, c’est-à-dire à se ranger parmi les partisans de l’oppression des femmes qui sont obligées de se voiler le visage, soit par une conviction personnelle inculquée dans une religion archaïque, soit par la pression de leur environnement.

Le Comité d’Egerkingen se faufile ainsi dans le camp de la liberté de la dignité des femmes, dont au fond il se moque. C’est tellement bien joué que même la gauche est secrètement divisée. Un comité bourgeois romand s’est constitué pour soutenir l’initiative tout en se distançant prétendument des motivations des initiants. La confusion est donc totale, comme l’avait manigancé l’initiant secret, l’UDC, seul parti à n’avoir pas rejeté l’initiative au parlement.

Or, le Conseil fédéral et le Parlement ont élaboré un contre-projet indirect, qui entrera automatiquement en vigueur si l’initiative populaire est rejetée par le peuple. Le contre-projet prévoit davantage d’aide au développement, la promotion des femmes et des fonds pour l’intégration des étrangers. Tous les citoyens sont également tenus de montrer leur visage pour prouver leur identité, lorsqu’ils sont en contact avec les autorités et le personnel des transports publics.

Comme cette proposition semble raisonnable, elle risque bien d’être, à ce titre, rejetée. Car fermente dans l’opinion publique une méfiance, voire une haine, de l’Islam qui est invincible. Elle se greffe sur un rejet occulte de toute religion, surtout si elle est prise au sérieux. La vie est déjà tellement compliquée et incertaine, qu’il ne faut pas y superposer des injonctions et des interdits tombants prétendument du Ciel. Les cultes chrétiens sont tolérés car ils n’exigent pas grand-chose : on peut manger ce que l’on veut y compris de la choucroute, boire de l’alcool, personne n’est contraint de se rendre en pèlerinage à St Jacques de Compostelle, les femmes s’habillent en minijupes, on ne jeûne que pour des raisons diététiques. Ce sont religions de bonne compagnie pour les pouvoirs politiques. Elles n’entravent pas la liberté, qui est la véritable religion permissive. Elles ont le grand mérite de ne faire pas plus que de subsister, comme ces choses dont on pourrait avoir l’usage en quelques occasions, mariage, décès, mais que l’on range en attendant dans le placard des habitudes usagées.

Dès lors le citoyen quelque peu lucide est bien embêté. Quoiqu’il fasse, il se trompe : qu’il vote oui ou non, cela va à l’encontre d’une part de sa conscience. Pire :  il sait que problème n’existe pas, parce que dans son environnement, il n’a jamais vu une seule burka, C’est le génie du Comité d’Ekerkingen de soulever des questions qui ne se posent pas pour éviter d’aborder celles qui sont urgentes. L’esprit du populisme est de bousculer l’ordre existant pour lui opposer une non-politique, une évocation d’un monde inexistant, le fantasme d’islamistes mâle travestis le visage sous une burka, qui viendraient mitrailler des paroissiens sortant de la messe ou du culte. C’est pareil à Trump qui prétend avoir gagné une élection qu’il a largement perdue. C’est semblable à la Reichskristallnacht de 1938, déclenchée en prétextant que les Juifs étaient les responsables de tous les malheurs de l’Allemagne.

Quel qu’en soit le résultat, cette votation est donc perdue. Si on ne laisse au citoyen que le choix entre la peste et le choléra, il est responsable d’une épidémie. Il ne vote plus, il subit une injonction, il est enfermé dans le fléau.

S’il y avait eu un Conseil Constitutionnel, il aurait pu interdire cette consultation, qui va à l’encontre de l’article 15 de la Constitution fédérale sur la liberté de conscience et de croyance. Tôt ou tard viendra l’initiative constitutionnelle qui interdirait l’obligation du masque chirurgical. Elle ne serait que dans la logique de celle que, dûment masqués, nous allons approuver en mars.

 

 

 

 

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck est ingénieur, ancien conseiller national PDC et député au Grand Conseil vaudois, professeur honoraire de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), d'origine belge, de nationalité française et naturalisé suisse. Il exerce la profession d'écrivain.

35 réponses à “En politique, la perversion des esprits paie.

  1. Années septante… le carcan religieux finissait de se décomposer… Jeune fou, je pensais que le monde se débarrasserait enfin de Dieu sous quelques lustres, que l’Homme serait enfin adulte, assez fort pour accepter sa condition “d’orphelin” sans angoisse !
    Un demi-siècle plus tard, patatras, le religieux refait surface et essentiellement par l’islam…
    Je revois une photographie d’une volée d’étudiantes iraniennes d’il y a cinquante ans, pas une ne porte l’ombre d’un voile…
    Ajoutez les violences primitives et machistes des extrémistes – Le viol et la décapitation, aaah! ils adorent ça ( ma femme dit que ce sont des impuissants ) – et nous ne seront pas surpris par “la méfiance de l’islam dans l’opinion publique”.
    Comme l’a dit Houellebecq, “La religion la plus con, c’est quand même l’islam” !
    Regardez la Chine, le Japon, ces grandes puissances, ils “n’emmerdent personne” avec leur croyances. Cela a le mérite de démontrer qu’il est possible de construire une société très évoluée sans carcan religieux.
    Et d’ailleurs, interdire la burqa, n’est que la manifestation du rejet des formes extrêmes d’une religion dont le prophète était quand même un chef guerrier plus prompt à dégainer le sabre qu’à… tendre l’autre joue, non ? Ce n’est pas le rejet de l’islam dans son entier.
    Les musulmans modérés sont tolérables, les purs et durs non. D’ailleurs, vivre dans notre société “dépravée” à leurs yeux ne peut qu’être intolérable…. Pourquoi alors viendraient-ils vivre ici ? Masochisme… prosélytisme… Allez savoir, mais ça ne peut pas être sain.

    Mais bon sang, quand Dieu nous fichera-t-il enfin la paix ?

    1. Dieu n’existant pas, ce sont les humains qui l’ont inventé pour se réserver le pouvoir puisqu’en son nom on peut poser des bombes !
      La majorité des musulmans ne pratiquent pas leur religion comme les chrétiens . Certains sont bien contents de venir en Europe pour en être débarrassés , mais les media ne connaissant pas de frontières , les gourous de tous poils sévissent sur les ondes ou internet pour assommer les gens avec leur réthorique …
      Le pire est donc de rejeter cette majorité en la repoussant vers les extrémistes .
      Cette initiative populiste au niveau zéro de la culture et se montre contreproductive en lui refusant la main tendue . Il faut au contraire ouvrir le dialogue avec les modérés !

      1. “Dieu n’existant pas…”

        Le seul fait de l’affirmer n’implique-t-l pas, du même coup, son contraire? On ne peut nier l’existence de ce qui ‘existe pas. Pas besoin d’être Descartes pour l’avoir compris.

        1. Donc on ne peut nier l’existence des anges, des sorcières, des fantômes, des petits hommes verts, de la prédestination, de la vie éternelle, de l’âme, du diable, bref de toutes les créations imaginaires du cerveau humain. Soit.
          Vous êtes du genre “Face je gagne, Pile tu perds”, non ? Le propre du sophisme.

          Je pense qu’on peut nier la réalité de concepts qui n’existent pas. On ne peut le prouver stricto sensu mais présenter un faisceau de contradictions insolubles, même dans l’eau bénite !

          1. Vous avez jeté un doute en moi. Pour en avoir le coeur net, j’ai donc consulté ma base de données et lui ai envoyé cette requête:

            -Dieu existe, oui ou non?

            Sa réponse:

            -Mot inconnu: Dieu

            Je l’ai aussi interrogée sur les petits hommes verts et l’eau bénite. Sur cette dernière, voici ce qu’elle m’a dit:

            -Eau bénite: sorte d’aqua sancta dont une variété, l’Ostie Spumante, est recommandée en temps de pandémie.

  2. Discriminer, c’est choisir.

    J’ai choisi de ne pas avoir de nouveaux minarets dans notre pays, comme je suis contre les abattages rituels, les excisions, … ou la burqua.

    Vous parlez de discrimination, qui est un mot choisi pour me culpabiliser d’accomplir mon devoir de citoyen. Plutôt que discriminer, j’assume voter.

    Vous soutenez un contre-projet? Dommage de ne pas avoir anticipé cette violation massive des droits des femmes et de ne pas avoir mis en place des mesures il y a longtemps… C’est trop tard maintenant. Je vois au minimum deux fois par mois, et très souvent en été, des femmes en burqua au bord du lac. Vous avez donc échoué dans votre travail de législateur; je vais donc assumer mon devoir de citoyen et voter.

    Vous pouvez penser que je suis bête, un inculte, un salaud..; j’assumerai neanmoins mon choix. Je suis contre la burqua.

    Et vous n’êtes visiblement pas juriste. Votre interprétation de l’art. 15 Cst. est ridicule. La CEDH a déjà rappelé qu’il était légitime d’apporter des restrictions à une liberté religieuse dans l’intérêt public. Or, rien, jamais, ne pourra justifier l’imposition à un membre de notre communauté du port d’un objet de soumission ! Le législateur aurait dû élaborer une loi pour l’interdire; en raison des errements du parlement, ce sera dès lors dans la Constitution. Et des drapeaux danois et suisses brûleront… Et des gens nous montreront leur religion d’amour par maintes exemples qui feront oublier les petits nazis de Trump du 6 janvier …

    Mais notre démocratie est à ce prix. L’égalité entre hommes et femmes doit prévaloir partout en Suisse, même pour de riches touristes du Golf; même pour des obscurantistes à l’aide sociale… même pour la femme insérée et sincère …

    Je choisis de défendre nos libertés chéries; je choisis d’interdire la burqua pacifiquement et démocratiquement.

    1. les rares femmes se baladant en niqab ( non la burqa ) font partie des touristes débarquant de leur lointain désert , sinon rien !
      Que de gesticulations absurdes et primaires qui auront l’effet contraire au but recherché !

    2. Dans le cas de cette loi, il s’agit précisément d’une restriction de la liberté (interdiction de masquer son visage en public). Cela rejoint l’interdiction des vitres fumées sur les véhicules pour que les caméras puissent vous identifier…
      Par contre, vous espérez probablement que cela sonnera le glas de tous les festivals et autres carnavals publics ou privés où les gens s’amusent au lieu de travailler. N’est-ce pas ? Pour les musulmans, aucun problème: il leur suffira d’interdire à leur femme de sortir de l’hôtel/propriété de luxe (qu’il aura racheté à bon prix durant la crise Covid). Bon chance avec votre chasse contre les moulins à vents…

      1. Que de piètres analogies….

        Quand les fumeurs ont transformé leurs bars en Eglise de la Sainte clope, vous les défendiez aussi ??

        Un signe d’asservissement, par définition asservit les libertés. L’ôter par la loi, c’est libérer !

        Il faut être bien sot pour ne pas comprendre ce que représentent les masques du Carnaval…

        Et une femme contraint à son domicile, c’est une contrainte déjà punie par la loi ! L’Etat est donc déjà en droit de la libérer. Ce n’est donc pas se battre contre un moulin, que se battre aux côtés des femmes pour leurs libertés !

        1. Décider pour l’autre de ce qui est bien pour lui que ce soit pour l’imposer ou interdire.. c’est déjà le début de la dictature. Tant que ma liberté ne menace pas celle de l’autre, il n’y pas de raison de la limiter. Protéger la liberté des femmes est non négotiable mais cela ne devrait pas limiter la mienne…

          Sous pretexte de libérer, vous allez nous asservir…

          1. @Victor
            Est-ce que ma liberté de me balader nu dans la rue menacerait celle des autres ? En aucun cas. Pourtant c’est interdit, et personne ne remet cette interdiction en question.

            Sommes-nous donc déjà sous une dictature depuis des siècles ? Ou est-ce simplement une volonté commune de notre société de choisir comment doit se comporter chaque individu qui la compose ?

  3. Monsieur Neyrinck,

    Vous nous exposez :

    “S’il y avait eu un Conseil Constitutionnel, il aurait pu interdire cette consultation, qui va à l’encontre de l’article 15 de la Constitution fédérale sur la liberté de conscience et de croyance.”

    Quelle sottise que vous écrivez là. Un Conseil constitutionnel contrôle la conformité des normes infra-constitutionnelle, notamment des lois adoptées par un parlement, à la constitution. Or, ne s’agit là pas d’adopter ou non une norme infraconstitutionnelle mais bien une disposition constitutionnelle modifiant la constitution, pas d’une vulgaire loi semblable à celles que vous avez adoptées alors que vous étiez parlementaire. Un conseil constitutionnel vise à faire prévaloir la volonté du constituant, en Suisse du peuple et des cantons, sur celle d’un législateur déviant. A le remettre au pas.

    C’est pourquoi, par exemple, l’obligation de service (militaire ou civil) pour l’homme et non la femme, telle que prévue par la constitution, n’est pas contraire à la constitution et à son principe de non discrimination fondée sur le sexe.

    Par contre, au niveau législatif qu’avez vous fait, ou tenté de faire, dans le domaine de l’assurance militaire des conscrits ?

    Récemment un invalide militaire de milice atteignant la date de péremption (pour utiliser un terme cruel qu’il chérissait), à savoir 65 ans, s’est suicidé faute de pouvoir subvenir à ses besoins, il est vrai augmentés en raison de son invalidité et non pris en charge par l’assurance militaire en tant que tels. Et oui, l’homme invalide militaire voit sa rente fortement diminuer alors que celle des accidentés civils ne diminue pas si l’invalidité est survenue avant l’âge de 45 ans ! Mais il est vrai que cette catégorie d’accidenté comporte des femmes, des étrangers et des femmes étrangères.

    Une question personnelle au citoyen Neyrinck ? Combien de jours de service ?

    1. “Une question personnelle au citoyen Neyrinck ? Combien de jours de service ?”

      Question ridicule. Et vous, combien de jours d'”active”, par exemple, au Congo pendant la sécession du Katanga, comme représentant d’ONG?

      1. Question ridicule ?

        Nullement, si, ne perdant pas de vue le passé de Conseiller national du Professeur Neyrinck, on prend en compte le contexte de cette question, à savoir :

        “Récemment un invalide militaire de milice atteignant la date de péremption (pour utiliser un terme cruel qu’il chérissait), à savoir 65 ans, s’est suicidé faute de pouvoir subvenir à ses besoins, il est vrai augmentés en raison de son invalidité et non pris en charge par l’assurance militaire en tant que tels. Et oui, l’homme invalide militaire voit sa rente fortement diminuer alors que celle des accidentés civils ne diminue pas si l’invalidité est survenue avant l’âge de 45 ans ! Mais il est vrai que cette catégorie d’accidenté comporte des femmes, des étrangers et des femmes étrangères.”

        Quant à votre question relative à la représentation d’une ONG au Katanga, elle n’est nullement ridicule puiqu’elle permet de mettre en évidence que vous mettez au même niveau travail forcé et travail volontaire. Travail volontaire aux frais des contribuables via des subventions étatiques et déduction fiscales.

        La baisse de recette engendrée est sans doute l’une des explications qui conduit à négliger le sort des invalides militaires suisse de milice qui, à l’âge de 65 ans, sont contrairement aux travailleurs des ONG régies par le droit suisse, laissés pour compte.

    2. Un Conseil constitutionnel peut aussi empêcher une modification de la Constitution si elle n’est pas conforme aux droits de l’humain. Dans cette affaire il n’y a pas de problème de droits de l’homme, mais l’idée de l’auteur n’est pas absurde, à mon avis. Imaginons qu’un groupe de tarés veut inscrire le droit du Conseil fédéral à rendre le vaccin obligatoire, un Conseil constitutionnel pourrait empêcher cette dérive puisque dans les droits de l’homme aucune personne ne peut être contrainte à un contact physique avec un objet ou une personne!

      1. Droits humains ? Qu’est-ce donc que cela ? Où les trouvez vous ? Vous confondez conformité à la Constitution et conformité aux droits humains.

        “les droits de l’homme aucune personne ne peut être contrainte à un contact physique avec un objet ou une personne!”

        Voilà de quoi réjouir le criminel qui ne peut être appréhendé par un policier, menotté et être contraint à un contact physique avec la geôle.

  4. Même les juges de Strasbourg ne partagent pas votre “opinion” juridique…

    Affaire S.A.S. c. France, 43835/11, 1er juillet 2014

    “140. Il faut encore examiner ce qu’il en est au regard de l’autre but que la Cour a jugé légitime : le souci de répondre aux exigences minimales de la vie en société comme élément de la « protection des droits et libertés d’autrui » (paragraphes 121-122 ci-dessus).

    141. La Cour observe qu’il s’agit là d’un objectif auquel les autorités ont accordé beaucoup de poids. Cela ressort notamment de l’exposé des motifs accompagnant le projet de loi, qui indique que, « si la dissimulation volontaire et systématique du visage pose problème, c’est parce qu’elle est tout simplement contraire aux exigences fondamentales du « vivre ensemble » dans la société française » et que « la dissimulation systématique du visage dans l’espace public, contraire à l’idéal de fraternité, ne satisfait pas (…) à l’exigence minimale de civilité nécessaire à la relation sociale » (paragraphe 25 ci-dessus). Or il entre assurément dans les fonctions de l’État de garantir les conditions permettant aux individus de vivre ensemble dans leur diversité. Par ailleurs, la Cour peut accepter qu’un État juge essentiel d’accorder dans ce cadre une importance particulière à l’interaction entre les individus et qu’il considère qu’elle se trouve altérée par le fait que certains dissimulent leur visage dans l’espace public (paragraphe 122 ci-dessus).

    142. En conséquence, la Cour estime que l’interdiction litigieuse peut être considérée comme justifiée dans son principe dans la seule mesure où elle vise à garantir les conditions du « vivre ensemble ».

    143. Il reste à vérifier si cette interdiction est proportionnée par rapport à ce but.

    144. Certains des arguments développés par la requérante et les organisations non gouvernementales intervenantes méritent une attention particulière.

    145. Ainsi, il est vrai que le nombre de femmes concernées est faible. Il ressort en effet du rapport « sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national », préparé par la mission d’information de l’Assemblée nationale et déposé le 26 janvier 2010, qu’environ 1 900 femmes portaient le voile islamique intégral en France à la fin de l’année 2009, dont environ 270 se trouvaient dans les collectivités d’outre-mer (paragraphe 16 ci-dessus). Ce nombre est de faible ampleur au regard des quelques 65 millions d’habitants que compte la France et du nombre de musulmans qui y vivent. Il peut donc sembler démesuré de répondre à une telle situation par une loi d’interdiction générale.

    146. En outre, il n’est pas douteux que l’interdiction a un fort impact négatif sur la situation des femmes qui, telle la requérante, ont fait le choix de porter le voile intégral pour des raisons tenant à leurs convictions. Comme indiqué précédemment, elle les place devant un dilemme complexe, et elle peut avoir pour effet de les isoler et d’affecter leur autonomie ainsi que l’exercice de leur liberté de manifester leurs convictions et de leur droit au respect de leur vie privée. De plus, on comprend que les intéressées perçoivent cette interdiction comme une atteinte à leur identité.

    147. Il faut d’ailleurs constater que de nombreux acteurs internationaux comme nationaux de la protection des droits fondamentaux considèrent qu’une interdiction générale est disproportionnée. Il en va ainsi notamment de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (paragraphes 18-19 ci-dessus), d’organisations non gouvernementales telles que les tierces intervenantes, de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (paragraphes 35-36 ci-dessus) et du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe (paragraphe 37 ci-dessus).

    148. La Cour est également consciente que la loi du 11 octobre 2010 et certaines controverses qui ont accompagné son élaboration ont pu être ressenties douloureusement par une partie de la communauté musulmane, y compris par ceux de ses membres qui ne sont pas favorables au port du voile intégral.

    149. À ce titre, la Cour est très préoccupée par les indications fournies par certains des intervenants selon lesquelles des propos islamophobes ont marqué le débat qui a précédé l’adoption de la loi du 11 octobre 2010 (voir les observations du Centre des droits de l’homme de l’université de Gand et des organisations non gouvernementales Liberty et Open Society Justice Initiative, paragraphes 98, 100 et 104 ci-dessus). Il ne lui appartient certes pas de se prononcer sur l’opportunité de légiférer en la matière. Elle souligne toutefois qu’un État qui s’engage dans un processus législatif de ce type prend le risque de contribuer à la consolidation des stéréotypes qui affectent certaines catégories de personnes et d’encourager l’expression de l’intolérance alors qu’il se doit au contraire de promouvoir la tolérance (paragraphe 128 ci-dessus ; voir aussi le point de vue du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, paragraphe 37 ci-dessus). La Cour rappelle que des propos constitutifs d’une attaque générale et véhémente contre un groupe identifié par une religion ou des origines ethniques sont incompatibles avec les valeurs de tolérance, de paix sociale et de non-discrimination qui sous-tendent la Convention et ne relèvent pas du droit à la liberté d’expression qu’elle consacre (voir, notamment, Norwood c. Royaume-Uni (déc.), no 23131/03, CEDH 2004‑XI, et Pavel Ivanov c. Russie (déc.), no 35222/04, 20 février 2007).

    150. Les autres arguments présentés au soutien de la requête doivent en revanche être nuancés.

    151. Ainsi, s’il est vrai que le champ de l’interdiction est large puisque tous les lieux accessibles au public sont concernés (sauf les lieux de culte), la loi du 11 octobre 2010 n’affecte pas la liberté de porter dans l’espace public tout habit ou élément vestimentaire – ayant ou non une connotation religieuse – qui n’a pas pour effet de dissimuler le visage. La Cour est consciente du fait que la prohibition critiquée pèse pour l’essentiel sur les femmes musulmanes qui souhaitent porter le voile intégral. Elle attache néanmoins une grande importance à la circonstance que cette interdiction n’est pas explicitement fondée sur la connotation religieuse des habits visés mais sur le seul fait qu’ils dissimulent le visage. Cela distingue l’espèce de l’affaire Ahmet Arslan et autres, précitée.

    152. Quant au fait que l’interdiction est assortie de sanctions pénales, il accroît sans doute l’impact de celle-ci sur les intéressées. Il est en effet compréhensible qu’être poursuivies pour avoir dissimulé leur visage dans l’espace public représente un traumatisme pour les femmes qui ont fait le choix de porter le voile intégral pour des raisons tenant à leurs convictions. Il faut cependant prendre en compte la circonstance que les sanctions retenues par le législateur figurent parmi les plus légères qu’il pouvait envisager, puisqu’il s’agit de l’amende prévue pour les contraventions de la deuxième classe (soit actuellement 150 EUR au maximum), avec la possibilité pour le juge de prononcer en même temps ou à la place l’obligation d’accomplir un stage de citoyenneté.

    153. En outre, certes, comme le souligne la requérante, en interdisant à chacun de revêtir dans l’espace public une tenue destinée à dissimuler son visage, l’État défendeur restreint d’une certaine façon le champ du pluralisme, dans la mesure où l’interdiction fait obstacle à ce que certaines femmes expriment leur personnalité et leurs convictions en portant le voile intégral en public. Il indique cependant de son côté qu’il s’agit pour lui de répondre à une pratique qu’il juge incompatible, dans la société française, avec les modalités de la communication sociale et, plus largement, du « vivre ensemble ». Dans cette perspective, l’État défendeur entend protéger une modalité d’interaction entre les individus, essentielle à ses yeux pour l’expression non seulement du pluralisme, mais aussi de la tolérance et de l’esprit d’ouverture, sans lesquels il n’y a pas de société démocratique (paragraphe 128 ci-dessus). Il apparaît ainsi que la question de l’acceptation ou non du port du voile intégral dans l’espace public constitue un choix de société.

    154. Or, dans un tel cas de figure, la Cour se doit de faire preuve de réserve dans l’exercice de son contrôle de conventionalité dès lors qu’il la conduit à évaluer un arbitrage effectué selon des modalités démocratiques au sein de la société en cause. Elle a du reste déjà rappelé que, lorsque des questions de politique générale sont en jeu, sur lesquelles de profondes divergences peuvent raisonnablement exister dans un État démocratique, il y a lieu d’accorder une importance particulière au rôle du décideur national (paragraphe 129 ci-dessus).

    155. En d’autres termes, la France disposait en l’espèce d’une ample marge d’appréciation.

    156. Il en va d’autant plus ainsi qu’il n’y a pas de communauté de vue entre les États membres du Conseil de l’Europe (voir, mutatis mutandis, X, Y et Z c. Royaume-Uni, 22 avril 1997, § 44, Recueil 1997‑II) sur la question du port du voile intégral dans l’espace public. La Cour observe en effet que, contrairement à ce que soutient l’un des intervenants (paragraphe 105 ci‑dessus), il n’y a pas de consensus européen contre l’interdiction. Certes, d’un point de vue strictement normatif, la France est dans une situation très minoritaire en Europe : excepté la Belgique, aucun autre État membre du Conseil de l’Europe n’a à ce jour opté pour une telle mesure. Il faut toutefois observer que la question du port du voile intégral dans l’espace public est ou a été en débat dans plusieurs pays européens. Dans certains, il a été décidé de ne pas opter pour une interdiction générale. Dans d’autres, une telle interdiction demeure envisagée (paragraphe 40 ci-dessus). À cela, il faut ajouter que, vraisemblablement, la question du port du voile intégral dans l’espace public ne se pose tout simplement pas dans un certain nombre d’États membres, où cette pratique n’a pas cours. Il apparaît ainsi qu’il n’y a en Europe aucun consensus en la matière, que ce soit pour ou contre une interdiction générale du port du voile intégral dans l’espace public.

    157. En conséquence, notamment au regard de l’ampleur de la marge d’appréciation dont disposait l’État défendeur en l’espèce, la Cour conclut que l’interdiction que pose la loi du 11 octobre 2010 peut passer pour proportionnée au but poursuivi, à savoir la préservation des conditions du « vivre ensemble » en tant qu’élément de la « protection des droits et libertés d’autrui ».

    158. La restriction litigieuse peut donc passer pour « nécessaire », « dans une société démocratique ». Cette conclusion vaut au regard de l’article 8 de la Convention comme de l’article 9.

    159. Partant, il n’y a eu violation ni de l’article 8 ni de l’article 9 de la Convention.”

  5. Encore une initiative de ce parti génial qui n’a aucun projet pour la Suisse.
    Sauf les toblerones d’il y a quatre-vingt ans…

    Le problème? un suisse sur 4 vote pour lui, c’est dire 🙂 l’état des suisses hahaha!

  6. Et voilà !!!, l’attitude bisounours coutumière des bobos : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ! Fermons naïvement les yeux sur les projets hégémoniques de l’islam radical qui finira bien par l’emporter. Tolérons de nous laisser grignoter, petit pas après petit pas, et laissons aux simplets de mon espèce le souci de crier “au loup”. Rendez-vous dans 50 ans (je n’y serai pas) pour constater l’avancement de l’islamisation rampante de l’Europe !

    1. En supposant que l’Europe se convertisse à l’Islam, qu’est-ce que cela veut dire sinon que la population trouverait que c’est une meilleure religion que celle qu’elle n’a pas.

      1. Ceux qui ont un projet “constructif” gagnent finalement contre ceux qui n’ont qu’un projet conservateur à leur opposer. Les débuts du Christianisme en sont un exemple. Bon, à long terme, le conformisme et la lâcheté reprennent le dessus. Tel est le cycle évolutif.

      2. conversion sur base douce et volontaire ? quelle naïveté ! lisez le coran pour tenter de comprendre : ce sera la conversion ou la mort !

      3. Quel avenir radieux !

        https://vm.tiktok.com/ZMJw14s1J/

        Nous: ce système radical est aussi oppressif que le nazisme; il faut tout faire pour se battre contre lui avec nos règles démocratiques!

        Les politiciens accomandants: vous vous y ferez; la collaboration, c’est ce qu’il y a de mieux…

        Émoji horrifié.

    2. La peur du loup ou celle de l’Islam sont nourries des mêmes ingrédients.
      Même en Chine ou en Inde, que vous devez avoir en sympathie.

      Mais sur quels chiffres vous basez-vous pour parler de “projets hégémoniques”?

      Accessoirement et au cas où les chiffres vous donneraient raison, ce dont j’ai de forts doutes, pensez-vous que l’interdiction des minarets ou de la burqa y changeront quoique ce soit?

  7. Je voterai comme l’auteur par attachement à la liberté sur la voie publique. L’usage du terme islamophobe coupe court à toute discussion, puisque les suisses sont très loin de l’être et sont interdits par ce mot de dire non à l’islam politique. Qui ne sera pas amusés de voir une touriste totalement couverte, parfumée à outrance, entrain de choisir des strings? et qui ne sera pas triste de la voir plus tard entrain de passer la fourchette sous le couvert pour manger au resto? Je pense que les politiques n’ont pas compris que le peuple suisse a peur de ce groupe de personne qui, à ce rythme d’immigration, sera majoritaire dans 2 générations en Belgique, en France et en Allemagne et dans 3 chez nous. Le Conseil fédéral se met hors la loi quand il entre en matière et étudie des demandes d’asile en Suisse, puisque selon la loi, les demandeurs doivent déposer leurs demandes à nos ambassades dans leur lieux de résidence. La seule réponse à l’immigration non-voulue est le refoulement, par respect à nos instituions européennes et suisses. Il est écrit dans leur livre qu’il serait préférable qu’un musulman soit gouverné par un musulman. Tout comme mon grand oncle, qui était prêtre, votait PDC par principe sans lire les objets de vote, eux voteront pour leurs semblables que qu’il soit. La Conseillère fédérale KKS vient d’utiliser le pire des arguments pour contrer l’initiative en disant que cela empêche certains touristes de venir chez nous. Au contraire, les femmes au Burqa insisteraient pour venir chez nous pour prendre congé de leur objet de torture physique (gêne pour les yeux) et psychologique.

  8. L’UDC utilise une fois de plus l’islamophobie helvétique avec un autre dessein car les quelques rares foulards que l’on peut observer en Suisse sont généralement le fait de touristes du Golfe qui fuiront la Suisse améliorant ainsi encore la situation économique…

    Non, l’enjeu, c’est l’interdiction de dissimuler son visage dans l’espace public. Il suffira alors d’augmenter massivement l’usage des caméras de surveillance couplée à un eID pour disposer d’une panoplie de répression digne de la Chine.

    Dire que nous trouvions scandaleux que Pékin impose une loi similaire à Hong Kong il y a deux ans…

    Certes. les choses ont changé avec la crise sanitaire… et cette loi semble un peu obsolète avec le port du masque obligatoire… peut-être le bon moment d’investir dans un startup qui produit des masques transparents ?

  9. Face à l’islam, nous nous trouvons maintenant dans la situation qu’on connue les Indiens d’Amérique il y deux cents ans quand les chrétiens ont débarqué chez eux. Et ces Indiens ont du abandonner leur culture et leurs habitudes en espérant éviter d’être tués. Mais les chrétiens les ont quand même tués jusqu’à l’avant dernier.

    Accepter le port de la burka et même du voile islamique sur la voie publique et dans les écoles est le plus beau cadeau que nous pouvons faire à l’extrême droite or cette dernière vient de montrer une partie de sa dangerosité aux USA.

    Aussi longtemps que cette extrême droite restera aux mains de bouffons comme Trump ou la famille Le Pen, la Démocratie ne risquera pas grand-chose mais, le jour où le ras le bol des citoyens face au laxisme des élus et de la police face à l’islam les amènera à voter pour un Goebels, ce jour-là, les musulmans pourront bien s’acheter un aller simple pour la planète Mars.

    La réaction des Chinois face aux Ouïghours qui sont la partie visible du panturquisme décidé par Erdogan devrait nous montrer le chemin à suivre. Il n’est peut-être pas encore trop tard.

    1. Alors là, il fallait l’écrire ce commentaire: comparer les Suisses (salaire médian parmi les plus élevés au monde, population urbaine et qui vient de voter pour l’achat d’avions de combats ultra-modernes ) aux Indiens d’Amérique avant l’arrivée de colons… Trump pas dangereux avec ses soutiens d’extrême droite qui ont envahi le Capitole, croix gammée au bras et bombe artisanale dans la camionette, prêt a nous refaire une ptite guerre de secession… Laxisme de la police accusée régulièrement de délit de faciès et qui peut mettre à peut près n’importe qui sous écoute… Les musulmans sur Mars, ça c’est un autre blog du Temps… mais c’est plutôt réservé à une élite pour les très riches, la plupart des migrants ne sortent pas vivants de leur traversée de la Méditerranée…

      En tout cas merci, en ces temps difficiles, ça fait du bien de rire. Me permettez vous d’utiliser ce texte dans ma thème sur les dégâts collatéraux du Covid ? … ou à défaut de vous inscrire pour le Champignac d’Or du commentaire ?

  10. Pour pouvoir voter, il serait utile de comprendre comment ce texte de loi va être appliqué.

    L’article I prévoit tout simplement l’interdiction de se dissimuler le visage. En l’état, cela signifie que le port d’une cagoule est interdit dans un village de montagne, pas question non plus de remonter son écharpe sur le visage si le froid pique un peu. Pas de masque sanitaire, pas de casque de moto, pas de déguisement de Carnaval, etc

    L’article 3 prévoit donc un ensemble d’exceptions dans la loi d’application (sanitaires, climatiques, coutumes, etc). Vu l’expérience Covid, l’usage de masque sanitaires devrait rester possible (les Asiatiques ont déjà le reflexe de porter un masque en cas de symptôme grippal). J’imagine que le terme climatique va indiquer à partir de quelle température ressentie, le port d’une écharpe ou d’une cagoule est autorisé (attention aux plus frileux). Le terme coutume devrait couvrir certaines les fêtes publiques mais interdire les soirées costumées privées à moins de demander une dérogation (merci de remplir le formulaire de la Commune/Canton et de payer un émolument). D’autres exceptions sont encore prévues.

    A noter que les diplomates ne seront pas soumis à cette loi et il est fort probable qu’un traitement de faveur soit appliqué aux touristes (le fait qu’il y ait une loi ne garantit pas qu’elle soit appliquée). On continuera donc à cotoyer le peu de femmes voilées que l’ont peut observer aujourd’hui.

    Dans la pratique, il sera surtout possible de mieux surveiller le ressortissant Suisse dans son quotidien avec les technologies numériques de reconnaissance faciale. Il ne serait, par ailleurs, pas non plus étonnant que les quelques dénonciations avec jours-amende concerne le Suisse moyen qui se sera un peut trop déguisé pour aller au match ou se rendre à une fête privée… Cette perspective me donne presque envie de voter pour cette loi de l’arroseur-arrosé car la bêtise humaine mérite d’être sanctionnée.

    L’enfer est pavé de bonnes intentions.

    1. Un article constitutionnel est là pour exprimer une volonté du peuple et des législateurs, il n’a pas vocation à couvrir d’une façon exhaustive toute les possibilités. Si un détenteur de la force publique colle un PV à une gamine de 18 ans parce qu’elle se protège du froid ou de la grippe, il y aura une forte chance que la machine judicaire se retourne contre lui pour lui expliquer à quel point il serait con !

  11. Lorsque Micheline calmi-Rey porte le voile en Iran, elle respecte les traditions du pays. Lorsque les musulmanes viennent en visite en Suisse, il serait agréable qu’elles respectent les traditions Helvétiques du visage découvert.
    Pour reprendre l’argument de Nicolas, promenez-vous le zizi à l’air place St-François à Lausanne et vous serez promptement recouvert d’un voile pour cacher cette laideur supposée. Oui ! tout le mode préféré la beauté alors pourquoi recouvrir d’un voile noir un joli sourire ?
    Et puis, regardons plus loin que notre petit bout de nez. Sans des règles inscrites dans la constitution Trump serait encore président. Conclusion, il est raisonnable de fixer des règles lorsqu’il est encore temps. Vous avez tort Olivier, ça change tout !

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