La ramification spirituelle des Vaudois

 

C’est à la fois surprenant et intrigant. Il y a rien moins que 785 communautés religieuses dans le Canton, à 91 % chrétiennes, dont 40% de réformées, 20% de catholiques et 13 % d’évangéliques. Commandité et financé par l’État de Vaud, cet inventaire a été réalisé sur une année par le Centre intercantonal d’information sur les croyances (CIC), Quant au nombre de fidèles, le paysage religieux vaudois a subi d’importantes mutations durant la dernière décennie. La part des personnes ne faisant partie d’aucune communauté religieuse a plus que doublé entre 2000 et 2017 (passant de 13% à 33%) ce qui en fait la première « religion » du canton, tandis que la communauté protestante a reculé (passant de 40% à 23%). La communauté catholique est quant à elle restée relativement stable (34% en 2000 et 29% en 2017,) mais cela reflète surtout l’importance de l’immigration.. Les musulmans représentent 5% et les juifs 0.33%. Cette diversité reflète dans une grande partie celle de l’origine des résidents vaudois dont 30% sont étrangers.

La Confédération n’a pas de religion d’Etat. Néanmoins, les premiers mots inscrits dans la Constitution sont “Au nom de Dieu Tout-Puissant “, ce qui postule l’existence d’une ou de plusieurs religions, l’existence d’un Dieu et même sa toute-puissance. Que faire de cette reconnaissance si on n’identifie pas une « vraie » religion, la seule bonne, la seule assurant la cohésion nationale, la seule exerçant une discrimination, comme ce fut le cas à peu près partout, en France, en Angleterre, en Russie. Or, catholiques et protestants sont à peu près à égalité numérique en Suisse. On n’a pas pu homogénéiser les croyances en expulsant la moitié de la population. La Suisse a bien vécu avec deux religions et  a longtemps rechigné à en admettre d’autres.

La reconnaissance et le soutien financier aux deux confessions ont donc été délégués aux cantons en 1848, à l’issue de la guerre du Sonderbund entre cantons catholiques et protestants (dernière guerre de religion en Europe occidentale !). Trait de génie helvétique : sous-traiter un problème encombrant à l’étage inférieur, tout en reconnaissant par une simple phrase que la Confédération prend la religion, ou plutôt les religions au sérieux. C’est le mérite du fédéralisme.

La liberté de culte est garantie par l’article 49 de la constitution de 1874. Celle de 1999 prévoit à son article 15 la liberté de conscience et de croyance. La religion fut et est encore un facteur politique tellement important qu’il délimite les cantons. Lors de la création du canton du Jura par scission de celui de Berne en1975, les trois districts catholiques sont devenus jurassiens et les trois districts protestants et francophones ont choisi de rester bernois. La religion a été un facteur plus déterminant que la langue.

Dans ce paysage admirablement pondéré, l’arrivée d’une religion tout à fait étrangère  a semé le désordre. En Pologne, en Slovaquie et en Hongrie, des majorités conservatrices invoquent les « valeurs nationales » pour refouler les Musulmans. En France, Marine Le Pen fut au deuxième tour des élections présidentielles en 2017 sur un programme analogue. Les extrêmes droites néerlandaise, belge et même allemande mènent le même combat. Et Trump est devenu l’homme le plus puissant de la planète grâce à son évangélisme de façade, flattant les attentes de ces électeurs.

Les partis populistes défendent un seul thème obsessionnel : l’ennemi, c’est l’étranger, proche ou lointain ; le prototype étant l’Islam, qui affronte nos valeurs « judéo-chrétiennes ». Cette référence au judaïsme est particulièrement pittoresque pour des partis, qui sont des héritiers évidents (mais inavoués) de leurs précurseurs du siècle précédent, massacreurs de six millions de juifs.

Or que sont ces racines judéo-chrétiennes? Les trois religions monothéistes partagent une même particularité : le respect de l’étranger. Loin d’être des religions tribales, elles ont une vocation universelle. En témoigne, parmi beaucoup d’autres, une citation de Deutéronome 24.17 : « tu ne tricheras pas avec le droit d’un étranger ». L’évangile de Matthieu 25.41 insiste : « allez loin de moi maudits, car j’étais un étranger et vous ne m’avez pas recueilli ». Et le Coran 49.13 ajoute : « nous avons fait de vous des nations et des tribus pour que vous vous entre-connaissiez. »

Certains Européens croient de bonne foi que l’invasion menace leurs « valeurs », alors qu’ils ne défendent celles-ci qu’en les niant, car ils instrumentalisent une religion qu’ils ne connaissent, ni ne pratiquent. Les racines judéo-chrétiennes ne se distinguent pas de celles de l’Islam sur ce point crucial, parce que les trois religions abrahamiques se sont engendrées successivement dans le même terreau moyen-oriental. En prenant un recul suffisant, on peut considérer que ce sont trois variantes de la même religion, distinctes seulement par leurs origines chronologiques. C’est d’une certaine façon ce que ressent l’Etat de Vaud.

En effet, toute communauté religieuse qui satisfait à certaines conditions fixées dans la loi  , peut demander à être reconnue « d’intérêt public» par l’Etat de Vaud. Ces conditions sont notamment : reconnaître le caractère contraignant de l’ordre juridique suisse ; respecter les droits constitutionnels de ses membres (égalité hommes femmes) ; observer une transparence financière (qui n’interdit pas le subventionnement par l’étranger) ; s’engager en faveur de la paix sociale et religieuse ; participer au dialogue œcuménique et/ou interreligieux. A ce jour, trois regroupements de communautés ont fait leur demande : les anglicans et les catholiques chrétiens, les musulmans et les évangéliques. Elles se sentent sûres d’elles.

Si on réfléchit à cette liste de conditions, on en vient à penser que l’Etat de Vaud se fait une idée bien précise de ce que doit être toute confession : simplement une variante de la même religion, commune à tous, même si elle s’exprime selon des variantes de type culturelles et cultuelles, secondaires par rapport à l’objet central. Mais de même que la Confédération est solide non pas malgré le fédéralisme, mais grâce à celui-ci, la vie spirituelle des Vaudois requiert la liberté de croyance, la variété des traditions, l’enracinement dans de multiples cultures. La diversité n’est pas une faiblesse mais une force, car elle seule respecte l’injonction de l’article 15 de la Constitution et la réalité de l’esprit des humains. De toute façon le tissu des croyances ne peut jamais prétendre coller à la réalité. C’est un grand récit mythologique. Seul l’imaginaire, pourvu qu’il soit construit sur le pensable, nous aide à accéder sûrement à l’impensable.

Et donc on ne peut que se réjouir des conclusions de cette étude. Les Vaudois ne sont pas amputés de la dimension spirituelle de l’existence, mais entendent l’exercer à leur guise. Même et surtout si le tiers des Vaudois ne se reconnaissent dans aucune confession. Il se font de celles-ci une idée tellement haute qu’aucune ne leur convient. Et lors de son enquête sur la foi, le professeur Pierre Gisel a découvert que priaient réguli, même ceux qui ne mettent jamais les pieds dans une église, une synagogue ou une mosquée.

 

 

 

 

 

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck est ingénieur, ancien conseiller national PDC et député au Grand Conseil vaudois, professeur honoraire de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), d'origine belge, de nationalité française et naturalisé suisse. Il exerce la profession d'écrivain.

16 réponses à “La ramification spirituelle des Vaudois

  1. ”…des partis, qui sont des héritiers évidents (mais inavoués) de leurs précurseurs du siècle précédent, massacreurs de six millions de juifs”. De quels partis parle-t-on? Si un parti suisse est visé, je veux dire un parti de gouvernement ayant des élus (non un groupuscule composé de quelques dizaines de marginaux qui se réunissent dans des cagibis), il ne pourrait s’agir que d’un seul parti et chacun voit lequel. S’agissant de ce parti-là cette assertion constitue une diffamation caractérisée qui tombe sous le coup de la loi. Mais l’auteur joue sur le velours sachant que les diffamés ne vont très propablement pas lui intenter de procés.

    Si l’on devait scruter les sentiments de leurs adhérents pendant l’entre-deux guerres, aucun des partis de gouvernement actuels de la Suisse ne serait exempt d’un certain antisémitisme, soupçon insinué à l’encontre d’un seul de ces partis. Alors, à quoi joue-t’on avec de telles insinuations ?

    Mr Neirynck, vous ne vous grandissez pas avec ce genre d’assertions tendancieuses et hasardeuses.

    1. Nulle part n’est mentionné un parti suisse. Vous m’attribuez une assertion que je n’ai pas prononcée.

      1. Sous-entendre beaucoup en peu de mots, n’est-ce pas ce qu’on appelle une litote? A en croire André Gide, cette figure de style serait même le propre de la langue française (avec pour équivalent, en anglais, l'”understatement”):

        “Le classicisme – et par là j’entends : le classicisme français – tend tout entier vers la litote. C’est l’art d’exprimer le plus en disant le moins.”

        — André Gide, Billets à Angèle, dans “Incidences”, 1921

        Dans “Le Fil de l’épée” (1932), le futur Général de Gaulle écrivit :

        “Parfois, les militaires, s’exagérant l’impuissance relative de l’intelligence, négligent de s’en servir.”

        Selon Paul-Marie de la Gorce, biographe de de Gaulle, c’est la plus belle litote de la langue française.

  2. Il y a quand même une énorme différence, et cette différence créée des tensions.
    Le christianisme n’est que spirituel, et concerne l’individu.

    Avec l’islam, c’est la société entière qui doit suivre des règles. Le musulman fortement croyant est en porte-à-faux avec la société chrétienne. La laïcité dans la société n’a pas de sens pour le musulman, la société et religion ne font qu’un.

    Quant aux évangéliques version US, sont-ils chrétiens ? Pour moi non, leur référence, c’est d’abord l’Ancien testament, et non le Christ, et eux aussi interviennent pour modeler la société à leur image. Bien que potentiellement moins violent et intrusif que les musulmans intégristes, ils créent souvent des problèmes de paix sociale là où ils sont.

    L’islam et certains mouvements évangéliques sont religions et politiques. Et vu l’aspect politique, il n’est pas sage de considérer l’islam comme une simple religion. Derrière les mosquée, il y a des pays arabes ou la Turquie. L’islam doit s’intégrer à l’Europe avant d’être reconnu comme une religion parmi d’autres. L’islam d’Europe doit être indépendante et doit créer sa propre Histoire.

    Quant à ces 3 religions: Le christianisme est le fils de la religion juive. Le Christ, juif, a “modernisé” sa religion en gardant l’essentiel. L’islam est un lointain cousin influencé par la religion juive (un compagnon de Mahomet ?).
    Philosophiquement, il y a une différence :
    Le juif ne parle que pour son peuple, le chrétien veut donner la bonne parole à travers le monde, mais le musulman, lui, veut changer les règles de la société à travers le monde.

    En résumé, la reconnaissance d’une religion doit passer par la reconnaissance de l’Etat de droit, et que cette reconnaissance ne doit pas être entaché par un discours qui le nie à travers des blogs, prêches, des lois spécifiques intracommunautaires (généralement discriminant pour la femme).

    L’islam étant multiple, la reconnaissance ne doit pas être globale, d’autant plus qu’il se trouve dans une crise profonde entre paix et “guerre”.

    1. Le christianisme n’est pas que spirituel. Il a conforté le pouvoir politique pendant la plus grande durée de son existence. Ne le fait-il plus aujourd’hui? La reine d’Angleterre est toujours formellement la chef de l’Eglise anglicane, créée pour des raisons politiques. La Guerre du Sonderbund n’était pas spirituelle du tout. Poutine s’appuie sur l’orthodoxie. etc

  3. Une condition au moins n’est pas remplie par la communauté musulmane , celle de reconnaitre le droit à quitter sa religion ou l’apostasie qui pourtant est implicitement dictée par la constitution suisse !
    Quant à la religion unique idéale , elle n’existe que sous la forme laïque , sans Dieu identifiable (les bouddhistes n’en reconnaissent pas non plus ) .
    En fait , chacun peut se construire ses propres convictions sans être obligé de s’associer à un groupe quelconque qui finit par se muer en secte en se distançant par des pratiques obscures et en rejetant les autres , d’ailleurs les religions monothéistes ont rarement reconnu la légitimité des autres : les guerres incessantes sont bien ancrées dans l’histoire pour rappel , chiites et sunnites continuant de se disputer l’héritage du prophète à coup de bombes , sans oublier les catholiques et protestants Irlandais …
    L’Espagne catholique a vite eu fait d’expulser les Juifs ou Musulmans , comme le roi Louis XIV les protestants ne voulant pas se convertir …

    Qui est le véritable héros ? Celui qui fait de son ennemi un ami.
    (Avot de-Rabbi Natan )

  4. “Ils se font … une idée tellement haute qu’aucune (confession) ne leur convient.” …!!! Diable! vous êtes le champion de la récupération. Et vous oubliez dans tout votre article une composante “religieuse”, les ATHÉES.

    Et la prière régulière hors l’église ne prouve certainement pas que Dieu existe mais que l’Homme a besoin de se rassurer… Parler à quelqu’un que vous n’avez jamais vu et, surtout, qui ne vous a jamais répondu directement… bizarre autant qu’étrange, ne trouvez-vous pas ?
    Vos références statistiques sont stupéfiantes: tant de variantes religieuses alors qu’il ne peut y avoir qu’une seule Vérité, un seul Dieu… Et Il ne fait rien pour arrêter ce “petchi” ! Ah! oui, Il nous a aussi accordé la liberté de choisir, rétorquent les croyants pour se tirer d’épaisseur… Mais bien sûr.

    Permettez-moi de relever que les époques durant lesquelles le fait religieux imprégnait le politique – votre exemple de la constitution suisse de 1848 – en Europe ont charrié des fleuves de sang, une application admirable du précepte “Tu ne tueras point”, alors que l’Europe de l’ouest est des plus pacifiques depuis 1945, bien que le religieux n’ait plus grande voix au chapitre – si j’ose dire sans ironie…
    La religion n’est significativement pas un vecteur de paix.
    Les peuples heureux n’ont pas d’histoire dit Schwarzenberg et qui ajoute, ils n’ont donc pas de héros. Jésus ou Mahomet sont des super-héros…

    Vos citations des livres saints sont édifiantes sauf qu’on y trouve tout et son contraire, la force perverse de ces déluges liturgiques… Il suffirait pourtant d’un seul commandement : “Fais à autrui ce que tu aimerais qu’il te fasse.” Tout le reste n’est qu’une bouillie infantile, naïve dans le meilleur des cas, cynique dans le pire !
    Mais quand l’espèce humaine sera-t-elle assez mature pour enfin se passer de parents de substitution ?

    Vous m’assènerez que mon matérialisme n’est que ruine de l’âme, que l’esprit n’y trouve pas son champ.
    Réfléchissons. Qu’est-ce qui a inspiré puissamment les grandes œuvres artistiques, si cardinales pour vous ? Je dirais Dieu et l’Amour.
    Le bouddhisme tantrique se figure la naissance de l’univers comme suit : dans le vide noir et infini apparaît un point que vous ne pouvez distinguer… vous vous en approchez et voyez que c’est un couple, étreint sexuellement, dont la femme et l’homme n’ont pas conscience de leur existence individuelle. Au début de toute chose était le couple, identité première. Puis ils se désunissent et la femme danse autour de l’homme et de sa vulve naissent toutes choses, les étoiles et le monde…

    Ainsi nous pouvons tourner le dos à ces dieux à l’image de l’homme, sans crainte ni regret.
    Le couple incarne la liturgie de la vie, l’amour qu’il nous inspire permet de toucher à la transcendance, un état du cerveau probablement identique à celui auquel conduit votre “dimension spirituelle”, et l’étreinte, cet état premier retrouvé, dissout toute l’angoisse de notre solitude existentielle. Il n’y a pas besoin de Dieu pour atteindre la sérénité, toucher à la Béatitude, recevoir l’état de Grâce… Jetez vos béquilles et aimez vos Femmes ! Le monde sera guéri de la haine et de son cortège sanglant. La complétude du couple, promesse de la douceur de vivre…
    Adorez vos Femmes, elles portent toutes les promesses de l’au-delà mais ici et maintenant !
    Vos lèvres qui se joignent incarnent la communion, couvrez de baisers leur vulves avec ravissement car là est le graal, le lieu où il est donné à l’humain de faire son seul acte proprement magique : créer la Vie.

    Un athée amoureux est pour moi la forme la plus élevée, aboutie de la spiritualité humaine.

    Malheureusement le bouddhisme tantrique n’a pas demandé à être reconnu d’intérêt public.
    Les musulmans, si mais bien qu’ils se sentent sûrs d’eux, d’après vous, je doute de leur succès.
    En effet la condition “égalité homme femme” n’est pas remplie tant que dans le coran on lit que le témoignage d’un homme vaut celui de deux femmes, si, si !
    Vous me faites sourire Monsieur Neirynck lorsque vous dites que “l’arrivée d’une religion tout à fait étrangère a semé le désordre”. Dites-moi, les quelques trente mille Tamouls en Suisse, par exemple, dont la religion, l’hindouisme, est bien éloignée de votre terreau moyen-oriental, ont-ils jamais “semé le désordre” ? Assassiné des dizaines de chrétiens pour cause d’offense à Vishnou ?
    Non me semble-t-il.
    Et ne me dites pas que ces actes barbares sont commis par de jeunes “défavorisés”, instrumentalisés et ignorants du vrai message de l’islam qui n’est que paix et amou-our !!!
    Salman Rushdie, ça vous dit quelque chose ? En 1989, ce malheureux est l’objet d’une fatwa, une condamnation à mort, quand même ! Et ce, pour un… livre !
    Qui donc a-t-il émis cette fatwa ? Un ignorant marginal ? Non, non, l’ayatollah Rouhollah Khomeini, un chef suprême temporel et spirituel. Mais bon sang, que diriez-vous si demain le pape appelai au meurtre de qui que ce soit ? Que diraient les médias ? Ce serait un tollé planétaire…
    Voyons, pauvre de moi, cela se passait au siècle dernier, il faut évoluer. Ah! bon mais saviez-vous que le 15 février 2016 l’Iran a ajouté 600’000 $ à la prime promise de 3,3 millions à celui qui assassinera l’auteur des Versets sataniques ! En 2016 !!! Et vous voulez que nous ayons du respect pour l’islam. Notons que ce fait n’a provoqué aucune indignation particulière – à une époque où l’indignation est tellement tendance (oui, je me moque) – ce qui pourrait laisser penser que les occidentaux trouvent pareil comportement comme normal donc implicitement qu’ils voient les musulmans comme leur étant inférieurs, un genre de sauvages… Aah! le racisme implicite dans le deux poids, deux mesures du politiquement correct… savoureux, comique mais, surtout, triste.

    Je sais que la chrétienté, aussi, a commis pareilles atrocités, voulu convertir le monde entier, respecté le jeûne, prié sept fois par jour, voilé ses femmes, etc, etc… Mais c’était avant… En fait un musulman, c’est un chrétien – unité abrahamique, chère à l’auteur – avec quelques siècles de retard.
    Et c’est pour toutes ces raisons, Monsieur Neirynck, que l’islam n’est pas le bienvenu pour un foule de gens, voyez-vous. D’ailleurs que voyons-nous, que voit notre âme :

    Passe une femme dans la chaleur mordorée de l’été… Ses jambes nues dont le galbe égale un marbre antique admiré et jamais oublié… Ses bras souples dont la finesse ravit… Son décolleté qui montre un peu de son sein dont la rondeur offre un ravissement merveilleux… Son cou à la carnation admirable souligné d’une veine presque bleutée qui hypnotise le regard… Sa chevelure, libre et fougueuse, brillante telles les soies les plus précieuses… Sa bouche, lèvres sensuelles qui savent murmurer les poèmes émouvants et donner les baisers subjuguant ou rédempteurs… Ses yeux à l’iris précieux, un peu moqueurs de notre émoi émerveillé…
    Passe une femme, juste un instant si bref mais que de bonheur m’aura-t-elle donné… Ce don qui préfigure, ma foi, le Paradis….

    Passe une femme… sorte de pain de sucre mais noir, le noir, absence de la couleur… D’elle je ne verrai que ses yeux, fuyant, baissé… absence d’identité… Aucun don d’humanité, juste une absence qui passe…. Ce doit être cela, s’il existait, l’Enfer….

    1. L’Islam ne se résume pas au pouvoir politique de l’Iran ou d’un pays quelconque. Hitler était catholique et Staline un ancien séminariste. Toutes les religions tournent au fanatisme à un moment ou à un autre. Mais pas seulement. Il y a aussi des saints.

      1. Je ne vois pas la similitude, Khomeini fait tuer au nom de l’islam, Hitler de la supériorité aryenne et Staline est communiste; aucun de ces deux derniers, sauf erreur, au nom de la chrétienté !??!
        Et dites-moi, cette phase “fanatique” inévitable absolverait-elle les atrocités commises à répétition par les islamistes au 21ème siècle ? Allez donc dire cela à la veuve du professeur de Conflans !
        Ici également, on me rétorquera “jeune déviant”, “clash culturel français”, bref, pauvre primitif que je suis, ce fait divers, bien que regrettable – une minute de silence et tout rentrera dans l’ordre – n’est pas pertinent. Vous voulez du pertinent, de l’endogène ? L’affaire de Madame Asia Bibi est tristement exemplaire… Vous savez, cette Pakistanaise chrétienne condamnée à mort pour blasphème parce qu’elle avait osé dire que Mohamet désapprouverait qu’on l’accuse d’avoir rendu l’eau d’un puits… impure (!) pour y avoir puisé de l’eau!!! Et cela se passe le 14 juin… 2009 !
        Vous me direz “Bah! des paysannes incultes”, je vous rétorquerai que cette condamnation à mort fut confirmée le 16 octobre 2014 par la Haute Cour de Lahore, rien de moins !
        Je crois que le respect des autres cultures a aussi des limites, celles de la décence et comme, Cher Monsieur, je vous pratique épistolairement depuis quelque temps, je pense que si vous eussiez vécu dans les années trente, vous eussiez applaudi les accords de Munich avec conviction…

        1. J’ai vécu dans les années trente et je n’ai jamais douté que le bon côté se trouvât chez les démocraties et singulièrement l’Angleterre.

  5. La spiritualité en terre et tradition vaudoise… symbolisée par sa cathédrale aux statues martyrisées par l’occupant. Je me souviens d’une oeuvre religieuse d’un compositeur vaudois: les paroles étaient de Luther et la musique évoquait le chant grégorien. Les Vaudois croient dans le fond et le langage émotionnel plus que dans la forme. Il n’y a donc aucune tentation de stigmatisation.

  6. Comme les produits des supermarchés, les religions ont une date de péremption. Elles ne pourraient pas être éternelles. Au fur et à mesure qu’une partie de leurs fidèles accèdent à l’instruction, une religion commence à perdre une partie de l’influence qu’elle avait sur eux ce qui leur permet d’aller encore plus loin, c’est-à-dire devenir athées et accéder aux qualifications intellectuelles jusqu’aux plus prestigieuses comme le prix Nobel pour ne citer que lui.

    La plus ancienne des religions abrahamiques, le judaïsme, ne comprend plus qu’une minorité des pratiquants mais une majorité de prix Nobel.
    La plus jeune d’entre elles, l’Islam, conserve ses fidèles de gré ou de force, souvent de force, mais est très peu représentée au niveau Nobel.
    Entre les deux, la religion chrétienne, aussi bien pour la proportion de fidèles que pour celle des prix Nobel.

    Dans chacune des trois, la liberté de la femme semble suivre le même chemin que le nombre de prix Nobel.

  7. “… 785 communautés religieuses…”

    Diable, à l’heure où on lit partout que les églises se vident, ne serait-ce pas un Fake?
    Ou pour toucher des subsides?
    Ou encore face à l’Islam?

    Bref, la religion reste toujours et encore, un instrument politique, 170 ans après le Sonderbund pour rester en Suisse.
    Même les valaisans s’écharpent sur leur projet de Constitution avec le “Au nom de Dieu…”

  8. 12 réponses seulement ! Où sont les églises ?
    Merci Monsieur Neirynck, merci beaucoup Monsieur Frey. Vous me confortez dans mon athéisme.
    Merci aux blogs qui nous permettent de participer et nous évader des infos de la télévision qui ne refêtent que les pouvoirs en place, ou des journaux, que l’avis du journaliste (et du propriétaire du journal)
    Dans mon délire j’imagine la disparition de l’info TV et des journaux, au profit de la prolifération sans limite des Blogs.
    « One day, We shall overcom, We shall live in peace, some day »
    Non! Là Monsieur Ulrich, c’est vraiment du délire!

    1. Ce blog n’avait pas vocation à conforter quelque attitude philosophique que ce soit, mais de présenter objectivement la situation et de se féliciter de la liberté de conscience.

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