L’incivisme du populisme

 

Cette étrange épidémie politique et sociale se répand entre les nations. Elle est résumée par l’homme le plus puissant du monde dans une formule qui dit tout : Make America great again ». L’inventeur en fut Reagan, le diffuseur en est Trump. Cela veut tout dire et n’importe quoi.

Un patriote peut la comprendre comme une juste incitation à travailler au succès de son pays : la paix entre les nations (pas de guerre), la sécurité sociale (moins d’inégalités), la formation pour tous (gratuite et obligatoire), le souci de la santé (une assurance même les plus démunis), une longue espérance de vie comme résultat, la parité homme femme dans les entreprises et en politique, la tolérance religieuse, le refus du racisme, le respect des minorités. Ce sont ces marqueurs qui mesurent la véritable grandeur d’un pays. Dans une large mesure, ils caractérisent maintenant la Suisse, pays prospère, pacifique et paisible.

Mais un nationaliste peut interpréter l’inverse. Tout d’abord appuyer  l’impérialisme territorial soutenu par une armée puissante, comme la conquête de la Crimée par Poutine, la contestation par Erdogan de la zone maritime grecque, le grignotage de la mer de Chine par Xi Jin Ping. Mais aussi la méfiance à l’égard des étrangers, le libéralisme illimité, le formation tertiaire payante, l’assurance santé privée, le machisme, l’antisémitisme ravalé et l’antimusulman affiché, le mépris des minorités raciales, l’homophobie.

Tous ces marqueurs ne sont pas exprimés de la même façon et avec la même virulence dans tous les pays. En revanche, deux symptômes additionnels sont révélateurs dans l’actualité : pour Trump, Bolsonaro et même un temps Johnson, il n’y a pas d’épidémie de Covid ; de même la transition climatique n’existe pas et n’est qu’un complot des universitaires.

Un marqueur paradoxal de l’incivisme est l’attaque systématique par les nationalistes des institutions nationales, dans leurs exigences démocratiques. Ainsi Alexandre Loukachenko  n’a pas hésité à falsifier les dernières élections présidentielles en Biélorussie. Trump annonce que s’il perdait les élections, il les contesterait. Poutine n’hésite pas à empoisonner ses opposants et ensuite à le nier.

Sur un mode inférieur, Ueli Maurer s’est départi de la collégialité du Conseil fédéral pour soutenir l’initiative de limitation. Or la stabilité des institutions suisses repose essentiellement sur la concordance dans les exécutifs. Un Conseiller fédéral se devrait d’être le magistrat de tous et pas un patron de parti. Mais le respect des institutions passe maintenant derrière l’impératif du succès aux élections.

Il existe une unité de vue entre les populistes de tous les pays et une motivation unique à toutes ces prises de positions aveugles, à savoir le déni de réalité, la surenchère des mensonges, la systématique des mystifications. Un populiste peut et doit  prétendre, à la fois comme allant de soi et contrairement à la vérité, que : les immigrants ruinent la Suisse ; il faut absolument des avions militaires ; la chasse aux espèces protégées doit être autorisée ; les loyers augmentent par la faute des étrangers ; l’islam menace la Suisse d’une guerre de religion ; l’annulation de la libre circulation ne détruira pas les relations bilatérales ; le mariage des homosexuels est contre naturel. Toutes ces affirmations fédèrent une large fraction de la population, confortée dans ses fantasmes, marottes et anxiétés.

Le but de ces campagnes n’est absolument pas le bien-être des citoyens mais l’accession au pouvoir d’une coterie. Il est donc répété le message de l’incivisme selon lequel le parlement trahit la volonté des citoyens et le Conseil fédéral est indigne de sa fonction. Les élections ne sont qu’une farce. Les initiatives ne sont jamais respectées. Les « politiciens » sont vendus aux lobbys. L’insécurité augmente. Le pays est en voie d’être ruiné. Les trains sont bondés et les routes encombrées. La Suisse est surpeuplée avec 216 habitants au km2 en comparaison des Pays-Bas, 506 habitants au km2.

L’incivisme nationaliste repose sur le fantasme d’un peuple élu. « Make America great again », « Deutschland über alles », « Rule Britannia the waves », « Tanti nemici, tanto onore », « Ce qui compte ce n’est pas le vote, mais comment on compte les votes ». La méthode du nationalisme consiste à laisser croire aux ignorants qu’ils sont les plus malins. Plus un citoyen est borné, plus l’incivisme le rend fier de lui-même.

 

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck est ingénieur, ancien conseiller national PDC et député au Grand Conseil vaudois, professeur honoraire de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), d'origine belge, de nationalité française et naturalisé suisse. Il exerce la profession d'écrivain.

48 réponses à “L’incivisme du populisme

  1. Je me souviens de cette jolie réplique dans un film quand le maître d’école demande à ses petits élèves ce que c’est qu’un égoïste. Un petit garçon répond « c’est quelqu’un qui ne pense pas à moi ».

    Vous êtes un peu dans le même esprit : un populiste c’est quelqu’un qui ne pense pas comme moi.
    Il y a le Bien : Vous et tous ceux qui pensent comme vous. Vertueux, altruistes, éduqués, ouverts aux lumières de la science, au monde et à sa diversité.

    Pas comme ce troupeau de beaufs incultes et bornés, inciviques, qui ne comprennent rien à rien et se ruent naïvement, forcément par bêtise, dans les bras de populistes cyniques uniquement préoccupés par leur réélection.
    «Plus un citoyen est borné, plus l’incivisme le rend fier de lui-même.» dites-vous. C’est un peu votre version modernisée du « qu’ils mangent de la brioche » prêtée à Marie-Antoinette.

    Au-delà de la simplification, pour ne pas dire du simplisme, de votre raisonnement digne du style des populistes que vous dénoncez (ah oui, pardon : vous c’est pas pareil. Vous faites partie des Gentils et vous défendez le Bien), vous ne vous étonnerez pas que certains soient tentés de répondre par un bras d’honneur électoral aux dédain avec lequel vous les regardez.

    Mépriser sans chercher à comprendre, ça aussi c’est une des causes qui mènent au développement rapide du populisme.

    De tous les populismes.

    1. Bonjour,

      Le reproche que vous adressez à M. Neirynk mérite réflexion. Malgré tout, vous donnez vous-même les éléments permettant de justifier son propos : Il défend des valeurs de vertue, altruisme, éducation, ouverture d’esprit.

      Ce sont des valeurs qu’on peut difficilement critiquer et qu’on ne peut prêter aux populistes.

      1. Quand la volonté de promouvoir le Bien prend des accents totalitaires et que l’angélisme devient exterminateur, j’ai une forte tendance à me rebiffer.

        Aux faux gentils, j’en arrive presque à préférer les vrais salauds.
        Ils ont au moins le mérite de la franchise.

        1. ” Aux faux gentils, j’en arrive presque à préférer les vrais salauds.
          Ils ont au moins le mérite de la franchise. ” Chapeau ! c’est quelque chose que je pense aussi mais je ne suis jamais arrivée à la formuler aussi joliment et clairement que vous.

    2. Désolé d’apporter la contradiction: le supposé mariage homo, la PMA la GPA destructeurs avérés de la famille et promoteurs de la marchandisation de l’être humain, en plus de l’euthanasie de l’eugénisme et de l’avortement ne sauraient être considérés comme progrès des lumières mais plutôt l’avènement d’un monde occidental en pleine décadence porté par la franc maçonnerie et les lobbies économiques

      1. Il n’est nullement dit dans le texte que ce sont des progrès mais que le populisme s’oppose toujours à cette mesures sur lesquelles le reste de l’échiquier politique se met d’accord.

      2. Quand l’homophobie (ou tout autre phobie) et les théories conspirationnistes s’en mêlent, il devient très difficile de contre-argumenter… je ne vais même pas essayer!
        Personnellement j’adhère à 100% avec le contenu de l’article de M. Neirynck!

    3. Moi, cher homonyme, j’avoue ne pas avoir bien compris ce que vous pensez,
      Libertaire, libertarien ou rien, liberal, PLR, pas vraiment preoccupe du climat, bref, a quoi pensez-vous?
      Au marche?

    4. Très bonne répartie Monsieur Caillet. Tout en finesse en plus. Je n’aurais pas su le dire si bien. Vous m’épargner la peine de rembarrer M. Neirynck comme je le fais souvent.

      Il y a quand même une question que je pourrais lui poser: est-ce que selon vous les tenants de la raison, telle que vous la comprenez, c’est à dire en gros l’establishment centriste pro européen, humaniste, partisan du multilateralisme, etc., ne mentent jamais ?

      Et aussi une petite remarque. Le mot incivisme n’est pas usuel dans le vocabulaire politique suisse. C’est un terme qui fait partie du lexique belge. Les inciviques c’étaient ceux qui s’étaient mal comportés pendant la guerre avec les Allemands. C’est une expression connotée, très péjorative en Belgique. Il y a eu des importations belges de qualité: Tintin, Spirou, le professeur Neirynck. Cette importation lexicale est moins heureuse.

  2. Vous énoncez les objectifs de l’Etat qui marquent la grandeur d’une nation :

    – la sécurité sociale (moins d’inégalités);
    – la formation pour tous (gratuite et obligatoire);
    – le souci de la santé (une assurance même les plus démunis), une longue espérance de vie comme résultat;
    – la parité homme femme dans les entreprises et en politique;
    – la tolérance religieuse, le refus du racisme, le respect des minorités.

    Soit, mais arrêtez clamer que nous les suisses y sommes (presque) et de prétendre que les autres doivent se comporter comme nous. C’est leur choix. Nous n’avons pas à nous ingérer en prescrivant nos valeurs. C’est de l’impérialisme.

    J

  3. “Une chronique politique sans parti pris” ??? Changez ce titre, M. Neirynck !
    Quant aux initiatives qui ne serait pas appliquées, ça n’est pas une FAKE NEWS, mais la réalité: expulsion des criminels étrangers, lutte contre l’immigration de masse et également – je ne suis pas sectaire – initiative des Alpes, dont l’objectif 2018 n’est toujours pas atteint.

    1. Ces objectifs n’ont pas été atteints par le législatif et l’exécutif fédéral, qui ont été dûment élu par le peuple et que l’on ne peut démissionner. Souhaitez-vous démissionner le peuple et lui retirer le droit de vote?

      1. Il n’est pas question de ça. Mais le parlement se comporte comme une bande d’inciviques (c’est le cas de le dire) en foulant au pied les décisions du souverain.

        Que les citoyens soient des jobards, quand ils réélisent cette bande de polichinelles, c’est vrai aussi. Hélas.

  4. Poutine en crimée c’est mal.
    Simple respect du droit à l’autodétermination d’un peuple qui a voulu dans un référendum être indépendant. Le référendum était peut-être faussé. Il n’en demeure pas moins que ses habitants voulaient être en majorité libéré du joug ukrainien et, cela fait, ils ont voulu rejoindre la Russie et celle ci a accepté. Le bombardement de Belgrade par l’OTAN ne semble pas vous gêner.

  5. Bonjour,

    Merci pour cette chronique. Concernant le respect des institutions, c’est ce que je reproche à l’UDC. Ses membres vantent à longueur d’année la Suisse et ses valeurs mais les piétinent allègrement lorsque cela leur convient. Cette attitude ne mène nulle part, sinon à la division et à quelques succès électoraux éphémères.

  6. Excellent article, quel plaisir de lire un billet aussi bien argumenté et avec des raisonnements qui contrastent fort avec ceux des sophistes du moment.

    C’est très inquiétant, la vitesse à laquelle se propage ce populisme.

    Aujourd’hui, en Valais, dans le cadre des travaux liés à la Constituante, 3 partis sont intervenus pour faire stopper le débat prévu sur les droits fondamentaux et se sont alliés pour obtenir le remplacement du projet proposé par la commission, fruit de 9 mois de travaux, par un texte du vPLR. On touche le fonds… Les spécialistes sont dénigrés, évidemment leur “éclairage” dérange.

    Ce qui est terrible, c’est qu’on le connait fort bien ce chemin emprunté par le populisme.
    En général, quand on insiste pour éliminer ce qui protège, c’est dans un but d’agression…

    Je regrette que le Conseil fédéral ne soit pas plus prompt à réagir face à la menace des “fake news”.
    Si nous acceptons que cette pratique s’installe sans contestation, nos droits fondamentaux
    seront menacés, vu l’incapacité de bien des personnes de distinguer la valeur des propositions qui leur
    sont soumises. En peu de temps, on pourrait se retrouver au même stade que les pays que vous mentionnez dans votre billet. La raison en étant que partout, les partisans de ces manipulations procèdent au démantèlement des institutions dès qu’ils peuvent s’emparer du pouvoir.

  7. Quand il est venu à Davos, le Président Trump avait dit qu’il s’attendait de chaque président de dire, Belgium first, Switzerland first et France first, etc. Le monde est organisé en presque 200 pays et des frontières et non pas en un seul. Il faut admettre qu’avec la Covid il a mal agi !

    Le génie de ceux qui gouvernent l’Europe depuis 1981 a permis à la Chine d’entrer dans l’OMC avec un statut de pays du tiers monde et de le rester ENCORE AUJOURD’HUI !!!! lui permettant de vendre à l’étranger avec peu ou pas de droit de douane et de fermer à sa guise son marché aux marchandises des autres pays.

    Une usine textile au nord de la France a fermé parce qu’une paire de chaussette coûte à la production 2 EUROS alors que les commerçants peuvent l’importer toutes taxes comprises à 1 EUR. Au lieu de mettre un droit de douane qui mettrait le prix à la production au même niveau que le prix à l’importation on préfère fermer l’usine et mettre les ouvriers au chômage. Ce modèle a ruiné l’Occident et nous trouvons encore aujourd’hui des savants éclairés qui défendent l’ouverture de l’Occident en “open bar” pour toute la misère du monde et pour tout genre de marchandises. L’affaire des masques qui est en cours a démasqué l’incompétence de ceux qui nous gouvernent (importation de masques en centaines de millions non conformes, obligation de le porter malgré sa nocivité pour la peau et le système respiratoire. Et maintenant on découvre qu’il cause le cancer du sein chez les femmes, etc.)

    Tôt ou tard le bon sens va l’emporter et les patriotes dans chaque pays ne seront plus cette espèce pestiférée comme les mondialistes les décrivent, en espérant que ce jour là nos économies occidentales seront encore debout.

    1. Voulez-vous augmenter le prix des chaussettes et faire qu’on en achètent moins ? Ou bien voulez-vous subventionner avec les droits de douanes encaissés l’achat de chaussettes par le plus pauvres, appauvrissant la classe moyenne ? Les populistes ont une fâcheuse tendance à ne pas réfléchir aux conséquences des modifications qu’ils soutiennent ?

      1. Je voudrais mettre fin à la concurrence déloyale ! pour le reste je n’accepte pas de répondre à une attaque haineuse.

      2. “Pour tout problème complexe, il existe une solution qui est claire, simple et erronée”
        Mencken

        Pour moi cette phrase encapsule parfaitement l’approche des populistes de droite à la réalité.

        Et si un problème n’a pas de solution simpliste plaisante (tel que le réchauffement climatique), il n’existe pas et est l’invention de mondialiste/gauchistes/profiteurs/traîtres cherchant à saboter notre belle nation.

        Tout aussi désagréable est leur confusion entre chauvinisme et patriotisme.

        1. Vous mettez le sparadraps sur la jambe gauche alors que c’est l’autre jambe qui est blessé. Il y a des mondialistes de droite.
          Argumentez, justifiez et dites nous pourquoi 650 mille suisses doivent vivre dans la pauvreté alors que leur pays, à qui ils ont donné, payé des impôts et contribué à sa prospérité, les exclue et offre les emplois à des nouveaux arrivants dont une partie d’entres eux n’est jamais venue chez nous auparavant comme touristes. Si le 27 septembre l’initiative est repoussée il vaut mieux demander l’adhésion à l’UE car notre indépendance ne sera plus.

          1. Bonne remarque. La suisse est bien obligée d’adopter les standards européens en matière industrielle tout simplement pour pouvoir y exporter. Dès lors, sous couvert d’une indépendance sourcilleuse, elle est de fait devenue un pays sujet qui applique une législation qu’elle n’a pas contribué à développer. Et elle ne peut rien faire d’autre sauf à cesser de commercer avec l’UE. La bonne solution serait donc d’adhérer pour avoir enfin la voix au chapitre. Quand on travaille dans une commission parlementaire on comprend cela tout de suite. Il y a des impératifs qui ne peuvent être discutés car ils sont imposés par Bruxelles sans que l’on puisse y échapper du seul fait de notre enclavement géographique.

  8. “Un populiste peut et doit prétendre, à la fois comme allant de soi et contrairement à la vérité, que : les immigrants ruinent la Suisse ; il faut absolument des avions militaires ; la chasse aux espèces protégées doit être autorisée […].
    […] Il est donc répété le message de l’incivisme selon lequel le parlement trahit la volonté des citoyens et le Conseil fédéral est indigne de sa fonction.”

    L’achat des avions militaires et la nouvelle loi sur la chasse ne sont-ils pas justement des projets fortement soutenus par le Conseil fédéral (avec la majorité au parlement), puisque ce sont leurs projets ?
    Je ne comprends pas pourquoi vous définissez les personnes qui soutiennent ces deux éléments comme des populistes alors qu’elles sont justement d’accord avec le Conseil fédéral.

    1. On peut supposer que la présence de deux UDC et de deux PLR induit parfois le CF à proposer des objets qui plaisent aux populistes. Ce n’est pas là qu’ils sont inciviques mais dans leur contestation continuelle de la légalité du parlement et du CF.

      1. Alors votre supposition est de facto fausse puisque ces objets ont obtenu l’aval du Parlement. Le PLR et l’UDC à eux seuls n’ont pas la majorité au Parlement.
        Il y a donc bien eu une majorité d’élus qui ont soutenu ces objets (et pas seulement de l’UDC et du PLR) et le fait d’appeler ça du populisme est une antithèse à votre définition initiale sur le populisme.

        1. Dans un parlement avec une droite et une gauche, certains objets sont défendus tantôt par l’une tantôt par l’autre et passent la rampe par l’appui du centre. Il est donc normal que même un parti d’extrène droite finisse par soutenir des objets qui lui conviennent.

  9. Là, j’avoue que je suis déçu, vraiment déçu… Pour étayer votre plaidoyer, vous usez de chiffres biaisés comme un vulgaire populiste. Donc la Suisse n’est pas surpeuplée car la densité n’y est que de 216 habitant/km2 alors que la Hollande caracole avec ses 506 hab/km2, c.q.f.d. !
    Remarquons quand même que la France indique pour 2019 une densité de 105,8…
    Effectivement, en prenant les statistiques UBS 2019/2020, avec 41.285 km2 et 8.542.323 habitants, on obtient 207 hab/km2. Sauf que si le territoire de la plate Hollande est probablement habitable partout, seuls 75% du nôtre, hors lacs et déserts alpestres, l’est et la densité correspondante grimpe déjà à 276 hab/km2.
    Si maintenant on remarque que 2/3 de la population suisse vit sur le plateau et que celui-ci ne représente que 30% du territoire, la densité relative bondit à 455 hab/km2 !!!
    Et où pourra – lieux de travail – et voudra – qui a envie de s’enterrer dans la vallée de Conche – vivre le million et demi d’habitants supplémentaires à venir ? Sur le plateau, fort logiquement.
    Hypothèse de proportionnalité conservée, à 10 M° la densité sur le plateau devrait être de 538 hab/km2.
    Moi je me réjouis de cette promiscuité chaleureuse et enrichissante, d’autant plus si elle est multiculturelle, pas vous ?
    Blague à part, pour moi, l’usage primaire des statistiques met malheureusement Monsieur Neirynck au niveau de l’UDC, d’un prof d’uni c’est impardonnable, désolé.

    1. Ce genre de raisonnement considère que ce qui n’est pas habitable n’existe tout simplement pas. Toute la superficie de la Suisse n’est certes pas habitable mais la plus grande partie est utilisable et utilisée pour autre chose que de l’habitation. Les Alpes et le Jura constituent des lieux d’excursion que ne connaissent pas les Hollandais. En suivant le raisonnement de M Frey on pourrait devoir tenir compte de la densité de Genève ou de Bâle.

  10. Le populisme se vit dans l’idéologie, donc sans nuance. Il n’est pas le seul.
    Le bien de la Suisse et le bien des suisses ne convergent pas toujours, et c’est là que surgit le populisme pour s’imposer.
    Le libéralisme sans contrôle prôné par le PLR/UDC, a court terme donne un avantage à la Suisse, à moyen terme c’est une majorité de suisses qui subissent les conséquences. En gros la qualité de vie qui se désagrège. On ne vit pas pour que la Suisse soit Singapour, mais pour une qualité de vie qui puisse se transmettre aux générations futures. C’est la classe moyenne et inférieur qui trinquera avec 10millions d’habitants

    Le populisme sans nuance provoque une opposition sans nuance, et c’est le peuple qui trinque.
    Le choix : Un ultralibéralisme dans nos frontières ou un libéralisme ouvert sans limite.
    On a là 2 idéologies, et donc pas de nuances.

    L’avenir, c’est réguler les installations d’entreprises étrangères pour freiner l’augmentation de la population. Ou développer un réseau de métros transfrontaliers. Le statu quo est inacceptable.
    La population râle déjà de cette “surpopulation”.

    Bref, ne rien faire et atteindre 10 millions d’habitants, c’est jouer à la roulette russe avec les bilatérales.
    A votre critique du populisme, j’ajoute la réflexion idéologique sans nuance, inadaptée à la réalité complexe.
    L’humain doit être au centre de la réflexion. Il est temps d’écouter sociologues, anthropologues, psy dans une démarche scientifique, et non les partis dans une démarche idéologique.

  11. Il y a deux manières de considérer la politique:

    Soit comme l’art de défendre les intérêts de son peuple et de son pays. Cela n’exclut ni des coopérations internationales ni un minimum d’humanisme et d’entente sur certains prinipes communs au monde civilisé. Mais le critère doit être l’intérêt de son propre peuple et de son propre pays. On essaiera d’harmoniser les grands principes humanistes, ainsi que la bonne entente souhaitable avec les autres pays, et l’intérêt de son propre pays. En cas de conflit, c’est l’intérêt du pays, et du peuple, qui prime.

    L’autre conception est celle de M. Neirynck. Et c’est celle aussi de nos gouvernants actuels, hélas: ce qui doit primer n’est pas l’intérêt de notre peuple ni de notre pays, c’est l’unification de l’Humanité avec une majuscule, en commençant par l’Union Européenne. Par conséquent l’intérêt de l’Union Européenne, et de la “communauté internationale”, qui n’existe pas, doit primer sur l’intérêt de la Suisse et les intérêts des Suissesses et des Suisses. En cas de conflit il faut sacrifier l’intérêt du pays et du peuple. La gouvernance mondiale est à ce prix. C’est le seul objectif acceptable. Tout doit céder devant la réalisation de cet idéal.

    Je ne vois pas comment M. Neirynck pourrait contester que cette conception est la sienne. Je simplifie un peu bien sûr, mais en gros c’est ça. D’ailleurs il a choisi comme emblème de son blog l’Assemblée générale de l’ONU. Ca dit tout. Même le titre du blog: ”une chronique sans parti pris” est trompeur. Il y a un parti pris évident, pour le mondialisme.

    M. Neirynck accuse l’UDC, qu’il qualifie de manière très tendancieuse de ”parti d’extrême droite”, et les ”populistes”, d’être des ”inciviques”, et ce ”dans leur contestation continuelle de la légalité du parlement et du CF”.

    Il faut distinguer entre la légalité et la légitimité.

    Le parlement et le CF sont dans la légalité, c’est vrai. Mais depuis qu’ils ont cessé de suivre la première conception ci-dessus, celle qui fait primer l’intérêt des Suisses et de la Suisse sur l’ordre international, ils ont perdu la légitimité.

    Cette perte de légitimité est la cause du succès des ”populistes”. Le ”populisme” dans tous les pays, en effet, est une réaction instinctive qui cherche à rétablir le juste équilibre institutionnel en faisant à nouveau primer l’intérêt d’un pays donné.

    Le basculement s’est produit en Suisse à peu près à l’époque du débat sur l’EEE. Jusqu’à cette époque, le parlement et le CF avaient toujours fait prévaloir l’intérêt de la Suisse et des Suisses.

    Depuis cette époque nos autorités conçoivent leur rôle comme consistant, non à défendre la Suisse, mais à faire de la pédagogie pour forcer la main du peuple suisse et l’obliger à se soumettre à un pouvoir étranger contre sa volonté.

    C’est cela en vérité qui devrait être qualifié d’incivisme.

    Les tenants de la première conception, dont je fais partie, jugent absolument illégitime, je juge absolument illégitime, et incivique, pour reprendre l’expression d’origine belge de M. Neirynck, une politique, même parfaitement légale, qui fait prévaloir l’intérêt d’un nouvel ordre mondial sur l’intérêt de mon pays et de mon peuple. (Que je ne considère en aucun cas comme un ”peuple élu”).

    Aussi longtemps que le parlement et le CF refuseront de revenir à une politique de défense des intérêts suisses, dans la convivialité avec les autres pays bien entendu, comme on l’a toujours fait, il sera de notre devoir à tous de faire un procès incessant, non en légalité mais en légitimité, contre nos autorités.

    Et puis, un jour, nous obtiendrons gain de cause et nous reprendrons notre destin en mains.

    1. Cette description de la prétendue position du blog est caricaturale et est l’objet d’une obsession de la part du commentateur. Il ne simplifie pas “un peu”, comme il s’en rend compte, mais grossièrement. Personne de sensé en politique ne prétendra que les intérêts de l’étranger doivent primer ceux de la Suisse. Il faut accommoder les deux au terme d’une négociation et ensuite respecter les traités signés.
      Il est très dangereux d’opposer légalité et légitimité, parce que n’importe qui peut se proclamer légitime, à son estime, et s’en prendre ensuite à la légalité. C’est exactement ce que font les terroristes. Au nom d’un intérêt prétendument supérieur, ils jugent illégitime l’ordre voulu par la légalité et s’acharnent à le détruire par la violence. A ce titre la démarche du djihadiste et du populiste ne diffèrent que par les moyens utilisés. Il est très heureux que ce blog ait déniché la véritable intention de l’extrême droite : contester la légalité pour établir (comment?) une légitimité (laquelle?).
      Les extrêmes refusent la démocratie libérale pour préférer le régime du parti unique.

      1. Allons, allons….

        C’est vrai que mon propos est un peu polémique. Je vous attaque, mais poliment. En plus, je vois vraiment les choses ainsi, ne vous déplaise. N’est-ce pas mon droit?

        Vous aussi, vous faites force simplications et exagérations dans vos billets, que je trouve souvent outranciers. Par exemple vous qualifiez l’UDC de parti d’extrême droite. Parlant des documents de propagande de ce parti, parfaitement corrects dans leur contenu comme dans leur style, vous faites allusion au principe de Joseph Goebbels : plus le mensonge est gros plus il passe. L’allusion est voilée et elle est accompagné de cette phrase: “On se garde de le dénommer (Goebbels) pour ne pas salir ce blog”. Mais tout le monde a compris l’allusion.

        Comme propos outrancier ce n’est pas banal. Dans le genre polémiste, vous y allez fort.

        Comme votre blog est un espace de liberté et de débat, je joue le jeu du débat, en vous payant avec la même monnaie, mais je ne vais pas aussi loin que vous dans l’outrance.

        Concernant la distinction entre légalité et légitimité…

        Accusez vous le général de Gaulle d’être un terroriste? Il a pourtant basé toute sa stratégie politique et beaucoup de ses discours, depuis qu’il est allé prendre le micro à Londres en 1940, jusqu’en 1958 quand il a repris le pouvoir et pendant tout son règne, sur cette distinction entre légalité et légitimité. Il s’exprimait au nom d’une légitimité nationale qu’il prétendait incarner, et qui devait prévaloir sur la légalité: celle du gouvernement du maréchal Pétain, celle de la IVème république finissante, qui selon lui bradaient la France, celle de l’opposition à son pouvoir.

        Je me placerais volontiers ici sous le patronage de de Gaulle, mais contre ceux qui bradent la Suisse.

        Salutations respectueuses d’un populiste.

  12. C’est différent. Leurs idéologies sont très différentes évidemment. Mais il y a quelque chose en commun: l’attitude de collaboration excessive avec une puissance étrangère qui ne nous veut pas du bien. Pétain avait l’excuse qu’il dirigeait un pays occupé par ladite puissance étrangère, ce qui n’est pas le cas de la Suisse.

    Je pense donc que la servilité de nos dirigeants envers l’Union Européenne est extrêmement répréhensible, indigne et incivique.

    Heureusement, grâce au renforcement de la participation UDC, l’attitude du CF a un tout petit peu plus de dignité maintenant, ou plutôt elle est moins eurofanatique et plus pragmatique qu’avant, ce qui est un progrès.

    Mais malgré tout la majorité du CF reste à plat ventre devant Bruxelles et l’UDC est systématiquement trahie par le PLR sur la question européenne. C’est révoltant pour tout patriote, de la part du PLR.

    Le PDC ne vaut pas mieux que le PLR dans ce domaine, mais le PDC ne prétend pas être l’allié politique de l’UDC. Le PS aussi est à plat ventre, mais ça c’est logique puisque ce parti s’obstine à conserver l’adhésion à l’UE dans son programme.

    Le fait que la majorité du CF n’ait pas été capable d’opposer dès le début une fin de non recevoir polie, mais ferme et définitive, aux demandes insupportables de l’UE pour signer un accord cadre de sujétion institutionnelle, constitue à mes yeux une attitude indigne et incivique que je préfèrerais ne pas qualifier.

    Je dois vraiment me retenir pour ne pas la désigner comme une sorte de haute trahison.

    1. Il y a une différence radicale entre le CF et le régime Pétain : ce dernier, avant même que tout le pays soit occupé, avant même que les nazis l’exigent a pris des mesures antisémites, puis a livré des Juifs aux nazis. Les relations avec l’UE s’inscrivent dans une autre problématique que le génocide. Elles sont l’expression d’un rapport de force. Accuser le CF de servilité n’a pas l’ombre d’une preuve.

  13. Personne ne parle de génocide. On parle ici de pressions indues exercée sur un pays indépendant: la Suisse, par une puissance extérieure: l’UE, qui demande un accord cadre par l’effet duquel la Suisse perdrait sa souveraineté législative et aurait l’essentiel de ses lois dictées par l’UE (dans tous les domaines importants pour le marché intérieur, ce qui à terme, ouvre la porte à une extension illimitée de l’ingérence législative dans quasiment tous les domaines).

    Je dis que ceci est inacceptable pour la Suisse, et je blâme la politique du Conseil fédéral qui n’a pas opposé une fin de non recevoir définitive à ces demandes, et qui pousse même l’indignité jusqu’à recommander au peuple suisse de céder sa souveraineté à une puissance étrangère l’UE en acceptant un accord cadre de sujétion institutionnelle.

    La France du maréchal Pétain avait accepté une sujétion institutionnelle envers l’Allemagne, mais c’était après avoir été vaincue militairement et occupée par la Wehrmacht.

    Je constate que la Suisse n’est pas un pays occupé et est donc le CF est dans une position beaucoup plus confortable par rapport à l’UE que ne l’était le maréchal Pétain face à l’Allemagne, pour résister aux demandes attentatoires à la souveraineté du pays. On aurait donc pu attendre du CF une politique plus ferme de refus de la sujétion. Or, j’estime qu’on a eu une politique, pendant longtemps, de la part de nos gouvernants, consistant à aller au devant des exigences européennes. Je dis que c’était indigne et incivique.

    Et le CF n’a toujours pas redressé la barre, puisqu’il continue à vouloir forcer la main des citoyens, ou du moins il leur recommande de signer cet accord cadre indigne.

    Et quand le peuple suisse a décidé d’adopter l’article 121a de la constitution fédérale, le parlement, par suite des pressions de Bruxelles (comme cela a été affirmé par la commission européenne elle-même), s’est couché devant la puissance étrangère et a violé la constitution fédérale ainsi que la volonté du peuple et des cantons en n’appliquant pas cet article 121a.

    Tout cela, ce sont des faits.

    Je ne fais aucune comparaison entre les valeurs de l’UE et celles du Grand Reich Allemand d’Adolf Hitler. Ces valeurs sont totalement opposées. Nous sommes bien d’accord là dessus. Dans le cas de la France de Vichy pendant la guerre, sa sujétion institutionnelle a eu pour effet qu’elle a consenti à prêter la main à la déportation de Juifs. Nous sommes bien d’accord que l’UE n’est pas antisémite et n’exerce pas de pressions sur la Suisse pour qu’elle déporte qui que ce soit.

    1. Il faudrait essayer de comprendre que le CF fait ce qu’il peut et qu’il ne complote pas gratuitement contre l’indépendance de la Suisse. Pourquoi le ferait-il’ Pour l’intérêt particulier de ses membres? Par stupidité? Par perversité?

  14. Je reconnais que la tâche n’est pas facile pour le CF.

    Il a commis une erreur fondamentale dès 1991 – 1992, c’est d’avoir dit à l’UE qu’il désirait adhérer à l’UE, puis malgré le rejet de l’EEE, d’avoir continué très longtemps de dire que l’adhésion restait un but ultime de la politique suisse.

    On nous dit que c’est grâce à ça que la Suisse a obtenu de bonnes conditions d’accès au marché unique. Mais cela a rendu la Suisse vulnérable, car elle apparaissait demandeuse. Quand quelqu’un est demandeur, on peut lui imposer tout ce qu’on veut. C’est ce qui s’est passé. Par exemple , l’UE a osé demander une chose aussi invraisemblable qu’une “clause guillotine”, que nos négociateurs ont osé signer, ce qui est une honte. Cette faute très grave a été commise par Jakob Kellenberger, qui a toujours été un euroturbo. Comment pouvait-il être crédible étant un euroturbo? L’UE savait que dans son coeur il souhaitait un rapprochement le plus étroit possible. Par conséquent ils ont pu s’en donner à coeur joie et monter leur niveau d’exigences.

    Jamais l’UE n’aurait pu être aussi arrogante et émettre des prétentions aussi exorbitantes si notre pays avait été représenté par des personnalités connues pour être eurosceptiques. La Suisse aurait été beaucoup plus respectée dans la négociation si elle avait été représenté par un souverainiste dur comme Christophe Blocher. Jamais Bruxelles n’aurait osé demander une clause guillotine à Blocher, qui ne l’aurait jamais signée.

    J’aurais préféré que les négociations sur les bilatérales n’aboutissent pas. Notre économie ne s’en serait pas plus mal portée et nous ne serions pas ligotés par tous ces textes. On ne pourrait pas nous parler d’accord cadre pour cimenter toute cette sujétion que nous avons eu la faiblesse d’accepter petit à petit.

    Maintenant ce ne serait pas trop tard pour donner une mission de négociateur plénipotentiaire à un homme d’Etat du calibre de Christophe Blocher, en commençant par refuser définitivement tout accord cadre impliquant une reprise automatique ou ”dynamique” comme ils disent, de la législation européenne.

    Là on serait enfin respectés, et on obtiendrait, non pas l’idéal, mais le possible, tout en restant un état tiers bien entendu, car c’est ce que nous voulons.

    Dernière chose: je ne soupçonne absolument pas les membres du CF d’avoir agi par intérêt personnel, ni par stupidité, ni par perversité. Où aurais-je dit une chose pareille? Je ne pense absolument pas ça. Je pense qu’ils ont agi par conviction européiste et mondialiste sincère. Et là, ils ont fait du zèle. C’est encore plus grave.

    1. S’ils ont agi par conviction, ils ont rempli leur fonction. Pourquoi agiraient-ils en sens inverse? Ils ont cru au fil des décennies que c’était la meilleure politique. S’ils ont cru à tort alors ils sont stupides.

      1. «S’ils ont agi par conviction, ils ont rempli leur fonction.»

        J’aime bien cette citation de Marc Bonnant : les convictions c’est l’intelligence à l’arrêt.

          1. Je cite Marc Bonnant comme source me semble-t-il.
            Je crois savoir qu’il en est l’auteur.
            Mais si ce n’est pas le cas, je serais curieux de connaître la véritable origine de cette maxime.

  15. Si leur conviction est que la Suisse doit abandonner sa souveraineté législative, et sa souveraineté tout court, alors ils sont d’un autre avis que moi et aussi que la majorité du peuple. Et je suis désolé de le dire, mais ces dirigeants ne sont plus légitimes. Car la légitimité ne peut résulter que d’une action ferme pour résister aux empiètements des pouvoirs étrangers, et pour défendre les intérêts du peuple et du pays auquel on appartient.

    Ce qui est terrible avec vous, mais je ne vous en veux pas particulièrement à vous personnellement, il s’agit d’une attitude générale de l’establishment suisse actuel, c’est que vous ne pouvez pas démordre de l’idée qu’effectivement la sagesse consiste à diluer toutes les souverainetés dans un magma européen d’abord puis mondial, avec des règles multilatérales.

    Vous constatez pourtant que le peuple refuse massivement cette tendance. Par des votes répétés, refus de l’EEE, renvoi des criminels étrangers, exigence d’une régulation autonome de l’immigration avec des plafonds et des quotas (art 121a Cst féd), le peuple se débat, tout en étant intimidé par le chantage permanent auquel il est soumis: chantage à Schengen, chantage à la clause guillotine, chantage à la situation économique dont on nousdit qu’elle va s’effondrer si nous ne soumettons pas aux forches caudines de Bruxelles (alors qu’elle ne risque pas du tout de s’effondre, et que, même s’il y avait unprix économique à payer pour rester libres, nous sommes nombreux à être d’accord pour payer ce prix). Eh bien, malgré tous ces chantages le peuple continue de se débattre et de manifester sa volonté d’une autre politique, en tous cas sa volonté de ne pas perdre sa souveraineté et sa démocratie directe, qui doit toujours pouvoir trancher en dernier recours dans tous les cas, même en allant à l’encontre d’une directive européenne.

    Nous vivons cette comédie des mensonges depuis bientôt 30 ans.

    Le peuple s’époumone à faire passer un message aux dirigeants, ce message est: ne cédez pas la souveraineté, nous voulons rester maîtres chez nous. Et les dirigeants répondent, mais non nous ne voulons pas la céder. Ils mentent éffrontément en disant cela car en pratique ils continuent d’essayer de faire avaler par le peuple un accord cadre de sujétion, dont les citoyens se méfient, au lieu d’avoir une attitude ferme et de se faire respecter par ces gens qui veulent nous asservir.

    Vous ne voulez pas comprendre l’exaspération de la majorité, qui est largement eurosceptique, souverainiste, et ne consent qu’à contrecoeur des restrictions à la souveraineté du pays. Vous poussez même la provocation jusqu’à traiter d’inciviques ceux qui ont ce sentiment. Car il s’agit d’un sentiment très partagé et majoritaire. Nous avons le sentiment que les autorités nous trompent et nous vendent. Oui, nous avons ce sentiment. C’est vrai. Et cela correspond à une réalité car personne ne peut nier que les autorités mijotent dans notre dos un accord cadre qu’ils auraient eu le devoir, si elles avaient été fidèles à leur mission, de rejeter définitivement depuis des années.

    Est-ce que vous ne comprenez donc pas que c’est outrageant de traiter d’inciviques les patriotes qui sont exaspérés par ces mensonges officiels de gens qui bradent notre pays?

    Ce dialogue de sourds entre nous se prolonge. Je voulais cesser, parce que c’est peine perdue, nos positions sont totalement inconciliables. Mais j’ai continué malgré ça, car je souhaite que l’argumentation soit exprimée complètement et noir sur blanc et j’espère que certains internautes, ceux qui ne s’expriment pas, lisent et comprennent ce que je dis.

    Oui, nous sommes probablement une majorité dans ce pays, qui à des degrés de colère divers sont exaspérés et, oui, il faut le dire, le sentiment profond que nous avons, est que nous sommes trahis. Donc le mot de trahison, que nous aimerions mieux éviter, nous traverse l’esprit et nien souvent nous sommes tentés de le prononcer car effectivement, ce ce que nous ressentons.

    Au moins en Grande Bretagne, quand l’establishment britannique, a fini par être contraint de constater qu’il était impossible d’aller contre la colère populaire des Brexiters, eh bien cet establishment a fini par accepter de mettre en oeuvre la décision populaire du référendum. Je ne suis pas un inconditionnel de Boris Johnson, mais je dois reconnaître que contrairement à vous il est tout de même un démocrate car il s’efforce de respecter les décisions référendaires.

    Jusqu’à quand nos dirigeants vont-elles s’obstiner à mener la guerre contre le sentiment populaire? Jusqu’à quand vont-ils s’obstiner dans le déni de réalité, consistant à ne pas vouloir comprendre que malgré tous les chantages et toutes les menaces, le peuple fait de la résistance passive et ne veut pas de ce qu’on nous concocte pour nous souder à l’Europe dans un statut de sujétion institutionnelle.

    Ce sont ces autorités là qui sont inciviques, contrairement à l’establishment britannique qui, lui, a au moins pour deux sous de bon sens et écoute les gens, car nos autorités sont autistes. Elles ne tiennent aucun compte de ce que pensent les gens. Nous autres, ceux qui pensent comme moi, et voient les choses comme je m’efforce de les exprimer ici, nous aimerions bien, par gain de paix, cesser de soupçonner nos dirigeants de jouer un jeu trouble derrière notre dos et de vendre subrepticement notre souveraineté et nos droits populaires, et nous les jugeons encore plus coupables de faire cela car ils le font appareement avec sincérité et conviction. La trahison par conviction, parce qu’on est du côté de la puissance qui veut nous soumettre et que l’on fait bon marché de sa patrie.

    Nous aimerions bien donner un satisfecit, mais c’est impossible d’accorder ce certificat de moralité à nos autorités, car réellement, elles continuent à vouloir nous emphysiquer un traité léonin, voulu par une puissance étrangère et dont elles savent, que profondément nous ne voulons pas.

    Vous vous plaignez du procès en légalité, ou en légitimité, qui est fait contre les dirigeants, le parlement, le CF. Mais comment pouvez-vous imaginer que les gens n’aient pas l’impression d’être trahis, dans ces circonstances, alors que les autorités refusent d’appliquer les résultats des votations populaires comme celle du 9 févreir 2014?

    Alors oui, c’est un procès politique et moral qui est fait cointre les dirigeants que nous accusons de trahir la Suisse. Cela peut choquer comme vocabulaire, mais c’est ainsi que nous le ressentons, tout comme les Français gaullistes avaient le sentiment que le gouvernement Pétain était trop complaisant avec les Allemands. Ils comprenaient que la France étant un pays occupé, une collaboration avec l’occupant était inévitable. Nous comprenons que la Suisse étant enclavée en Europe, des arrangements avec l’Union Européenne sont nécessaires. Mais nous estimons que l’on va trop loin, que l’on foule au pied la dignité de notre pays. Et c’est pourquoi, oui, mutatis mutandis, il y a une comparaison à faire avec le régime de Vichy, qui lui aussi allait trop loin dans les concessions à une puissance étrangère et allait au devant de ses exigences souvent, comme nos autorités pendant des années sont allées au devant des exigences de Bruxelles.

    Désolé, mais quand forfaiture il y a, et c’est le cas ici, alors il faut crier à la forfaiture.

    Nous allons voir maintenant si la résitsance des patriotes permet de rejeter cet accord cadre de servitude. Je ne suis pas très optimiste, car je sens tout le poids énorme du chantage massif qui est exercé sur le citoyen de base.

    Mais je peux vous dire déjà une chose ici, pour le moment je ne me suis encore jamais mêlé de politique publiquement. Je vote, je signe des initiatives, des référendums, je participe parfoisà des réunions, toujours dans le camp eurosceptique et souverainiste, mais je ne fais pas de politique active. Maintenant nous avons encore quelques temps devant nous avant que ne tombe le couperet. Même si le CF commet la forfaiture de signer un accord cadre qui serait la fin de sept siècles de lutte pour nos libertés et nos droits populaires, eh bien il y aura encore un référendum sur cet accord cadre. Il faudra tout faire pour gagner ce référendum et rejeter ce traité sélérat. Cela nous donne encore un certain délai.

    Mais si le peuple suisse, intimidé, soumis au chantage, finissait comme on peut le craindre, de guerre lasse, par donner un consentement à contrecoeur à ce qui serait la mort politique de la Suisse comme état souverain, alors je vous le dis tout net, cher M. Neirynck, personnellement je ne reconnaitrai pas la validité de ce vote car il y aurait manifestement un vice du consetntement.

    Il s’agirait d’un consentement extorqué sous la menace, par la contrainte. En anglais ça s’appelle “under duresse”. En droit romain c’est l’adage “quoniam nominor Leo” qui définit les cas ou un contrat est léonin. Je suis juriste de formation. L’Union Européenne abuse des droits de sa puissance. Elle veut nous imposer un traité inégal, comme on l’a fait avec la Chine au XIXe siècle, aidée en cela par des dirigeants suisses faibles et infidèles à leur devoir, et elle nous dit: “vous devez signer ce traité, parce que je le veux et parce que je m’apelle Lion, c’est à dire parce que je suis le plus fort”.

    Dans toutes les traditions juridiques les contrats léonins, les contrats signés “under durrersse”, sous la contrainte, sont nuls.

    Si le chantage de l’Union Européenne” finissait par extorquer un consentement à mon pays, ce sera un consentement acquis sous la contrainte et donc il y aura un vice du consentement. Ce serait nul et non avenu et cela ouvrirait la voie à un mouvement d’esprit gaulliste pour refuser cette situation. A ce moment là, si j’en ai la possibilité, je pense que je me lancerai en politique pour un mouvement, que je fonderais moi-même si c’est nécessaire, ou je rejoindrai d’autes gens, qui auraient la même idée, pour combattre le statut de pays sujet qui serait imposé à la Suisse et lutter en attendant el moment où il sera possible de révoquer ce contrat léonin.

    Vous pourrez bien qualifier d’incivisme cette attitude. Je vous répondrai que ce n’est pas de l’incivisme, c’est du patriotisme. L’incivisme, il est chez ceux qui prêtent la main aux abus de pouvoir d’une puissance étrangère qui entend impser sa domination de manière léonine.

    Et je m’arrêterai là avec vous pour aujourd’hui, car aujourd’hui j’ai été vraiment jusqu’au fond de ma pensée.

    1. J’ai qualifié d’incivique les attitudes de Trump qui prétend contester à l’avance le résultats des élections, de Loukachenko qui trafique les élections, de Poutine qui fait empoisonner un opposant, d’Ueli Maurer qui rompt la règle de la collégialité, c’est-à-dire de tous ceux qui violent la loi ou la coutume et visent à tourner la démocratie. Bien évidemment je n’ai pas qualifié d’incivique ceux qui ont simplement l’opinion de refuser l’UE sous toutes ses formes. En revanche, au nom de cette conviction, proclamer illégitimes le parlement et le Conseil fédéral n’est pas faire preuve de civisme. Les autorités fédérales ont été élues à la majorité de la population, elles sont donc légales et légitimes.

    2. Les commentaires plus longs que l’article qu’ils commentent et ne servent, à l’évidence, que de prétexte à leur auteur pour se contempler le nombril frisent l’indécence. Un minimum de retenue serait fort apprécié de leur part. L’exhibitionnisme ne figure pas dans la charte déontologique du “Temps”.

  16. Oui, il faut reconnaître qu’il y a un problème. On élit des gens et ils font une politique qui n’a pas été voulue par les électeurs.

    C’est un vice inhérent au régime représentatif. Dans la tradition politique suisse, on a voulu remédier à ça en instituant les droits populaires qui donnent un grand pouvoir aux citoyens pour corriger les décisions du parlement et de l’exécutif. Soit en retoquant en référendum une loi votée par le parlement, soit en contraignant le monde politique à faire une chose qu’il n’aurait pas voulu faire, en faisant passer une initiative populaire constitutionnelle.

    Depuis quelques lustres et même décennies, le système dysfonctionne, à cause de l’incivisme de la classe politique qui ne respecte plus les résultats des votations populaires. Vous ne pouvez pas le nier.

    Ce que j’ai essayé de montrer dans mon long raisonnement ci-dessus, c’est que l’establishment, la classe politique, le pouvoir, peu importe comment on l’appelle, peut choisir deux attitudes.

    Soit l’attitude britannique: quand une volonté politique est exprimée par le peuple, la classe politique finit par se soumettre à la volonté du peuple.

    Soit la classe politique peut tenter de s’opposer au peuple par tous les moyens. C’est la tendance qui prévaut dans l’Union Européenne, cette construction totalement antidémocratique.

    Ainsi lors du référendum du 29 mai 2005 le peuple français a refusé un traité constitutionnel européen. Le pouvoir européen a ignoré cet acte de souveraineté du peuple français et a imposé par la petite porte le même traité. Là je vous vois venir. Vous allez me dire que c’était légal et qui dit légal dit légitime, selon vous. Pas d’accord. Un acte de souveraineté du peuple ne peut pas être défait par une décision parlementaire prise bei Nacht und Nebel. La décision du peuple entier en référendum est de rang supérieur à une décision parlementaire. Passer outre, c’est une forfaiture.

    Malheureusement, la méthode européenne déteint sur la Suisse car nos élites politiques sont aimantées par les cercles du pouvoir européen auxquelles elles rêvent d’appartenir. Et c’est pourquoi il y a un problème. On est sorti de la démocratie en Suisse, depuis quelques années. Maintenant on n’applique plus les décisions du peuple souverain.

    C’est cela qui cause la perte de légitimité des autorités. Auparavant, il n’y avait presque jamais d’initiatives acceptées. C’était extrêmement rare. Ces dernières décennies il y en a eu plusieurs. Quand le pouvoir est moins légitime, le peuple ne se sent plus obligé de suivre les recommandations des autorités. Et donc, en Suisse, le peuple a voté plusieurs initiatives, et référendums, contre l’avis de tous les partis politiques, sauf un, contre l’avis du parlement et du conseil fédéral.

    Il va falloir que la classe politique en Suisse cesse son incivisme et qu’elle se mette à nouveau à écouter le peuple et à accepter les décisions souveraines prises par le souverain dans la démocratie semi-directe. Ou alors, le fossé va s’aggraver de plus en plus. Mais la faute, l’incivisme, est dans l’establishment, chez les valets de Bruxelles, qui s’asseoient sur le résultat des votations. Pas chez les populistes.

    1. La démocratie n’est pas la dictature d’un pouvoir mais l’équilibre entre plusieurs. Si le parlement est obligé de voter comme le peuple le lui enjoint, il n’a plus de raison d’être. On pourrait le remplacer par un vote en ligne sur tous les objets. De même le CF n’est pas asservi au parlement et peut nuancer certaines décisions. Enfin les juges disposent d’une marge d’appréciation dans les lois bien faites. Votre conception d’un peuple tout puissant ignore que c’est lui aussi qui élit les législatifs cantonaux et fédéraux et que ceux-ci interprètent la volonté du peuple. Si cette interprétation ne coïncide pas avec votre conviction, cela fait partie du jeu complexe de la démocratie. Proclamer illégitime des élus démocratiquement mène tout droit au parti unique et au pouvoir des apparatchik sous prétexte d’être au service du peuple. Une démocratie populaire n’était ni une démocratie, ni populaire.

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