Nous allons donc voter

 

Le 27 septembre le peuple souverain se prononcera sur cinq sujets qui supposent une connaissance au moins sommaire du droit international, de l’aviation militaire, de la politique familiale, de la chasse et du fisc. Environ une moitié des citoyens estimeront que cela vaut la peine de prendre position. L’autre moitié ou bien pense que la politique n’est pas son affaire, ou bien que les autres voteront bien à sa place. Le soir la cause sera entendue et la législation suisse aura progressé sur cinq fronts simultanément. Et ce sera mieux que si on avait joué le résultat à pile ou face.

 

Quand j’étais au parlement, il arrivait que, dans le courant d’une semaine, il faille se prononcer sur un éventail de mesures aussi disparates. On avait tout de même le temps de s’informer, parfois de vive voix en commission avec les représentants de l’opinion publique. Même alors on sortait souvent de séance la tête bourdonnante d’opinions contradictoires qui toutes recélaient une part de vérité, diluée dans beaucoup de mauvaise foi partisane. Même si on est spécialiste du domaine, par exemple l’enseignement, la recherche, les télécommunications, il demeure une part d’incertitude. C’est du reste la grandeur et la servitude de la politique de se prononcer sans connaître ce que l’avenir réserve.

 

L’objet le plus indécis de la votation est le budget de six milliards affectés à l’achat d’avions militaires où les oui et les non s’équilibrent presque, reflétant la perplexité d’une opinion publique déboussolée.  Que nous réserve l’avenir ? La seule certitude est que nous vivons dans un monde de plus en plus dangereux, gouverné par des personnages aussi imprévisibles que Trump, Poutine et Erdogan. Par surenchère de leurs égos surdimensionnés et instables, le pire peut arriver, une guerre ouvertement déclarée plutôt que feutrée. La Suisse y serait-elle impliquée ? Impossible d’imaginer un tel scénario qu’il est pourtant aventureux d’éliminer complètement. Car des menaces collatérales peuvent servir d’amorce. Par exemple une accélération du réchauffement climatique, entraînant des sécheresses telles que les récoltes de céréales en souffriraient et que l’on finisse par se battre pour accéder aux ressources de nourriture. Dès lors faut-il dépenser six milliards pour anticiper le réchauffement climatique dans une Suisse qui importe la moitié de sa nourriture ou bien pour acheter des avions dont nous avons eu tellement peu d’usage depuis un demi-siècle ? La perplexité est autorisée, la certitude est excessive d’un côté comme de l’autre.

 

Que dire de la loi sur la chasse pour un citoyen appartenant à la majorité silencieuse des non-chasseurs ? Nous ne sommes plus à l’époque du Paléolithique où la chasse conditionnait la survie de la tribu. Nous dévorons la viande d’un bétail qui n’a jamais connu la liberté et qui subit une mort dissimulée dans les abattoirs. Nous aurons donc tendance à la refuser parce qu’elle ne nous concerne pas vitalement. Nous entretenons de vagues remords sur la mort du loup, qui est, selon ce qu’on nous rabâche, un animal sympathique et pas dangereux.

 

Le congé de paternité et la déduction fiscale pour les enfants suscitent moins de réticences. La seule réserve massive est celle de la gauche au sujet des déductions fiscales, car elle représente cette part de l’électorat qui ne paie pas de contributions et souhaite donc que les autres en paient le plus possible. Le citoyen moyen, qui paie des impôts et ne touche pas d’aides,  sait vaguement qu’au rythme naturel la Suisse se dépeuplerait à la cadence d’un tiers à chaque génération puisque cette proportion mesure le déficit de la fécondité. Ce déficit est compensé par l’immigration d’au moins 40 000 jeunes travailleurs par an. Les pensions sont donc sauves aussi longtemps que cela durera. Les hôpitaux et les chantiers ne manqueront pas de bras.

 

Cette dernière considération semble peser sur le sort de l’initiative UDC qui voudrait supprimer la libre circulation des personnes entre l’UE et la Suisse. L’immigration dans sa configuration actuelle présente plus d’avantages que d’inconvénients. D’ailleurs la liberté d’accès au vaste marché du travail de l’UE intéresse aussi les jeunes Suisses qui redoutent d’être cantonnés à une sorte de réserve d’Indiens au centre du continent. Une formation quelque peu ambitieuse requiert de voyager hors des frontières.

 

Quand on fait le bilan de ces cinq objets de controverse, on ne peut que s’émerveiller de l’universalité des compétences civiques attendue des Suisses, capables de trancher avec un certain bon sens de tout ce que l’on peut décider sans en rien savoir de précis. Si l’on évoque cette même possibilité avec des amis français ou italiens, ils récusent leur peuple comme dépourvu de maturité politique. C’est vrai qu’il a fallu sept siècles pour l’acquérir.

 

 

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck est ingénieur, ancien conseiller national PDC et député au Grand Conseil vaudois, professeur honoraire de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), d'origine belge, de nationalité française et naturalisé suisse. Il exerce la profession d'écrivain.

56 réponses à “Nous allons donc voter

  1. “Que dire de la loi sur la chasse” et de toutes ces votations?

    Qu’elles auront eu au moins le merite de voir un autre blog de votre part, que trouver des coupables au (a la) covid.

    Un loup solitaire qui n’a pas peur de la meute de chiens trollesques autant qu’ubuesques, enrages en meute UDC sur ces blogs, chiche?

  2. Personnellement, je ne pardonnerai jamais au pdc d’avoir lâché la campagne du grippen, qu’il devait mener. Je ne connais pas votre implication dans cette décision, mais elle a coupé le pdc d’au moins un de ses (maintenant anciens) électeurs !

    1. Mon seul souvenir personnel de cette campagne est d’avoir posé en plénière une question à Ueli Maurer : “quelle est la vitesse de pointe du Grippen?” Cette question est pertinente parce que l’interception d’un avion étranger, traversant le territoire en huit minutes, exige d’aller au moins aussi vite que lui. Réponse du Conseiller fédéral : “je ne sais pas”.
      Intrigué par cette confession, la commission compétente a posé des questions du même genre jusqu’à ce que Ueli Maurer avoue qu’il n’avait pas lu le cahier des charges du Grippen, parce qu’il ne comprend pas l’anglais. La presse a relayé ce aveu.
      Qui est responsable de l’échec : le PDC ou Ueli Maurer?

      1. la dite votation represente bien le poisson rouge suisse a croix blanche dans son bocal:

        – un jet met quinze minutes a chauffer
        – quelqu’un pourrait nous expliquer a quoi sert la police du ciel, a part la jolie pilote.com du Temps?
        – quatre jets en permanence en vol coutent…?
        – les compensations sont les peanuts pour la neutralite supposee
        – le cout reel n’est pas de six milliards mais de 15 a 25 sur vingt ans

        On nous prend pour des cons, mais celui qui nous prend pour des cons vote pour les avions,
        cherchez l’erreur dans les volutes du ciel 🙂

      2. Ceci prouve qu’on peut etre très intelligent – ce qu’est Ueli Maurer, tout le monde le reconnaît même a l’étranger – et ne pas savoir l’anglais. Et en plus ne pas avoir honte de le dire.

        Vive Ueli Maurer!

        1. Le problème n’est pas l’intelligence mais la compétence. Inutile de se présenter dans une grande entreprise si on ne connaît pas l’anglais et si on se glorifie de ne pas lire les documents reçus dans cette langue. Alors pour vous, qu’est-ce que la Suisse? Une PME, une ferme, un chalet d’alpage? Quelle condescendance pour nos institutions! Un fonctionnaire pouvait traduire ce cahier des charges en allemand mais un conseiller fédéral qui demande un budget de trois milliards doit savoir ce qu’il demande.

          1. Maurer est très compétent. Il manoeuvre très bien à la tête des finances de notre pays et il est respecté. Regardez comme il s’en est sorti pour réagir au refus européen de l’équivalence boursière. C’est un homme d’état issu du peuple, un peu rustique mais très capable. J’ai beaucoup de respect pour lui. Pareil pour Parmelin, qui était un peu gauche au début, mais il a vite appris. Même s’il ne sait pas l’anglais, il paraît qu’il est très habile dans la négociation des traité de commerce. Ces gens sont entourés d’un staff très compétent qui leur prépare les dossiers et ce qui compte au moment de la décision, c’est d’avoir du bon sens.

            Ces deux UDC sont dans la tradition qui était celle des radicaux jusque dans les années 1980. En général les conseillers fédéraux radicaux étaient issus du peuple et avaient gravi les échelons un à un, au mérite. Il n’y avait pas tant de ces prima donna comme aujourd’hui. Il n’y a plus que l’UDC qui pratique cette forme de démocratisme. Les autres se sont américanisés et donnent dans le snobisme des diplômes ronflants.

            Personnellement je n’aurais rien contre un peu plus d’élitisme. Mais la Suisse moderne, celle de 1848, a toujours été populiste. C’est dans son ADN. Ca a toujours été un titre de gloire pour un Conseiller fédéral de n’avoir qu’un certificat de fin d’apprentissage. Comme Parmelin et Maurer.

          2. Il n’est pas nécessaire d’avoir un diplôme pour devenir Conseiller fédéral, mais il ne suffit pas d’en être privé pour être plus compétent que ceux qui en disposent. Si c’était le cas, il faudrait fermer les universités qui gâcheraient les meilleurs esprits.

          3. « Il n’est pas nécessaire d’avoir un diplôme pour devenir Conseiller fédéral, mais il ne suffit pas d’en être privé pour être plus compétent que ceux qui en disposent »

            Par expérience et par observation, je ne considère de loin pas qu’un diplôme soit un gage d’intelligence et je constate qu’il est de moins en moins un gage de compétence.

            Au mieux est-il devenu un certificat de conformité.

          4. Ce propos catégorique mériterait d’être nuancé. S’il s’appliquait à toutes les qualifications, cela signifierait qu’il n’est pas nécessaire d’être médecin pour soigner, d’être ingénieur civil pour construire un pont, d’être juriste pour remplir les fonctions d’avocat ou de magistrat, d’avoir un CFC d’électricien pour monter l’installation d’une maison, d’être pilote pour mener un avion.
            Disons qu’un diplôme n’est pas une garantie d’intelligence, mais qu’il assure au moins la sécurité de certaines fonctions pour ceux qui y recourent. Il ne suffit pas de ne pas en avoir, de n’être compétent en rien de précis pour devenir compétent en tout.
            Le bon sens ne suffit pas car c’est la qualité la mieux partagée du monde. Tout le monde le possède mais il est différent de celui du voisin.

          5. «Il ne suffit pas de ne pas en avoir, de n’être compétent en rien de précis pour devenir compétent en tout.»

            Pourquoi pas ?
            Même si ce n’est pas la règle, ce ne sont pas les exemples qui manquent dans l’Histoire : https://fr.qwe.wiki/wiki/List_of_autodidacts

            Je crois que, indépendamment de la possession d’un diplôme, ce qui fait la différence n’est pas le bon sens mais la curiosité intellectuelle.
            J’ai connu des personnes bardées de diplômes qui en étaient pathologiquement dépourvues.

            «(…) il faudrait fermer les universités qui gâcheraient les meilleurs esprits»

            Les fermer certainement pas.
            Par contre je dirais qu’elles ont en partie renoncé à révéler les meilleurs esprits.
            Dans ce sens, je pense que, en effet, elles ne remplissent plus vraiment leur mission.

          6. D’ailleurs a Londres, un electricien ou un sanitaire, gagnent plus qu’un medecin ou un avocat, c’est rigolo non, la loi de l’offre et de la demande.

            Bien sur, des techniciens qui savent de quoi ils parlent, comme les avocats 🙂

      3. Je ne pense pas que la réponse “je ne comprends pas l’anglais” est sérieuse car dans sa jeunesse il voyageait beaucoup aux USA, d’ailleurs il a rencontré son épouse sur un aéroport la-bas !

        1. Alors c’est pire. Cela signifie qu’il n’a pas pris la peine de lire le cahier des charges alors qu’il était capable de le faire.

          1. Exactement, il s’agit d’un homme complexe malgré la relative franchise qu’il montre en public. Peut-être cet avion n’était pas son premier choix !

  3. Comme vous le dites très justement ” sans rien savoir de précis”.
    En effet, sur le sujet des FA 18, Mme la conseillère fédérale Ahmerd nous fait miroiter des “affaires compensatoires” mirobolantes et essaye de nous convaincre que nous serons invincibles et que nous augmenterons sensiblement les chances de survie de notre tribu entourée de pays dangereux et belliqueux !
    Donc rien de précis, que des miroirs aux alouettes, de l’amateurisme, pour convaincre le citoyen avec une stratégie de communication maladroite et simpliste.

    Puisse le 50 % des citoyens vous entendre et se renseigner sur la pertinence de dépenser 6 milliards, quand dans cette période incertaine, nos jeunes seront de plus en plus confrontés à la réalité du monde du travail ou plutôt du chômage …. et nos anciens indéniablement à celui du monde du chômage !

    1. Parce que vous croyez que si on n’alloue pas ces 6 milliards pour la sécurité de notre ciel, l’UE va nous le faire gratuitement ?

      1. Rien n’est gratuit, il y a toujours quelqu’un qui le paie. A cette aune là, dans cette perspective restreinte, oui cela coûterait beaucoup moins cher de faire assurer la sécurité du ciel en partageant les frais avec un de nos voisins. L’aspiration à une flotte militaire s’origine aussi dans le symbole. Sommes-nous vraiment indépendant sans avions de chasse?

        1. Oui, bien sûr, rien n’est gratuit, et certainement que ça coûterait moins cher de faire sous traiter la sécurité de notre ciel, bien que selon une discussion dont nous étions d’accord : l’UE ne nous fera pas de prix “ami”. Et la Suisse n’aura pas d’autre choix que de payer, sans négociation possible.
          Et j’imagine très facilement que l’UE profitera de cette position de force pour mettre la Suisse sous pression sur d’autres dossiers. Au final, l’ensemble nous coûtera bien plus que 6 milliards dont pas un franc profitera à notre économie locale, avec la perte de souveraineté en prime.

          1. Tout à fait !
            Le but de mon intervention était pour dire que l’argument du coût n’en est pas un, et que le débat doit se concentrer sur la question de souveraineté.

        2. Et avec ces chasseurs le serons nous vraiment ? Sommes-nous capable de les entretenir ? Combien d’années de pièces de rechange, de consommables et de carburant avons-nous ? Sommes nous indépendant si nous achetons un aéronef connecté 24 heures sur 24 au Pentagone ?

          Et puis pour être indépendant il convient de voir assez loin au delà des frontières sans compter sur les bons services des autres. Et pourtant il n’est pas prévu de satellites en temps réels et radars aéroportés permettant d’assurer une permanence 24 heures sur 24?

          C’est trop peu pour être efficace.

          Et c’est trop pour ne pas être indécent au vu du mépris affiché à l’encontre de ceux qui, victime de travail forcé discriminatoire, servent de chair-à-canon. Pour s’en convaincre, il suffit de relever que les victimes du service militaire obligatoire sont sous-indemnisées. Par exemple, à l’age de 65 ans la rente d’invalidité militaire est divisée par deux, alors que celle des accidentés du travail ne subit aucun ajustement. Etant rappelé qu’avant l’âge de 65 ans la Confédération, qui n’indemnise pas à 100 %, ne paie ni part patronale AVS, ni part patronale IIème pilier. Cela n’est d’ailleurs qu’un exemple parmi d’autres de l’effet des mesures prises sur le dos de la chair-à-canon pour faire des économies. Et évidemment tout le monde s’en fout, les pro de l’armée ont un deuxième pilier alors que le service obligatoire est celui d’homme suisse (une double tare) devenu à l’âge de 65 ans des vieux cons de suisses.

          Si l’on a besoin de faire de telles économies, il saute aux yeux que le chèque en blanc demandé est clairement indécent.

  4. bonjour; je trouve assez irréaliste en temps de lutte en défense du climat d’envisager de dépenser une somme astronomique inutilement; un quelconque avion à réaction traverse la Suisse et sans doute la France aussi, sans que les jets militaires n’aient le temps de réagir ! étrange pays que la Suisse si compteuse de ses sous ! sacrés boomers, toujours aux manettes !

    1. “Un quelconque avion à réaction traverse la Suisse et sans doute la France aussi, sans que les jets militaires n’aient le temps de réagir!”

      Et la défense anti-aérienne, vous en avez entendu parler?

      Avez-vous déjà été emprisonné dans un avion pris sous le feu d’une batterie de DCA? Moi oui. Et je peux vous assurer que ça marche.

      1. Effectivement une partie des experts prônent des missiles sol-air plutôt que des avions. Qui peut en décider?

        1. Sur le type de matériel, n’appartient-il pas aux ministère de la Défense d’en décider? Quant aux fonds à allouer, le peuple ne reste-t-il pas seul maître de sa décision à cet égard?

        2. Arrêtons de tourner autour du pot. La Suisse DOIT participer financièrement à l’effort militaire occidental par ses moyens financiers. Croyez-vous une fraction d’une seconde que des avions ennemis vont traverser nos cieux sans passer par un pays ami limitrophe? J’espère qu’à l’avenir le budget militaire soit augmenté de sorte que les grosses dépenses soient couvertes par les budgets ordinaires et que le peuple n’aura plus à se prononcer sur un tel objet d’intérêt continental et occidental. Ceux qui croient que nous sommes neutre et indépendant à ce niveau devrait prendre des cours d’éducation politique.

          1. C’est intéressant de constater que vous interprétez le blog comme si c’était une prise de position pour le non et que d’autres l’interprètent comme si c’était pour le oui. Il s’agit d’une rubrique qui s’affiche sans parti pris. Elle essaie de montrer à quel point la politique est un art difficile où des décisions importantes sont prises en toute méconnaissance de cause. Heureux les esprit qui ne doutent pas parce que c’est tellement plus facile de croire que tout est simple.

        3. c’est absolument sur qu’il vaut mieux avoir des missiles sol-air en tres grand nombre , pour 6 milliards , plutot que des avions qui n’auront pas le temps de decoller. En plus , je ne vous dis pas combien ça serait très dissuasif pour d’eventuels attaquants, si on a bien diffusé l’information ….

      2. bonjour; vous oubliez que les bombardements alliés sur l’Allemagne l’ont détruite malgré la FLACK ! bon, bien sûr , les missiles existent, mai en cas d’attaque il s’écoulera toujours un temps considérable entre l’alerte et l’ordre de tir, s’il y en a un, pensez à Pearl Harbourg ! donc les jets sont inutiles, et les missiles possiblement aussi ! désolé .

        1. La bataille aérienne de Berlin, lancée par Arthur “Bomber” Harris, Air Commanding Officer du RAF Bomber Command, fut un échec pour la Royal Air Force (RAF), car le choc sur l’Allemagne ne fut pas celui prédit par le commandement. Durant la bataille la RAF a perdu
          1 047 bombardiers, auxquels il faut ajouter 1 682 endommagés et 7 000 membres d’équipage, avec pour point culminant le raid sur Nuremberg le 30 mars 1944, où 94 bombardiers furent abattus et 71 endommagés sur les 795 déployés.

          Dès novembre 1943), la RAF pouvait pourtant déployer plus de 800 bombardiers longue portée sur une nuit, équipés de nouveaux outils de navigation sophistiqués comme le radar H2S.

          Entre novembre 1943 et mars 1944, le Bomber Command déclencha 16 attaques de masse sur Berlin. Malgré les immenses dégâts causés et les pertes considérables en vies humaine, ces raids ont cependant raté leurs objectifs. Au contraire de ce que croyait le commandement allié (à la RAF s’était jointe l’USAAF), le moral des civils allemands n’a pas été brisé, les défenses de la ville et les services essentiels ont été maintenus et la production pour la guerre dans le Grand Berlin n’a pas chuté; en fait, la production allemande pour la guerre a même continué à grimper jusqu’à la fin 1944.

          Les 16 raids sur Berlin ont coûté au Bomber Command plus de 500 avions, avec leur équipage capturé ou tué, soit un taux de perte de 5,8 %, au-dessus du seuil de 5 % considéré comme le taux maximum soutenable de pertes opérationnelles par la RAF. Selon Daniel Oakman, dans “Wartime Magazine: The battle of Berlin on the Australian War Memorial” (https://www.awm.gov.au/wartime/25/article), le « Bomber Command perdit 2 690 hommes au-dessus de Berlin et près de 1 000 de plus devinrent prisonniers de guerre. Sur les pertes totales du Bomber Command durant la guerre, près de 7 % eurent lieu durant les raids sur Berlin. En décembre 1943, par exemple, 11 équipages du No. 460 Squadron RAAF (en) ont été perdus dans les opérations contre Berlin ; et en janvier et février, 14 équipages furent encore tués. Avoir 25 avions de détruits signifie remplacer les force d’un escadron en trois mois. Avec un tel taux, le Bomber Command aurait été balayé avant Berlin »

          Il est généralement admis que la bataille fut un échec pour les Alliés, dans le sens où les bombardements de Berlin ne provoquèrent pas la capitulation des Allemands (contrairement à ce qu’Harris et d’autres avaient espéré). Officiellement, pour la RAF « in an operational sense the Battle of Berlin was more than a failure, it was a defeat » (« dans un sens opérationnel, la Bataille de Berlin fut plus qu’un échec, elle fut une défaite »

          Sur la redoutable efficacité des défenses antiaérienne allemandes, voir https://www.junobeach.org/fr/canada-in-wwii/articles/escadrons-de-bombardiers-de-larc-outre-mer/german-anti-aircraft-defences/.

          En 2015, l’Allemagne a investi 4 milliards d’euros dans sa défense anti-aérienne (https://www.lecho.be/tablet/newspaper/entreprises/l-allemagne-investit-4-milliards-d-euros-dans-sa-defense-anti-aerienne/9642975.html). Sur ses nouveaux systèmes de défense, voir: https://www.dw.com/fr/nouveau-syst%C3%A8me-de-d%C3%A9fense-anti-a%C3%A9rien-pour-la-bundeswehr/a-18507538.

          A Pearl Harbor, l’objectif des Japonais était de détruire la flotte américaine du Pacifique. D’abord surpris par la première vague d’attaque à l’aube du 7 décembre 1941, les Américains, ont vite reprise en main leur défense anti-aérienne au cours de la seconde vague et ont ainsi pu éviter une troisième vague. Le vice-amiral Nagumo avait en effet décidé de renoncer à cette troisième attaque pour plusieurs raisons, mais en premier lieu parce que les défenses antiaériennes avaient eu plus de succès au cours de la seconde vague et avaient occasionné les 2/3 des dommages nippons (voir à ce sujet Michel Ledet, “Samouraï sur porte-avions, Les groupes embarqués japonais et leurs porte-avions 1922-1944, Lela Presse, coll. « Collection Histoire de l’aviation » (no 17), 2006).

          Les Japonais n’avaient pas moins atteint leurs objectifs dès cette seconde vague, soit la destruction de la flotte américaine du Pacifique, bien plus à cause de la négligence et du manque de préparation des Américains que par manque de moyens de défense anti-aérienne.

          1. Merci pour cette perspective historique. Soit dit en passant écraser la population civile ressemble furieusement à un crime de guerre.

  5. Ueli Maurer avait bien fait la démonstration qu’il n’était pas plus compétent que le citoyen lambda sur la stratégie militaire ( et autres sujets) et donc ce débat est légitime sans disposer des connaissances aiguës en avionique. Je relève qu’Arma suisse a laissé le F35 parmi les candidats , alors que cet avion subit des déboires sans fin ( il ne supporte pas les orages selon les rapports de l’armée américaine ! ).
    La question de La Défense passe d’abord par nos relations avec nos voisins qui doivent rester amicales et avec lesquelles nous devons passer des accords stratégiques ( c’est déjà en partie le cas ) et non sur la comptabilité primaire du nombre d’avions rouillant dans des arsenaux !
    Le message du CF va plutôt à l’opposé et donc contradictoire avec sa politique pro européenne !
    On ne peut pas à la fois garder une totale souveraineté et en même temps tisser des liens qui la limite, d’autant que notre dépendance vis à vis de l’étranger est manifeste !

  6. Dire qu’une partie de la population ne paie pas d’impot, est totalement absurde (la TVA est payee par tous). De plus insinuer que les petits contributeurs sont juste des profiteurs, n’est pas moins ridicule que la premiere affirmation.
    Par contre silence sur les “optimisateurs fiscaux” ou les fraudeurs, qui eux ne profitent pas du systeme bien entendu. Une chronique politique “sans partis pris”

    1. La TVA est une taxe pas un impôt sur le revenu ou la fortune. Ceux qui ne paient pas d’impôts ne sont pas pour autant des profiteurs. Cela n’a pas été écrit. Il ne faut pas attribuer à l’auteur ce qu’il ne pense pas, ce qu’il ne dit pas mais ce qui est si commode pour le décrier à bon compte.
      Les profiteurs de ce système sont les partis de gauche qui ont un électorat assuré au tiers sans faille. La déduction fiscale pour les enfants est une mesure de politique familiale, pas de fraude. Le problème de la Suisse est la dénatalité. C’est un vrai problème qui ne peut se résoudre qu’en déchargeant les familles.

      1. Jouer sur les mots entre taxe et impot, c’est faire de semantique a bon compte. La TVA est un impot ou une taxe injuste, qui touche tout le monde au meme niveau, riches ou pauvres.
        Je parle de fraudeurs pas de personnes que obtiennent des deductions fiscales pour enfants.
        La droite n’a jamais voulu lutter clairement contre la fraude fiscal. Je parle de la vrai fraude. Sans doute aussi un “electorat assure”!!!

        1. L’argent public collecté par des contributions sert à payer des services qui sont à disposition de tout le monde : enseignement, hôpitaux, routes, police, etc. Il semble normal que tout le monde y contribue, même modestement par une taxe. Si vous la considérez comme injuste, cela signifie que les services publics seraient gratuitement à disposition des personnes modestes, en étant financées uniquement par la classe moyenne, qui paie à la fois des taxes et des impôts. C’est une conception particulière de la justice que d’exiger en son nom d’être entretenu par les autres.

          1. Il y a un concept qui s’appelle la solidarite, qui semble totalement vous echapper. Etant de la classe moyenne superieure, il ne me semble pas incongru de participe de maniere plus importante a la collectivite par l’impot et les taxes. Je ne considere pas ceux qui en profitent comme des voleurs. J’ai par contre un peu plus de mal de m’accomoder du comportement des fraudeurs. Il serait meme souhaitable que l’impot soit beaucoup plus progessif qu’il ne l’est. Tout ceci est bien loin de vos preoccupations.

          2. Vous me faites un procès d’intention. Il est évident que ceux qui paient un impôt sur le revenu et la fortune participent de façon plus importante à la dépense publique et je trouve cela juste. Je questionne votre affirmation selon laquelle les taxes frappant ceux qui ne paient pas d’impôts mais tout de même des taxes à la consommation subiraient une injustice. Je n’ai nulle part justifié les fraudeurs.

  7. Notre gouvernement, aux ordres des lobbies militaires, qui comme nous le savons ont toujours une guerre de retard, va offrir à des entreprises étrangères 6’000 millions pour leur permettre de fabriquer encore plus d’armes de guerre. Cela me pose un problème d’éthique. Pas à vous ?
    Nos futurs « avions de combat » seront obsolètes, inutiles lorsqu’ils entreront en service. Notre ennemi disposera de drones qui lui permettront de détruire au sol nos 30 bijoux volants sans prendre de risque. Ce n’est pas de la science-fiction… déjà aujourd’hui, ouvrez les yeux.
    6’000 millions seraient plus utiles pour les réels dangers qui nous guettent : Le terrorisme, les cybers attaques, les nouvelles technologies et les dangers de l’intelligence artificielle, le dérèglement climatique. Je tiens cette liste d’un général français 5 étoiles à la retraite !!

  8. Bien que n’ayant pas plus de connaissance militaire qu’un soldat de base, je me permets cette question toute simple: un avion multi rôles ne peut servir que dans un conflit entre nations développées… en principe, en cas de conflit, nos infrastructures aéroportuaires recevront donc une pluie de missiles dans les premières heures… et après? que restera-t-il de notre armée de l’air? quid des pistes, des avions, des munitions, des hangars et des ateliers?

  9. oui, nous allons donc voter…
    lorsqu’on explique le système politique suisse à des gens de toutes nationalités, la plupart du temps, on peut les voir passer par divers états. Notamment :
    La curiosité : “ah bon? la présidence est un titre honorifique, et cela change chaque année ? Eh ben…”
    L’incrédulité : “ Quoi? l’exécutif est choisi en fonction des forces politiques du pays? pas possible !!”
    Le respect : “c’est fantastique de pouvoir donner son avis sur plus de 10 sujets par an !”
    L’envie : “ n’importe qui peut proposer de voter sur son idée, si un certain nombre y adhère ? le référendum, c’est super, dis donc !”

    Bien sûr, il faut être le plus objectif possible, et ne pas éluder les inconvénients de ce système : exécutif plus faible, dans la réaction plutot que l’action, puissance accrue des lobbys, etc…

    il n’empêche, beaucoup nous envient. L’inverse n’est pas forcément vrai : quel suisse ou suissesse rêve d’un autre système politique que le nôtre, même avec tous ses défauts ?

    dans votre conclusion, cher Mr N., l’on pourrait déceler une certaine ironie dans votre émerveillement de l’universalité des compétences des Suisses.
    En effet, il y a peu de personnes compétentes en avionique, en défense militaire, relations internationales, etc… Ou alors, comme au foot, il y a 8,5 millions d’experts dans ce pays !
    C’est là où réside toute la beauté. Même sans connaissances complètes, notre système politique nous pousse à être plus responsables de nos choix, à réfléchir à la question, à voter en ame et conscience, à assumer nos erreurs, et donc ne pas toujours être tributaires de politiciens pas forcément compétents qui choisissent pour nous, pauvres ignorants !
    Ca nous grandit, quoi…

    C’est ce qui fait l’admiration d’autres pays, et aussi ma fierté d’être suisse. Honnêtement, sur ce coup-là, y en a pas beaucoup comme nous !

    Paradoxalement, il se trouve qu’en Suisse romande, on entend trop souvent : “ bah, ca sert à rien d’aller voter, de toutes facons c’est les suisses-allemands qui décident”…

    peut-on éviter d’être désabusé par notre système politique ?
    peut-on améliorer le système? Auriez-vous des suggestions ?
    quelques pistes :
    – le vote blanc compte
    – valeur du vote en fonction du temps restant à vivre, par rapport à l’espérance de vie moyenne du pays : de 18 à 40 ans, x 2. De 40 à 60 ans, x 1,5. et 60 ans et plus, x 1.

    1. Merci pour ce commentaire constructif. Il ne faut pas chercher de l’ironie dans ce qui est une description objective de la situation. C’est cette situation elle-même qui est paradoxale. L’addition des ignorances et des incompétences produit un résultat qui est le plus souvent positif. Ainsi en est-il de l’évolution biologique qui n’est pas gouvernée par un objectif ou par un pouvoir organisateur mais par le hasard et la nécessité. J’ai inventé et défendu dans “Le secret des Suisses” le terme d’acratie, d’absence de pouvoir. C’est bien plus fort qu’une démocratie. Si personne n’exerce le pouvoir, tout le monde peut supposer qu’il en a une parcelle. Cela fonctionne donc comme une ruche. On le voit en religion : les évangéliques réussissent mieux à satisfaire l’attente des fidèles que les catholiques parce qu’ils sont apparemment désordonnés.
      S’il fallait un coefficient multiplicatif des votes, je ne l’attacherais pas à l’âge mais à la composition de la famille, que les parents disposent du droit de vote de leurs enfants dès la naissance de ceux-ci. On pourrait même attacher ce droit à la mère plutôt qu’au père. “Mater semper certa est, pater semper incertus”

      1. un coefficient en fonction de la composition de la famille est intéressant pour pousser la population à avoir plus d’enfants. Ca devrait notamment intéresser ceux qui craignent une immigration massive pour pallier au manque de natalité.
        Mais trop compliqué à mettre en place : comment fait-on avec les familles séparées? en fonction de la garde? et quid des personnes stériles qui voudraient bien avoir des enfants ? et les enfants bi-nationaux ?
        trop sujet à discriminations…

        un système en fonction de l’age est bien plus simple : une carte d’identité suffit !
        une perspective plus ambitieuse, sur le long terme, qui responsabiliserait les jeunes (qui ne croient guère aux politiques faites par… les anciens !).
        Et des anciens qui ne pourraient plus se dire “ après moi, le déluge…” et devront considérer plus attentivement les propositions des plus jeunes…

        La sagesse n’attend pas le nombre des années, dit-on…
        Mais on peut aussi dire que la bêtise non plus !!

        1. Si ces votes pour les enfants sont attribués à la mère qui les a mis au monde, il n’y a aucune complication.

          1. j’entends bien l’idée “Mater semper certa est”.
            Mais c’est encore pire, ca discrimine la moitié de la population ! pourquoi pas les pères, beaux-pères, veufs…?
            Remarquez, ca nous ferait peut-etre du bien, que ce soit les hommes qui soient discriminés, pour une fois !!
            On pourrait proposer ca pour février 2021, pour les 50 ans du vote des femmes…
            Encore une particularité suisse : on est un des rares pays au monde où le droit de vote des femmes est passé par un vote des hommes…

    2. Vos amorces de solution sont plus qu’interessantes.
      Mais dans une democratie qui permet les bulletins postaux remplis par les petits-fils et qui interdit le e-vote????

      Mais il y a surement une solution a trouver entre l’age de voter et celui de ne plus voter.
      Bon, ca ne va pas plaire a tous et peu importe.

  10. Le plus important de tous les objets du 27 septembre est la libre circulation, qui porte mal son nom, car entre pays européens on appelle cette hérésie “libre établissement”. Les opposants de l’initiative ne trouvent rien d’autre que “ça fâcherait la Commission européenne” si le peuple suisse dira OUI à initiative . L’initiative n’interdit ni de circuler ni d’engager des étrangers. Son but est d’offrir les emplois à venir (pas les emplois actuels déjà occupés par des étrangers) prioritairement aux résidents, qu’ils soient étrangers ou suisses. Quel serait le sens de licencier un huissier qui touche 4’500.- francs pour le remplacer par un étranger à 4’000.- francs qui se dirige encore avec un GPS pour piquer la place. La liberté d’entreprendre est totale chez nous, ce qui est incompatible avec la libre circulation. En France et ailleurs en Europe les employés ne sont pas jetables comme ici. A part les fonctionnaires, les politiques et les avocats (protégés par la maîtrise des codes de procédures suisses) tout salarié est une salarié provisoire tant que l’épée de la libre circulation est à quelque mètres de lui.

    1. @KAMANE

      On espère que l’écrasante majorité des salariés suisses, qui ont intérêt à voter OUI à l’initiative de limitation, votera dans son intérêt bien compris. Malheureusement, quand on voit comment nos concitoyens acceptent de se soumettre à des charlatans qui commettent un abus de pouvoir après l’autre, qui ont interdit aux médecins de soigner le Covid par un médicament qui existe et a fait ses preuve (chloroquine), qui ont décrété l’état d’urgence et supprimé les libertés individuelles, qui ont ruiné l’économie pour rien, et qui, après avoir menti (parce qu’il n’avaient pas des stocks de masques) en disant que ça ne servait à rien quand l’épidémie faisait des morts, tentent aujourd’hui de rendre le port du masque obligatoire, alors qu’il n’y a plus de morts et que c’est donc devenu complètement inutile, eh bien, on peut douter que les citoyens suisses voient clair et soient conscients de leurs intérêts.

      1. Ils ont élu ce gouvernement. En somme vous voudriez démissionner le peuple et en élire un autre.

        1. Non, j’aimerais simplement que le peuple se réveille et élise d’autres gens à Berne, au lieu de continuer à se laisser prendre pour des c…

      2. La Confédération a acheté pour 500 millions de masques made in China (753 millions de masques) 6 fois plus que le prix normal, six fois !!!!!!. Il ne sert à rien de lutter contre les partis politiques à Berne leur emprise est totale sur le pays. Ce pauvre peuple appelé souverain est dirigeable au doigt et à l’œil par la publicité politique mensongère. Il n’y a qu’à voir les syndicats, dont les membres sont les perdants no. 1 de la libre circulation, ils vont voter NON.

        1. Intéressante, votre remarque sur les syndicats Kammane.

          Les syndicats sont un des carcans prévus par le pouvoir mondialiste pour aliéner le monde du travail dans tous les pays, en le poussant à agir contre ses intérêts. L’appareil syndical est tenu par une bande d’extrémistes de gauche marxistes, qui se cooptent et vivent confortablement de leurs fonctions. Cela permet d’entretenir discrètement une organisation marxiste au sein de la société, alors que ces éléments se disperseraient bien vite s’ils ne trouvaient pas cet abri sûr pour se maintenir. Les syndicats sont aussi des machines à fric qui permettent de financer la gauche socialiste. Et c’est une des raisons (l’autre raison ce sont les médias) qui rendent la gauche politique en Suisse beaucoup plus puissante que ce que lui permettrait normalement sa faible base électorale. C’est aussi une des raisons pour lesquelles le PS Suisse est beaucoup plus à gauche que d’autres partis sociaux démocrates européens. Dans l’action quotidienne les syndicats sont assez modérés, curieusement. C’est pour se conserver eux-mêmes et ne pas se griller inutilement. Evidemment ils rendent des services à leurs adhérents, c’est bien la moindre des choses pour justifier leur existence. Mais en fait ils les trahissent car, par leur direction marxiste, ils sont avant tout internationalistes. Ca ne les intéresse pas de défendre les intérêts des ouvriers suisses. Ils sont à fond pour le sans frontièrisme et bien entendu pour l’Union Européenne, malgré le fait qu’ils sont payés pour savoir que l’UE est totalement antisociale.

          On a eu la preuve de ce double jeu récemment. Paul Rechtsteiner avait critiqué le projet d’accord cadre avec l’UE, parce que cet accord veut supprimer les mesures d’accompagnement protégeant les travailleurs. On avait alors pu espérer que le PS et les syndicats prendraient leurs distances envers la menace pour les salaires dûe à l’UE, et s’opposeraient au dumping social dû à la libre circulation. Mais non, là on a vu que c’étaient des faux-culs (pardon pour l’expression). La suppression des mesures d’accompagnement les gênait parce qu’ils tirent des revenus importants de la surveillance de ces mesures. Mais ce qui leur importe le plus c’est que le processus de dissolution des frontières se poursuive. C’est là qu’on voit leur rôle de courroie de transmission internationaliste. Ils ont donc trahi leurs adhérents sans hésiter, en appelant à voter non à l’initiative de limitation. Ils appelleront aussi à voter pour l’accord cadre, en abandonnant leurs belles paroles sur la protection des salaires. On verra comment ils essaieront de sauver la face pour maquiller cette trahison là. Ce sera difficile mais ils trahiront, même si leur trahison est impossible à maquiller.

          Cette analyse du pouvoir syndical en Suisse sera peut-être jugée tendancieuse ou injuste. Je ne dis pas qu’elle soit juste à 100%. C’est simplement ma vue personnelle, basée sur ce que j’observe.

          1. Cette vision des syndicats est caricaturale. Elle rejoint celle que vous faites des partis, des fonctionnaires, des gouvernants, des entreprises. Ils sont tous pourris. Il faudrait apprendre à faire confiance à la nature humaine. Il y a des syndicalistes, des élus, des gouvernants, des fonctionnaires et même des banquiers qui sont engagés dans leur métier afin de servir la société. Bien sûr, ils commettent des erreurs, il acceptent des compromissions, ils ne sont pas parfaits. Mais ils servent objectivement au fonctionnement d’un des pays les prospères, les plus stables, les plus paisibles au monde. Il y en d’autres, bien pires parce qu’effectivement ceux qui les gouvernent sont corrompus, inefficaces, brouillons. Qui ne préfère pas vivre en Suisse plutôt qu’en Syrie, au Congo ou même aux Etats-Unis? Il faut cesser de vous prendre pour la victime de multiples complots.

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