La conversion du PDC

 

 

Ce parti dans sa composition actuelle traîne comme un boulet l’héritage du parti catholique conservateur de 1848, qui s’est appelé au fil des décennies : parti populaire catholique ; parti conservateur catholique ; parti conservateur-chrétien social ; parti démocrate-chrétien depuis 1970. Ces changements d’étiquette n’ont pas empêché son érosion de 23,4% des suffrages en 1963 à 11,4% en 2019. Il deviendra sans doute l’Alliance du centre en fusionnant avec le PBD et le PEV et en abandonnant toute référence confessionnelle, puisque celle-ci ne garantit plus un électorat inconditionnel. Il n’y a plus que 13% des catholiques qui soient fidèles à la pratique dominicale et 59% à croire en un Dieu unique. Le parti a suivi la confession dans son effritement. Son avenir se situe dans les valeurs du centre politique qui ne coïncident pas nécessairement avec celles défendues par l’Eglise catholique. La distanciation vient de s’opérer en matière d’homosexualité, que l’Eglise considère comme un péché et que la politique cesse de discriminer.

En témoigne la publication dans Le Temps du 3 juin d’un article plaidant en faveur du mariage pour tous, sous la signature du Conseiller national Vincent Maître. Il se réfère objectivement aux articles 8 et 14 de la Constitution fédérale qui garantissent le droit au mariage et le refus de toute discrimination du fait du mode de vie. Il s’agit de valeurs fondamentales qui se sont petit à petit imposées contre des traditions archaïques. Jadis dans nos contrées et aujourd’hui encore dans d’autres, l’homosexualité était punie de peine capitale. Par la suite elle a encore subi une forme de réprobation et de mise à l’écart. Il a fallu que médecine et psychologie finissent par imposer l’idée que l’homosexualité relève d’une tendance naturelle, commandée par la génétique ou par l’environnement, et qu’elle ne constitue ni une maladie, ni une perversion.

 

Dès lors, le Conseil national a accepté la loi du mariage pour tous par le score écrasant de 132 voix contre 52, avec des suffrages provenant non seulement du PDC mais même de l’UDC. Ainsi se concrétise dans la loi une valeur qui devient fondatrice de notre société : l’Etat n’a pas la prérogative de spécifier ou de sanctionner les relations sexuelles entre adultes consentants. Il lui reste à réprimer les violences dans ce domaine comme le viol, la pédophilie, le harcèlement, le féminicide, ce qu’il s’abstenait curieusement de faire antérieurement. On sort ainsi d’une double pratique fondée sur l’hypocrisie : la norme contraignait tout le monde sans protéger les faibles.

 

Il reste maintenant à poser la question du mariage civil lui-même. A quoi sert-il s’il n’augmente pas, comme maintenant ,l’impôt fédéral sur le revenu et s’il ne diminue pas les pensions ? D’où sort cette cérémonie communale plus ou moins expédiée comme une corvée par un personnage mandaté à cet effet ?

 

La France a inauguré en 2017 une procédure révolutionnaire : les divorces par consentement mutuel, soit 55% des cas, ne devront plus passer devant un juge pour être entérinés. Si les époux sont d’accord pour la garde des enfants, la pension alimentaire et le partage du patrimoine, il suffit de passer devant un notaire pour confirmer ces conventions. La République vient de faire un grand pas en arrière, dont notre Confédération devrait s’inspirer.

 

Un pas en arrière, car c’est bien la République qui a inventé en 1792 le mariage civil, qui n’existait pas sous la Monarchie, ni ailleurs dans le monde. Il y avait d’une part un éventuel contrat devant notaire pour régler les questions financières et d’autre part un mariage religieux pour authentifier l’engagement moral de fidélité, souvent écorné dans la pratique. Bien entendu l’adultère des femmes était réprimé lourdement tandis que les maris y échappaient.

 

Le mariage civil est une institution hybride, où l’Etat se mêle de ce qui ne le regarde pas. Dans certains pays anglo-saxons, des ministres du culte peuvent célébrer un mariage religieux qui vaut mariage civil. En Israël n’existe que le mariage religieux. On peut donc abolir le mariage civil, sinon comme une application dérisoire du principe de laïcité où l’on abroge la religion d’Etat pour la remplacer par une religion de l’Etat.

 

Dès lors que la France revient pour le divorce à une procédure devant notaire, on peut se demander pourquoi le mariage en Suisse a encore besoin de se célébrer devant un employé municipal affecté à cet office, sinon pour procéder à un simulacre de bénédiction laïque. Un notaire peut tout aussi bien enregistrer le consentement des époux et leurs conventions financières. On en reviendrait à la situation originelle. Aux époux de décider ensuite s’ils souhaitent un mariage religieux, qui seul peut enregistrer un engagement moral de fidélité.

 

 

 

 

 

 

 

 

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck est ingénieur, ancien conseiller national PDC et député au Grand Conseil vaudois, professeur honoraire de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), d'origine belge, de nationalité française et naturalisé suisse. Il exerce la profession d'écrivain.

32 réponses à “La conversion du PDC

  1. Je votais pdc car il soutenait l’armée et la défense nationale. Ce n’est plus le cas depuis hier!

    Le problème du pdc ? est qu’il lâche ses militants traditionnels dans l’espoir vain d’en récupérer de nouveaux. Or c’est en consolidant sa base qu’il pourra se développer…. à mon humble avis.

    Sincèrement, aujourd’hui, je ne peux nommer qu’un pdc actif (de Buman)… Et vous l’avez nommé premier citoyen du pays ! alors que les employé de la caisse de pension manifestait contre les coupes causées notamment par ses années de présidence! Et vous vous étonnez de l’érosion de vos membres/sympathisants ??

        1. L’érosion du nombre de pratiquants de l’Eglise catholique entraîne l’affaiblissement d’un parti qui se reposait sur ce vote confessionnel.

  2. Pourquoi ne pas garder le sigle “PDC”, mais transformer la signification du “C”, ce qui donnerait “Parti Démocrate du Centre”? Au moins, cette appellation serait ici conforme à la réalité, pas comme le sigle “UDC” qui est une véritable tromperie électorale puisqu’aucune des lettres ne correspond vraiment à ce qu’est le parti en question: ce n’est pas une “union”, il est assez peu “démocratique” car c’est le gourou de Zürich qui y fixe d’autorité les orientations, et surtout il n’est absolument pas du “centre”!

        1. Pour compléter la suuggestion de M. Haldi, qui n’est pas bête, je propose de changer le nom de l’UDC en Union Démocratique Chrétienne.

          En effet c’est de toute évidence l’UDC qui reprend le flambeau de la démocratie chrétienne, dans la mesure où ce parti, contrairement au PD”C” défend encore une certaine conception chrétienne de la vie, en s’opposant notamment à l’avortement et au “mariage” des homosexuels.

          L’UDC pourrait faire d’une pierre trois coups: a) récupérer la clientèle résiduelle du PDC, b) changer de nom, et ce c) sans changer ses initiales.

          Bonne idée M. Haldi! Il faut juste la compléter un peu.

  3. c’est plutôt le mariage religieux qui serait obsolète , le mariage civil se référant aux lois correspondantes du code civil suisse et qui permet de réglementer le nom des personnes par exemple …
    L’Eglise se mêle de ce qui ne la regarde en rien , n’a plus aucune légitimité et pire encore en ayant couvert les crimes pédophiles , bien moins que l’Etat qui joue l’arbitre en toute circonstance .
    Quant au PDC , une alliance avec le PEV le pousserait davantage dans les références conservatrices religieuses puisque ce dernier ne manque pas une occasion de les rappeler (opposition à l’avortement ) !!!
    Ces partis sont en voie d’extinction puisque l’Histoire revient rarement en arrière …

  4. Passer devant un notaire et ensuite devant les instances religieuses pour enregistrer le consentement des époux ne changerait pas la pratique actuelle. Le notaire est un officier public.

    Ensuite pourquoi subordonner le mariage religieux au mariage civil ?

    La pratique serait de passer uniquement devant une seule et unique instance, civile ou religieuse.

    Le contrat de mariage peut être conclu uniquement devant les instances religieuses. Aussi, le contrat de mariage conclu le saurait aussi à titre civil. Tel est le cas en Pologne. Le passage devant le notaire ne serait alors nécessaire que pour modifier notamment les conventions financières.

    Ou bien, le contrat de mariage ou toutes autres conventions d’union peuvent être conclus uniquement devant le notaire, à l’instar d’autres contrats qui exigent la forme authentique.

  5. Votre idée de supprimer le mariage civil est astucieuse. Je serais assez d’accord. Ainsi, il ne resterait plus que le mariage religieux pour répondre à la définition éternelle et immuable du mariage, qui ne peut-être que: union d’un homme et d’une femme dans le but de fonder une famille, en ayant si possible des enfants.

    Mais il faudrait alors enlever le mot mariage du contrat civil “pour tous” que la loi prévoit pour que tous les couples, quelles que soient leur “orientation sexuelle” ou “identité de genre” puissent organiser leur vie. Cela devrait s’appeler simplement: union civile.

    Au sujet des évolutions du PDC, votre expression est très choquante quand vous dites que le PDC “traîne comme un boulet” son héritage catholique.

    Comme vous êtes quelqu’un de très connu, chacun qui souhaite se renseigner sur vous peut savoir que vous avez été éduqué dans des écoles très catholiques en Belgique, à une époque où le catholicisme, surtout en Belgique, était extrêmement conservateur, pour ne pas dire plus. Donc vous êtes issu de ce milieu là. Mais quand on vous lit, on voit bien que vous avez complètement tourné le dos au catholicisme, dans la définition du cardinal Mercier ou de Marcel de Corte. Vous défendez un “humanisme”, à peine déiste ou même pas du tout. Devenu Suisse, vous avez pourtant choisi le parti catholique pour y faire de la politique, car vous aviez conservé une certaine familiarité avec les milieux cléricaux et la prêtraille, ce qui était utile dans l’accomplissement de votre mission consistant à transformer un parti de défense confessionnelle en un bidule équivalent au CDH belge (Centre Démocrate Humaniste).

    Votre article d’aujourd’hui prônant la fusion avec les Verts lib et le PBD (deux organisations dont on connaît les appartenances philosophiques de ceux qui les ont créées) confirme cela parfaitement. De fait, il s’agit de la réalisation parfaite d’un plan de longue haleine des Loges, que les gens infornés (ils sont rares, c’est vrai) connaissent parfaitement. Vous avez affirmé ne pas être franc-maçon, donc il faut vous vous croire sur parole. Mais la transformation d’un parti catholique en un centre démocrate humaniste, en Suisse comme en Belgique, est une opération maçonnique évidente. Et on ne vous fera pas l’injure d’imaginer que vous n’en soyez pas parfaitement conscient.

    Si la défense de certains principes chrétiens en politique est un “boulet” pour un parti, ce boulet représente malgré tout encore quelques pourcentages de l’électorat. Il y a d’autres partis qui sont à même de recueillir cet électorat là. A droite, c’est l’UDC, qui a déjà remplacé le parti catholique conservateur renégat dans ses terres historiques. A gauche il y a aussi le courant chrétien social. Et bien sûr, il y a la mouvance évangélique, mais ces mômiers ont peu d’affinités avec le terreau calotin de l’ancien parti conservateur chrétien-social. La base électorale PDC se reportera vers ces partis. Mais le sentiment religieux chrétien peut très bien se réveiller à l’avenir. C’est même fort probable, alors que la montée de l’Islam est perçue par une majorité comme une menace pire qu’un nouveau Kulturkampf.

    Jamais votre CDH ne pourra répondre à ces attentes religieuses et identitaires là. D’autre part, l’idéal humaniste auquel on se réfère sent fort la naphtaline. Cette plateforme centriste n’aura donc aucune attractivité. Ce ne sera donc jamais qu’une mini force d’appoint manipulée par des combinards, dans l’espoir de faire basculer de temps en temps la majorité d’un côté ou de l’autre. Un rôle subalterne et peu glorieux dans lequel le PDC s’est complu, et déshonoré, depuis longtemps.

    Laissons donc le PDC se suicider en suivant les conseils de l’ancien servant de messe Neirynck. La mort du PDC ne sera pas une grande perte.

    1. L’évolution du PDC s’effectue sous la pression d’une société qui évolue. Il ne faut pas restreindre cette évolution sous la forme d’un complot des francs-maçons dont je n’ai jamais vu la moindre infiltration dans ce parti ou dans ses alentours.

  6. Curieux, pour un parti chrétien, de devoir se convertir!
    Mais après tout, ça reflète bien l’extrême vitesse de la prouesse démocratique suisse 🙂

    Je souhaite en tout cas, a mon pays, la Suisse, de résister au tsunami qui arrive, BNS, UDC et autre UBS 🙂

  7. J’apprécie le côté provocateur de la démarche. Après avoir supprimé la définition du mariage, il ne reste plus qu’à supprimer le mariage lui-même. Quelle est donc la définition universelle du mariage? qui s’en souvient encore? Le mariage est l’union dans la chaire. Le corps de l’homme appartient à sa femme, le corps de la femme appartient à son mari. Cette définition inclut la fidélité et la dissolution par la mort d’un conjoint. Il est par contre incompatible avec la possibilité pour un des conjoints d’imposer la chasteté à l’autre…
    La mariage résonne encore dans beaucoup d’esprit comme porteur de valeurs. Si celles-ci ne se retrouvent plus dans la loi, alors le mariage civil n’a plus de sens.

  8. Le PDC maîtrisait jadis l’art de se tailler une politique au centre en ménageant le chou et la chèvre. Aujourd’hui, il se met à gauche en portant la bannière de la démocratie chrétienne, qui est historiquement plutôt à droite. Donc “les clients” PDC sont désorientés et beaucoup (comme moi-même) votent pour d’autres partis qui ont les idées un peu plus tranchées. Depuis que le PDC a annoncé qu’il est pour l’adhésion de la Suisse à l’UE il est en voie de dislocation. Les suisses n’ont pas construit un pays pendant des décennies, pour l’offrir comme Ostie à une UE, qui n’a ni ventre ni dos, comme les lentilles !

    1. Où avez-vous appris que le PDC serait pour l’adhésion de la Suisse à l’UE? C’est le prototype de la fake news. Aucun parti ne ferait cette proposition puisqu’elle échouerait certainement en votation populaire.

      1. Alors là, cher M. Neirynck, vraiment vous exagérez. Vous avez un de ces aplombs de prétendre que le PDC ne serait pas pour l’adhésion à l’UE! Ca n’est pas sérieux.

        C’est prendre pour des imbéciles tous ceux comme moi, et comme Kamane sans doute, qui suivent depuis des décennies la politique européennes de la Suisse et qui ont très bien remarqué que le PDC, juste après le PS, est le parti le plus adhésionniste et le plus euroturbo de toute la classe politique suisse. Bien sûr, ils le sont sournoisement – comme tout ce qui provient de ce parti. Maintenant ils ne le disent plus ouvertement, car ils savent très bien que 80% des citoyen(ne)s sont contre. Alors ils parlent de “voie bilatérale”, cette tartufferie. Et bien entendu ils sont tous en faveur d’un “accord cadre” avec l’UE qui serait l’adhésion sans le dire. Ce serait encore pire que l’adhésion proprement dite, encore pire que l’EEE, car avec un accord cadre nous deviendrions un état satellite de l’UE, qui écrirait nos lois.

        Il y a très longtemps, très longtemps, existait encore au PDC une aile patriote, où l’on trouvait des gens de grande qualité comme Paul Eisenring. Vous l’avez peut-être encore connu lors de vos débuts en politique suisse. Paul Eisenring était un député très influent à Berne et il était opposé à l’EEE, qu’il a combattue avec Christophe Blocher et Otto Fischer. Il a même été un des fondateurs de l’ASIN. Ca c’était encore un bon PDC et un bon patriote. Mais depuis cette époque, il y a longtemps qu’on n’en trouve plus un seul comme Paul Eisenring au PDC. Après lui on a du subir des Dominique de Buman (qui avait d’autres qualités, mais c’était un super pro européen, je le connais très bien), des Christophe Darbellay, des Doris Leuthard, tous des super mondialistes pro européens euro turbos. Sournois, mais euroturbos au fond de leurs coeurs.

        Le nier, c’est faire preuve d’une mauvaise foi confondante.

        Tous ceux qui étaient encore bien ont quitté le parti comme Pirmin Schwander, pour rejoindre l’UDC. Et ils ont emporté les électeurs avec eux. Car, vous le savez très bien, dans les terres traditionnelles du PDC, l’électorat ex-PDC vote aujourd’hui UDC, et la raison principale, avec le virage à gauche du parti, c’est la question européenne. Vous le savez très bien.

        C’est simple: je vous mets au défi de me citer un(e) seul(e) PDC en vue qui défende aujourd’hui des positions eurosceptiques claires et nettes.

        J’attends volontiers les noms. Il n’y en a pas.

        Le PDC est avec le PS le parti le plus euroturbo de Suisse. C’est une évidence. Il est juste hypocrite, car il s’abstient de le proclamer clairement, mais personne n’est dupe.

        Non, vraiment, cher M. Neirynck. On connaît votre culot d’acier, mais si vous voulez rester crédible, il ne faut pas sortir des contre vérités aussi hénaurmes que ça.

        1. Cela s’appelle un procès d’intention. Attribuer à un parti une politique qu’il ne prône pas comme si cela faisait partie de son programme. Qui veut noyer son chien dit qu’il a la rage. Vous pouvez avoir une sensibilité conservatrice, l’exprimer dans un autre parti, regretter que le PDC ne soit plus le parti conservateur qu’il n’a jamais été dans sa totalité. De là à prétendre qu’il est animé par la volonté de l’adhésion à l’UE, il y a un abîme. Les dirigeants de ce parti savent que l’adhésion à l’UE est impossible en démocratie directe parce qu’elle est contraire à la volonté du peuple contre laquelle aucun parti ne s’opposera jamais sauf à vouloir se suicider. Elle ne fait donc l’objet d’aucune revendication et n’est même pas discutée en interne. Votre lecture est celle d’un complot occulte.
          Autre chose sont les relations bilatérales, admirable réussite de notre diplomatie qui permet de jouir des avantages de l’UE sans ses inconvénients. On peut être pour ces relations dans la mesure où précisément elles évitent que nous adhérions à l’UE. Tous les partis sont sur cette ligne sauf l’UDC, le PDC comme le PLR y adhèrent parce que nous n’avons pas de politique de rechange. L’euroscepticisme est un choix que l’on peut estimer vain et périlleux sans se faire taxer de partisan d’une adhésion. Ce n’est qu’une posture destinée à racoler une fraction de l’électorat.

          1. Mr Neirynck, vous êtes de mauvaise foi.

            Tout le monde sait que tout parti politique suisse qui proposerait l’adhésion à l’UE aujourd’hui serait durement pénalisé dans les urnes. C’est pourquoi le PDC cache sa position sur ce point. Mais de là à prétendre que les dirigeants du PDC ne sont pas profondément imprégnés du désir que la Suisse adhère à l’UE, au besoin sans le dire au moyen d’un accord cadre, c’est un mensonge pur et simple.

            Je connais bien ca parti pour en avoir fait partie. Et vous le connaissez comme moi. En niant ce que tout le monde sait, vous tentez de préserver votre parti d’une encore plus grande désaffection du public. C’est inutile. Le public n’est pas dupe.

            Le plus intéressant dans vos propos c’est que vous soupçonnez qu’en attaquant le PDC sur son euroturboïsme bien connu on chercherait à “racoler” des électeurs PDC en faveur de l’UDC. Ce genre de théorie consiste vraiment à prendre les gens pour des imbéciles. Les électeurs ont effectivement quitté le PDC parce qu’ils ont constaté par eux-mêmes le tropisme sournois du PDC en faveur de la “voie bilatérale” qui, dans la conception PDC, est une voie vers l’adhésion sans le dire.

            Tout le monde a compris. Nul besoin de racoler. Seuls ceux qui dans leur coeur sont en faveur d’une adhésion insidieuse à l’UE sont restés dans au PDC.

            Que les responsables PRC s’en prennent à eux mêmes si leurs électeurs les ont abandonnés et se sont laissés “racoler” par l’UDC.

            D’ailleurs vous n’avez pas répondu à ma question: j’attends toujours au moins un nom, un seul, d’un(e) PDC qui prenne parti clairement contre l’accord cadre d’asservissement de la Suisse a l’UE.

            Vous ne pouvez pas répondre et vous perdez votre temps à nier l’évidence, Car il est évident pour tout le monde que le PDC est à plat ventre devant Bruxelles.

          2. Lors des réunions internes au PDC à Lausanne ou à Berne, je n’ai jamais entendu une discussion quelconque sur l’adhésion à l’UE. C’est tout simplement hors de l’horizon. Accuser les dirigeants du PDC d’être dans le secret de leur cœur partisan de l’adhésion relève donc du procès d’intention. On doit juger un parti sur son programmes et sur ses prises de position. Sinon on peut aussi suspecter n’importe qui de n’importe quoi. Cela ouvre la voie à de véritables fantasmes. Ce n’est plus de la politique mais un psychodrame ou chacun exprime ses obsessions et leur donne plus de réalité que ce qui se passe vraiment.

  9. Je précise que je suis un ancien PDC, qui a été dégoûté de la politique honteusement pro européenne et antisuisse de ce parti, raison pour laquelle je l’ai quitté et je vote maintenant UDC.

    Le PDC est en voie de disparition preque partout (sauf peut-être en Valais). La raison de sa chute n’est pas seulement la baisse de la pratique religieuse catholique. C’est en très grande partie dû au fait que les électeurs traditionnels du PDC étaient patriotes et très attachés à l’indépendance du pays. Ils étaient également très attachés à l’armée. C’était un parti de colonels.Et je dis bien qu’au PDC nous étions attachés à l’armée dans un sens traditionnel, pas au machin dont on nou sparle depuis Armée 21, style OTAN/ONU avec des officiers transgenres. Nous étions pour une armée de défense du territoire, avec de la discipline. Nous étions contre le service civil. C’était ça la PDC. C’était un parti de droite conservateur souverainiste.

    Les témoignages de Déçu et Kamane ci-dessus, confirment mes dires.

    La majorité des PDC traditionnels ont été comme moi dégoûtés, ulcérés, révoltés, de voir leurs dirigeants trahir la Suisse en faveur d’une politique d’adhésion à l’UE, qui n’a jamais été abandonnée dans ce parti, même si aujourd’hui ils la cahent et n’osent même plus la dire officiellement. Mais personne n’est dupe. C’est même la raison principale de la chute du PDC à mon avis

    Le PDC a beau être mon ancien parti, il peut bien disparaître je ne pleurerai pas. Ce ne sera pas une grande perte. Ce sera même un bon débarras car ce parti est devenu une bande d’euroturbos c’est à dire une nuisance pour la Suisse.

  10. 23.08.2019 Sophie Buchs, soutenu également par Opération Libero, elle revendique l’adhésion au nom du PDC genevois, mais elle n’a pas été exclu du parti central !!! un coming out partiel pour le moment !

    Sorry, mon monde se limite désormais à Genève !

    1. Kamane, vous avez tout à fait raison. Cette Sophie Buchs exprime la pensée profonde dont le PDC est imprégné à tous les niveaux. (Remarque en passant: Buchs est un nom typique de la Suisse centrale: Uri. Donc cette dame est issue du milieu PDC traditionnel dont elle est représentative). Elle a osé dire publiquement la vérité de son parti, car elle fait de la politique à Genève, et à Genève ça passe. Dans un autre canton elle aurait fermé sa g…

      Je trouve dérisoire l’effort de M. Neirynck, pourtant un homme très intelligent, pour tenter de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, en mentant effrontément. Sa dénégation n’est absolument pas crédible et sera perçue par tous comme de la pure mauvaise foi.

      1. Si les milliardaires de l’UDC se mettent un peu à l’écart pour permettre à l’UDC bernois (paysans et populaire) de reprendre les commandes, l’UDC passerait facilement au delà de 35%. Nous n’avons hélas aucun parti populaire dans le pays. Il y a l’UDC et en face un PLR mou et une gauche diverse.

  11. Intéressante, cette discussion. Mais moi je vois une chose: je ne sais pas si c’est une théorie du “complot occulte” où un “procès d’intention”, mais il me semble que tous les partis démocrates chrétiens de tous les pays europeens depuis Schumann, de Gasperi et Adenauer, ont toujours été partisans de l’intégration européenne comme “une union toujours plus étroite”.

    Sauf erreur, le PDC fait partie de l’organisation démocrate chrétienne européenne. Par conséquent il n’y a rien d’étonnant à ce que le PDC soit naturellement en faveur de l’adhésion de la Suisse à l’Union Européenne. C’est le contraire qui serait étonnant.

    Je me demande donc pourquoi M. Neirynck fait tant d’efforts pour le nier.

    1. Je ne le nie pas mais je constate que parce que ce parti démocrate chrétien est suisse, il a des réflexes tout à fait différents des autres. Serait-il à la longue disposé à se rallier à la thèse européenne? Bien moins que le PS, voire à la limite le PLR. C’est un sujet qui n’est jamais abordé de réunion de parti. C’est tout ce que je puis en dire. C’est la réalité. Le reste est de l’ordre du fantasme.

      1. Difficile croire, mais qui sait? Il y a sans doute une fraction eurosceptique dans tous les partis, sauf les socialistes et encore. S’ils se souciaient des travailleurs ils seraient eurosceptiques.. Il faudrait que tous ces eurosceptiques s’unissent inconditionnellement sur un seul point: faire ensemble une majorité pour signifier une fin de non recevoir définitive à ces maîtres chanteurs de Bruxelles. Une fois que ce serait faut on pourrait recommencer à se chamailler entre gauche et droite, socialiste et libéraux, progressistes et conservateurs, etc, Mais comme c’est trop difficile de s’unir, alors tous les partis laissent faire et finalement on se fait lentement bouffer notre souveraineté. C’est écoeurant.

  12. La conversion du PDC
    Une discussion est-elle possible lorsqu’une des parties invoque un complot ? j’admire celui (ou celle) qui inlassablement convoque les faits et proteste de sa bonne foi.
    Vous hésitez quant à une sanction pénale de l’avortement ? C’est donc que vous approuvez en bloc le meurtre, l’euthanasie, le mépris de l’autorité et toute forme de chienlit.
    Vous vous intéressez à une harmonisation des relations internationales ? Vous êtes donc à la solde de Moscou (version Trente Glorieuses) ou de Bruxelles.
    Vous rejetez l’achat de chasseurs supersoniques ? Aucun doute, vous êtes noyauté(e) par une mystérieuse organisation visant à détruire l’ordre établi. La franc-maçonnerie, par exemple (dont je ne sais pas qu’elle ait jamais causé aucune nuisance).
    Dans les débats qui ont suivi la « crise pétrolière » de 1973, des citoyens naïfs ont argumenté pour la mise en place d’une politique énergétique orientée vers les alternatives d’approvisionnement associées à des mesures de réduction de consommation (incluant les autres biens non renouvelables). Dans les débats publics, les tenants du statu quo, spécialistes renommés dans leur domaine d’activité, n’avançaient guère qu’un argument : « On sait qui vous êtes. Vous prétextez l’énergie. Ce que vous voulez, c’est détruire la société libérale. »
    À propos de libéralisme : un mien bisaïeul, conseiller national vaudois, avait suggéré dans les années 1920 une fusion de son parti libéral avec le parti radical. La discussion n’est pas sortie des salons (francs-maçons ?), heureusement pour lui dans une période d’antagonismes violents.
    Donc, le PDC renonce à s’appuyer sur la tradition catholique pour codifier les règles de fonctionnement de la société. Celui qui s’en afflige devrait être clair sur l’époque et la région auxquelles se réfère « la » tradition. Et méditer sur les conditions de vie dans les temps du « Réveil », la grande vague de ferveur religieuse qui a soulevé les diverses Églises chrétiennes d’Europe. C’était à la veille de trois grandes guerres, où l’on a évoqué Josué plus volontiers que Jean l’évangéliste.
    Notre histoire récente révèle un glissement de la morale, fondée sur une religion, vers l’éthique, fondée sur la philosophie. La politique suit le mouvement, le guide parfois grâce à de bons timoniers. Merci, Monsieur Neyrinck !

  13. Je ne prononce pas un blâme moral contre le PDC parce qu’il “renonce à s’appuyer sur la tradition catholique pour codifier les règles de fonctionnement de la société”. En revanche, je constate que le parti populaire, comme il s’appelait au début, avant de changer plusieurs fois de nom au gré des évolutions de ses courants internes: conservateur catholique, chrétien social, conservateur chrétien social, puis démocrate chrétien, ce parti était lui-même un grand courant de la vie politique suisse, qui avait eu pendant longtemps une raison d’être.

    Il s’agissait de défendre les droits des catholiques suisses qui avaient subi une injustice historique.

    Reprenons la chose historiquement. Les adeptes des Lumières (les radicaux) avaient fait une sorte de coup d’état qui n’était qu’un avatar local du grand mouvement révolutionnaire de 1848. C’était un affrontement entre un ancien monde et le monde républicain démocratique moderne.

    La Suisse est le seul pays européen où ce bouleversement a abouti à une conquête du pouvoir durable par les forces révolutionnaires républicaines démocratiques. Car partout ailleurs les Habsbourg, les Hohenzollern, Napoléon III, etc., ont vite repris la main et fait avorter le républicanisme moderne. Il a fallu attendre pratiquement 1989 pour que le projet de 1848 semble s’installer vraiment. Et déjà il est remis en question par le populisme illibéral dans certains pays (en Hongrie paradoxalement ce populisme se réfère à la tradition de Kossuth, c’est à dire de 1848).

    Si le coup de force a réussi si bien en Suisse c’est parce que les radicaux (en effet pilotés par la franc-maçonnerie a l’époque, ce n’est pas une théorie du complot c’est un fait historique établi) c’est pour deux raisons: premièrement on a présenté l’affrontement comme une guerre de religion entre catholiques rétrogrades et protestants modernes. Les protestants ont gagné parce qu’ils étaient les plus forts et les plus riches, et parce que le général Dufour était un stratège bien meilleur que Salis-Soglio le commandant de l’armée du Sonderbund. Deuxième raison: les puissances européennes (dirigées par Metternich et Guizot, Palmerston appuyait en sous main les radicaux) qui avaient averti qu’elles ne permettraient pas la prise du pouvoir par les radicaux révolutionnaires, étaient paralysées à cause de la révolution qui faisait rage chez eux. Donc les radicaux, qui avaient pris le pouvoir par la force, contre les cantons catholiques, ont eu le temps de consolider leur pouvoir. Et quand l’ordre est revenu dans les capitales comme Paris, Vienne et Berlin, le fait était accompli et il n’était plus possible de changer l’état des choses en Suisse.

    Malgré tout la Suisse catholique était vaincue, profondément humiliée, et contrainte à s’intégrer dans un système politique dont elle ne voulait pas et qui était aux mains de ses ennemis. Donc, la raison d’être du “parti catholique”, un grand parti populaire, était, en acceptant la démocratie moderne et le suffrage universel, de redonner sa dignité à la Suisse catholique et de reconquérir pour elle une place dans la Suisse nouvelle. C’était la mission historique de ce parti. Il l’a accomplie brillamment en devenant une force incontournable du paysage politique suisse.

    Maintenant ce que je dis, c’est tout simplement ceci. Peut-être que le PDC n’a plus de raison d’être, puisqu’en quelque sorte sa mission historique est achevée. Les cantons catholiques ne sont plus discriminés. Ils ont surmonté le traumatisme historique subi. Et en plus, il n’y a plus d’hostilité ni de méfiance entre les confessions chrétiennes. On se demande même si les racines chrétiennes de la Suisse résisteront à la poussée démographique et dogmatique de l’Islam, religion conquérante alors que le christianisme s’est attiédi, tant pour les catholiques que pour les protestants.

    Au fond, s’il ne veut même plus se dire chrétien, je trouve que ce serait plus digne pour le PDC de déclarer officiellement : il n’y a plus de place pour un parti d’inspiration chrétienne dans un pays déchristianisé. Nous avons donc décidé de dissoudre le Parti Démocrate Chrétien, et nous souhaitons à nos anciens membres de continuer leur vie civique dans divers partis, chacun choisira celui qu’il préfére en fonction de ses affinités.

    Je suis un ancien PDC et j’ai pris mon ancien parti en grippe, peut-être à l’excès, car je ne lui pardonne pas son glissement vers la gauche, et quoiqu’en dise M. Neyrinck, sa tendance pro européenne, en tous cas trop pro européenne pour mon goût. Je ne goûterai pas l’abandon par ce parti de toute référence chrétienne (chrétienne en général, c’est çe dont il est question, et pas seulement catholique). Car à mes yeux cela serait bazarder l’unique élément d’idéal qui subsiste encore dans ce parti de combinards et de notables. En plus c’est une erreur politique grave dans le contexte actuel, où même si la pratique religieuse a énormément baissé, la majorité des Suissesses et des Suisses se sentent malgré tout chrétiens par opposition à l’Islam. Donc, si le PDC fait cela, ce serait l’aveu qu’il n’a plus aucune raison d’être. Il est donc condamné à disparaître tôt ou tard.

    Le PLR n’est pas condamné à disparaître, puisqu’il représente encore une idée: celle du libéralisme. L’UDC non plus puisqu’il incarne une volonté d’indépendance du peuple suisse et un certain conservatisme. Le PDC n’incarne plus rien. Il ne sert plus à rien. Qu’il débarrasse le plancher.

  14. Changer de nom, renier sa raison d’être historique, juste pour tenter désespérément de garder une clientèle électorale, qui de toute façon se rétrécit et continuera de se rétrécir comme une peau de chagrin…

    C’est minable et ça ne peut rien donner de bon.

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