Le défi de la Confédération européenne

 

Un pas décisif va possiblement être franchi dans l’accession de l’UE au stade de Confédération. Elle va émettre un emprunt solidaire de tous les pays. Concrètement, les riches du Nord vont aider les pauvres du Sud à surmonter l’impasse budgétaire dans laquelle ils se débattent, avec moins de ressources fiscales, davantage de charges et le fardeau d’une dette antérieure déjà trop lourde. Quelqu’un en Allemagne a compris que la ruine de l’Italie et de l’Espagne serait nuisible pour ses exportations. Ce quelqu’un est sans doute, à elle toute seule, Angela Merkel.

 

Pourquoi elle ? Pour plusieurs raisons dont les deux principales sont sa formation de physicienne, qui la prémunit contre les idéologies, et son père pasteur, qui lui a inculqué par l’exemple des réflexes de chrétienne. En un mot, pour elle, l’intérêt et le devoir de l’Allemagne coïncidaient. C’est plus souvent le cas qu’on ne le croit. La charité est réaliste, car elle promeut la vie en commun plutôt que la guerre.

 

Une fois de plus, l’Europe avancera de la sorte grâce à un défi surmonté. D’ailleurs, ses institutions ne sont nées que du cumul des réponses à toutes les crises successives. La pandémie enseigna à tout le monde que le salut se trouve dans la solidarité. C’est la seule façon de partager les ressources vitales en cas de nécessité : les médicaments, les protections, les lits disponibles dans les hôpitaux. Des patients alsaciens ont été admis en urgence par la Suisse, le Luxembourg et l’Allemagne. Ce n’était pas seulement de la charité, car il fallait éteindre le plus vite possible le foyer alsacien pour parer le risque de contamination à travers des frontières, qui sont toujours un peu poreuses.

 

Dans de telles circonstances, un pays doit d’abord compter sur ses propres ressources et puis, très tôt, sur les pays avoisinants. Tel est le rapport inévitable et nécessaire entre la Suisse et l’UE.  Celle-ci constitue un marché de 500 millions de consommateurs, une dimension juste après la Chine et l’Inde, bien avant les Etats-Unis. Qu’il s’agisse d’économie ou de santé, cette taille est un atout important. Huit millions d’habitants peuvent envisager l’autonomie, pas l’autarcie. Mais celle-ci est à la mesure d’un continent, qui ne peut pas se reposer sur la bienveillance de la Chine ou des Etats-Unis.

 

La Confédération helvétique est née elle aussi des épreuves qu’elle a surmontées. Il y a fallu sept siècles et ce n’est pas terminé. Car l’épreuve de la pandémie et la crise économique postérieure nous enseignent maintenant notre solidarité continentale. Nous ne sommes pas une île au milieu du Pacifique, nous sommes entourés de terres. Dès lors, les cantons les plus touchés ont forcément subi la proximité naturelle de la France et de l’Italie. Comme une partie importante du personnel médical était formée de frontaliers, il était impossible de clore hermétiquement les frontières.

 

Quoiqu’en pense la majorité des citoyens, le destin de la Suisse est lié dans une certaine mesure à celui de l’Europe. Le désordre du continent serait contagieux. Si l’UE éclatait sous la pression de la double crise, la Suisse en pâtirait. C’est cela qu’Angela Merkel a compris : son action doit nous inspirer. L’égoïsme national n’est pas une vertu, il n’est pas réaliste, il joue sur la peur qui est si mauvaise conseillère.

 

Or, si pour son salut l’Europe doit évoluer d’alliance économique à Confédération, encore faut-il qu’elle dispose d’un modèle. La Suisse le représente. Mais la Confédération helvétique n’est pas faite de quatre nations délimitées par leurs langues. Elle est bâtie sur des cantons, bien distincts, aptes à agir au plus près des intérêts et des sentiments de leurs citoyens réunis en 26 peuples.

 

De même, l’Europe ne peut se construire sur les Etats-nations existants, bricolés au gré des guerres séculaires. Il existe un peuple catalan, écossais, flamand, basque, corse, lombard, bavarois. Même la France, le plus centralisé des pays européens, a commencé à le comprendre sous le choc de la pandémie. Les régions et les villes se sont départies d’une obéissance rigide à Paris. Dans l’urgence, le centre a cédé. Parfois en d’absurdes combats d’arrière-gardes, comme l’interdiction faite aux maires d’imposer le port du masque.

 

Le fédéralisme suisse construit sur une expérience séculaire, est subtil. Il ne peut ni s’enseigner, ni s’imposer mais se vivre et s’expérimenter. Ne nous demandons pas ce que l’UE peut faire pour nous car nous pouvons faire beaucoup pour elles. C’est notre intérêt et aussi notre devoir bien compris. A titre de préambules à cette action si nécessaire, ne serait-il pas prophétique que la Suisse garantisse à titre subsidiaire ce grand emprunt qui va fonder la solidarité européenne ? La générosité bénévole des riches constitue un investissement à long terme qui rapporte plus qu’il ne coûte, à savoir la bonne réputation.

 

 

 

 

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck est ingénieur, ancien conseiller national PDC et député au Grand Conseil vaudois, professeur honoraire de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), d'origine belge, de nationalité française et naturalisé suisse. Il exerce la profession d'écrivain.

28 réponses à “Le défi de la Confédération européenne

  1. Les souverainistes sont très inquiets de ces “eurobonds”, mais quoique souverainiste moi-même je me demande si on n’exagère pas la gravité du danger.

    Je me souviens que déjà dans les années 60 la CECA, Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, en Allemand Montanunion, avait émis des obligations. Depuis lors elles sont probablement arrivées à échéance et ont été remboursées. Ces obligations n’avaient pas induit le passage à un gouvernement supranational.

    Quelqu’un pourrait-il m’expliquer quelles similarités et quelles différences existent entre les obligations CECA-Montanuion et ces “Coronabonds” ? Y a-t-il un saut qualitatif ou pas ?

  2. Merci de cette excellente synthèse de la crise financière dans l’Union européenne et du plaidoyer pour une Suisse solidaire !

  3. Le bon plan serait une aide suisse contre la suppression de la clause guillotine, car l’Europe vend plus à la Suisse que le contraire.
    Quant à l’Europe, il semble un peu tard de vouloir jouer à la Condéfération de régions, me semble-t-il, de même à se focaliser sur les US, elle n’a pas encore bien compris ce qu’est la Chine!

    1. Comment, en 2020, peut-on ENCORE s’appeler pdc?
      c’est la même fraude que, parti décoratif du centre!
      Ou encore UDC, Union des Crétins?

      1. Je suis assez d’accord avec vous. Il y aurait pourtant une solution toute simple, c’est de changer la signification du “C” de PDC, pour que cela donne “Parti Démocratique du Centre”, ce qui serait une appellation non frauduleuse dans ce cas, pas comm l’UDC dont presque aucune des lettres ne correspond à ce qu’est réellement ce parti (ce n’est pas une “union”, ni un parti “démocratique” (c’est le gourou de Zurich qui impose ses vues) et. surtout, en tout cas pas du “centre”!

        1. Et pq pas “Parti du Centre”
          ZP Zentrum Partei
          C’est court et clair et ça semble fidèle à la ligne de ce parti.

  4. Entre le statu quo et une confédération européenne à la Suisse, il n’y a pas pas qu’un emprunt partagé, mais un gouffre pas près d’être comblé . Les questions régionales sont déjà épineuses et déjà mal gérées à l’intérieur des Etats comme en France ou en l’Espagne qui refuse l’indépendance de la catalogne , mais aussi en Italie , … L’Europe voudra-t-elle redessiner les contours des futurs “cantons” ?
    A contrario, les cantons suisses ont existé avant la naissance de la confédération , même le dernier accepté, ayant existé sous l’évêché de Bâle …
    Même si cette entité prenait forme , elle serait déjà dépendante du reste du monde, n’ayant pas su garder ses industries et est dépourvue d’une défense commune toujours refusée ( l’Allemagne par exemple refusant de partager le parapluie nucléaire ) .
    Le marché unique ne s’est jamais concrétisé réellement , la mondialisation l’a démantelé !
    Elle ne sait pas ou n’a jamais su créer des pôles économiques puissants .
    Elle n’a plus de projets fédérateurs , pas même celui de la transition énergétique .
    Elle n’a pas réussi à définir une politique étrangère commune, ce qui enrageait certains présidents américains qui ne savaient pas à qui s’adresser.
    (…)
    Bref, tous les problèmes initiaux sont restés sans réponses depuis 50 ans !
    On peut bien pavoiser sur un accord accessoire concernant la dette , ceci est dérisoire …

    1. “l’Allemagne par exemple refusant de partager le parapluie nucléaire” montre toute la connaissance du dossier européen de Guiot :-)! Et ce qui m’amuse (enfin, façon de parler) avec les anti-européens c’est leur propension à ne mettre le doigt que sur ce qui ne marche pas bien dans l’UE, jamais sur tous les acquis de la construction européenne. Il a fallu 7 siècle à la Confédération helvétique pour s’organiser et se structurer à peu près à satisfaction: Laissez un peu de temps à l’Europe, qui n’a pas 70 ans si on remonte jusqu’à son ancêtre la CECA, et à peine plus de 10 ans (décembre 2009, traité de Lisbonne) si on prend l’UE elle-même. Et les choses semblent avancer (voir l’article de M. Neirynck).

  5. Bonjour Monsieur,
    Vous avez écrit: “Il existe un peuple catalan, écossais, flamand, basque, corse, lombard, bavarois”.
    En tant que personne né et grandi en Lombardie, et encore plus grâce aux études littéraires et historiques que j’ai suivi, je peux vous assuré qu’il n’existe aucun “peuple lombard”.
    Il ne suffit pas que des politiciens sans scrupules, à partir des années 1980, crient à la secession, s’inventent quelque chose qui n’a jamais existé comme la “Padania” ou les “peuples du Nord” (il y a toujours quelqu’un plus à Nord…), pour conférer un statut de réalité à quelque chose qui n’existe pas !

    Salutations.

    1. Si ma mémoire est exacte, l’unité italienne n’a été réalisée qu’en 1870. Il fallait donc qu’auparavant il y eut une Lombardie et un peuple lombard. L’Italie en tant que nation n’a commencé à exister qu’au XIXe siècle. Tout comme l’Allemagne. Ces deux unités n’ont pas eu que des suites heureuses.

      1. Monsieur,
        déjà, si vous parlez d”‘unité italienne” qui n’a été réalisé qu’en 1870, implicitement vous dites qu’ il y avait déjà une “Italie”.

        Mais à part cela, je trouve bien faible votre affirmation, selon la quelle existerait un peuple lombard, si vous la fondez sur l’existance actuelle d’une région administrative appelée Lombardie: il n’y a pas de “Pacaïens” parce qu’il y a une région PACA.

        Je suis sûr que vous savez que les concepts de peuple et de nation sont bien plus complexes que cela, d’autant plus en perspective historique.

        1. @Mttdf

          Votre remarque sur PACA et les pacaïens n’a pas de sens. C’est une spécificité de la France jacobine de se refuser absolument à faire coïncider les régions avec d’anciennes provinces ayant une identité historique. Ils ont trop peur que cela ravive la nostalgie du royaume de France. Alors ils regroupent des territoires disparates qui n’ont rien de commun entre eux. Mais si on parlait de la Provence, du Dauphiné, de la Savoie, de la Franche-Comté, de la Bretagne, de la Normandie, ces territoires ont tous une histoire et un peuple spécifique comme la Lombardie.

    2. @Mttdf

      Votre raisonnement est très curieux. Vous êtes comme cette dame Martina Avanza, professeure à l’Unil, qui consacre sa vie à combattre les idées “populistes”. Elle a écrit un livre sur, ou plutôt contre la Ligue lombarde de Bossi. Tout comme vous, elle nie l’existence d’une identité lombarde distincte et une identité propre de la l’Italie du Nord, qu’on l’appelle “Padanie” ou autrement.

      Et pourtant au cours de l’histoire cette identité distincte a toujours existé. Déjà au temps de l’empire romain c’était la “Gaule cisalpine”. Puis il y a eu plusieurs royaumes lombards, pas tous dans le nord, c’est vrai. Au moyen âge on parlait de l’Italie impériale, dont le territoire correspondait à peu près à la Padanie de Bossi. Les rois d’Italie (impériale) étaient couronnés à Pavie ou à Milan avec la couronne de fer, et ils ne régnaient que sur l’Italie du nord. Ailleurs, il y avait d’autres souverainetés: royaume de Naples, de Sicile, avec des peuples mentalement et ethniquement distincts.

      L’Italie du nord s’est ensuite fragmentée en diverses souverainetés: le Piémont, le duché de Milan, la Sérénissime République de Venise. Le duché de Milan a été revendiqué par le roi de France et le roi d’Espagne, ce dernier en est resté le souverain très longtemps, puis sa souveraineté sur le pays a été héritée par les Habsbourgs de Vienne qui ont acquis aussi Venise au XIXe siècle, ce qui a donné un royaume Lombardo-Vénitien.

      Bref, l’Italie du Nord a une autre histoire, une autre culture, d’autres traditions et donc un autre peuple que le reste de l’Italie. Les dialectes de Milan ou de Turin sont très différents de ceux du sud. Quand un diplomate autrichien a pu dire que l’Italie n’était qu’une “expression géographique”… “he had a point”. Si la Lega a eu tant de succès avec un programme séparatiste, ce n’est pas pour rien.

      1. Autant de succès que maintenant, que son chef Salvini a fait un virage pour transformer la ligue en un parti de droite nationale italienne, mots et slogans indépendantistes se sont évaporés.

  6. Bon, il me semble que personne ne peut, ou ne veut, me renseigner sur le point que j’ai soulevé. Dommage.

    Ceci dit, je voudrais quand même dire à l’intention des pro européens, dont M. Neirynck, qu’ils auraient tort de se réjouir trop vite. Je doute fort que ce plan Merkel réussisse.

    Récapitulons: il s’agit d’aider les pays plus faibles de l’UE au moyen de 500 millions d’euros à fonds perdus et 250 millions sous forme de prêts dont tous les états membres seront solidairement débiteurs.

    Ma remarque: ça a l’air d’être beaucoup, mais c’est rikiki. Pour comparaison: la Suisse toute seule a eu besoin de 100 millions, qu’elle a financés elle-même. 100 millions pour un seul pays de 8 millions d’habitants. Alors 750 millions pour 27 pays d’un total de 500 millions d’habitants, cela ne pourra jamais suffire. Ce sera trop et trop peu. Juste assez pour obérer les finances, mais pas assez pour avoir un effet utile sur la conjoncture en Europe.

    Je suis tout cela de très près et j’ai noté un “narrative” très répandu. On se réjouit qu’il se produise un “Hamiltonian moment” dans l’union Européenne, allusion à la décision du président des USA Hamilton, un des ”pères fondateurs”, d’émettre des obligations fédérales, ce qui a fait naître une solidarité financière entre les Etats, donc un vrai état fédéral.

    Cet article de M. Neirynck va tout à fait dans le sens du “narrative” sur le ”Hamiltonian moment”.

    Mais si ce paquet financier est à la fois trop et trop peu, alors l’effet “Hamiltonien” sera un coup dans l’eau. Il ne servira à rien.

    J’ai été confirmé dans mon analyse par cet article, signé de Nouriel Roubini et son associé Brunello Rosa. Pour mémoire Nouriel Roubini est cet économiste qui est devenu mondialement célèbre pour avoir annocné la crise financière de 2008, que personne à part lui n’avait vue venir.

    Selon Nouriel Roubini, le paquet financier Merkel n’aura aucun effet. Il n’empêchera pas l’Union Euion Européenne de se détricoter inexorablement.

    https://www.project-syndicate.org/commentary/eu-covid-recovery-fund-not-hamiltonian-debt-mutualization-by-nouriel-roubini-and-brunello-rosa-2020-06

    1. Le montant de l’emprunt est moins important que le fait nouveau de la solidarité financière qui jusqu’à présent a toujours été refusée en particulier par l’Allemagne. La S uisse existe aussi parce qu’il y a un budget fédéral plus des mécanismes de péréquation.

      1. Oui bien sûr. Mais lisez quand-même l’article de Nouriel Roubini. Il montre bien que l’emprunt proposé n’engagera pas solidairement tous les membre de l’Union :

        ”…the envisaged bond issuance would not come with a “joint and several guarantee,” and thus would not constitute genuine debt mutualization.”

        Il montre aussi qu’il ne s’agit pas d’une péréquation:

        ”Germany will either have to offer a partial EU fiscal backstop with its own taxpayers’ money or allow EU institutions to provide a sufficient mutual backstop (starting with the eurozone budget) for the entire monetary union”.

        C’est pourquoi même s’il reconnaît que cette émission d’obligations vaut mieux que rien, il pense qu’elle n’est pas à la hauteur des nécessités, en particulier cela ne résoudra pas des problèmes critiques comme celui de la dette italienne:

        ”In signing on to a joint plan with France, Germany presumably realized that it could not simply say “nein” to both a monetary and a fiscal backstop (that is, the budding fiscal and transfer union). Both are needed for the euro to survive. But even with backstops in place, critical questions would remain unresolved, not least the sustainability of Italy’s surging public debt.”

        En résumé, il est à craindre que cela ralentira peut-être le détricotage, mais ne l’empêchera pas. Surtout après le Brexit.

        1. C’est toujours plus facile de trouver la meilleure solution après coup mais je vais m’aventurer; Si la Grèce avait fait défaut au début de sa crise, qu’est-ce qu’on aurait eu comme conséquences?: Faillites de plusieurs banques américaines et européennes, ce qui aurait donnée place à l’injection de fonds de la part des Etats qui seraient devenus les propriétaires. Beaucoup de Hedge Funds auraient explosé. Le gouvernent grec devait dans ce cas dédommager partiellement les particuliers et les entreprises domestiques et les étrangers de mordre la poussière. Par la suite l’Italie, l’Espagne, l’Irlande et d’autres auraient subi le même sort avec les mêmes conséquences. La vie économique aurait continué à avancer d’une façon mille fois plus saine. Pareil aujourd’hui, les Etats se trompent en faussant la concurrence par leurs interventions partielles pour aider certains mais pas tout le monde. L’assurance chômage était là pour permettre à la population de manger et de se soigner. Les Etats démocratiques dans l’économie libérale ne devraient pas intervenir en amont d’une crise, mais en aval quand le schéma devient plus clair. Pourquoi le contribuable devrait-il payer le loyer du coiffeur locataire alors que le coiffeur propriétaire de son salon n’en réclame rien?. Les sommes folles émises comme dette actuellement ne pourront qu’entraîner des dévaluations massives de l’EUR et du USD. (Ne soyez pas trop méchant dans la critique)

          1. @OCT
            Je ne suis pas sûr de comprendre tout à fait votre argument.

            Vous semblez dire que c’est mieux de ne pas injecter trop d’argent dans l’économie lors de ces crises. Je suis assez d’accord avec ça. En Suisse j’ai été épouvanté de voir nos autorités se lancer dans une orgie de dépenses qui va obérer les finances pendant au moins deux générations.

            Mais en ce qui concerne la décision de Merkel dont parle M. Neirynck, ce que je voulais dire était simplement qu’on se fait des illusions en croyant que cela représente un saut qualitatif vers une souveraineté fédérale européenne. De même, j’ai voulu montrer que cette mesure annoncée comme une percée historique ne sera qu’un coup dans l’eau. J’ai cité Nouriel Roubini, qui semble voir les choses un peu comme moi.

          2. Couvrir les dettes des autres signifie sortir de l’Europe des Nations pour entrer dans celle de la Confédération.

          3. Oui peut-être, si on paye les dettes des autres on entre dans une logique supranationale – momentanément. Mais ce n’est pas irréversible. Si c’est trop peu et trop tard et donc si cela ne permet pas de régler les problèmes de fond, la “Confédération” ne parviendra pas à se stabiliser et donc, les problèmes s’aggravant, les forces centrifuges finiront par défaire ce qu’on aura cru, illusoirement, avoir réussi.

            D’ailleurs, je reprend mon premier argument qui ne semble pas voir intéressé les lecteurs de votre blog: il y a déjà eu des “Euro Bonds”. C’étaient les obligations de la CECA. Eh bien, elles n’ont pas suffi à créer une Europe fédérale.

            Vous avez raison. Il y a bien un passage à la confédération , mais ce que je dis c’est que c’est momentané et réversible.

          4. Pour la sécurité de la Suisse, il faut tout faire pour que ce passage à la Confédération progresse et ne pas spéculer ou souhaiter une décomposition de l’UE.

          5. Merci, Mr Martin, vous avez piqué ma curiosité avec la CECA !
            il me semble que votre argument concernant les obligations de la CECA n’est pas valide pour faire une comparaison avec la situation actuelle.
            Le but de la CECA etait une aide aux aciéries et mines des 6 pays de l’organisation, pas une aide aux pays.
            Certes, cette organisation a mené à l’UE, mais n’avait pas pour but premier une Europe fédérale. Elle voulait surtout éviter une nouvelle confrontation France – Allemagne…

            La situation actuelle est différente: des pays, dans une optique confédérale, acceptent de soutenir d’autres pays en difficulté. C ‘est une bonne direction, à mon avis, plutôt que de choisir le repli sur soi et l’égoïsme, et, finalement, le “détricotage”…

            L’europe ne survivra que dans une optique commune, intégrant tous les spécificités (une confédération, quoi…), sinon elle sera rapidement avalée et oubliée…
            Je rejoins donc votre idée : l’aide proposée n’est largement pas suffisante pr soutenir les pays en difficulté !
            Ce qui rejoint aussi ce que dit Mr Ulrich plus loin: nous avons largement les moyens financiers de faire mieux!

        2. @Martin, Oui c’est ça, suis contre l’accroissement de l’endettement. A moins qu’ils ne soient totalement imbéciles, la politique actuelle en Occident serait de créer des dettes à outrance et provoquer une énorme inflation qui diminuerait mécaniquement le ratio dette/PIB. La bourse qui monte indique que les investisseurs tablent sur une inflation et que l’argent serait mieux protégé en étant investi dans des avoirs réels “real assets” mieux que le cash !

  7. Parce que l’Allemagne accepte de payer pour préserver UE, vous parlez d’une Confédération européenne… C’est au contraire un révélateur de la faiblesse de la construction qui n’a jamais dépassé les rapports de force diplomatique. La comparaison avec la Suisse est bien évidemment tirée par les cheveux: d’abord notre Confédération était à l’origine une alliance militaire. Ensuite et c’est fondamental, elle a été façonnée avant tout par l’extérieur après la défaite de Marignan et l’échec de son aventurisme militaire. Ce sont les puissances étrangères qui ont voulu cet Etat indépendant et neutre au coeur des Alpes. De même, Napoléon a imposé l’égalité, puis finalement les radicaux ont imposé un système fédéral après avoir maté les cantons récalcitrants par les armes.
    Je crains que l’UE ne soit pas si sensible aux influences extérieures et qu’elle ne puisse dépassé par elle-même les rapports de force pour devenir réellement démocratique.
    Si l’UE est basée sur des rapport de forces, c’est-à-dire un espace économique organisé avec plus ou moins d’intelligence par et pour l’Allemagne, nous risquons fort d’en souffrir de plus en plus.

  8. « La générosité bénévole des riches constitue un investissement à long terme qui rapporte plus qu’il ne coûte, à savoir la bonne réputation. »
    En 2016, “Assets under management at the world’s largest pension funds increased in value by 6,1%
    Representing a total of US$ 15,7 trillion” . (15’700 milliards)
    La banque nationale suisse gère 800 milliards. (Pour 8 millions de personnes)
    Avant la crise, Macron ne trouvait pas d’Euros pour que les plus démunis de ses concitoyens vivent sans la peur au ventre pour la fin de chaque mois.
    Grace au virus, l’argent est à disposition, comme par enchantement ?
    A Genève, les plus dépourvus font la queue pour pouvoir se nourrir.
    Blackrock, société de gestion. Ce géant américain de la finance gère l’équivalent de 6 300 milliards d’euros dans le monde
    Je vous épargne la liste de toutes les sociétés de gestion qui gèrent des milliards.
    On se pose 1000 questions au sujet de 750 milliards pour sauver l’UE ?
    De l’argent il y en a des montagnes et si la générosité des riches se traduisait par une donation de 1% de leur avoir, tout serait dit. (Belle utopie ?)
    Je crois savoir qu’une taxe de 0,1% sur toutes les transactions financières ferait de même.
    Certes, il existe des riches généreux mais les riches (dont nous faisons partie) sont frileux et
    « la finance » a pour objectif : le profit.
    Cette masse d’argent explique-t-elle que l’inflation ne se manifeste pas ?
    Ne joue-t-on pas à se faire peur?

  9. M. Neirynck, je vous l’avoue: je souhaite un recul du degré d’intégration européenne, disons un retour au système beaucoup plus performant des Communautés Européennes et l’abandon du projet de l’Union Européenne, qui va trop loi et est dysfonctionnel.

    Si l’UE respectait notre souveraineté, je ne serais pas sur cette position. Mais pour le moment l’UE est une menace pour notre liberté. Elle n’accepte pas l’exercice de notre démocratie demi-directe. Vous ne pouvez pas dire le contraire.

    Vous êtes peut-être d’accord de sacrifier les droits populaires, en acceptant que les votations populaires puissent ne pas s’appliquer si le résultat du vote n’est pas conforme au droit européen, sur l’évolution duquel nous n’aurons jamais aucune espèce d’influence. Vous acceptez de renoncer à la souveraineté. Moi pas.

    De toute façon, mon opinion personnelle n’a aucune importance. Si l’on observe les problèmes insurmontables auxquels est confrontée l’UE, il est vraisemblable que le “détricotage” est inévitable.

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