Le leurre de la taxe indolore.

 

 

Dès l’organisation des premiers royaumes, des taxes et des impôts ont été levés, de manière plus ou moins équitable, mais en soulevant toujours la mauvaise humeur des peuples. Et cependant, il faut de l’argent public pour nos routes, nos hôpitaux, nos écoles, notre armée, notre police et, même, des fonctionnaires pour collecter cet argent. Les Etats assurent des services publics totalement indispensables.

 

Si ce n’était que cela, ce serait accepté sans discussions. Mais l’Etat s’est engagé dans une extension de sa mission séculaire. Il garantit maintenant les pensions, rémunère le chômage, propose un service de santé presque gratuit, diffuse un service public de télévision et de radio, subventionne les théâtres, les orchestres et les musées. Ce sont autant de projets louables, mais dont l’extension est illimitée. Car les besoins le sont aussi. Certains traitements médicaux coûtent une fortune, la formation tertiaire en conformité avec le dynamisme de l’économie mérite un lourd investissement, le chômage fluctue dans de fortes proportions. Et puis s’ajoute maintenant la réduction de l’empreinte carbone, l’accueil des réfugiés du climat, la perte d’emplois énergivores.

 

Or, l’empreinte fiscale est déjà à la limite de l’acceptable. La Suisse ne serait qu’à 29.5% de PNB, bien modeste à côté de la Suède à 50,6%. Il n’en reste pas moins que, en Suisse aussi, le revenu disponible d’une partie des ménages a diminué malgré l’augmentation des salaires et la baisse des impôts. Cela s’explique par la hausse générale des cotisations aux assurances sociales et des primes d’assurance maladie, outre la progression des prix du logement, laquelle varie d’une région à l’autre. Ce qui est normal pour un Suédois ne semble pas l’être pour un Suisse.

 

Dès lors qu’il faudra davantage d’argent public pour assurer la transition climatique, l’argument utilisé dans le discours politique est celui de la taxe indolore. Traditionnellement c’était la TVA dont les augmentations servent un peu à tous les comblements de déficit : l’AI, le FAIF, l’AVS. En principe le consommateur ne s’en rend pas compte car c’est inclus dans sa facture de supermarché, mais il débourse tout de même cet argent, compare les prix suisses avec ceux de la France voisine et pratique le tourisme d’achat. C’est indolore pour lui mais pas pour l’économie nationale

 

L’innovation politique de l’année est la taxe redistribuée, une contradiction dans les termes, qui consiste à prélever une taxe, qui ne serait pas intégrée dans le budget public mais, en tout ou en partie, ristournée aux contribuables. L’idée est tellement idiote qu’il faut toute la naïveté des citoyens pour qu’elle puisse être ainsi énoncée.

 

Bien évidemment si l’Etat prélève une taxe et ne l’utilise que pour rembourser les contribuables, cela ne sert strictement à rien. Si l’essence est renchérie pour en diminuer la consommation mais que le consommateur reçoit un subside équivalent, la consommation d’essence ne diminuera pas puisque le pouvoir d’achat de l’individu reste le même.

 

En fait l’idée est moins idiote qu’il n’y parait à première vue car cet aller-retour du produit des taxes ne se produira pas. D’une part, tout le produit des taxes ne sera pas remboursé, mais un quart ou un tiers servira à subsidier les investissements diminuant l’empreinte carbone. D’autre part la redistribution au contribuable selon la technique de l’arrosoir bénéficiera plus aux uns qu’aux autres. La taxe sur l’essence diminuera le pouvoir d’achat de celui qui doit se rendre en voiture à son travail, mais ne prélèvera rien sur celui qui n’a pas d’automobile parce qu’il n’en a pas besoin, parce qu’il réside dans une ville amplement desservie par les transports publics. Ou encore parce qu’il est assez riche pour ne pas devoir en tenir compte.

 

Dans cette affaire, comme toujours, il y aura des gagnants et des perdants. Le tout est de rédiger les lois et ordonnances de façon que les premiers soient plus nombreux que les seconds pour assurer une victoire en cas de votation. Ce n’est pas une politique intelligente pour diminuer vraiment notre consommation de combustibles fossiles. C’est un alibi pour faire croire que l’on exerce une action et rester en fait les bras croisés. C’est une astuce pour financer une politique minimaliste en s’en prenant  à la classe moyenne, celle qui n’est organisée ni à droite, ni à gauche.

 

 

 

 

 

 

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck est ingénieur, ancien conseiller national PDC et député au Grand Conseil vaudois, professeur honoraire de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), d'origine belge, de nationalité française et naturalisé suisse. Il exerce la profession d'écrivain.

24 réponses à “Le leurre de la taxe indolore.

  1. En pourrait se dire que la bonne solution pour la maîtrise du dérèglement climatique est la taxe, mais la solution à quoi?
    En effet, on nous vends une série de taxes qui sont faites pour boucher les trous des nécessités humaines dont M. Neirynck nous fait l’analyse, est c’est exactement là leur utilité, mais ceci n’est nullement ce dont la planète a besoin.
    Personne ne nous éclaire sur quels changements conjoncturels cet idée géniale va apporter dans nous vies si ce n’est pas une nouvelle charge budgétaire pour le ménage et aucun changement de fond pour diminuer voir arrêter la pollution.
    Ainsi donc, pourquoi pas arrêter de se voiler la face et s’attaquer au noyau du problème?

  2. … ” un service de santé presque gratuit “… avec adhésion obligatoire à des sociétés semi-privees, primes à plusieurs centaines de CHF par mois + franchise minimum à 300 CHF + 10% du coût des soins ambulatoire + quote part annuelle de 700 CHF et AUCUN soin dentaire…
    Tout ça ” presque gratuit ” !
    Vous voulez rire j’imagine

    1. J’ai bien écrit “presque”. C e que nous ne payons pas directement est couvert par une assurance obligatoire qui n’est ni plus ni moins qu’un impôt, prélevé de la façon la plus inéquitable sans tenir compte du revenu et de la fortune. Cela fait bien partie des missions que l’Etat s’est attribuées.

      1. Pour la poche du consommateur, vous n’ignorez sans doute pas qu’avec 1/3 des 82 milliards “investis” dans la santé (alors qu’il s’agit “presque” uniquement de soins médicaux) sortent directement de sa poche , quoique il fasse, ce qui en fait le “système” le plus défavorable au monde pour sa population à quoi, j’avais effectivement oublié, les cotisations non indexés sur les revenus et (surtout pas, quelle horreur !) la fortune …
        Enfin, bien entendu, les augmentations hyper opaques annuelles desdites primes, comme par hasard annoncées “historiquement moindres” l’année des élections fédérales … on attend avec impatience l’annonce pour 2021 l’an prochain même si la révolution de palais (fédéral) enregistrée ces jours derniers pourrait changer (un tout petit peu) la donne.
        Le plus beau pays au monde … pour les riches et bientôt super riches …
        Pour être honnête, précisons enfin qu’en pareille conjoncture, nos miettes seront de plus en plus consistantes!

  3. Je suis bien d’accord avec vous sur ce sujet de la taxe et de ses effets indésirables et de son probable inefficacité s’agissant du changement climatique.

    J’émets toutefois une réserve concernant l’accueil de réfugié climatique que vous mentionnez.

    Il ne se justifie à mon goût absolument pas de reconnaître un tel statut en Suisse. J’ai conscience que des gens vont devoir faire face à de gros problèmes liés aux changements climatiques que les pays industrialisés, dont la Suisse, ont en partie et indirectement provoqués. Toutefois, je ne trouve pas acceptable que ces gens puissent traverser de multiples frontières, voire des continents, pour immigrer jusqu’au centre de l’Europe et s’y voir octroyer un statut de réfugié. Ça n’a pas de sens. Peut-être un sujet à traiter dans un futur billet ?

  4. Quelques remarques concernant votre message M. Neiriynck:

    1. Quels critères utilisez-vous pour juger que l’empreinte fiscale est déjà à la limite de l’acceptable? Cette empreinte fiscale doit être proportionnelle aux services fournis. Comparer la Suisse à la Suède sans comparer les services fournis par l’Etat revient à comparer des pommes et des oranges.

    2. Le facteur le plus inquiétant concernant la baisse des revenus disponibles des ménages est surtout l’augmentation de l’inégalité des revenus en Suisse. Les salaires ont augmenté de 14% pour le 10% les moins lotis des salariés contre 140% pour le top 1% entre 1994 et 2012. La concurrence fiscale entre les cantons est passée par là et la progressivité des impôts s’est fortement réduite.

    3. Vous évoquez les taxes pesant sur les automobilistes. La Confédération a estimé les externalités négatives générées par le trafic automobile à environ 10 milliards de francs par année, dont environ 3 milliards de coûts pour la santé. Cela permettrait déjà d’alléger les coûts de la santé et le fardeau des caisses maladies… Pourquoi ces coûts sont-ils actuellement offerts aux automobilistes au détriment des autres?

  5. L’impression que tout cela me donne est qu’effectivement le prétexte climatique et écologique est surtout utilisé pour contraindre les états libéraux à se transformer tous en états socialistes de gré ou de force. Et on entend imposer ça, au moyen d’une propagande à la fois massive et insidieuse faisant appel en même temps aux bons sentimesnts, au chantage, à la culpabilisation, et à la poudre aux yeux comme quand on nous dit que ces taxes seront redistribuées alors qu’elles ne le seront pas.

    Finalement on a vraiment l’impression, même quand on est conscient du problème climatique, que ce dernier est uniquement un prétetxte pour atteindre des objectifs politiques auxquel on ne parvenait pas à contraindre les gens dans la politique habituelle, mais qu’on tente de faire passer en les présentant comme absolument nécessaires et urgents faute de quoi la planète va devenir inhabitable dans quelques années. I want you to panic ! comme disait la Greta.

    De là à penser que ces problèmes climatiques ne sont pas réels, ou sont montés en neige, il n’y a qu’un pas. En effet l’impatience d’atteindre certains objectifs politiques est très suspecte.

    Bref l’appel insistant à une hausse massive de la fiscalité contribue à augmenter le doute que tout cela ne soit qu’un énorme montage et une mise en scène.

  6. Je pense au contraire que la taxe sur le CO2 avec redistribution est une excellente idée. Elle incite à dépenser moins de CO2 et la redistribution permet d’adoucir très fortement, si ce n’est plus, son impact sur ceux qui veulent faire attention et les plus pauvres, qui n’ont souvent pas le loisir de polluer. De plus, elle n’entraîne pas d’interdits!

    J’habite proche d’une artère irriguant l’ouest lausannois des travailleurs du Gros de Vaud. Il est vrai que les transports n’y sont pas suffisants ou satisfaisants, mais la configuration du parc de véhicules que j’y vois ne me semble pas adéquate. Entre SUV, 4×4, puissantes berlines et shooting breaks (oui, le marketing remet cet autre anglicisme à la mode) se cachent quelques véhicules moins dispendieux.
    Un véhicule est nécessaire, mais doit-il peser plus de 2 tonnes et développer 250 CV? Celui qui acceptera de diminuer ses émissions et choisit un modèle consommant 3 fois moins (et 3 fois moins chère à l’achat) verra son pouvoir d’achat largement moins impacté, voire augmenté s’il s’essaie au covoiturage ou à la conduite économique.

    L’axe du véhicule personnel est celui qui est le plus évident car il nous impacte au premier degré, mais cette taxe devrait être élargie à toute consommation de CO2, du kilo de ciment aux babioles d’aliexpress.

    L’argument de la taxe indolore est en effet abusif, ceux qui actuellement polluent le plus et qui ne veulent pas changer sentiraient clairement son effet, et c’est tant mieux. J’ai lu votre billet précédent. Nous comprenons les risques actuels et l’importance de réagir rapidement. La réalisation de ces risques entraînera des conséquences autrement plus fâcheuses que d’accepter de conduire un véhicule moins classe.

    Vous critiquez cette taxe, évoquez ailleurs d’autres mesures plus radicales, mais les jugez aussi inutiles ou trop difficiles à mettre en œuvre. Cette taxe n’est peut-être pas parfaite, mais elle va dans le bon sens d’un point de vue du CO2 et de la société. Ne restons pas paralysés par cet énorme défi, même si le chemin n’est pas clair, mais s’il n’est pas clair que nous arriverons au bout du chemin, nous devons avancer, car le sol se fissure sous nos pieds et celui de nos enfants.

  7. La vérité est toute autre, nous devons changer complètement notre mode de vie si nous voulons que nos futurs descendants aient un avenir, impôts ou non. Sommes-nous prêts à sacrifier nos besoins de consommation, nos vacances à Berlin Madame Céline Vara? Ce n’est pas des rouges-verts que viendra le salut de notre planète mais d’une adhésion de la population à un nouveau modèle économique qui assurera son bien être. J’ai l’impression que dans ce débat on mélange tout et que l’on nous ment de façon éhontée. Demandons aux scientifiques les implications que représenteraient une réduction de notre empreinte climatique sur notre vie de tous les jours et voyons qui sera prêt à sacrifier son petit bien-être au profit du bien être commun. Imaginer un avenir serein pour les espèces vivant sur notre terre, voilà une belle entreprise.

    1. @PILOU PILOU

      Très intéressant vraiment ce nouveau projet de société que vous proposez. Mais quand-même, il faudrait préciser un peu. Vous voulez changer totalement nos modes de vie. Parfait. Si c’est nécessaire pour le bien de l’humanité nous le ferons. Nous sommes des Suisses, n’est-ce pas. C’est à dire des gens qui n’ont jamais rechigné à faire les efforts nécessaires pour le bien commun. Alors dites nous ce que nous allons devoir, et pouvoir faire: aurons nous le droit de conserver nos automobiles? Même si nous n’avons pas les moyens de changer de modèle pour acheter un véhicule électrique? S’il est absolument nécessaire d’envoyer à la ferraille toutes les automobiles actuellement en circulation dans notre pays, que proposez-vous pour les personnes qui ont absolument besoin de leur auto pour aller à leur travail? Comment proposez-vous de reconvertir tous les secteurs économiques dépendants de l’industrie automobile, même dans notre pays? Ca fait beaucoup de monde. Tous les sous-traitants, les exploitants de garages, les mécaniciens, les stations service et les restoroutes, ainsi que leur personnel, etc. Qu’avez-vous prévu pour tous ces gens? Et tous les gens qui travaillent pour les compagnies aériennes, que ce soit Swiss ou n’importe quelle autre compagnie établie en Suisse, puisqu’on ne pourra plus voyager en avion, comment allez-vous reconvertir ces personnes, ainsi que les emplois dépendant de l’industrie aérienne? Etles aéroports de Cointrin, Kloten, Lugano, Bâle-Mühlhouse, ainsi que les petits aéroports à Payerne, la Blécherette, La Chaux-de-Fonds, etc. , qu’avez-vous prévu pour recaser tous les gens qui en dépendent? Ainsi que les installations elles-mêmes? Et les autoroutes, les viaducs et tout ce matériel qui a coûté des milliards à construire dans une société de consommation désormais obsolète, qu’allez-vous faire de toutes ces installations? les raser? les laisser sans entretien, mais ça ,risquerait de s’écrouler, c’est dangereux. Par exemple le viaduc qui est au dessus du château de Chillon ce serait ennuyeux s’il s’écroulait, et tous les autres. Vous ne trouvez pas? Les barrages, ça je pense que vous allez les garder, car cela donne de l’énergie renouvelable. Mais ça ne suffira pas aux besoins de notre société moderne. Comment allez-vous rationner l’électricité? Dans les maisons privées et immeubles locatifs, d’habitation et de bureau, on ne pourra plus se chauffer. Comment ferez-vous? Je pense que tout le monde va devoir porter une petite laine, ou même une grosse avec l’hiver qui s’annonce. Ca va être bien sympathique, de revenir enfin à la vrqaie vie proche de la nature. Je ne doute pas que vous y avez réfléchi et que vous avez d’excellentes solutions. Et comment allez-vous organiser les transports dans les régions périphériques, là où il n’y a pas de chemin de fer, et où c’est pratiquement impossible de construire une ligne de chemin de fer et de toute façon on n’a pas l’argent ? Pour tous les gens qui perdront leur travail, comment allez-vous financer les allocations de chômage et aides sociales pour tous ces gens ? Vous avez certainement prévu le financement de ces dépenses. Merci de nous informer. Enfin il y a un dernier aspect sur lequel j’aimerais connaître votre proposition: puisque tout le monde devra se serrer la ceinture, que ferez-vous avec ces dizaines de milliers d’étrangers, réfugiés, demandeurs d’asiles, migrants économiques ou autres ? Est-ce que vous les renvoyez là d’où ils viennent? Est-ce que vous leur refusez à tous le permis de séjour? Parce que les Suisses devront se serrer la ceinture, n’est-ce pas, alors il sera impossible de garder en plus des étrangers. Merci de nous dire ce que vous avez prévu. Ce problème là me semble assez difficile à résoudre, d’autant plus qu’il y a encore beaucoup de retardataires qui croient encore à la libre circulation des personnes. En tous cas je tiens à vous dire cher ou chère Pilou Pilou, que je vous fais entière confiance. Je sens que vous avez l’étoffe d’un grand homme ou d’une grande femme d’état dont nous avons besoin pour nous guider dans cette transition enthousiasmante. Le conseiller fédéral Wahlen en comparaison c’était un amateur. Tous, tous nos compatriotes nous sommes prêts à vous suivre aveuglément et à changer drastiquement nos habitudes pour sauver la planète. Merci de nous guider tous un ensemble vers un avenir radieux où le niveau de la mer baissera de nouveau et ou la planète cessera de se réchauffer. Quel bonhuer de savoir qu’enfin la vie va changer,et que nous serons enfin tous heureux. Merci Pilou Pilou. Nous vous aimons, nous vous vénérons, nous nous prosternons devant l’océan de sagesse que vous êtes..

      1. C’est ç’laa, oui, c’est ç’laa. C’est vrai, en somme. N’empêche, sur dix voitures en circulation, combien sont-elles utiles, sinon aux assureurs, garagistes et autres mécanos à haute valeur ajoutée? Sans parler du pognon qu’elles font entrer dans les caisses de l’Etat?

        Quant aux avions, si les gens savaient quelle m… il y a dans leur informatique, ils n’y mettraient plus jamais les pieds – dixit un conférencier, spécialiste du domaine en question, entendu naguère à l’EPFL.

        C’est ç’laa, oui, c’est ç’laa…

        1. Désolé les amis mais j’ai profité de cette belle journée pour aller jouer au golf. Bien évidemment au volant d’une très polluante berline allemande. Pour encore noircir le tableau et être honnête avec vous, je pars dans une semaine, en avion évidemment, pour une destination exotique. Comme beaucoup je suis également plein(e) de contradictions.
          Si j’avais une solution toute prête pour sauver notre planète je serais très heureux(se) de la partager avec vous. Je pense simplement que notre petit pays pourrait être à l’avant-garde de la lutte contre le réchauffement climatique en s’appuyant sur les nouvelles technologies, sur le travail à domicile, sur des mesures fiscales positives. Vivant dans la capital de la Suisse Romande donc au bout du lac, je vois défiler un nombre incalculable de voiture, camionnettes avec des plaques non genevoises. Est-ce bien effectivement de faire venir des gens de très loin juste parce que la main d’oeuvre y est moins chère et parce l’empreinte carbone n’est pas déterminante?
          Pourquoi les habitants désertent-ils les villes et se trouvent envoyés à des kilomètres de leurs lieux de travail? Pourquoi continuons nous a favoriser les immeubles de bureaux ( déjà en surnombre) au lieu d’habitat convivial.
          On dit souvent que la guerre est trop sérieuse pour la laisser aux militaires, je pense simplement que cette guerre ne sera pas gagnée par des politiciens mais par des scientifiques. Merci les amis pour vos lignes car pour une première publication d’un commentaire sur un site, j’ai été(e) bien reçu.
          Ps: je suis chanceux(se) car je me rends à mon travail à pied en 17 minutes.

      2. Je pense que vous prenez le problème à l’envers, ou au mieux sous l’angle de l’immobilisme. Cent ans plus tôt, vous auriez été de ceux qui luttaient contre la mécanisation des campagnes sous prétexte que le tracteur tuait l’emploi d’ouvrier agricole.
        Jetez donc un oeil au sophisme économique de la vitre cassée et transposez le concept aux exemples que vous citez, beaucoup vous sembleront caduques. Pour les autres, un accompagnement sera nécessaire, parfois la réorientation coulera juste de source.

        Le changement ne veut pas dire de tout mettre en bas, bien au contraire. L’objectif est justement de faire en sorte d’éviter à notre civilisation un effondrement total et certainement brutal en la réorientant tant qu’il est encore tant. Un très bon et très linéaire anti-exemple est ce qui est arrivé à la civilisation de l’île de Pâques

        Le changement fait peur, il vous fait peur, mais ne rien faire n’est une option que s’il vous reste moins de 10 ou 15 ans d’espérance de vie et que l’avenir de la civilisation ne vous importe pas. Sinon, accompagnez ce changement plutôt que de le subir.

    2. Une unique mesure pourrait être suffisante: faire en sorte que l’énergie coûte son juste prix, en prenant en compte son impact écologique, ou plutôt sur le climat. En voici quelques corollaires:
      – Voyages en avion que si absolument nécessaire
      – Réduction du chauffage de 2-3 degrés, construction mieux isolées
      – Véhicules plus légers et économes
      – Diminution du transport de marchandise et d’aliments
      – Diminution de la consommation de viande
      – Diminution de la population mondiale
      – lissage du pic de consommation électrique
      – Développement de nouveaux types de réacteur nucléaire comme ceux à sels fondus
      – Je n’y crois pas trop, mais soyons optimiste: réacteur à fusion
      – Chasse au gaspillage et obsolescence programmée
      – Abandon de zones trop hostiles à l’homme (trop chaudes, trop froides…)

      1. J’ajouterais…
        – Faire payer l’energie generee par le nucleaire a son juste prix.

        Mais question… Comment faites-vous pour faire diminuer la population mondiale ???

        1. Disons que je ne vais pas le faire moi-même 🙂 J’essaie juste quelques pistes, et d’en appliquer certaines à ma petite échelle.
          A part une minorité dangereuse d’extrémistes de tous bords, qui pourrait souhaiter une réduction violente cathartique ou apocalyptique, il est très souhaitable qu’elle se fasse de manière à minimiser les souffrances. Les maths sont assez triviales, il faut que chaque individu engendre moins de un descendant, donc moins de 2 enfants par femme dans le modèle traditionnel.
          Voici quelques pistes auxquels je peux penser.
          – L’éducation! En règle générale, plus les gens et surtout les femmes sont éduqués, moins ils ont d’enfants.
          – Un planning familiale accessible à tous et toutes. Le “Croissez et multipliez” n’est plus d’actualité, bien au contraire. Cette idée fait même son chemin parmi les penseurs chrétiens, dont le brillant Jésuite Gaël Giraud.
          – Suppression des politiques natalistes.
          – Consolidation des systèmes de retraite (souvent, les enfants sont vus comme une assurance pour les vieux jours)
          – Ouverture des modèles de cellule familiale:
          — Dans la verticalité: revenir à un système ou plus de deux générations cohabitent
          — Libéralisation horizontale: à l’heure actuelle, les cellules familiales sont majoritairement composées de deux personnes, parfois d’une seule. Pourquoi ne pas permettre à trois ou plus de la constituer?

  8. Vous, vous n’aimez pas la valeur ajoutée. Ca se voit. Mais voyez-vous sans valeur ajoutée, la Suisse serait comme le Bengladesh: pauvre et heureuse. Alors que maintenant elle est riche et malheureuse. C’est ça qui serait beau. Hélas tout ce qui fait la Suisse que nous connaissons aujourd’hui c’est la haute valeur ajoutée: l’horlogerie, la joaillerie, le chocolat, le fromage de Gruyères et de l’Etivaz, la viande séchée, Nestlé, Ares Serono, Ems Chimie, Novartis, Sulzer, ABB, Pilatus, les ciments Holcim, les banques, les assurances, eh oui, les assurances, les parfums Firmenich, Alinghi, Bertrand Piccard, Federer, Stan Wavrinka, Lara Gut, Shakiri, le FC Sion, Servette et Neuchatel Xamax, l’EPFL, et Z, Mssrs Neirynck et Dubochet, l’IMD, la cinémathèque Suisse, le festival de Locarno, l’orchestre de la Suisse Romande, tout ça c’est de la très haute valeur ajoutée. Ca va être dur de s’en passer.

    Mais vous avez raison, il faut que ça cesse. Il faut se débarrasser enfin de tous ces inutiles qui nous pourrissent la vie. Il faut d’urgence revenir à la saine, la vraie basse valeur ajoutée, ou même, encore mieux, pas de valeur ajoutée du tout. Comme ça enfin on pourra être heureux, comme au Bengladesh. Dépêchons nous, il n’y a pas de temps à perdre.

    Bravo! Vous êtes doué Thomas. Vous devriez faire de la politique. Comme ça vous pourriez prêcher la fin de monde en vous couvrant la tête de cendres, et vous seriez tout de suite élu. Vous deviendrez copain avec les belles arrivistes Ada (Mara) Adèle (Thorens) Céline (Vara) et Lisa (Mazzone). Vous seriez quelqu’un, et ensemble avec Pilou Pilou vous nous guideriez vers des lendemains qui chantent.

    Enfin, grâce à vous, nous serons libérés de l’oppression de la valeur ajoutée. Il était temps.

    1. Je pense que personne ici ne dit qu’il faut lutter contre la valeur ajoutée, ni ne fixe le Bangladesh comme objectif. Soit dit en passant, le Bangladesh est un pays qui souffre grandement du réchauffement.

      Vous citez le Prof. Dubochet, l’avez-vous entendu récemment? Il utilise sa notoriété justement pour faire passer le message de la menace du changement climatique. Quand à Holcim, je serais intéressé à savoir quelles sont leurs mesures, sachant que la production d’un kilo de ciment émet entre 600 et 700 grammes de CO2

      Gardez votre misogynie pour les commentaires sur le site de 20 Minutes. Les parties auxquels appartiennent ces femmes sont majoritairement masculins à Berne.

  9. Et bien j’ai finalement compris pourquoi je ne laissais pas de message. Personne n’entend personne. Et surtout personne ne veut écouter personne. Je suis plus intelligent que les autres et j’utilise tous les subterfuges pour développer mes arguments. Non je ne suis pas contre la croissance mais pour une croissance qui permette à tous d’en bénéficier. De part ma vie professionnel j’ai eu l’opportunité de voyager au Pakistan en Inde et autres pays défavorisés et où je le vous concède le réchauffement climatique n’est aucunement un sujet de discussion. Notre petite Suisse avec son dynamise et son savoir faire à tout à gagner a être un eldorado du mieux consommer et mieux vivre. Soyons un exemple, un phare que dis-je une péninsule. Voilà c’était mon dernier commentaire. Et comme disait ma grand-mère, pendons les écologistes tant qu’il y a des arbres.

  10. Une politique qui aurait pour but de ne bousculer personne, ne déranger personne, serait vouée a l’échec.
    En gros, on aurait ce que l’on a eu depuis 40 ans. Le moment de l’action est venu. Meme si pour toute la société, ca sera douloureux. Mais qu’ils se rassurent, les nantis d’aujourd’hui s’en sortiront toujours mieux que les autres.
    Ne plus se dire, “ceux qui viendront après nous, géreront les problèmes.” Cette vieille generation dont je fais partie, ne l’a encore pas compris. Bien entendu, c’est confortable de penser comme ca. Apres moi le deluge!!!

    1. Je vous rappelle que nous vivons en démocratie directe et que c’est le peuple en dernière instance qui prend les décisions. Il ne se laisse pas bousculer.

      1. Aux dernières elections, le peuple a montre qu’il était prêt a se faire un peu plus bousculer.
        L’immobilisme ne fait pas une politique. Les nouvelles generations ne sont plus d’accord d’attendre 40 ans pour que ca bouge. Le nouveau parlement sera”moins” a s’aplatir devant les puissants lobbies, comme il était la coutume jusqu’à aujourd’hui. Cela dit, c’est dans la pratique que l’on se rendra compte des nouvelles pratiques du parlement.
        Je vous rappelle aussi que toutes les lois ne passent pas devant le peuple.

      2. En cas de danger imminent ou de circonstances dures, les Suisses sont capables de se serrer les coudes, de se bouger et d’accepter des concessions. Je pense par exemple aux guerres mondiales ou aux abris PC construits durant la guerre froide. Il faut que la prise de conscience, ici comme ailleurs, continue. Cette taxe est aussi un moyen.

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