Le caprice des antiéoliens

Une mesure plus précise des vents dans le canton de Vaud a démontré que la mesure antérieure péchait par optimisme et surestimait le potentiel éolien du canton. Néanmoins, il reste de nombreux sites qui sont exploitables. Or il existe une association Paysage-Libre Vaud qui lutte pour la protection du paysage contre son industrialisation par les installations éoliennes. Son titre de gloire depuis sa création en 2013 a été d’empêcher la construction des 160 éoliennes planifiées. La population est rétive pour toutes sortes de raisons, bruit des pales, atteinte à la population des chauves-souris, mais surtout dégradation du paysage. D’où les recours qui bloquent les implantations.
En Suisse, l’énergie éolienne reste donc quasiment inexploitée. Seules 37 éoliennes ont été installées en vingt ans. A titre de comparaison, un autre pays de même taille dans les mêmes conditions géographiques, l’Autriche en a installé 1300. Le 25 décembre 2018, elles couvraient 28% de la demande en électricité et 111% le 24 décembre 2015. Ce n’est donc pas une solution négligeable ou marginale à la production d’énergie renouvelable.
La Suisse dispose d’un potentiel estimé à 88% de la consommation d’électricité mais il demeurera théorique par suite de la multiplication des recours. Le Conseil fédéral ne compte pas sur plus d’une contribution de 10%.
L’énergie éolienne souffre d’une limitation, son caractère aléatoire. Elle ne produit pas nécessairement au moment de plus grande consommation. Il faut donc la coupler avec des méthodes de stockage, comme le cycle pompage turbinage en montagne ou la production d’hydrogène par électrolyse de l’eau.
Une éolienne isolée produit de de 2 à 3 MW comparé à une centrale classique produisant de l’ordre de 1000 MW. Il faut donc de 300 à 500 éoliennes pour s’y substituer. Dès lors, on ne peut évidemment pas considérer l’éolien comme l’énergie de remplacement à tout faire. C’est un appoint, une partie de la solution qui en comportera beaucoup d’autres.
C’est par la multiplication des actions (isolation, cellules photovoltaïques, biomasse, géothermie) que l’on pourra, que l’on devra se passer de charbon, de mazout et d’uranium. On se permet de rappeler que les ressources non renouvelables ne se renouvellent pas, qu’elles renchérissent dans le temps avec l’épuisement des sites les plus économiques et qu’en fin de compte elles ne seront plus disponibles. Jadis un baril de pétrole dépensé lors de la prospection et de l’extraction générait cent barils. Aujourd’hui à peine une vingtaine. Un jour l’extraction compensera tout juste la dépense en énergie et ce sera la fin.
Les défenseurs du paysage sont de grands enfants avec une pente poétique. Ils croient qu’il existe une source infinie de pétrole au sens du bambin qui croit au Père Noël. On ne peut leur en vouloir. Ils suscitent l’attendrissement général en attendant qu’ils deviennent adultes.

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck est ingénieur, ancien conseiller national PDC et député au Grand Conseil vaudois, professeur honoraire de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), d'origine belge, de nationalité française et naturalisé suisse. Il exerce la profession d'écrivain.

21 réponses à “Le caprice des antiéoliens

  1. 1. …. Arithmétique:
    Une centrale “classique” – disons nucléaire – de 1000 MW de puissance aux génératrices fournit au cours de ses quelque 6500 heures de fonctionnement annuel environ 6,5 millions de MWh. Une (très grande) éolienne de 3 MW de puissance-crête a, elle, bien de la peine, ailleurs que sur un front océanique, à fournir 7500 MWh par an au cours de (très optimistes) 2500 heures à pleine puissance. Le rapport entre les productions brutes est ainsi de l’ordre de 1/850. Comme la première, en ruban, ne peut être remplacée par la seconde, discontinue et aléatoire, il faudra bien maintenir la première pour qu’elle se tienne prête – ce qui n’est pas facile ni bon marché – à soutenir la seconde.
    2. … Chemins de crête
    Un millier de grandes éoliennes sur les crêtes de l’Arc jurassien, c’est une éolienne, grosso modo, tous les 500 mètres. La nature des lieux en prendrait à l’évidence, un assez vilain coup. Me semble-t-il.
    3. … Oh le beau Léman !
    Si l’on trace un arc, à approximative équidistance des rives, sur le beau lac Léman, entre Genève et Villeneuve, on pourrait disposer d’une ligne d’une soixantaine de kilomètres, soit de quoi loger une bonne centaine d’éoliennes à la queue-leu-leu (bien ancrées évidemment), qui ne manqueraient pas de faire la joie des riverains et sans doute des touristes. Non ?
    4. … Pourquoi les habitants de l’Arc lémanique ne feraient-ils pas eux aussi un petit effort pour nous soulager, nous autres, culs-terreux de l’Arc jurasssien ?

    G.S. 2300 La Chaux-de-Fonds

  2. Je ne connais pas la réponse… mais combien de métaux rares faut-il pour construire une éolienne? Et combien de fois font-ils le tour de la terre pour être finalement utilisés à cette fin en Suisse? Peut-on alors parler d’une énergie renouvelable?

    Je crois cependant à l’éolien en haute mer et au solaire en montagne.

    1. Plus proche de la biologie que de l’ingénierie, je m’active à m’informer sur cette dernière, afin de mieux comprendre ces enjeux énergétiques du notre futur proche, car des votations demanderont aussi de donner notre avis.
      Je ne suis pas au bout de mes peines, mais je pense avoir déjà saisi l’utilité toute relative de ces différentes sources d’energie. Elles sont conditionnées par leur caractère aléatoire et géographique (éolien, marémotrice ), pollueur en CO2 et particules fines (charbon, gaz, pétrole), générerateur de déchets à caractère nucléaire (uranium). La place et l’utilite de la biomasse et de l’electrolyse de l’eau restent encore imprécises dans mon esprit, alors que celle du solaire ne semble évidente.
      La ressource prédominante polluante actuelle est issue d’un stock fini accumulé à des âges géologiques anciens. Elle va inévitablement régresser (pic de consommation annoncé) en raison de son usage lié à notre démographie planétaire et l’activite économique implicite selon les tendances actuelles.
      Je reste confiant dans les progres réalisés en ingénierie et en Sciences tout en espérant que l’Economie sera aussi capables de revoir ses fondamentaux et les adapter à la réalité de notre planète Terre.

  3. Du haut de sa grandeur, Jacques Neirynck montre bien que le débat ne l’intéresse pas et qu’il se situe : dans la condescendance et le mépris de ces antiéoliens infantiles, tous affreux fans du pétrole.
    Pas de chance, au lieu de convaincre, il démontre surtout sa profonde ignorance du sujet et sa paresse d’en faire le tour en prenant le temps de s’informer auprès des intéressés. Il apprendrait que les antiéoliens sont de sensibilités écologiques, politiques, économiques et sociales très variées et parfois antagonistes. Il comprendrait que ce qui les unit, c’est la prise en considération de la valeur inestimable de nos paysages et des gens et des animaux qui les habitent.
    A disposition pour en parler.
    Jean-Marc Blanc, secrétaire général de Paysage-Libre Vaud

    1. Félicitations à Jean-Marc Blanc pour cette réaction à la position de Jacques Neirynck. Je ne puis que recommander à cet ancien Conseiller national que de prendre connaissance de la récente contribution de Jean-François Dupont au sujet du catastrophisme ambiant et de l’énergie nucléaire en particulier, classée parmi les énergies fossiles, dont il faudrait se passer rapidement aussi… (Club Energie 2051) au profit de quelques % d’une énergie éolienne aléatoire, très coûteuse et dévastatrice de paysages.
      Un anti-éolien convaincu.

  4. Cher Monsieur,

    Quand je lis votre conclusion méprisante pour les sceptiques de l’éolien, dont je suis, je me dis que cela ne sert à rien de discuter avec vous,. Il n’y a pas de discussion possible avec un interlocuteur qui vous méprise si ouvertement. Je vous cite pour mémoire:
    “Les défenseurs du paysage sont de grands enfants avec une pente poétique. Ils croient qu’il existe une source infinie de pétrole au sens du bambin qui croit au Père Noël. On ne peut leur en vouloir. Ils suscitent l’attendrissement général en attendant qu’ils deviennent adultes”.

    Sur un plan technique et économique, j’observe que vous ne semblez pas très au clair sur ce que sont des éoliennes, ni sur ce qu’elles coûtent, en argent et en nuisances, en subventions payées pour par tous pour produire une électricité intermittente, donc sans valeur commerciale, rétribuée 4x le prix du marché. Sans oublier une efficacité énergétique misérable.
    Avez-vous calculé qu’il faudrait 800 éoliennes pour compenser (et non remplacer) la production de la petite centrale nucléaire de Mühleberg (5% seulement de la consommation du pays).
    Où allez-vous les mettre ? Sur le Lac Léman où les vents sont plus favorables que sur les crêtes du Jura ?

    Il n’est donc pas nécessaire de débattre avec vous, c’est du temps perdu.

    Avec mes encouragements pour plus de respect de l’autre…..dans ce domaine, vous avez encore beaucoup à apprendre, cher Monsieur. Cordialement votre.

  5. Cher Monsieur,
    Votre âge ne vous permet probablement plus de faire des randonnées au long cours… Dommage… Parce que vous auriez pu chausser vos bottes de 7 lieues, et vous immerger dans l’itinéraire national no5 du Chemin des Crêtes… Vous auriez pu comprendre dans votre chair que vouloir préserver ces terres, c’est tout sauf un caprice…

  6. Monsieur, ma maison se trouvera à 500 mètres de 2 énormes éoliennes ! lors d’une réunion devant 30 personnes ( témoins ) on m’a gentiment dit que je ferai mes grillades à l’intérieur et plus sur ma terrasse et lors de la présentation du projet devant 300 personnes, le chef des Sie a rigolé en disant que moi je n’ai pas de chance…
    C’est toute cette arrogance qui est humiliante, jamais la ville de Lausanne a essayé de discuter, qu’est-ce que je peux dire à mes enfants, qu’ils auront deux éoliennes à 500 mètres de chaque côté de leur maison et qu’ils pourront plus mettre le nez dehors à cause du bruit et ne pourront plus dormir la nuit. Si vous voulez que je sois pour proposez moi un terrain ou je peux refaire ma vie.
    A l’étranger il faut 1 kilomètre minimum avec tendance d’augmenter la distance.

  7. Je m’apprêtais à laisser un commentaire opposé au parti pri pro-éolien de M. Neirynck quand j’ai pris connaissance de la réponse de Jean-Marc Blanc. Etant personnellement très sensible au respect de nos paysages, je partage intégralement le point de vue que Jean-Marc Blanc défend avec justesse et fermeté. Inutile donc de trop en ajouter. Néanmoins, comme dit M. Neirynck:
    Quelle mouche a-t-elle donc piqué le grand homme politique pour qu’il s’en prenne d’emblée dès l’introduction de son billet à Paysage-Libre Vaud? Le démocrate Neirynck ne supporterait-il pas les oppositions quand elles ne correspondent pas ses idées? Ses quatre dernières lignes de conclusion sur l’infantilisme des défenseurs du paysage sont un monument de suffisance et d’irresponsabilité. Rien de constructif entre deux, sinon des propos éculés rabâchés en boucle depuis des années. N’a-t-il pas d’autres arguments à présenter que la vindicte et l’incitation à l’affrontement? La condition d’honorable retraité n’est pas une excuse à l’indigence des propos tenus.
    L’ancien scientifique serait aussi bien inspiré, par exemple, de scruter d’un œil critique les conditions dans lesquelles la nouvelle (sic) carte des vents a été établie, et, par la même occasion, de la mettre en relation avec la loi de puissance en cube de la vitesse du vent.

  8. Tout cela est bien vrai mais n’explique pas ce que nous trouverons comme source d’énergie dans deux ou trois décennies quand il ne sera plus question de brûler du pétrole. Tôt ou tard, il ne restera que le solaire et la géothermie. L’éolien n’est qu’un morceau de la solution. Pouvons-nous le bannir alors que d’autres pays s’en trouvent bien? J’ai visité l’Autriche et je ne la trouve pas défigurée du tout pas plus que la Hollande avec ses moulins.

    1. Allons-donc, dans le meilleur des cas, les prévisions de production d’électricité éolienne ne représenteront que quelques pourcents des besoins en électricité en 2050.
      Au lieu de se bagarrer pour ou contre une technologie presque obsolète et inadaptée pour la Suisse dont la seule fenêtre de progrès réel est le gigantisme*, on ferait mieux de consacrer les forces et les moyens considérables en présence à la recherche d’autres solutions plus novatrices et moins conflictuelles.

      * des éoliennes de 250 m existent déjà en Allemagne qui, soit dit en passant n’a pas résolu ses problèmes et se trouve être le pays dont la production de CO2 par habitant est la plus élevée d’Europe.

      Jean-Marc Blanc, secrétaire général de Paysage-Libre Vaud

      1. Production de CO2 en tonnes par habitants
        Estonie 14.44
        Pays Bas 9.80
        République tchèque 9.60
        Allemagne 9.40

      2. Je cite”une societé moins fossile n’a pas d’autre alternative à la decroissance “… Ce que vous et vos collègues politiciens ne dites jamais, continuant de faire croire à la population angoissée par le catastrophisme ambiant que 3 éoliennes et deux panneaux solaires pourront faire l’affaire…
        https://jancovici.com/publications-et-co/interviews/une-interview-dans-le-temps-du-23-fevrier-2019/
        De fait Aucun politicien n’a eu le courage d’annoncer clairement la couleur. Et tout le monde se jette sur ces grigris verts pour conjurer l’inéluctable et oublier que certaines choses changeront que ça plaise ou non

        1. Il ne faut pas mettre tous les hommes politiques dans le même sac de partisans du productivisme.
          J’ai pris position très tôt contre la société de consommation et des gaspillage. Voici les titres de trois de mes ouvrages en ce sens. Il est évident qu’il faut commencer par réduire la consommation avant de se fournir en énergies vertes et je n’ai cessé d’agir en ce sens.
          • Le huitième jour de la création (Presses Polytechniques Romandes, Lausanne, 1986. édition revue et révisée 2005). Traduction en allemand, Der Göttliche Ingenieur (Expert Verlag, Sindelfingen).
          ● La sauvegarde de la création (Saint Augustin, St Maurice)
          ● La grande illusion de la technique, (Jouvence, Genève 2005)Maurice, 2009)

    2. Ce que vous pensez de l’Autriche est aussi subjectif que ce que vous reprochez aux opposants. Les éoliennes ne constitueront jamais une solution, elles sont simplement arrivées au bon moment pour remplir le sac des politiciens qui sont bien démunis devant les problèmes liés aux changements climatiques. Soutenir une nouvelle industrie, productrice de nouvelles nuisances multiples, est tout ce qu’ils savent faire. Les conséquences ne les intéressent tout simplement pas. Le nucléaire est bien arrivé avec eux pour la paix… Plongez-vous dans les calculs de J.M. Jancovici, après cela vous comprendrez que les capricieux ne sont pas ceux que l’on croit dans cette histoire.

      1. “Les éoliennes ne constitueront jamais une solution”

        Vous devriez regarder le film “Le Garçon qui dompta le vent / The Boy Who Harnessed the Wind”
        https://www.netflix.com/ch-fr/title/80200047

        Cela dit, je suis d’accord avec vous en ce qui concerne la Suisse. Nous avons les moyens de faire mieux, à condition d’investir dans le savoir, des ingénieurs (plutôt que des footballeurs) et le risque.

        1. Est-ce que ce garçon qui a dompté le vent est à la tête d’une multinationale qui se nourrit de subventions publiques? Il vend des certificats verts à tour de bras à d’autres multinationales qui exploitent la planète outrageusement et se paient une conscience en injectant dans l’éolien l’argent qu’elles ne supportent pas de partager en payant des impôts comme tout le monde? Ses copains colonisent les milieux ruraux, les espaces protégés, les terres ancestrales, les forêts tropicales, en se fichant royalement des populations locales qu’ils tiennent à l’écart avec des normes et des traités négociés avec les politiques? Ils s’approprient le label vert pour poursuivre leur course aux profits? Ce genre de “garçon” ne m’intéresse pas. 🙂 Si il a juste dompté le vent pour alimenter un projet à échelle humaine, nous parlons d’autre chose.

  9. Guéguerre de chiffres : éolien ‒ charbon ‒ fusion, etc….
    Ce n’est pas demain que le charbon va être abandonné sur Terre, tout particulièrement pour la production d’électricité. Les réserves dépassent les 1’000 Gt, soit mille milliards de tonnes. En regard la consommation mondiale actuelle de charbon est “seulement” de l’ordre de 5,3 Gt par an, ce qui correspond à une énergie de 3,7 Gtep ou 155 EJ par an, dont la majeure partie permet de produire près de 10’000 TWh d’électricité par an, soit 38% de l’électricité mondiale.
    L’Allemagne, souvent citée ici en “exemple”, a encore plus de 36 Gt de lignite en subsurface ; même si elle va abandonner ses rares mines d’anthracite (qu’elle importe surtout !) qui ne sont plus rentables, ses centrales électriques à charbon continuent de consommer bon an mal 100 Mt qui lui permettent de produire 230 TWh, soit encore 35% de son électricité.
    On peut tirer toute sorte de plans sur la comète pour les diverses sources renouvelables, mais il faut bien être conscient que la demande mondiale en énergie va inéluctablement passer des 13,5 Gtep (570 EJ) actuels à au moins 18 Gtep (760 EJ) en 2040, soit un accroissement de 33%. Les sources renouvelables représentent actuellement l’équivalent de 1,5 Gtep et pourraient atteindre 4 Gtep. Le pétrole passera de 4,5 à 4,9 Gtep, le gaz de 3,2 à 4,6 Gtep, le charbon restera proche de 3,7 Gtep, le nucléaire passera de 0,6 à 0,8 Gtep ; l’ensemble des fossile qui représente actuellement 84% de la demande énergétique mondiale sera encore à 73% en 2040.
    Il faudra patienter et tenir le coup avec les agents fossiles encore quelques décennies, au-delà de 2050, pour que la fusion nucléaire vienne à la rescousse. Cela permet de donner ici un petit calcul intéressant avec un résultat inattendu.
    Pour mémoire, l’abondance du deutérium dans la croûte terrestre est de 155 ppm. Il est surtout abondant dans l’eau sous forme de HOD (eau semi-lourde) ‒ et très peu sous forme D2O (eau lourde) ‒, avec une abondance de 312,5 ppm, soit exactement une molécule d’eau semi-lourde sur 3’200 molécules d’eau.
    Dans le Lac Léman (89 km^3) il y a donc près de 27,8 millions de m^3 d’eau semi-lourde, soit autant de tonnes, ce qui (sachant que le rapport D/HOD = 2/19) correspond à 2,9 millions de tonnes de deutérium.
    La réaction de fusion nucléaire, telle qu’il est prévu de la réaliser sur Terre par la réaction D‒T/He, libère 17,6 MeV par réaction élémentaire, soit 90 MWh(th) ou 35 MWh(él) par gramme de mélange D+T (0,4 g D + 0,6 g T), soit aussi 225 MWh(th) ou finalement 87,5 MWh(él) par gramme de D. Le deutérium du seul Lac Léman permettrait donc de produire quelque 254 millions de TWh(él).
    Sachant que la demande mondiale totale d’électricité actuelle est de 26’000 TWh par an, il y en aurait donc assez dans le seul Lac Léman pour assurer près de 10’000 ans de consommation mondiale actuelle.
    Il est donc impératif de savoir si le prototype ITER, en construction à Cadarache en France, va prouver la faisabilité de la fusion contrôlée sur Terre.
    Si oui, on pourra alors se passer de tout le reste…

      1. Cher Monsieur,
        Ne trouvez-vous pas que ces échanges tournent en rond et ne conduisent à rien ?
        En conclusion je me pose la question de savoir qui sont les enfants dans ce débat.
        Ceux qui s’opposent aux éoliennes parce qu’ils aiment les beautés de notre pays déjà fort densément peuplé et construit (l’Autriche a la même population sur 2x plus d’espace) ?
        Ou ceux qui proposent d’acheter à l’étranger ces grands joujoux que sont des éoliennes, mais qui les veulent gratuitement en les faisant financer par de larges subventions payées par tous. Une telle énergie subventionnée pourrait être classée “d’énergie socialement assistée”, car elle ne demande aucun effort financier personnel de la part de ses promoteurs qui prétendent nous sauver du nucléaire à condition que les autres payent.
        Où sont les Suisses capables de développer des solutions pour notre futur, créatrices d’innovation et d’emplois en Suisse et qui ne proposent pas simplement d’acheter des jouets tout prêts à l’étranger, des Suisses de la même trempe que nos ancêtres qui ont développé l’hydraulique pour en faire un produit d’exportation, et non d’importation subventionné.
        Ce sont ces Suisses, je sais qu’ils existent, qui méritent les subventions, et non pas les grands jouets éoliens allemands ou danois inadaptés pour nos besoins et générateurs de nuisances diverses.
        Bien cordialement, je vous souhaite de joyeuses et fructueuses réflexions futures

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