{"id":83,"date":"2021-07-14T12:27:34","date_gmt":"2021-07-14T10:27:34","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.letemps.ch\/jacques-dubochet\/?p=83"},"modified":"2021-07-14T12:27:34","modified_gmt":"2021-07-14T10:27:34","slug":"pas-durgence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.letemps.ch\/jacques-dubochet\/2021\/07\/14\/pas-durgence\/","title":{"rendered":"Pas d\u2019urgence\u00a0?"},"content":{"rendered":"
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Covid-19 et crise du climat<\/span><\/p>\n

Souvenez-vous\u00a0! Le 13 mars de l\u2019an pass\u00e9, il y avait en Suisse 1000 personnes malades de la covid-19. En soi, ce nombre n\u2019\u00e9tait pas bien impressionnant\u00a0; \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de ma petite ville, cela repr\u00e9sentait peut-\u00eatre une ou deux personnes \u2013 que je ne connaissais pas d\u2019ailleurs. Le probl\u00e8me \u00e9tait autre : le nombre de malades doublait en moins de 3 jours\u00a0; il se multipliait par dix en 10 jours. \u00c0 ce rythme, le syst\u00e8me de sant\u00e9 aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9bord\u00e9 avant la fin du mois\u00a0; on voyait venir le chaos m\u00e9dical, peut-\u00eatre le chaos national. Il y avait urgence. Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a pris ses responsabilit\u00e9s. Il nous a tous enferm\u00e9s. Seize mois plus tard, l\u2019\u00e9pid\u00e9mie n\u2019est, certes, pas termin\u00e9e, mais, chez nous, elle semble sous contr\u00f4le. (Touchons du bois et esp\u00e9rons que nos dirigeants seront courageux.) La vie, presque normale, reprend. Bravo le Conseil f\u00e9d\u00e9ral.<\/p>\n

Malheureusement, il existe une autre histoire qui, elle, n\u2019est pas sur la voie d’\u00eatre r\u00e9solue. La Terre est malade de notre civilisation. Elle a d\u00e9j\u00e0 pris un gros degr\u00e9, en 2050 la fi\u00e8vre aura plus que doubl\u00e9, \u00e0 la fin du si\u00e8cle la Terre sera morte\u2026 morte en tout cas dans l\u2019\u00e9tat ou nous l\u2019aimons. Mais la majorit\u00e9 d\u2019entre nous s\u2019en fiche, trouve de trop les quelques centaines de francs que leur demandait la loi CO2 alors qu’une cour du Tribunal f\u00e9d\u00e9ral constatait\u00a0: \u00ab\u00a0il n\u2019y a pas d\u2019urgence\u00a0\u00bb.<\/p>\n

Comment comprendre ?<\/p>\n

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Un futur impensable.<\/u><\/p>\n

Est-ce l\u2019\u00e9chelle du temps qui nous d\u00e9passe\u00a0? La catastrophe du virus, annonc\u00e9e comme imminente \u00e0 mi-mars de l\u2019an pass\u00e9, \u00e9tait un coup de massue qui exigeait une r\u00e9plique imm\u00e9diate. Avec le climat, l\u2019\u00e9chelle temporelle n\u2019est pas marqu\u00e9e au rythme de la semaine ou du mois. Elle l\u2019est par les ann\u00e9es qui nous restent jusqu\u2019\u00e0 2050 et notre promesse d\u2019avoir alors r\u00e9gl\u00e9 le probl\u00e8me. Elle l\u2019est semblablement par les 30 ans du temps de doublement de l\u2019anomalie de temp\u00e9rature.<\/p>\n

Trente ans, c\u2019est long\u00a0! Dans ma vie, j\u2019ai souvent pens\u00e9 aux dix prochaines ann\u00e9es, mais jamais je ne me suis s\u00e9rieusement imagin\u00e9 mon avenir trois d\u00e9cennies plus tard.\u00a0 Il est facile de vivre au pr\u00e9sent, se projeter le temps d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration semble impossible. Notre intellect est brillamment capable d\u2019\u00e9chafauder n\u2019importe quel futur, mais, au-del\u00e0 du futur imm\u00e9diat, les sentiments, les \u00e9motions et le c\u0153ur ne suivent pas. Voil\u00e0 peut-\u00eatre pourquoi une majorit\u00e9 de Suisses pr\u00e9f\u00e8rent en rester au pr\u00e9sent – qui ne va pas si mal – plut\u00f4t que de se projeter dans un futur lointain et inqui\u00e9tant.<\/p>\n

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Un pass\u00e9 inacceptable.<\/u><\/p>\n

Au manque de r\u00e9activit\u00e9 de la majorit\u00e9 de la population suisse il y a peut-\u00eatre une autre explication, plus difficile \u00e0 admettre. Nous, adultes d\u2019aujourd\u2019hui, avons \u00e9t\u00e9 ceux des 30 glorieuses et de leur suite qui ne le semblait gu\u00e8re moins. Mais voil\u00e0 que cette gloire se d\u00e9compose. Nous d\u00e9couvrons que, sans en avoir eu conscience, nous avons fait tout faux. Nous commen\u00e7ons \u00e0 nous en rendre compte. Greta Thunberg l’exprimait ainsi \u00e0 la COP 24, le 18 d\u00e9cembre 2018 \u00e0 Katowice\u00a0: \u00ab\u00a0Vous ne parlez que de continuer cette mauvaise id\u00e9e qui nous a mis dans le p\u00e9trin. Vous n\u2019\u00eates pas assez m\u00fbr pour dire les choses comme elles sont. M\u00eame ce fardeau, vous le laissez \u00e0 nous, les enfants\u00a0\u00bb. Dur, dur\u00a0!\u00a0Mais elle a raison.<\/p>\n

\u00c0 en rester l\u00e0, il y aurait de quoi d\u00e9sesp\u00e9rer.<\/p>\n

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Un pr\u00e9sent assum\u00e9.<\/u><\/p>\n

D\u00e9sesp\u00e9r\u00e9\u00a0? Non, l\u2019erreur est humaine. J\u2019en ai fait plein dans ma vie. Le d\u00e9sir de contribuer \u00e0 les corriger est motif d\u2019action et, souvent, source de satisfaction. Les t\u00e2ches ne manquent pas. \u00a0Je continue\u00a0! Merci d\u2019en faire autant.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

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