Géopolitique

Il y a eu le rapport Meadow qui, il y a 50 ans, disait que dans 50 ans le monde se retrouverait en catastrophe.  Un pet dans l’eau !

Puis il y a eu 20 et quelques COPs et autres conférences divers.

Puis, il y a eu Greta et beaucoup d’autres ; les lignes ont commencé à bouger. Doucement ! Beaucoup trop doucement parce que l’être humain n’aime pas changer son petit confort.

Entre-temps, il y a eu le virus qui a montré que sans avions le ciel est plus bleu, et que sans voitures, l’air est plus pur. Surtout, il a prouvé que, quand on veut, on peut.

Et puis il y a la guerre en Ukraine qui nous lance brutalement à la figure qu’il est trop tard pour regarder le temps passer.

Demain, lundi 2 mai, grâce à Guillermo Fernandez, le Parlement fédéral apprendra par le GIEC que, à moins d’un sursaut énorme – mais encore possible -,  le monde n’échappera pas au désastre climatique. On parle de trois ans pour tout changer.

Hélas, non, pas trois ans. Maintenant !

Sinon, nous dit-on, nous risquons de nous retrouver, ici, en Suisse, dans le noir et le froid l’hiver prochain. Peut-être ?

Ce qui est certain, c’est que le monde est en crise géopolitique fondamentale. Il y aura des famines, des guerres, des effondrements économiques. Notre système, par lequel chacun, chaque groupe, chaque nation pense pouvoir faire comme il en a envie, n’est plus viable.

Ici, en Suisse, dès mardi, il faut que notre Conseil fédéral et notre Parlement prennent les choses en main. Nous, citoyens et citoyennes les soutiendront à être courageux.

Mâle alpha

Ce fut une solution et ça l’est encore chez certains. Le mâle alpha des tributs de gorilles est grand, il est fort, il fait beaucoup de bruit ; il est le premier à se rassasier de nourriture et, sauf détournement,  les femelles sont toutes pour lui. Il est chef ! Je ne sais pas si tous les membres de la tribu sont contents, mais le système fonctionne. Il devrait perdurer si les humains ne viennent pas tout casser.

Est-ce la même stratégie qui a si bien servi et qui a permis le prodigieux développement de l’espèce Homo sapiens ? En tout cas, des mâles alpha, nous en avons pléthore, et certains d’entre eux font que la brillante conquête du monde par notre espèce est en train de tourner au désastre.

Que faire ? Bien sûr, il faut neutraliser les pires, mais je doute que quiconque puisse ressortir vainqueur de la guerre des mâles. Du calme M. Biden ! Pour ce qui concerne la situation du moment, faute d’un meilleur avis, je me tais.

Par contre, pour le long terme, je vois une meilleure solution. Actuellement, la relation entre hommes et femmes est en train de se transformer de manière fondamentale.  Elle devient plus égalitaire et plus collaborative. En continuant dans cette direction, le rôle du mâle alpha sera sérieusement remis en question et notre société suivra une nouvelle trajectoire.

J’ai connu le pire. Il y a presque 60 ans, je faisais mon école d’officier – petit officier, pas tellement à sa place. Notre chef, le colonel Jeanmaire – il est devenu célèbre par la suite – avait une ambition affichée ; il voulait faire de nous des chefs, des mâles alpha. Certains, hélas, ont bien pris la leçon.

J’ai aussi vu le meilleur. L’an passé, sur la ZAD du Mormont, une petite centaine de jeunes engagés, refusant la marche à la mort de notre société, ont essayé autre chose. Admirablement, ils ont fait un bout de chemin, trop tôt arrêté. Il reste beaucoup à faire.

Dans le fond, l’affaire est simple. Ou bien notre société disparaît, ou bien les humains apprennent à vivre harmonieusement ensemble. À mon sens, cette transformation profonde passe par l’apprentissage d’une relation égalitaire et collaborative entre hommes et femme. Je constate que la situation évolue rapidement. Je garde espoir.

Climat. Pourquoi n’agissons-nous pas ? La réponse de Sébastien Bohler.

Une question ne cesse de me tarauder : comment se fait-il que la plupart de nos concitoyens sachent que nous courons à la catastrophe, mais semblent s’en ficher éperdument ? Deux bouquins du neurobiologiste français Sébastien Bohler proposent un important élément de réponse. “Le bug humain” (1) est petit, mais dense. C’est un best-seller depuis deux ans déjà. Le deuxième a pour titre “Où est le sens” (2). Il reprend le thème du premier en ajoutant une couche d’éléments nouveaux. Sur le même sujet, je conseille encore la synthèse de Sousan Jourdan et Jacques Mirenowicz publiée dans La Revue durable (3).

De quoi s’agit-il ?

D’abord un élément de prudence. Bohler tente de nous faire comprendre comment le fonctionnement du cerveau façonne la société. Or, le cerveau est une chose compliquée, la société aussi. Son explication tient-elle la route ? L’ai-je bien comprise ? N’en jugez pas à mon commentaire, lisez plutôt ces livres. Personnellement, je les ai trouvés importants.

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En vélo

Alors que nous pédalions, coincés entre le flot de la circulation et les amas de voitures au parking, mon compagnon me dit : « Toi, tu ne verras plus le temps quand la mobilité sera tranquille et harmonieuse, moi, j’ai toutes mes chances. »

J’ai presque 80 ans, lui est jeune.

Je vois la catastrophe climatique et la mort des espèces qui progressent follement et notre société qui se laisse foncer dans le mur.

Lui ne s’y laisse pas prendre. Il imagine un autre monde ; il voit la ville de demain sans voiture, sans parking, tout en verdure, où les gens se déplacent tranquillement, à pied, en trottinette, à vélo; les gens s’arrêtent, se saluent, se parlent, c’est le marché du samedi dans la Grand-rue de Morges, tous les jours et en tous lieux.

Il se dit que l’être humain a en lui des ressources insoupçonnées. Il est persuadé que, quand ça va mal, l’homme se prend en main. Bien sûr. il se fait du souci pour moi, car ce beau monde demandera des efforts et ne viendra pas bien vite, mais il y croit et il y travaille, tranquillement.

Merci pour la leçon.

La victoire de Guillermo

Après 37 jours de grève de la faim, Guillermo Fernandez a obtenu ce qu’il demandait : que l’Assemblée fédérale reçoive une information sur la réalité de la crise du climat et de la vie par les scientifiques qui sont au cœur de cette connaissance.

Ce n’est qu’un premier pas. J’espère qu’il va ouvrir une transformation de notre système démocratique.

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Au pied du mur

Tout le monde le sait, mais si peu y croient.

Ils ne sont plus guère nombreux, ceux qui n’ont pas compris que le monde va droit dans le mur et que l’avenir de ceux qui viendront après nous est mortellement menacé.  Les scientifiques l’affirment, les médias reprennent le message en boucle, tout le monde le sait, mais, comme la goutte d’eau sur les plumes d’un canard, la tragique nouvelle passe sans même qu’on ne s’ébroue. Pourquoi ?

Certains neurologues expliquent que le savoir acquis dans notre cerveau intellectuel du lobe frontal ne touche pas notre cerveau reptilien, initiateur des émotions. La catastrophe annoncée de 2050 que la loi sur le CO2 voulait éviter est loin, trop loin pour que nous nous en agitions. On a voté “non” et on continue d’en faire juste assez pour oser prétendre que l’on fait quelque chose. Visiblement, 30 ans, 20 ans ou 10 ans, sont trop pour y croire.

Un mois, c’est différent. On l’a vu le 15 mars de l’an passé, quand il est apparu que notre système médical allait au collapse avant la fin du mois. Chacun a pu alors s’imaginer être en train d’étouffer sans soins dans les couloirs d’un hôpital submergé. On ne l’a pas supporté. Avec le Conseil fédéral, on a accepté en applaudissant les mesures qui nous ont – momentanément – tirés d’affaire.

Est-ce la réponse à ma question ? Pour agir, la menace à l’échéance du mois est efficace ; à dix ans, elle est trop loin pour nous toucher.

 

Sur la Place fédérale à Berne, depuis 37 jours, Guillermo Fernandez est en grève de la faim parce qu’il veut sauver la vie de ses enfants. Il sait que, sans mesures fortes et rapides, celle-ci sera probablement invivable dans 10, 20 ou 30 ans. Le 27 août, peu après avoir pris sa décision, il expliquait l’action qui allait entreprendre dans une belle lettre qu’il nous adressait à tous. Il faut la lire.

https://sites.google.com/fernandez-guggisberg.name/terreur-climatique/en-bref.

Il demande simplement que les parlementaires fédéraux étudient sérieusement les données scientifiques qui prouvent l’étendue du drame et la nécessité d’une action urgente. Il n’arrêtera pas sa grève avant. Trente-sept jours, c’est déjà beaucoup. Quelques mois seront trop. Nos parlementaires sont au pied du mur et nous avec eux.

 

Dix ans, vingt ans ou trente ans, c’est trop loin. Mais, un papa qui meurt sur la Place fédérale en ces temps de Noël et Nouvel An fera peut-être comprendre que l’urgence est vraiment là. Il faut que nos parlementaires le réalisent. Il faut que nous sachions tous que son combat est le nôtre. Maintenant ! Retrouvons-nous samedi à 16:30 sur la Place fédérale, pour, avec lui, le faire savoir.

Engagé pour la vie et le climat.

Nous sommes presque tous engagés pour la vie et le climat. Nous trions nos déchets, nous éteignons la lumière en sortant des toilettes, bien d’autres choses encore.

Certains font plus. Ils se donnent vraiment de la peine pour diminuer leur empreinte écologique. Certains aussi essaient de convaincre autour d’eux qu’il faut s’engager plus fort. Par exemple, il y a Greta Thunberg avec la force de sa conviction. Elle n’est pas seule. Pour moi, ces gens sont des héroïnes et les héros de notre temps.

 

Depuis 21 jours, sur la Place Fédérale de Berne, Guillermo Fernandez fait la grève de la faim pour attirer l’attention de notre gouvernement et de nous tous que, « ça ne va pas comme ça »; il faut faire beaucoup plus, beaucoup plus vite.

Guillermo est un quarantenaire, informaticien cultivé et intéressé par le monde dans lequel il vit. Marié, papa de 3 adolescent.e.s, il a lu le rapport du GIEC publié le 8 août dernier, https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2021/08/IPCC_WGI-AR6-Press-Release_fr.pdf, dans lequel les meilleurs connaisseurs du climat et de son évolution font part, au nom de l’ensemble des nations du monde, que la situation climatique est catastrophique et que des mesures considérablement plus fortes que celles engagées jusqu’ici sont nécessaires pour sauver nos enfants et notre civilisation.

Alors, Guillermo a décidé de faire ce qu’il pouvait, et d’y mettre tous ses moyens ! Vous pouvez lire vous-même ce qu’il en dit : https://sites.google.com/fernandez-guggisberg.name/terreur-climatique,

Nous tous qui sommes un peu engagés pour la vie et le climat, engageons-nous aussi pour soutenir le combat qu’il mène pour nous, par exemple en participant à la veillée aux chandelles qui aura lieu samedi 27 novembre, à 16:30 sur la Place Fédérale à Berne.

 

Guillermo, tu es un héros, merci.

Énergie nucléaire, non merci !

Le directeur de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) est un défenseur convaincu de l’énergie nucléaire. On peut le comprendre. On peut aussi lire sur ce blog plusieurs commentaires qui vont dans le même sens. Personnellement, je suis persuadé que l’énergie nucléaire est un non-sens. Vous le savez, je ne suis pas un expert, mais la situation me semble claire. Je vous propose les principaux arguments qui forment mon opinion. Vous jugerez ; peut-être commenterez-vous. Merci d’avance.

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COP26/2

Hier soir, nous avons longuement écouté – même si nous n’avons pas tenu jusqu’au bout – les déclarations finales des participants.

Impression générale :

  • des hommes fatigués qui louent leur bon travail et assurent hypocritement que les 1,5°C seront tenus.
  • des femmes combatives qui disent : « ça ne va pas ! »

En ajoutant à celles-là tous les jeunes qui disent la même chose et qui s’engagent pour gagner, je garde espoir.