Vie privée, vie publique

En commençant à écrire ce blog, j’écrivais pour les lecteurs du Temps.

Et aussi pour me faire plaisir en m’exprimant sur des sujets qui sont universels : vie, mort et amour.

Je me suis soudainement retrouvée dans un tourbillon médiatique que j’aurais pu refuser. Je m’y suis prêtée en me disant qu’il fallait surfer la vague et relancer le débat sur la vieillesse et le regard que chacun de nous lui porte : la sienne et celle des autres.

La mort douce ou la lente agonie ? Une vie hédoniste ou une vie axée sur le devoir ?

J’ai lancé plusieurs débats mais j’ai été piégée par l’intérêt des journalistes pour mon choix personnel, que je n’avais fait qu’évoquer dans mon blog.

L’impression que je donne : une femme encore belle (à 75 ans ???) veut mourir avant de perdre sa beauté !!!!  Si cela avait été ma motivation principale, je serais morte bien avant.

À la fin de l’ été (50 ans) et pas au début de l’hiver (75 ans).

Une femme de mon âge n’est ni belle ni en pleine santé. Je ne voulais pas m’étendre sur mes différentes pathologies, car elles ne regardent que mon médecin et moi.

J’ai passé de nombreuses années à militer pour un changement de législation en France.

Je voulais également changer le regard que l’on a sur les vieux en étant délibérément provocatrice et moqueuse. Très surprise par les réactions (d‘ hommes surtout) me proposant leurs services (sexuels) et les critiques acerbes de personnes (âgées le plus souvent) me reprochant de penser encore au sexe !!! Comme si en parler n‘était réservé qu‘aux jeunes !!! Quand sortirons-nous des clichés et du « politiquement correct » ?

Parler de la mort ne veut pas dire qu‘on va aussitôt mourir. Parler de sexe ne veut pas dire qu‘on passe son temps dans des clubs échangistes !!!

Nous sommes des êtres sexués et mortels. Donc rien de plus normal que d‘évoquer ces deux sujets, pulsion de vie (Eros) et pulsion de mort (Thanatos).

Nous vivons et pendant ce temps, si nous avons de la chance et le goût de vivre, nous aimons. Puis un beau jour, nous mourons. Autant que cela se passe en douceur, sans trop de souffrance. La vieillesse peut être un moment de sagesse et de transmission. Elle peut aussi être une source de souffrances diverses. À chacun de décider quand la somme des souffrances est plus grande que la somme des plaisirs. Voilà mon unique propos et il n‘engage que moi.

J’ai heurté des sensibilités et je m’en excuse. Mais ce sont des sujets sur lesquels on pourrait débattre sans aigreur ni amertume. Des sujets qui nous concernent tous. J‘ espère pouvoir continuer à échanger des idées avec les lecteurs du Temps que je remercie pour cet espace de liberté.

Jacqueline Jencquel

Jacqueline Jencquel

Jacqueline Jencquel est née en 1943 à Tien-Tsin en Chine. Elle milite pour le droit de mourir dans la dignité, notamment au sein de l’ADMD France. Dans ce cadre, elle a accompagné des dizaines de Français en Suisse pour leur permettre d’obtenir un suicide assisté. Dans ce blog elle évoquera l’expérience d’une vie entre plusieurs continents ainsi que le quotidien de son combat.

47 réponses à “Vie privée, vie publique

  1. Vous avez tout mon soutien! Votre combat pour le droit de mourir quand on le souhaite et dans la dignité est une évidence! Vous êtes trop en avance sur votre temps et certains sont jaloux de votre liberté d’être et de penser.

  2. Bonjour
    Je suis comme Alexandra, j’apprécie votre démarche et je suis avec intérêt votre blog.
    Moi, je suis résidente suisse donc mon engagement est moindre que le votre. Je suis d’accord avec toutes vos affirmations et j’ai la même approche. Je vais décider de ma mort comme j’ai décidé de ma vie, de ma carrière professionnelle, du choix d’avoir
    des enfants, de voyager etc.
    Cordialement à vous

    1. Pas le mien, de soutien ! Exit, Dignitas sont des institutions bien connues. Je comprends pour des personnes âgées, très malades, qui veulent en finir. Mais je comprends mal pour une personne comme J.jencquel. Pourquoi souhaite-t-elle une assistance au suicide? Si elle estime que « le temps est venu » pour elle de mourir (Le Temps du 15.08.18), qu’elle le fasse! Courage, voyons! Et sans assistance! Un petit tour sur Google vous « assistera » !

      1. Merci de me souhaiter une mort violente😊😊😊😊 quelle douceur … vous êtes trop gentille , Noëlle !!!!!

  3. Avec tout mon respect, Madame, même si l’on puisse regretter qu’un coeur si grand et généreux soit lassé de nous enchanter de ses blogs 😃

  4. Bonjour madame et merci pour ce débat que je trouve pour ma part très intéressant
    N’en déplaise aux donneurs de leçons et égocentriques à la pensée unique
    Comme vous , je trouve que c’est un choix personnel qui ne regarde personne d’autre
    Et les donneurs de leçons et dictateurs de tous bords n’ont pas le monopole de ce genre de décision
    Chaque personne est maître de sa vie , donc passez votre chemin
    Encore merci Jacqueline

  5. Votre réflexion et votre démarche témoignent d’une grande intelligence, d’une belle ouverture d’esprit et de beaucoup de profondeur. Je me sens solidaire de votre combat. Il faut des gens comme vous pour faire avancer les choses. Merci d’avoir le courage de parler et d’agir.

  6. Je fais partie de ces lecteurs du Temps qui ont découvert votre combat et votre blog en lisant l’article devenu « viral » comme on dit maintenant.
    Pas vraiment surpris mais consterné d’apprendre les réactions masculines plutôt négatives ou carrément detestables. Pourquoi les femmes sont-elles plus ouvertes et plus empathiques ? Je me pose (naïvement ?) la question.
    Comme dit dans une précédente intervention, je suis inscrit chez Exit Suisse romande bien qu’étant, pour le moment, en bonne santé.
    Mais je soutiens à fond votre action et je vous dis mon admiration et tout mon respect pour votre démarche. J’ai plusieurs amis français à qui j’ai indiqué l’adresse des organisations auxquelles ils peuvent recourir.
    Je voudrais pouvoir mieux les aider mais me trouve démuni.
    Chère Jacqueline, continuez votre lutte et poursuivez votre action. Et surtout ne vous laissez pas atteindre par les commentaires lamentables que vous recevez. Mais j’ai cru comprendre à travers vos messages que vous êtes forte et déterminée.
    Alors au plaisir de continuer à vous lire

  7. Jacqueline,
    Merci. Vous n’avez pas à vous excuser ! Heurter des sensibilités. Quelles sensibilités ?
    Continuez ! Je pense comme vous. Suisse, d’origine latine et chrétienne en plus de cela…
    Bien à vous. Marina

  8. Belle mise au point, Madame. Vous avez bien fait de donner ces bonnes précisions.
    Continuez d’agir et de penser comme vous le faites.
    Bon courage !

  9. VIEILLIR HELAS

    A un moment donné
    On atteint son sommet,
    Oui mais pourtant jamais
    Cela on ne le sait.
    Ce n’est qu’un peu plus tard
    Au détour d’un regard
    Dans un quelconque miroir,
    C’est alors qu’on peut voir
    Comme nos traits ont changé,
    Comme on s’est dégradé.
    Intellectuellement
    C’est un peu différent,
    Très rares sont les Humains
    Qui ressentent leur déclin.
    Pour les moins cortiqués
    Vieillir n’est pas une peine,
    Ils ne vont y penser
    Leur pensée est sereine.
    Hélas les intellos
    Portent un plus lourd fardeau,
    A force de trop penser
    De trop mentaliser,
    Les voila déprimés.
    Vieillir n’est pas aisé…

    01/12/2016
    Tahiti

  10. Bonjour Jacqueline, je craignais que, effarée et dégoutée par les vibrions qui infectent toute tentative de discussion entre bonnes gens, vous ayez abandonné ce lieu d’échange… (sauf erreur, aucun forum à l’ADMD) ! Merci de nous faire partager votre expérience, votre sagesse, et votre brin de plume…
    A nous d’en faire bon usage: ils attaquent l’IVG, alors para bellum pour l’IVV….!

  11. Merci Jacqueline pour ces (nouvelles) très belles lignes.
    Ne vous découragez pas et ne vous excusez pas.
    Le monde hélas est peuplé de plus en plus d’idiots mais il ne faut pas leur en vouloir;
    l’agressivité et la méchanceté est souvent nourrie par la frustration, l’envie, le mal être et tous ces gens qui vous lapident sont plus à plaindre qu’à blâmer.
    Ne lâchez pas votre plume, elle m’est douce et légère
    Joyce (58 ans, en pleine forme et sexuée)

  12. J’aime beaucoup votre philosophie. Je pense que vous avez raison. Mais je suis déjà triste de penser que je ne vous lirai plus texte après le mois de janvier 2020.
    En tout cas merci, car vous m’avez éclairé.

  13. Vous recevez un soutien unanime en bon nombre, en quelques heures à peine après la publication de votre message qui offre une synthèse de vos opinions et confirme votre engagement. Si un jour vous ne serez plus là, pour toutes ces personnes que vous avez touché affectivement et intellectuellement, vous continuerez à exister.

    1. Merci..vos paroles sont douces . N’ est – ce pas plus gratifiant d’ entendre ou de lire de tels éloges de son vivant plutôt qu’ autour d’ une tombe après la mort ???

      1. Éloges, messages d’amitié que l’on entend “de son vivant”, ou que l’on adresse à celui ou celle qui n’est plus là… Je voudrais tant vous donner à lire les pensées d’une jeune-fille qui ne veut pas aller au cimetière “autour d’une tombe” pour dire adieu à sa copine décédée. Est-ce qu’elle se trompe ? Impossible ! Sinon ni elle, ni sa copine, ne pourraient exister dans mon histoire (extrait) :
        ( … )
        « L’histoire de ta naissance est heureuse… Toi tu es entré dans la vie à travers une fenêtre cassée. Moi j’ai une amie qui est sortie de la vie en heurtant à pleine vitesse la glissière au col de la Furka. Sa Citroën 2CV a rebondi sur la route comme un papier chiffonné, son corps a été retrouvé sous les branches des sapins en contrebas… Pour lui parler juste une fois avant d’aller à l’enterrement je suis allée à la Furka. C’était facile à trouver, pendant que je montais la route j’ai vu tout d’un coup le garde-fou plié et aplati, il portait les traces de couleur orange de la 2CV… Je me suis garée plus loin, là où je pouvais, puis suis redescendue bien tranquillement à pied, comme si je me promenais… J’avais l’impression que des gens m’observaient, il n’y avait pourtant personne, sauf une buse qui faisait des ronds dans le ciel. En la voyant j’ai dû me retenir de pleurer, j’ai pensé que c’était peut-être Carole qui revenait pour me dire qu’elle était là… Ensuite j’ai pensé : « Mais non ! Carole n’est pas une buse… » Et alors je me suis mise à pleurer en pensant que Carole était comme moi, et que je ne la reverrai plus jamais… Puis je suis arrivée devant la glissière où il y avait encore des petits éclats de verre par terre. J’en ai ramassé quelques-uns pour les mettre dans ma poche, puis j’ai dit dans ma pensée : « Carole je ne sais pas si tu arrives à me voir, ce qui est arrivé est affreux, mais je voudrais te dire que nous serons de nouveau ensemble quand je serai moi aussi morte… Est-ce que tu veux me dire quelque chose ? Oui je t’ai entendue, c’est ma voix mais ça ne fait rien, je sais que c’est toi, demain il y aura l’enterrement mais ne t’en fais pas, cela ne signifie rien, les gens croient qu’on doit se dire adieu dans une église, ensuite dans un cimetière alors qu’on n’y a jamais existé vivants, enfin pour l’église parfois un peu le dimanche, mais en tout cas pas dans un cimetière, c’est complètement ridicule ! Ciao Carole, à la prochaine fois, c’est moi qui t’appellerai… »
        « Jolly c’est triste ce que tu me dis, mais pas triste parce que Carole, tu as décidé de ne pas l’oublier. Elle avait quel âge ?.. »
        « Comme moi… Comme moi avant, et maintenant encore toujours comme elle… Est-ce que tu penses que le jour où on monte au ciel, on garde l’âge qu’on a ? Je veux dire, on reste vieux si on meurt tard ?.. Pour ceux qui meurent jeunes je sais déjà qu’ils ne vieillissent pas, je le vois avec Carole… »
        « Je ne sais pas non-plus, mais tu vois je crois que ce qu’on pense a aussi un âge, parce qu’on ne veut pas s’arrêter d’aimer. Le gâteau d’anniversaire de notre pensée a gardé les bougies de tous nos âges !.. »
        « Et on le mange quand ?.. »
        « On le mange quand on rit sans calculer le temps ! Comme toi et moi avec nos histoires d’innocence retrouvée qui sent si bon le Badedas ! C’est cela la nudité du bonheur, on ne l’a pas perdue même en hiver quand on porte un gros manteau ! Tu vois que l’enfance ne meurt pas vraiment, alors je dirais qu’au ciel on la prend avec soi, les fous rires juvéniles que tu avais avec Carole ne vieillissent pas, et ils sont capables de voyager entre le ciel et la terre… »
        « Brandy… Je t’aime… »
        ( … )

  14. Bravo et merci Jacqueline, vous êtes une Sage et vous avez toute mon admiration pour vos écrits, tant sur la forme que sur le fond. Ne changez rien !

  15. Merci pour votre réflexion ,votre courage et votre lucidité. Je vous admire et vous soutiens de tout cœur. Bien Cordialement.

  16. Bonsoir Jacqueline,
    Le reportage a été comme une libération pour moi, merci infiniment !
    Il m’a donné des ailes, je pense qu’elles me seront utiles pour le dernier acte, que je jouerai avec humour, je l’espère.

    Depuis quelques années déjà, je pense au suicide sans souffrance, mais je ne suis pas trop pressée…
    J’en parle librement à mon médecin, il a bien compris mon choix.
    Faire un choix, même si celui-ci peut plus ou moins changer, mettre de la lumière avant cette étape finale pour mieux l’organiser, lui parait totalement sain.
    Pourtant ce médecin est issu d’une famille chrétienne et pratiquante…mais c’est un homme humain avant tout. Il m’a parlé de deux de ces patients, l’un a pris une grande quantité de comprimés, et l’autre de l’insuline…ce dernier était diabétique, donc plus facile pour lui. Cela pour dire, qu’il existe aussi des solutions douces. Selon lui, ils n’ont pas souffert.

    Concernant le suicide assisté, c’est tout de même quelques charges à gérer avant la dernière étape,..entre les attentes de réponses qui se font attendre, selon quelques lectures sur certains blogs, puis les séjours avec rendez-vous, l’acceptation, le retour et le coût.
    Et je réside à plus ou moins 13 000km de la Suisse…rien de très facile tout de même.
    Comme l’humour ne me manque pas, nous pourrions peut-être nous organiser en groupe, plutôt joyeux, et demander de meilleurs prix.
    C’est une suggestion, ne soyez pas choqué.e.s, la mort devrait être un passage joyeux.

    Cela dit, comme je suis encore en assez bonne santé, je viens de terminer deux très bons livres “l’Eternel Présent”, et “ceci, ici, à Présent” qui sont des enregistrements traduits par Daniel Roomanoff (père de Anne) des rencontres, en 1963, de Frédérick Leboyer, (gynécologue obstétricien, père de la naissance sans violence) avec Swami Prajnanpad, dans son ashram du Bengale. L’un des maîtres qu’a eu Arnaud Desjardins.
    Suite à ces deux bouquins, je découvre “au-delà du Moi, à la recherche du Soi” d’Arnaud Desjardins. Passionnant !

    Avant de partir pour la Suisse, j’espère donc pouvoir me rendre dans le ashram en Ardèche pour tenter de trouver l’unité…Certes on peut toujours rêver, surtout que mon cerveau devient de plus en plus mou…, mais sait-on jamais.
    Voilà où j’en suis à la soixantaine, et ces livres pourraient intéresser certaines personnes, en attendant…

    Jacqueline, chacun devrait être libre de choisir, c’est clair.
    Je partage vos idées, même si je n’ai pas encore décidé de partir en “bonne santé”.
    Je vous comprends. Quant à ceux qui ne comprennent pas, c’est leur problème.
    Pour eux, ils ont tellement peur de la mort, et de l’enfer, qu’ils se défoulent lorsqu’ils voient un sujet qui les déstabilise.

    Comme Jean Pierre, je me dis, qu’allons nous faire sans vous, Jacqueline, après janvier 2020 ?
    Mais d’ici là, tant de choses peuvent changer…où serai-je…?!
    De tout coeur avec vous.

  17. Bonsoir Jacqueline,
    Le reportage a été comme une libération pour moi, merci infiniment !
    Il m’a donné des ailes, je pense qu’elles me seront utiles pour le dernier acte, que je jouerai avec humour, je l’espère.

    Depuis quelques années déjà, je pense au suicide sans souffrance, mais je ne suis pas trop pressée…
    J’en parle librement à mon médecin, il a bien compris mon choix.
    Faire un choix, même si celui-ci peut plus ou moins changer, mettre de la lumière avant cette étape finale pour mieux l’organiser, lui parait totalement sain.
    Pourtant ce médecin est issu d’une famille chrétienne et pratiquante…mais c’est un homme humain avant tout. Il m’a parlé de deux de ces patients, l’un a pris une grande quantité de comprimés, et l’autre de l’insuline…ce dernier était diabétique, donc plus facile pour lui. Cela pour dire, qu’il existe aussi des solutions douces. Selon lui, ils n’ont pas souffert.

    Concernant le suicide assisté, c’est tout de même quelques charges à gérer avant la dernière étape,..entre les attentes de réponses qui se font attendre, selon quelques lectures sur certains blogs, puis les séjours avec rendez-vous, l’acceptation, le retour et le coût.
    En plus je réside à plus ou moins 13 000km de la Suisse…rien de très facile tout de même.
    Comme l’humour ne me manque pas, nous pourrions peut-être nous organiser en groupe, plutôt joyeux, et demander de meilleurs prix.
    C’est une suggestion, ne soyez pas choqué.e.s, la mort devrait être un passage joyeux.

    Cela dit, comme je suis encore en assez bonne santé, je viens de terminer deux très bons livres “l’Eternel Présent”, et “ceci, ici, à Présent” qui sont des enregistrements traduits par Daniel Roomanoff (père de Anne) des rencontres, en 1963, de Frédérick Leboyer, (gynécologue obstétricien, père de la naissance sans violence) avec Swami Prajnanpad, dans son ashram du Bengale. L’un des maîtres qu’a eu Arnaud Desjardins.
    Suite à ces deux bouquins, je découvre “au-delà du Moi, à la recherche du Soi” d’Arnaud Desjardins.

    Avant de partir pour la Suisse, j’espère donc pouvoir me rendre dans le ashram en Ardèche pour tenter de trouver l’unité…
    Certes on peut toujours rêver, surtout que mon cerveau devient de plus en plus mou…, mais sait-on jamais. Voilà où j’en suis à la soixantaine, et ces livres pourraient intéresser certaines personnes, en attendant…

    Jacqueline, chacun devrait être libre de choisir, c’est clair.
    Je partage vos idées, même si je n’ai pas encore décidé de partir en “bonne santé”.
    Je vous comprends. Quant à ceux qui ne comprennent pas, c’est leur problème.
    Pour eux, ils ont tellement peur de la mort et de l’enfer, qu’ils se défoulent lorsqu’ils voient un sujet qui les déstabilise.

    Comme Jean Pierre, je me dis, qu’allons nous faire sans vous, Jacqueline, après janvier 2020 ?
    Mais d’ici là, tant de choses peuvent changer…où serai-je…?!
    De tout coeur avec vous.

    1. “Comme l’humour ne me manque pas, nous pourrions peut-être nous organiser en groupe, plutôt joyeux, et demander de meilleurs prix.”
      😄😊😏 bonne idée. Je suis partante. Mais pas avec vous Noëlle, vous êtes trop jeune (soixantaine), attendez d être septuagénaire pour commencer à y songer .
      2020 me va bien. On peut passer une annonce rigolote :
      Septuagénaires cherchent compagnes de route (ultime) pour partager frais d’hôtel à Bâle, taxis etc et négocier tarifs MVA.
      J’aime l’idée qu’on puisse en rire.

      Blague à part, j’aime beaucoup TOUT ce que vous écrivez et que vous défendez Jacqueline.
      Et aussi, tous ces commentaires que vos mots suscitent. Encore merci.

  18. Madame,

    J’observe avec empathie les péripéties de votre existence.
    Vos récentes démarches ont rencontré beaucoup d’écho et je m’en réjouis vu que c’est utile pour faire avancer votre cause.
    En revanche il faut bien assumer quelques effets collatéraux désagréables. Par exemple les remarques qui concernent votre style ou votre langage.
    En vous lisant, certains auront peut-être pensé à la mort de Socrate. Avec toutes les réserves qui s’imposent : on n’est plus au temps de la ciguë et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts.
    Les amis de Socrate lui avaient proposé un plan d’évasion pour qu’il n’ait pas à boire le breuvage létal. Socrate n’en a pas voulu : il trouvait ridicule qu’un vieillard de son âge, quelque 70 ans, s’accrochât mesquinement à la vie !
    Et il ne voulait pas non plus de larmes ni de gémissements. Mourir dans la sérénité, même condamné pour des motifs irrecevables, telle était sa philosophie.
    Ce type de mort toutefois, sans la moindre lamentation, sans le moindre débordement, reste un idéal difficile à atteindre. Je me montrerais pour ma part très compréhensif à l’égard de ceux qui laisseraient paraître leur sensibilité ou qui peineraient à masquer leur tristesse. A quoi bon contraindre le naturel dans ces circonstances?
    Qu’il s’agisse de Socrate ou de vous, Jacqueline.

    1. Bien sûr. Je serais insensible et méchante même si j‘ exigeais quoi que ce soit de la part de ceux que j‘ aime et qui me laisseront partir . C‘ est juste plus dur de partir si vous voyez un être qui vous est cher pleurer ou manifester trop de tristesse .

  19. Bonjour, Merci/ Cordialement=} réponses ci-dessous
    Les médias ne font qu’ une interprétation et cible ” le message “! Sachez que vous donnez un espoir et du bonheur à ceux et celles qui adhèrent et qui cherchait une solution, comme pour mon cas. Je ne peux que vous féliciter et vous remercier.
    ” J’ai lancé plusieurs débats mais j’ai été piégée par l’intérêt des journalistes pour mon choix personnel, que je n’avais fait qu’évoquer dans mon blog. ”
    Effectivement, votre humour ( à 75 ans)! Je n’ en n’ ai “que” 68/ LOL, et je dis la même chose, le matin! C’ est surtout la mobilité et la force physique et non cette motivation principale évoquée sur ” notre beauté passée ” .Effectivement!
    L’impression que je donne : une femme encore belle (à 75 ans ???) veut mourir avant de perdre sa beauté !!!! Si cela avait été ma motivation principale, je serais morte bien avant.

    Magnifique évocation!
    ” À la fin de l’ été (50 ans) et pas au début de l’hiver (75 ans). ”
    Tout à fait vrai! car notre date de naissance ne peut se modifier avec la chirurgie!
    ” Une femme de mon âge n’est ni belle ni en pleine santé. ”
    J’ adhère à VOTRE phrase totalement. MERCI.
    ” Je ne voulais pas m’étendre sur mes différentes pathologies, car elles ne regardent que mon médecin et moi. ”
    Nous vous en remercions Madame JENCQUEL.
    ” J’ai passé de nombreuses années à militer pour un changement de législation en France. ”
    “C’ est TOUT à VOTRE HONNEUR! Je voulais également changer le regard que l’on a sur les vieux en étant délibérément provocatrice et moqueuse.”

  20. Vous n’avez pas, à mon sens, à vous excuser auprès de personnes dont vous auriez choqué la sensibilité. Vos propos leur feraient plus peur que la mort elle-même !? “Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder en face”, dit La Rochefoucauld. Vous prouvez le contraire, du moins en ce qui concerne la mort.

  21. Bonjour Madame, je suis bien contente de vous avoir entendu, par hasard sur You tube. Vous avez conforté ma pensée. Il n’est pas simple en France de parler de mort, et encore moins d’évoquer la sienne quand on est une femme en bonne santé. Choisir de mourir debout, j’aime cette phrase elle reflète la vision de mon départ sur terre. Je ne suis pas croyante. J’aimerais revenir sous la forme d’un animal, peut-être un chat ? Je m’interroge sur la réincarnation.
    Néanmoins, comment programmer le jour de sa mort si je n’ai aucune pathologie médicale, hormis la vieillesse ? Je vous remercie pour votre réponse.
    Bien cordialement
    Claudia

    1. En France , c‘ est sans espoir . On ne vous propose qu‘ une sédation profonde et continue si votre pronostic vital es engagé à court terme , donc si vous êtes déjà mourant . Les médecins n‘ ont pas le droit „ de donner la mort „ quelle que soit votre pathologie . Le suicide de bilan des personnes âgées ? On n‘ en parle pas . Faites – le en cachette , débrouillez- vous tous seuls et n‘ en parlez surtout pas . Voilà ce qu‘ on vous dit en France !!! La mort ? Elle n‘ existe pas . D‘ ailleurs , il n‘ y a pas de vieux , que des „ seniors „ ou des „ personnes âgées „

  22. Bonjour Jacqueline,
    Je suis contente de vous retrouver après ce déluge de critiques sur votre blog. Il est évident qu’à 70 ans on n’a plus 20 ans !
    Je m’étonne de cet acharnement par des gens qui refusent que l’on puisse penser par soi-même. La religion a donc tant influencé le monde ?
    Je me donne le droit d’envisager un départ. Difficile car la vie nous est donnée, et nous devons la subir même si elle ne nous apporte aucun plaisir. Je ne sais pas comment vont réagir ma famille et mes proches, pourtant j’aimerais faire comme vous, partir sereinement et dans la dignité. Il me reste 5 ans. Je suis entourée par des amis atteints à différents stades par la dégénérescence cérébrale. Qui dit que dans 5 ans j’aurai encore toute ma tête pour franchir le pas ? C’est cela qui m’angoisse le plus. Les soins palliatifs en Bretagne ne changent pas. Tenu par des bonnes sœurs, elles continuent à ne pas respecter la loi Léonetti et prolongent les mourants au-delà du “raisonnable” contre l’avis des familles. Déjà cette loi est une fumisterie, mais le peu qu’elle permet n’est même pas respecté. Tristesse !
    Donnez-nous encore de vos nouvelles, nous les lisons avec plaisir.
    Christiane.

    1. Je pense que vous devriez adhérer à une des associations suisses. Cela pourra peut- être vous rassurer de savoir que vous avez une porte de sortie .

  23. Sujet sensible qui heurte assurément des sensibilités; aucun changement possible sans malaise.

    De le faire, madame Jencquel, avec une aussi belle intelligence du cœur est non seulement louable mais bienfaisant.

    À la réponse des “irrités”, cette accolade pour votre… présence.

  24. ‘Pas vraiment grand chose à ajouter à ce que j’ai déjà partagé avec vous – ou à votre sujet sur quelques plate-formes. Cela a déjà fait l’objet de conversations corsées dans mon couple. Comme vous, ce n’est pas le fait que cela ma mort soit imminent – ou même dans les plans – , mais bien parce que des choix importants nous sont interdits. Ce qui est plus frustrant encore est que si l’histoire des dernières décennies sert à quoique ce soit, nous savons que ces choix ne pourront faire autrement que de devenir disponibles d’ici une génération. Toutefois, je déplore d’avance que ce sera “juste à temps pour être en retard” (…) pour les gens de notre génération. Bon courage Jacqueline.

  25. Bonjour madame Jencquel,

    Il est vrai qu’il est difficile à concevoir pour ma part de vouloir mettre fin à ses jours volontairement mais n’ayant que 20 ans, je ne peux pas encore comprendre votre situation. Peut-être qu’à votre âge, je souhaiterais partir d’une mort digne tout comme vous, je n’en sais rien mais en tout cas c’est votre choix, votre liberté et j’admire votre détermination et votre courage. Merci de partager vos pensées et de montrer à tous votre choix et vos raisons, cela ne peut que faire avancer notre société sur le sujet de la fin de vie et dieu sait qu’elle en a besoin. Lorsque j’aurais votre âge je penserais certainement à vous et peut-être que d’ici-là, grâce à des personnes comme vous, je pourrais mettre fin à mes jours en France, si je le désire.

    Bien à vous,
    Adrien

    1. Merci, Adrien !! En attendant , profitez bien de chaque instant de votre vie . Je vous souhaite d’ aimer et d’ être aimé en retour . C’ est ce qu’ il y a de mieux !!!

  26. Bonjour Jacqueline
    Je suis contente de vous avoir lu , car je me rends compte que je suis pas “folle”….j’ai toujours pensé que je voulais partir avant d’être très malade , de perdre la tête et d’être dépendant de la famille.
    Donc je pense comme vous depuis toujours….

    Je ne comprends pas pourquoi la France reste “coincée ” sur le sujet ? il faut évoluer avec son temps

    Malheureusement, pour moi , la maladie est là et bien là , j’ai 51 ans…je pensais avoir un peu plus de temps mais la vie en a décidée autrement…
    J’ai prévu de préparer mon” départ “mais je ne sais par où commencer , depuis hier , je cherche des infos.

    Merci à vous d’avoir eu le courage de dire tout haut ce que beaucoup de personnes pensent tout bas (vu vos messages)

    Bien à vous
    laurence

  27. Bonne petite piqûre de rappel que ce blog; ça déplace le regard vers le post it sur le bureau, post it sur lequel on a écrit ” prendre contact avec l’association travaillant sur le droit de mourir dans la dignité “qui jaunit, que l’on remplace, car le temps file et qu’on attend “d’avoir le temps”. Et pourtant on le sait bien que c’est quand on est en forme qu’il faut le faire car c’est une lutte, collective, comme toutes les luttes, qu’il s’agit; le choix que l’on fait par rapport à ça, oui, lui est privé. Comme l’IVG. On s’est battu(e)s pour qu’il soit possible, pas pour l’imposer. Avoir le choix apporte de la liberté et donne meilleur goût à tout,
    enfants désiré, temps que l’on choisit de vivre.

  28. Bonjour Jacqueline, moi aussi j’ai été effarée des réponses ou commentaires que vous avez reçus… les gens se croient obligés de mettre leur grain de sel dans les décisions personnelles des autres. Le politiquement correct qui nous fait oublier notre moi profond. Je suis à fond derrière vous, et je dis chapeau pour votre courage de parler de ce sujet qu’on rend sensible volontairement lobotomisé par la religion ou le “bien pensant” mais aussi pour les revenus conséquents que génère les “vieux” J’ai soixante dix ans, je vis seule dans une toute petite maison au bout de nulle part, j’assume totalement une vie autonome en tout. Ma fille n’est pas loin mais elle a sa vie à vivre et à s’occuper de ses enfants qui sont des Vies montantes. Et depuis que je suis là, huit ans, j’ai décidé que je ne m’éterniserai pas sur terre. Pour moi c’est , entre autre chose bien sûr, de la générosité. Générosité de ne pas me faire porter matériellement, physiquement et mentalement par qui que ce soit. Ma vie a été ce qu’elle a été et m’a donnée ce qu’elle a pu j’ai fait avec, et je veux tirer ma révérence avec élégance dans l’éclat d’un coucher de soleil plutôt que complètement abrutie de médicaments et portée comme un légume. Je n’ai pas les moyens d’une maison de retraite correcte et même pour celles-là j’ai vu leurs limites. .Ma vie m’appartient et je fais ce que je veux. Comment partirai-je? Je ne sais pas encore, tant que je tiens debout je resterai là, mais dès que je sentirai la moindre petite faille mentale ou physique je m’en vais et ma famille le sait. Cette décision m’a rendue sereine et tranquille pour vivre le quotidien.Je n’ai pas encore décidé par ou avec quel moyen, celui-ci sera sans doute violent et traumatisant pour moi et les autres, mais ce n’est qu’un passage. On ne nous donne pas le choix : comment, encore une fois, l’Etat et tous ses organismes pourraient-ils se priver des revenus que génère la vieillesse en se parant d’une soi-disant éthique? Car c’est une rente dans tous les sens du terme. J’ai la fierté, non pas de mon physique – celui-là s’est flétri et je vis avec depuis un bon moment et ceux qui mettent l’accent sur ce point montrent à quel point ils ont peur de la décrépitude, mais de mon autonomie, et ça ne concerne que moi de partir quand je le désire. Je suis agnostique et totalement sans religion, mais je crois à une énergie qui nous habite et qui se retrouve avec des milliards d’autres quelque part, dans ce qu’on appelle un paradis, où l’enfer est simplement le regret de ne pas avoir mieux vécu cette vie-là , mais où l’amour et la considération et le respect de chacune de ces énergies règnent. Donc je suis curieuse de savoir. Et cette curiosité me rend joyeuse de la perspective de ce départ choisi à l’heure qui me conviendra. Donc continuez votre blog pour nous “les raisonnables et intègres”. Je vous embrasse.
    PS un excellent film de Pouzadoux avec Marthe Villalonga et Sandrine Bonnaire : “la dernière leçon” , elle a 92 ans, mais le nombre d’années ne veut rien dire. Geneviève

    1. J’ ai vu le film et lu le livre de Noëlle Chatelet . A l’ époque , le suicide d’ une femme de 92 ans choquait . Plus maintenant . Les moeurs ont évolué. Pas en France . Mais la population va finir par faire pression sur les politiques et tout comme pour l’ IVG , nous finirons par accepter l’ autodétermination d’ un adulte lucide et éclairé .

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