La canicule et la tête froide

En ce moment il fait très chaud. 37 degrés à Paris. En me levant, je veux prendre une douche. Pas d’eau. Dans l’appartement d’en face, il y a des travaux. J’enfile un short et un t-shirt. Je sonne. Pas de réponse. Par contre, beaucoup de bruit.

Soudain, je vois un grand jeune homme blond dévaler les escaliers. Il est à poil sauf pour une petite serviette autour de la taille. Il est tout mouillé et furieux. Il tambourine sur la porte en hurlant : « Si vous n’ ouvrez pas, je vais chercher les flics ».

Enfin quelqu’un répond : « je ne peux pas ouvrir la porte principale ».  

– Alors sortez dans la cour par la porte de service ! 

Et nous voilà tous dans la cour : le beau blond à poil et trois ouvriers étrangers dans leurs bleus de travail, parlant un français approximatif et essayant d’expliquer qu’ils ont coupé l’eau cinq minutes afin d’éviter une fuite.

J’étais descendue pour gueuler, moi aussi.

Mais en me mettant à la place des trois hommes qui travaillent malgré la canicule, je leur ai souri et je me suis excusée.

Le grand blond est remonté chez lui, toujours furieux.

Moi, je suis restée un moment dans la cour avec les ouvriers.

En buvant mon café, j’ai réalisé qu’il ne fallait pas agir ni parler sous l’effet de la colère.

Se mettre à la place des autres aide grandement.

C’est vrai pour presque toutes les situations de la vie.

La canicule est difficile à supporter pour tout le monde. Peut-être encore plus pour ceux qui bossent.

Jacqueline Jencquel

Jacqueline Jencquel

Jacqueline Jencquel est née en 1943 à Tien-Tsin en Chine. Elle milite pour le droit de mourir dans la dignité, notamment au sein de l’ADMD France. Dans ce cadre, elle a accompagné des dizaines de Français en Suisse pour leur permettre d’obtenir un suicide assisté. Dans ce blog elle évoquera l’expérience d’une vie entre plusieurs continents ainsi que le quotidien de son combat.

4 réponses à “La canicule et la tête froide

  1. C est tout ä fait correct. Beaucoup de misère humaine se fonde sur un manque de communication. Peut être que les travailleurs y ont songé mais pas osé pour la question de langue ou par timidité. Petite cause grand effet. Mais au moins cela t as permis de croiser un beau blond en serviette de de bain :))))

  2. Des fois rien que le fait d’entendre quelqu’un gueuler ça calme. Si le blond n’avait pas été là c’est peut-être toi qui aurait poussé une gueulante!

    1. J‘ étais venue pour gueuler , sauf que j‘ étais en T shirt ….je n‘ avais pas tellement chaud . C‘ était chiant de ne pas pouvoir prendre de dou he … rien en comparaison avec ce que devaient endurer ces trois hommes : bosser dans un pays étranger , subir la canicule pour ne pas gagner grand chose et se faire humilier par un minet … et une vieille chouette ( qui heureusement a fermé sa gueule )

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