Milan-Rome, aller-retour. Et on recommence

Milan, où je vis actuellement, abrite l’un des bureaux de l’Institut suisse en Italie. En tant que responsable de la communication et assistante de la curatrice, mon travail comporte de multiples activités liées au programme offert par l’Institut. Pour commencer, un agréable trajet hebdomadaire en train jusqu’à Rome, dans l’agitation générée par les pendulaires qui, malgré les nombreuses annonces leur demandant gentiment de baisser la voix et de mettre leur téléphone en mode silencieux, transforment l’expérience un véritable cirque. Enfin arrivée à Roma Termini, je rejoins à pied, en me frayant un chemin parmi les millions de touristes égarés, le siège de l’Istituto Svizzero, une villa léguée à la Confédération suisse par la regrettée Carolina Maraini-Sommaruga.

L’atmosphère est un peu différente à Rome, les bureaux sont spacieux et aérés et du chocolat suisse circule souvent sur la table lors nos séances hebdomadaires. Très cliché. Je jette un coup d’œil par la fenêtre et regarde les palmiers qui bloquent l’intense lumière du soleil : tout semble plus exotique ici. Le son d’un oiseau artificiel supposé effrayer les mouettes (en toute franchise, je ne crois pas que ça marche) me ramène à la réalité ; je me plonge alors dans mes tâches du jour, avec en bruit de fond, de temps à autre, les rires provenant de la pièce voisine.

Treize heures trente. Enfin, l’heure du lunch. Affamée, je dévale les escaliers qui mènent à la cantine. Une longue file d’attente s’est déjà formée ; résidents, collègues et invités attendent l’arrivée du plat principal. Je scrute les mets proposés sur le présentoir et opte pour une salade, de peur de m’endormir après le repas.

Au soir du deuxième jour, je repars pour Milan. Le bureau milanais est situé au rez-de-chaussée de la banque UBS, dans le périmètre du consulat suisse. La hauteur des fenêtres et des plafonds constitue toujours une véritable gageure lors de l’installation des cinq ou six expositions que nous organisons dans l’année. Plus nombreuses qu’à l’institut de Rome, les expositions se focalisent ici sur les arts visuels, le design et l’architecture ou encore le graphisme. Milan est depuis toujours l’épicentre du design et de l’architecture contemporaine en Italie et offre une dimension internationale – en particulier durant le Salon du meuble – grâce à son excellence dans ce domaine.

L’environnement aseptisé des bureaux est contrebalancé par le bourdonnement de la ville : vernissages, projections, apéritifs rythment mes semaines chargées. Il est dix-huit heures, vendredi – ou vendre-ouiiiii comme je me plais à dire. Sauf week-ends exceptionnels au cours desquels l’Institut propose aux visiteurs un concert ou un événement culturel intéressant, à Rome ou à Milan, parfois à Palerme ou à Venise, je peux brièvement mettre mon cerveau sur pause en attendant que tout recommence lundi matin.


Depuis 2017, Georgia Stellin est responsable de la communication et assistante de la curatrice à l’Istituto Svizzero en Italie. Elle a étudié les pratiques curatoriales et la communication à l’Accademia di Brera à Milan (2015) et possède un bachelor en gestion, obtenu auprès de l’Università Cattolica del Sacro Cuore de Milan (2007), ainsi qu’un mastère d’économie, avec spécialisation dans la finance, obtenu à l’Université de New South Wales à Sydney, Australie (2009). A l’heure actuelle, elle consacre une partie de son temps à un mastère en pratiques artistiques auprès de la Dutch Art Institute, études qu’elle terminera en juin 2021 avec un mémoire intitulé Dream Notions. De 2009 à 2010, Georgia a travaillé pour UNI Management, le centre de formation de groupe d’Unicredit àTurin. Entre 2013 et 2019, elle a co-fondé et dirigé ARMADA, un espace situé dans la périphérie de Milan et géré par des artistes, un organisme éclectique et versatile, qui propose un programme d’expositions résultant des réflexions d’une pluralité d’esprits. De 2014 à 2015, Georgia a été assistante d’édition pour le magazine Mousse à Milan et de 2015 à 2017, assistante de galerie à la Pilar Corrias Gallery de Londres.

Istituto Svizzero

Istituto Svizzero

L’Istituto svizzero célèbre ses 70 ans. Une bonne raison de mieux le faire connaître et d’illustrer, grâce aux récits de ses résidents de Rome et de Milan, comment cette plateforme interdisciplinaire permet à des artistes et à des scientifiques venus de toute la Suisse de développer leurs projets en croisant leurs expériences et leurs pratiques.

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