La gauche ségrégationniste

La boutade pourrait prêter à sourire. Mais ne serait-ce pas là un rire jaune qui frôle l’absurde et la dérision ? Quelle place accorder aux métis dans une réunion de Blancs ou de Noirs ? N’auraient-ils le droit que de s’exprimer à moitié ou que celui de prononcer des principales sans subordonnées ou des subordonnées sans principales ?  Faute de mieux, pourquoi ne pas se référer alors à l’humour juif et à cet élève qui, apprenant le talmud, est obligé de reconnaître que tout homme blanc tombant d’une cheminée est devenu noir !

Avec sa « gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec et [ses] cheveux aux quatre vents », Georges Moustaki était un excellent chanteur-compositeur. Mais qu’il ait été français, grec ou égyptien, tout le monde s’en fichait. Tout autant que l’on se moquait éperdument de la couleur de peau d’un joueur de football auquel on ne demandait qu’à marquer un but pour son équipe préférée. Le combat antiraciste était celui pour l’égalité entre les hommes. Il était celui qui n’admettait pas que l’on « touche à son pote », celui enfin qui refusait toute séparation entre les personnes d’origines différentes, entre les races, car les races n’existent pas.

Aujourd’hui, les thèses racistes sont de retour. Pour faire bien, voilà qu’elles se nomment racialisées. Ça sonne mieux, comme le troisième âge pour les vieux ou les non-voyants pour les aveugles ! La différence est sémantique, mais pas politique. Le résultat est le même : le racisme à l’envers reste du racisme. Et quant à trier les personnes selon la couleur, cela s’appelle de l’apartheid !

Mais qu’est-il arrivé à cette gauche d’aujourd’hui pour trahir celle d’hier ? Quitte à être l’homme du passé, il vaut mieux ne pas être celui du passif. De ce passif qui choie la discrimination, la séparation, la concurrence et la rivalité. Aux confins de l’acceptable, ces racialistes reproduisent les valeurs du néolibéralisme : celles du chacun pour soi, celles de l’affrontement et de la supériorité de l’un par rapport à l’autre.

La logique est implacable. N’a le droit d’être des nôtres que celui qui nous est identique. N’a le droit de s’exprimer que celui qui parle comme nous. N’a le droit de traduire que celui qui est blanc pour les Blancs, noir pour les Noirs et asiatique pour les Asiatiques. Quid de Mozart ? N’aurait-on le droit de l’écouter que si l’on est franc-maçon ?  Interdiction pour les Blancs d’aimer Duke Ellington ou refus absolu de publier Léopold Sédar Senghor ou Aimé Césaire dans une maison d’édition dirigée par un Blanc ou une Blanche ?

Que dire alors d’Albert Camus ?  Qu’il s’agit d’un auteur colonialiste avec une mère ayant exercé un métier typiquement colonial, à savoir femme de ménage ? Les exemples ne manquent pas et les débris de cette pensée ridicule se ramassent à la pelle. La droite n’en attendait pas tant. Elle se frotte les mains, elle qui naguère, et souvent avec raison, fut attaquée pour son racisme. Mais voilà que celui-ci vient de changer de camp au plus grand dam de celles et ceux qui se sont toujours battus pour l’universalisme.

Pain béni pour l’extrême droite, cette résurgence maléfique de l’ethnocentrisme la conforte dans sa mainmise idéologique. Trop heureuse de profiter d’une gauche en déshérence, elle combat le racisme antiblanc, reprend à son compte la lutte antireligieuse, à condition qu’elle ne concerne que les musulmans, et vient en aide aux personnes désignées par la vindicte communautariste. Tout y est : alors que la gauche verse dans l’exclusion identitaire, ses adversaires politiques s’en donnent à cœur joie pour défendre les « braves gens », « les gens du peuple » ou autres « oubliés de la société ». Invraisemblable il y a encore quelques années, cet incroyable retournement de situation n’est pas le fruit du hasard, mais la conséquence plus ou moins directe d’une contagion intellectuelle venue tout droit des États-Unis.

Alors que la gauche européenne s’est toujours opposée au modèle américain, elle épouse désormais quelques-unes de ses pratiques ségrégationnistes. Traversée par l’une des crises les plus graves de son histoire, elle pense se sauver par une pirouette culturelle dont, tôt ou tard, elle sera l’une des principales victimes. Grand mal lui fasse, car, faute d’avoir su reconnaître à temps les symptômes de cette dérive, elle payera au prix fort son infidélité aux valeurs qui jadis ont fait sa grandeur.

 

 

 

 

Gilbert Casasus

Gilbert Casasus

Gilbert Casasus est professeur ordinaire en Études européennes auprès de la Faculté des Lettres de l’Université de Fribourg. Politologue, diplômé de l’IEP de Lyon et docteur du Geschwister- Scholl-Institut de l’Université de Munich, il est spécialiste des processus historiques et politiques en Europe.

20 réponses à “La gauche ségrégationniste

  1. “…cet incroyable retournement de situation n’est pas le fruit du hasard, mais la conséquence plus ou moins directe d’une contagion intellectuelle venue tout droit des États-Unis”, écrivez-vous. Si tel est le cas, alors n’y a-t-il pas tout lieu de croire que cette contagion ne date pas d’hier? Comme le rappelle une récente émission de France-Culture, si aujourd’hui, le parti démocrate américain se veut progressiste, à sa création les fondateurs, favorables à l’esclavage, étaient aux antipodes des principes actuels.

    L’auteur cite en particulier l’historienne Nicole Bacharan: “”Les ancêtres des démocrates faisaient partie de l’élite des planteurs sudistes, des gens dont le mode de vie, la fortune reposaient entièrement sur le système esclavagiste”, écrit-elle.

    “Les intérêts du Nord industriel et du Sud agricole étaient vraiment très opposés et incompatibles. On sentait qu’on allait vers le conflit. Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est le cas de le dire, ce fût l’élection d’Abraham Lincoln, républicain, le parti républicain était alors un jeune parti esclavagiste. En 1860, Lincoln est élu et c’est ce qui déclenche la sécession du Sud”, raconte Nicole Barachan.

    “Jefferson Davis, démocrate, créateur du premier parti politique et fervent défenseur de l’esclavagisme, prend la tête de ce conglomérat d’États du Sud.

    En 1865, la guerre de Sécession prend fin et Abraham Lincoln, avant d’être assassiné, milite pour un amendement interdisant l’esclavage. Le 13e amendement est signé dans l’année 1865.

    C’est à la même époque que se forme le Ku Klux Klan, pour terroriser les citoyens noirs du Sud. À la tête du KKK à ses débuts, on retrouve un ancien délégué démocrate. Un lien étroit qui continuera puisque le président démocrate Woodrow Wilson soutiendra publiquement le KKK et la politique ségrégationniste plusieurs siècles plus tard.

    À la fin de la guerre de Sécession, les planteurs sudistes n’ont pas changé de vision du monde, ils ont juste perdu la guerre. Assez rapidement, dans les décennies qui ont suivi la guerre, l’esclavage a été officiellement aboli mais le Sud, par étapes, est revenu à un système ultra-ségrégationniste, ultra-raciste. Les électeurs sudistes, les électeurs blancs ont continué à voter démocrate dans un système ségrégationniste extrêmement dur, extrêmement violent et cela a duré pendant presque un siècle”, explique Nicole Barachan.

    Sources: Derwell Queffelec, “À l’origine du parti démocrate : un parti esclavagiste”, France-Culture, 26 février 2020 ((https://www.franceculture.fr/histoire/a-lorigine-du-parti-democrate-un-parti-esclavagiste).

    1. Vous apportez un éclairage intéressant. Toutefois, la gauche européenne n’est guère comparable avec celle des États-Unis. Il faut prendre de vos remarques, mais les placer dans leur contexte politique et historique.
      Cordialement.
      Gilbert Casasus

      1. Merci pour votre réponse. Bien entendu, la gauche européenne n’est pas comparable avec celle des Etats-Unis et mes remarques doivent être replacées dans le contexte politique et historique de ce pays au XIXe siècle. Elles sont en réponse à votre allusion à la “contagion intellectuelle venue tout droit des Etats-Unis”. N’est-ce pas l’argument invoqué par le président Macron et son gouvernement en février dernier pour mener une enquête dans la recherche académique, avec en ligne de mire les sciences humaines et sociales, qu’ils accusent de nourrir des tendances “islamo-gauchistes” susceptibles de “corrompent la société”?

        M. Macron, qui s’était peu intéressé à ces questions dans le passé, a convaincu de nombreux conservateurs ces derniers mois en s’opposant fermement à ce qu’il a appelé “certaines théories des sciences sociales entièrement importées des États-Unis”.

        Dans un langage inhabituellement virulent, le monde académique a rejeté les accusations du gouvernement. Le 16 février dernier, la Conférence des Recteurs d’Université a dénoncé le terme d'”islamo-gauchisme” comme une “pseudo-notion” popularisée par l’extrême-droite,
        réprimandant le discours du gouvernement en le qualifiant de “bavardage”.

        Le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), l’organisme d’Etat chargé par la Ministre de l’Education, Frédérique Vidal, de superviser l’enquête, a laissé entendre dès le lendemain, 18 février, qu’il s’exécuterait tout en condamnant “avec fermeté les attaques sur la liberté académique”.

        Quant aux Américains, directement mis en cause, ils n’ont pas tardé à réagir en renvoyant la balle au président Macron et aux ministres qui le soutiennent. Dans son édition du 18 février dernier, le “New York Times” écrit que la guerre culturelle que se livrent médias et politiciens sur les questions de race, de genre et de post-colonialisme a ses racines dans les universités françaises, et en particulier parmi les chercheurs en sciences humaines et sociales:

        “While the culture war is being played out in the media and in politics, it has its roots in France’s universities. In recent years, a new, more diverse generation of social science scholars has embraced studies of race, gender and post-colonialism as tools to understand a nation that has often been averse to reflect on its history or on subjects like race and racism.

        Selon le “New York Times”, cette génération de chercheurs en sciences sociales s’est heurtée à une génération plus âgée d’intellectuels qui considèrent ces théories des sciences sociales comme des importations américaines – bien que beaucoup de penseurs derrière la race, le sexe et le post-colonialisme soient français ou d’autres nationalités:

        “They have clashed with an older generation of intellectuals who regard these social science theories as American imports — though many of the thinkers behind race, gender and post-colonialism are French or of other nationalities.”

        Toujours d’après le même journal, l’expression «islamo-gauchisme» a été inventée pour la première fois au début des années 2000 par l’historien français Pierre-André Taguieff pour décrire ce qu’il considérait comme une alliance politique entre militants d’extrême gauche et radicaux islamistes contre les États-Unis et Israël. Plus récemment-, il a été utilisé par des personnalités conservatrices et d’extrême droite – et maintenant par certains des ministres de M. Macron – contre ceux qu’ils accusent d’être indulgents envers l’islamisme et de se concentrer plutôt sur l’islamophobie.

        M. Taguieff, l’un des principaux critiques des universités américaines, a déclaré dans un récent courrier électronique que l’islamophobie, avec “l’importation totalement artificielle” en France de la “question noire à l’américaine” cherchait à créer le faux récit du “racisme systémique” en France (“New York Times”, “Heating Up Culture Wars, France to Scour Universities for Ideas That ‘Corrupt Society’”, 18 février 2021 – https://www.nytimes.com/2021/02/18/world/europe/france-universities-culture-wars.html).

        Je ne suis donc pas trop surpris par la complaisance actuelle de certains archontes de nos hautes écoles envers le “Made in USA”, quand ce n’est pas leur soumission aveugle au modèle américain. Ne rappelle-telle pas la même démission lâche des universités allemandes face à la montée du nazisme?

        1. Cher Monsieur,

          En premier lieu,je tiens à vous remercier et à vous féliciter pour votre commentaire.
          Vous connaissez fort bien ce dossier et vos remarques et ajouts sont très précieux pour mieux le comprendre.
          Je n’ai jamais été convaincu par le terme “d’islamo-gauchiste” et suis aussi critique à l’égard de Pierre-André Taguieff.
          Toutefois, je suis sensible à votre approche sur “les archontes de nos grandes écoles”.
          C’est avec très grand interêt que j’ai relevé votre dernière phrase sur la montée du nazisme.
          Mon directeur de thèse fut l’auteur d’un classique en la matière. Dans les années 60, il publia un livre sous le titre de “la pensée antidémocratique dans la République de Weimar”. Je pense que ce livre fut traduit en français.
          Volontairement ou non, de nombreux intellectuels ont alors semé la graine de la pensée extrémiste en Allemagne. Le KPD, soit le parti communiste allemand, avait choisi son ennemi de classe: le SPD, soit le parti social-démocrate allemand.
          C’est bien de le rappeler aujourd’hui, eu égard à ce qui se passe en France et du danger réel que représente une élection de Marine Le Pen avec le soutien implicite ou explicite de la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon.
          Très cordialement.
          Gilbert Casasus

          1. Cher Professeur,

            C’est moi qui vous remercie vivement pour votre aimable réponse. Très intéressé par l’ouvrage de votre directeur de thèse, j’ai fait une rapide recherche sur Internet et constaté que d’après l’article de Wikipedia qui lui est consacré (https://de.wikipedia.org/wiki/Kurt_Sontheimer), Kurt Sontheimer, politologue allemand décédé à Murnau (Bavière) en 2005, professeur de Sciences Politiques de 1969 à 1993 à l’Institut de la Geschwister-School de l’Université Ludwig-Maximilians de Münich, était l’auteur de l’ouvrage que vous citez, intitulé “Antidemokratisches Denken in der Weimarer Republik. Die politischen Ideen des deutschen Nationalismus zwischen 1918 und 1933”. Cet ouvrage a été publié aux Editions Nymphenburger Verlags-Handlung, à Munich, en 1962.

            Le lien entre le titre de cet ouvrage, son auteur, l’Institut avec lequel il était affilié et vos propres études à l’Institut de la Geschwister-School m’a paru trop évident pour que je ne vous en fasse pas part au plus tôt. Dans l’article que le journal “Le Monde” a consacré au Prof. Sontheimer à l’occasion de son décès en 2005 (“Kurt Sontheimer, politologue allemand – L’un des politologues les plus connus d’Allemagne est mort, lundi 16 mai à Murnau (Bavière)” (“Le Monde”, 18 mai 2005 – https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2005/05/18/kurt-sontheimer-politologue-allemand_651113_3382.html), il est indiqué qu’une traduction française de l’ouvrage de votre directeur de thèse existe bien, sous le titre de “La pensée antidémocratique dans la République de Weimar”. Malheureusement, je n’en ai pas trouvé l’éditeur.

            En revanche, Les “Presses Sorbonne Nouvelle” (PSN) ont publié en français un autre ouvrage du Prof. Sontheimer, “La culture politique de la république de Weimar”, qu’on peut se procurer en format PDF ou EPUB sur leur site à l’adresse suivante: https://books.openedition.org/psn/5771?lang=fr.

            Il existe aussi un ouvrage en anglais du même auteur: “Government and Politics of West Germany”, paru en 1972. Mais je n’en ai pas non plus trouvé l’éditeur.

            En espérant que ces quelques indications vous seront utiles, je vous remercie encore pour votre message et vous adresse mes très cordiales salutations.

          2. Cher Monsieur,

            En effet, mon directeur de thèse fut la professeur Kurt Sontheimer.
            Social-démocrate “bon teint”, proche d’abord de Willy Brandt, puis après beaucoup plus de Helmut Schmidt, il fut un grand défenseur de la démocratie de la République fédérale, “la meilleure Allemagne de tous les temps”, comme il se plaisait à le dire avec raison.
            Concernant les traductions en français de ses ouvrages, je ne suis pas très au courant les ayant lus en allemand. Celui sur le système politique de la RFA est,je le pense, paru en français.
            Joyeuses Pâques et mes salutations les plus cordiales.
            Gilbert Casasus

  2. Excellent angle d’attaque que la difficulté de définir la “race” ou la “couleur” des métis. Bravo! On ne peut s’empêcher de voir dans le schisme universitaire français (le manifeste des Cent et l’anti-manifeste des Cent, début novembre 2020 dans “Le Monde”) des relents d’antisémitisme: d’un côté de grands intellectuels qui sont fondés à mettre en garde contre la violence et le dogmatisme qui sapent les bases laïques de la vie intellectuelle de la république (depuis l’affaire Dreyfus), de l’autre de nettement plus petits intellectuels qui ne veulent en rien renoncer à la dictature qu’ils entendent exercer sur leur petit secteur (la sociologie institutionnelle, certains établissements universitaires) et qui touchent cette fois non seulement les AG de facs de lettres et de sciences sociales, traditionnellement dominées par une démagogie gauchiste, mais le cœur même du travail universitaire, la recherche et la pensée qui ne sont plus que répétition lassante de slogans tout préparés. Pas seulement en France, hélas. On vit une atmosphère qui rappelle ce que décrivaient les grands auteurs des années 1950 et 1960, de Max Frisch à Ionesco, quand ils se demandaient comment l’horreur avait été possible et la coupable passivité des masses, quand il était encore temps. Et aussi ce que décrit un romancier français encore vivant… Comme l’histoire ne se répète jamais vraiment, ce n’est pas le retour de la “science des races” ou du “marxisme-léninisme” dans les cursus, mais autre chose, un mix indigeste de pseudo-féminisme (genre), de discours “dé”-colonial n’ayant du monde autrefois colonisé qu’une vision victimaire totalement caricaturale, ce qui peut aboutir à ce qu’on soutienne en même temps les études de genre et la burka, comble de l’hypocrisie et de l’incohérence. La seule cohérence étant la haine de la laïcité et de l’égalité civique héritée de la Révolution française.

    1. Cela fait du bien de ne pas se sentir seul.
      Les effets de mode passent. Vos mots et analyses prouvent votre profondeur intellectuelle qui malheureusement n’est pas donnée à tout le monde.
      Merci pour votre commentaire.
      Gilbert Casasus

    1. Pour ma part, je ne cours pas derrière les réseaux sociaux, mais n’émets que mon opinion.
      GC

  3. En décrédibilisant de terme de racialisé, vous empêchez de designer celles et ceux qui sont victime des attitudes racistes. Du coup, j’ai quelques questions :
    – comment designez-vous toutes les victimes du racisme d’un substantif unique ?
    – contestez-vous le fait qu’un groupe de ces victimes partagent leur expérience pour pouvoir a) construire une parole collective (qui ait la force des diverses expériences du racisme) que celles et ceux qui ont le privilège de ne pas le subir soient bien obligé-e-s de l’entendre, b) faire porter cette parole par quelques portes-parole sans que le discours soit contesté sur leurs personnalités et parcours de vie ? Dans le cadre des violences sexuelles, envers des enfants ou des femmes, la méthode a pourtant fait ses preuves (construction d’une parole collective qui s’impose + attaque personnelles contre certain-e-s dénonciateur-ice-s ?)
    Merci de vos éclairages.

    1. Cher Monsieur,
      Merci d’avoir réagi à mon article.
      Je réponds volontiers à vos questions, même si je ne suis pas d’accord avec vous.
      D’abord, vous avez raison. Il n’y a pas de mot pour désigner les victimes du racisme, comme pour d’autres victimes.
      Toutefois, en revendiquant le substantif de “racialisé”, vous admettez que, vous le veuillez ou non, l’existence des races humaines.C’est non seulement faux sur le plan scientifique, mais c’est aussi s’identifier aux thèses nauséabondes d’un extrémisme de droite que j’espère vous ne partagez pas.
      Je n’interdis à aucun groupe partageant les mêmes discriminations de se réunir. Par exemple, je n’ai rien contre les alcooliques anonymes. En revanche, je n’admets pas qu’une institution publique ou privée, ouverte à tous, exclut la moindre personne pour des raisons qui n’ont absolument rien à voir avec l’objet et la mission de cette institution.
      Enfin, permettez-moi de vous soumettre ces deux expériences personnelles à votre réflexion.
      J’avais une collègue blanche que son mari noir avait violemment battu à plusieurs reprises. J’ai pris résolument la défense de ma collègue. Dois-je en conclure, si je reprends votre manière de raisonner, que je suis un “affreux raciste “?
      Par ailleurs,un ami juif a dernierement été verbalement agressé par un Maghrébin pour la seule raison qu’il est juif. Est-ce faire preuve d’islamophobie que de dénoncer tout propos antisémite?
      Je vous laisse le soin de juger par vous-même.
      Cordialement.
      GC

      1. Vous interpretezbien au delà de ce que j’ai exprimez et m’insinuez des pensées que je n’ai pas. Je vous demande plus de respect et de dignité dans nos échanges.
        Si vous relisez mon propos, ma question sur le terme “racialisé” n’est pas au sujet de personne qui organise des réunions sur ce critère, mais des personnes qui vivent la réalité du racisme (du fait de leurs d’interlocuteurs) .
        C’est donc bien ceux qui commettent le racisme qui définissent les populations racisées, et non les populations racisées qui se définissent comme telles.
        Quant à premier “exemple” (qui me semble bien fictif, en passant), vous utilisez des catégorisations classique du racisme sur une situation de violence qui n’a rein avoir avec. Si vous défendez cette collègue ni plus ni moins qu’une autre collègue (puisque vous l’obligea à reprendre vos catégories) noire qui serait violentée par son compagnon blanc.
        Quand à votre dernier “exemple” (qui me semble tout aussi fictif), vous leveriez toute ambiguïté islamophobique si vous dénoncée AUSSI les agressions que les juifs subissent aussi de la part des extrémistes politiques de droite.
        [Au passage, j’ai peu constaté l’islamophobie : une discrimination importante s’opère à égalité sur les berbères athées et sur les maghrébins musulmans]

          1. Aundelà de la réalité des exemples, vois ne répondez en rien.
            Il faut bien constater que votre raisonnement ne tient pas si on se réfère aux revendications femimines (contraception, avortement, partage des taches, dignité et sécurité au travail et dans l’intimité…) qui n’ont pu progresser que par la construction non mixte de temoignages (concordants), d’un dicours (structuré et revendicatif) et d’un rapport de force pour faire bouger les conservateurs.
            N’étant pas concerné ni par les discriminations sexistes et raciales, j’en parle très librement, mais suis d’une grande reconnaissance aux démarches qui permettent de faire bouger les préjugés. Respect et dignité étant dus à chaque personne, quel que soit son statut social, son apparence physique, son genre ou sa culture.
            J’ose imaginer que votre capacité d’analyse saura exploiter votre culture politique pour, sans masquer mais sans exagérer les possibles dérives ponctuelles, en voir aussi les vertus.
            Cldt

          2. Cher Monsieur,
            Désolé, vous faites preuve de grandes lacunes historiques.
            Le combat pour la légalisation de l’avortement s’est fait avec la participation d’hommes. Par exemple grâce à l’engagement du Dr Michel Debout ou du professeur Alexandre Minkowski.
            La loi fut votée par une assemblée très masculine, grâce aux députés (presque sans “e”) de gauche.
            Bonne soirée.
            Gilbert Casasus

        1. Les mot que vous utilisez “respect, dignité”, c’est le langage très souvent utilisé par les africains, vous l’êtes certainement. Chez les africains, ces mots avec le mot “fierté” répétés en boucle, montre un complexe de l’africain envers le blanc, c’est le noeud du problème de ces réunions.

          Il y a une sensibilité extrême chez beaucoup d’africain, un mot, une façon d’être venant du blanc, peut être vu comme du racisme, d’autant plus que l’idéologie de la victimisation amplifie la sensibilité.

          Pour en revenir à ces réunions, il s’agit donc à la base, sans aucun doute, de l’entre-soi pour s’auto-valoriser face au complexe du “blanc”. Or, si vous mélangez complexe et séparation racisé, vous débouchez forcément sur du racisme, puisque l’autre partie n’est pas représentée pour y débattre et atténuer ainsi des pensées extrêmes.
          Les réunions n’ont pas pour but de réconforter des victimes, c’est l’excuse de la honte.

          Le militantisme raciale a choisis l’auto-valorisation par la haine au lieu de choisir la valorisation positive, dans une convergence de haine avec l’extrême gauche : La haine d’une société blanche et la haine d’une société “bourgeoise” qu’il faut renverser.

          Si ce genre de réunions était encadré par des personnes responsables, on peut en débattre, mais les tweets de certains cadres de l’UNEF sont racistes. Il s’agit donc bien de raciser la politique d’une jeunesse à fin de communautariser/diviser le pays. Ils ne sont pas victimes, mais actif dans la racialisation de la société.

          L’extrême gauche soutient le communautarisme par échec de n’avoir pu renverser le capitalisme. Le communautarisme est devenu l’arme pour déstabiliser la société “bourgeoise”. Etant minoritaires, les militants ne peuvent qu’espérer un chaos dont ils profiteraient pour s’imposer, c’est utopique, mais ils y croient.

          Quant à la gauche, elle s’est laissé influencer par l’extrême gauche. C’est un navire qui dérive, poussé par les courants des extrêmes, sans capitaine à bord.

          1. Cher Monsieur,
            Selon toute vraisemblance, votre commentaire ne m’était pas directement destiné. Plutôt à l’un de mes contradicteurs.
            Ce qui s’est passé à l’UNEF est tout simplement inadmissible.
            Je vous rejoins parfaitement dans l’analyse que vous développez en fin de votre texte.
            Le gauchisme était la maladie infantile du communisme, selon Lénine. Il semble qu’il ne se soit soigné. Et je ne suis pas communiste!
            Je crains le pire, à savoir que la France Insoumise jouera volontairement la carte de et pour Marine Le Pen. Il y a des exemples dans l’histoire qui n’illustrent que trop bien cette alliance objective. On connaît malheureusement la suite !
            Très cordialement.
            Gilbert Casasus

    2. Cher Monsieur,

      N’oubliez pas d’où vient l’inspiration de ce “silence” imposé aux “Blancs”.

      https://mobile.twitter.com/SanglierSympa/status/1272306502607556609

      Et ce discours n’est pas sans conséquence; l’un de leur membre a foncé sur le capitole vendredi et a tué un policier…

      https://www.the-sun.com/news/2631048/capitol-killer-noah-green-nation-islam/amp/

      A chaque fois que des gens séparent d’autres gens pour leur “race”, il y a des fanatiques qui tuent ! Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. Il n’y a rien à ajouter.

      1. Cher Monsieur,

        En effet, je n’ai rien à ajouter et ne peux que répéter cette phrase:
        “A chaque fois que des gens séparent d’autres gens pour leur “race”, il y a des fanatiques qui tuent ! Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit…”.
        Joyeuses Pâques et très cordialement.
        Gilbert Casasus

Les commentaires sont clos.