Le cinéma vaudois à la fête à Soleure (et à Paris)

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Allons-y pour un petit coup de satisfaction régionaliste. Car à Paris comme à Soleure, le cinéma vaudois est à la fête, ce soir… Et avec lui ses écoles de cinéma. Car la quasi totalités des productions romandes qui ont été nominées aujourd’hui au Prix du cinéma suisse ont un lien, plus ou moins important, avec Lausanne et environ.

Mais avant de chanter nous louanges, soyons honnêtes. Ce sont les films attendus qui ont été nominés outre-Sarine. Côté fiction, trois sur cinq :  Der Kreis de Stefan Haupt, qui truste pas moins de cinq nomination dont celles de meilleur film, meilleur scénario et meilleur acteur ; Chrieg de Simon Jacquemet qui en reçoit cinq aussi dont celles de meilleur film et meilleur acteur ; et enfin Dora oder die sexuellen Neurosen unserer Eltern de Stina Werenfels, qui en obtient quatre. Côté Documentaire, ThuléTuvalu de Matthias von Gunten, Yalom’s Cure de Sabine Gisiger, Iraqi Odissey de Samir et Electroboy de Marcel Gisler trustent quatre des cinq nominations. 

Mais après… Attention aux Vaudois (qu’ils soient cinéastes, acteurs ou producteurs) !

A Paris, pour les Césars, la société CAB production à Lausanne a été nominée six fois pour Sils Maria d’Olivier Assayas, qu’elle a coproduit : il a notamment été choisi pour l’obtention des statuettes de meilleur film et meilleur actrice (Juliette Binoche).

A Soleure, la même société s’est vue célébrée pour la production de Bouboule, de Bruno Deville (Meilleur film et meilleur scénario), un Belge naturalisé vaudois, diplômé de l’Ecole cantonale d’Art de Lausanne (plus simplement connue comme ECAL). Pause, premier long métrage de l’ex-élève de l’ECAL (encore !) Mathieu Urfer, produit par la société lausannoise (encore !) Box production, est également nominé pour le prix du Meilleur film, celui du meilleur acteur pour Baptiste Gilliéron et de la meilleure musique (Mathieu Urfer, Marcin de Morsier, John Woolloff, Ariel Garcia).

Mieux même : dans la catégorie du court métrage, tous les cinq nominés sont romands et très, très vaudois… Jenna Haber (En août) a étudié une année à l’UNIL avant de faire du théâtre à Genève et de finir ses études à l’INSAS de Bruxelles ; Christophe M. Saber (Discipline) et Jean-Guillaume Sonnier (Petit homme) sont tous deux anciens élèves de l’ECAL. Jean-Stéphane Bron (La petite leçon de cinéma : Le documentaire) y a étudié et y enseigne aujourd’hui. Alors que sa complice Ursula Meier (Tisina Mujo), ancienne de l’IAD en Belgique, y est aussi sa partenaire dans la société Bande à Part… à Lausanne.

Enfin, pour couronner le tout, c’est le père spirituel du DAVI (le Département audiovisuel et informatique de l’Ecole d’art de Lausanne qui deviendra par la suite l’ECAL…), qui est le seul romand nominé pour le prix du meilleur documentaire : Yves Yersin – désormais installé du côté de Yverdon – avec son fameux Tableau noir.

Donc même si on peut regretter que L’abri de Fernand Melgar ait été oublié au passage (encore un Lausannois), on peut pour une fois quand même le dire : Y’en a point comme nous.

Frédéric Maire

Frédéric Maire

Frédéric Maire est directeur de la Cinémathèque suisse. Journaliste et réalisateur, il a co-fondé le club de cinéma pour enfants La Lanterne Magique en 1992 et dirigé le Festival international du Film de Locarno de 2005 à 2009.

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