La police environnementale 1/2

Les incendies qui sévissent au sud de la France ou au Portugal nous rappellent l’extrême vulnérabilité de nos environnements naturels dont dépendent nos vies.

(2 minutes de lecture – le féminin est compris dans le texte)

Première partie

Ces catastrophes révèlent aussi la complexité des forces opérationnelles à l’œuvre composées, entre autres, des polices environnementales et des services de protection ou de sécurité civiles (ces dernières engagent, par exemple, les avions bombardiers d’eau). Deux maillons de la longue chaîne sécuritaire qui interviennent en concert avec les pompiers.

L’occasion de nous pencher sur les polices environnementales.

Qui sont-elles ?

À quoi servent-elles ?

Les polices environnementales, telles qu’elles se nomment en France, sont essentiellement gardiennes des espaces protégés. En Suisse, nous disposons de gardes-faune ou gardes-chasse comme par exemple en République et canton de Genève ou encore d’un service particulier, intégré à la Police cantonale, s’agissant du canton de Berne.

Dans la plupart des cantons suisses, les gardes-faune sont uniformés et armés. Leurs prérogatives et territorialités sont assez proches de celles d’un policier cantonal. Pour ma part, j’ai eu l’occasion d’offrir à plusieurs d’entre eux des formations similaires à celles dont bénéficient les policiers cantonaux, dans le cadre du Brevet fédéral, notamment à Genève.

Des polices promises à un très grand avenir…

Le réchauffement climatique, le consumérisme touristique, la destruction volontaire de zones naturelles ou autres atteintes au respect des espèces vivantes sont autant de facteurs qui augmentent les risques environnementaux et nécessiteront d’importantes adaptations législatives, juridiques et policières.

Parle-t-on des menaces environnementales dans les formations de base de nos policiers ?

Évoque-t-on les crimes pouvant être commis à l’encontre de la nature ?

La semaine passée, je me suis entretenu, sur le terrain des incendies, au sud de la France, avec un responsable policier environnemental. Son point de vue sécuritaire (…jusqu’à l’identification criminelle d’une cause d’incendie…), sa philosophie d’action, son rôle préventif et ses actions pédagogiques, tout comme son équipement d’ailleurs, n’étaient en rien comparables à ceux d’un patrouilleur généraliste – appelé gendarme en France ou dans le canton de Vaud. L’attitude de ce policier environnemental, à l’apparence fluette, adepte de mobilité douce et de non-violence, tranchait avec l’archétype de nombreux de ses pairs amateurs de gros cubes et volontiers démonstratifs. Pourtant, tous ces agents d’État œuvrent en politia.

Je reste donc persuadé que de tels antagonismes policiers présentent des opportunités d’ouverture et de résolution indispensables pour relever les défis sécuritaires d’aujourd’hui et de demain : multiplicité et pluridisciplinarité des approches et des méthodes policières afin de mieux servir et protéger nos vies, nos biens et notre environnement.

Deuxième partie : les crimes contre l’environnement, la semaine prochaine, deuxième semaine d’août 2017.

iCop : police numérique

C’est lors du 9ème Congrès de la sécurité urbaine, le 8 septembre 2011 à Zurich, que la Police municipale zurichoise (la plus importante en effectif de Suisse) nous a présenté son projet et sa volonté de vouloir s’engager sur les réseaux sociaux par l’intermédiaire d’agents de police visibles.

(2 minutes de lecture – le féminin est compris dans le texte)

Je me souviens. J’étais enthousiasmé par cette idée, qui rejoignait mon postulat exprimé lors de ma conférence, le même jour, en faveur d’un meilleur usage des voies médiatiques et numériques par les polices suisses.

Aujourd’hui, six ans plus tard, après un test opéré dès 2014, le premier policier de proximité zurichois s’affiche et intervient sur la toile.

Voyez le reportage de Noémie Guignard sur RTS – TJ du 10 juin 2017

Une initiative encourageante

Je ne peux qu’encourager les autres institutions de police à suivre cet exemple. Certes, la Police cantonale vaudoise, la Police municipale lausannoise ou encore la Police municipale de Crans-Montana sont déjà présentes sur les réseaux sociaux et répercutent leurs campagnes de prévention ou des avis de recherche de personne disparue, mais la démarche zurichoise va plus loin. Dans le cas d’espèce, c’est un policier, fort de son statut public, qui interpelle, modère, prévient, renseigne, bref, interagit en direct. Au lieu d’arpenter la rue, il fréquente le monde virtuel usant de ses facultés professionnelles.

Non, la posture du policier ne change pas.

La configuration juridique oui.

Le flou juridique

Le cadre légal régissant les réseaux sociaux est encore flou.

Au constat d’une infraction, quels sont les moyens à disposition du policier pour intervenir ?

La juridiction est-il délimitée au territoire d’assermentation ?

Nous devrons répondre à ces questions. En attendant, le policier peut détecter des irrégularités sur le champ virtuel et transposer ensuite ses observations sur le champ physique puis enclencher une procédure comme il a l’habitude de le faire.

Trois avantages !

au moins…

  1. S’offrir le moyen policier d’une relation avec les personnes les plus vulnérables ou isolées, celles qui n’osent pas déranger ou se présenter au poste de quartier.
  2. Détecter par capillarité sociale diverses formes de radicalisme et les confronter au tissu de proximité policière physique (à l’exemple de l’îlotage anglo-saxon).
  3. Espérer que la présence officielle de policiers sur les réseaux sociaux contribuera à freiner les ardeurs et les rancœurs de leurs collègues qui, parfois et à titre personnel, se répandent dans des propos indignes tout en contrevenant à leur devoir de réserve.

Crans-Montana et sa police…

… au cœur du monde.

En haute saison, la cité alpine du Haut-Plateau (Crans-Montana est la résultante de quatre communes fusionnées au 1er janvier 2017; plus Lens et Icogne pour la couverture policière locale) devient la plus grande ville du canton du Valais avec ses 50’000 résidents dont plus de 15’000 habitants.

(2 minutes de lecture – Le féminin est compris dans le texte)

Un véritable défi pour sa Police municipale !

Lieu de prédilection pour les écoles internationales et autres établissements privés ou publics, la station accueille de nombreux visiteurs du monde entier. En totalité, on dénombre plus d’une centaine de nationalités qui se côtoient jour et nuit lors de séjours de courte ou longue durée. C’est pourquoi la Police municipale de Crans-Montana s’est fixé comme prestations prioritaires la proximité et la sensibilisation sur le terrain physique mais aussi sur les réseaux sociaux.

Exemple d’une prestation de proximité originale :

“Cafés avec un policier”

Deux fois par mois en moyenne, le commandant Yves Sauvain en personne, accompagné d’un ou plusieurs de ses collègues, consacre de son temps pour rencontrer la population. “Ce sont autant d’occasions pour être à l’écoute, mieux comprendre notre tissu social et appréhender les préoccupations de chacun. De petites difficultés peuvent se dégrader très vite et devenir extrêmement dommageables si nous perdons le lien et la confiance avec les habitants et les résidents. Elles peuvent contaminer le canton dans son entier et bien au-delà.” précise le commandant Sauvain.

Exemple d’une action de sensibilisation internationale

L’appointé Alain Boschung, quant à lui, fréquente l’école hôtelière Les Roches pour expliquer aux étudiants, ressortissants de 91 pays, que la police est d’abord là pour les protéger. M. Boschung leur décrit les raisons éventuelles qui obligeraient la police d’intervenir jusqu’à eux, ainsi que les contours d’une telle interpellation. Il précise en outre, non sans humour, les conséquences pour chacun. “ J’ai face à moi des personnes qui proviennent de pays où la police est corrompue, violente et pas fiable du tout. Je me dois de les rassurer et de leur présenter les valeurs de notre État de Droit. Je leur confie, enfin, que personne ne nous dérange jamais. ” conclut l’appointé Boschung.

Un Corps de police qui se perfectionne en continu

Pour optimiser ses missions à caractère international, le Police municipale de Crans-Montana propose une formation facultative d’anglais à son personnel (11 personnes sur 22 sont inscrites à ces cours de langue).

Faciliter la relation, l’information et la compréhension inter et multi-culturelles comme autant d’outils pratiques contribuant à prévenir les propagations criminelles, toutes petites et locales jusqu’aux plus grandes et universelles !