Réintroduction du Gaucho: qui ment à qui?

Depuis la fin de l’été, les producteurs de betteraves réclament la réintroduction du Gaucho, arguant de pertes de récoltes énormes. Les estimations de la branche réalisées à la même époque indiquent que la récolte serait supérieure à la moyenne des dernières années et à celle de  l’année dernière. Qui ment à qui?

Depuis la fin de l’été, les agriculteurs producteurs de betteraves sucrières réclament à corps et à cris (c’est-à-dire par des interventions dans les media et au parlement) la réintroduction du Gaucho, l’un des pires pesticides “tueur d’abeilles”. Il s’agit d’un produit commercial dont le principe actif est l’imidaclopride, l’un des néonicotinoïdes interdit en Suisse depuis le 1er janvier 2019. Il s’agit d’une molécule emblématique, car c’est aussi l’un des premiers néonicotinoïde à avoir montré sont extrême toxicité pour les abeilles. Dès sa mise en oeuvre dans les cultures de tournesol en France, il y a une vingtaine d’année, les apiculteurs ont observé des pertes importantes, manifesté leurs craintes et alerté les autorités. Le gaucho est utilisé de manière prophylactique par enrobage des semences. (suite…)

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Un tribunal américain annule l’homologation du dicamba, un herbicide pire que le glyphosate

 

Selon wikipediale dicamba est un désherbant organochloré actif sur un certain nombre d’adventices dicotylédones. Il a été ad en tant qu’herbicide aux États-Unis en 1967 et a depuis été communément utilisé aussi bien en agriculture que dans les secteurs industriels et résidentiels. C’est un dérivé du benzène, ou plus précisément de l’acide benzoïque. Il est produit par de nombreuses entreprises (25 fabricants aux États-Unis en 2010) et commercialisé sous diverses marques, notamment Banvel, Diablo, Oracle et Vanquish. Les principaux producteurs à l’échelle mondiale sont BASF, Changqing Agrochemical, DuPont, Monsanto, Syngenta et Yangnong Chemical. (suite…)

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Journée mondiale des abeilles et des pollinisateurs 2020: initiez-vous à la dégustation des miels!

Cela fait plusieurs semaines que je me creusais la tête à la recherche d’une action originale à proposer pour la journée mondiale des abeilles et des pollinisateurs en cette année 2020, synonyme de pandémie Covid-19. En effet l’année dernière, j’avais appelé dans ce blog (cf Journée des pollinisateurs 2019) les amis des abeilles à organiser des petits déjeuners au miel, des visites de rucher ou encore des promenades dans les prairies fleuries à la découverte des abeilles sauvages et autres pollinisateurs. Rien de tel n’est possible cette année et l’ensemble de ces activités ont dû être annulées. (suite…)

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Intoxications d’abeilles: ça n’arrive pas qu’aux autres

Et si cela m’arrivait à moi aussi ? Eh bien oui, c’était le cas chez moi samedi dernier. La photo ci-contre illustre la situation que j’ai trouvée en arrivant à l’un de mes ruchers: la planche de détection des mortalités posée devant les ruches était tapissée d’abeilles mortes sur une largeur de 50 cm, soit la taille d’une entrée de ruche en pleine période de récolte. Un examen plus détaillé a montré qu’une partie des abeilles étaient encore vivantes et mourraient devant l’entrée de leur ruche dont on voit la planche d’envol 20 cm plus haut à droite sur la photo. (suite…)

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Quand les abeilles dansent avec les robots

C’est sous ce titre, que Kurt de Swaaf dans un article de la Neue Zürcher Zeitung du 03.01.2020 nous invite à entrer dans un bal des abeilles d’un genre nouveau . En voici une traduction pour les lecteurs francophones.

“Nous sommes en 2032, c’est le mois de juin, le printemps a été une fois de plus beaucoup trop sec. L’ouvrière n° 32-4157 commence sa journée. (suite…)

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…si les abeilles étaient libres…

le samedi 23 novembre 2019, le grand auditoire de l’Institut agricole de l’Etat de Fribourg à Grangeneuve était plein à craquer pour écouter l’apiculteur allemand Torben Schiffer, invité par l’organisation FreeTheBees, nous parler de sa vision de l’apiculture… décryptage…

Depuis quelques années, André Wermelinger, apiculteur et activiste, auteur du site web “Free the bees” et président de l’association éponyme, plaide avec ses adhérents pour la “libération” des abeilles” Qu’entendent-ils donc par là? (suite…)

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…scandale du pirimicarbe contaminé au fipronil: l’Union suisse des paysans réagit…

Sous le titre: SHARDA CROPCHEM LIMITED : aucun employé en Suisse, le journal “Bauerschweizer” réagit au cas d’intoxication d’abeilles en Argovie durant l’été. Il exige en particulier de l’Office fédéral de l’agriculture des mesures de surveillance plus sévères et l’interdiction d’octroi de licence de vente à des sociétés “boite-à-lettres”. A noter que le fipronil, interdit dans l’agriculture en Suisse et dans l’Union européenne, reste toujours autorisé dans les colliers acarides pour chiens et chats.

Voici une traduction de l’article de Susanne Meier du Bauerschweizer du 6 novembre 2019

SHARDA CROPCHEM LIMITED : Aucun employé en Suisse

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Un poison illégal tue des centaines de milliers d’abeilles en Argovie

Selon la SonntagsZeitung d’hier dimanche 20 octobre 2019, des centaines de milliers d’abeilles ont récemment été empoisonnées en Argovie par un insecticide commercialisé par les magasins Landi. Il contenait du fipronil, un produit interdit en Suisse et dans l’Union européenne. L’Office fédéral de l’agriculture tente d’étouffer l’affaire, Landi s’en lave les mains….

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… vous parlaient d’art contemporain…

Au cours des dernières décennies, les avancées de la science n’ont fait que repousser les limites qui nous séparent du reste du règne animal, reléguant un à un aux oubliettes de l’histoire des sciences les préjugés anciens sur ce qui fait le “propre de l’homme”. En effet, nous partageons une forme de “rire” avec les grands singes, de perception de la mort avec les éléphants et d’intelligence au sens large avec les grands cétacés et les mammifères en général, mais aussi avec de nombreuses espèces animales considérées comme beaucoup moins “évoluées”, telles que les céphalopodes, pieuvres et poulpes, qui appartiennent à l’embranchement des mollusques, qui sont donc des cousins des limaces et des escargots.

Ou encore avec les insectes, dont les abeilles mellifères, qui sont également capables de prouesses étonnantes. Il a été démontré qu’elles sont capables de manier des notions telles que le haut et le bas, la droite ou la gauche, de compter jusqu’à cinq et qu’elles maîtriseraient même la notion du zéro, un concept qui n’apparaît que tardivement dans l’histoire des mathématiques, et n’est guère maîtrisé avant 10 ans chez l’humain.

La danse des abeilles Mais les abeilles ont aussi développé une forme de langage symbolique, dont tous les détails ne sont pas encore complètement élucidés. Une butineuse est en effet capable en rentrant à la ruche, de communiquer à ses compagnes, en plus de sa composition et de sa qualité, la localisation d’une source de nourriture, en précisant à la fois la direction et la distance où la trouver. S’engage alors un processus de recrutement qui peut en quelques minutes, si les abeilles sont affamées et si la source est riche, inciter des centaines, voire des milliers d’abeilles mellifères à converger vers cette manne providentielle. Cette forme de communication est connue sous le nom de “danse frétillante des abeilles”, au cours de laquelle, la butineuse effectue de manière répétitive un parcours en forme de “huit”, dont l’orientation indique la direction et la vitesse du frétillement la distance à la source de nourriture (voir un exemple en video).

L’art comme ultime frontière ? Or pour nous la danse est un art, une forme d’expression culturelle, mais aussi de séduction, une ritualisation des rapports humains, de rapprochement des sexes et de formation des couples. Peut-on parler de performance artistique dans le cas de la danse frétillante des abeilles, dans les parades nuptiales de certains oiseaux, ou encore des ensorcelantes danses des serpents? A priori non. Et pourtant, à les regarder, à les observer frétiller sans comprendre la signification de leurs actions, on ne peut que s’émerveiller, y trouver une forme de beauté gratuite. Et c’est probablement ici que se situe l’une des dernières frontières entre animaux et humains. Si ces “danses” sont bien une forme de communication, elle ne revêtent apparemment pas d’intentionnalité en vue de produire du beau ou une émotion de nature artistique chez le spectateur ou le partenaire. Mais qui saurait vraiment l’affirmer? L’art serait-il donc l’une de ces frontières? En tout état de cause, il n’est à ce jour pas connu de forme d’ “art pour l’art” dans le reste du règne animal.

Arts, abeilles et écologie Il est difficile de faire communiquer des mondes aussi éloignés, et aussi peu perméables l’un à l’autre que sont les arts et les sciences. Pourtant, avec la philosophie et les sciences, l’art est en définitive ce qui reste de plus marquant d’une civilisation. Face aux enjeux environnementaux qui nous attendent en ce début de troisième millénaire, les abeilles (au sens large du terme) s’imposent comme nouvelle valeur universelle, à la fois symbole de perte de la biodiversité et de survie des humains sur Terre. Avec leur sensibilité propre, de nombreux artistes s’engagent et intègrent ces préoccupations majeures dans leurs oeuvres.

Ainsi, durant tout l’été et jusqu’au 11 octobre, Genève abrite une œuvre d’art éphémère consacrée aux abeilles dans un cadre insolite : le cimetière des Rois. S’inspirant du roman « Le sang des fleurs » de sa compatriote Johanna Sinisalo, l’artiste finlandaise Ulla Taipale nous invite à explorer cette frontière, à méditer sur les liens que nous entretenons avec la nature, mais également avec l’au-delà. L’exposition genevoise est également dédiée au grand naturaliste genevois, François Huber et maintes fois mentionné dans ce blog (cf Billets consacrés à François Huber ci-dessous), qui a su faire de sa cécité une force et a tant apporté à la connaissance de ces insectes sociaux,

Le vernissage de l’exposition, organisée par l’association Utopiana dans le cadre de son programme “1000 écologies” était initialement prévu le 19 juin. Il a dû être repoussé en raison d’un violent orage qui a abattu plusieurs arbres et endommagé le dispositif. Il se déroulera officiellement ce lundi 16 septembre 2019 à 17h en présence de l’artiste. L’expo est inscrite dans une démarche résolument moderne. Elle se présente sous la forme d’une expérience de réalité augmentée au cours de laquelle les visiteurs sont invités à écouter sur leur smartphone une dizaine de textes d’auteurs variés à propos des abeilles. Sur le plan pratique, il convient au préalable de télécharger l’application Arylin, puis, sur place, de chercher et scanner de petits panneaux distribués entre les tombes d’illustres personnalités qui ont fait Genève. L’app déclenche alors la lecture du texte associé au panneau.

 

1: Billets consacrés à François Huber

François Huber, le genevois qui mit au jour les secrets des abeilles,

Quand les abeilles s’assemblent en Landsgemeinde,

…vous invitaient à revivre l’épopée de deux François, Huber et Burnens ou l’histoire d’une révolution scientifique à Genève à l’époque de la révolution française…)

…sur les épaules des géants….