Blog pour les nuls

En société, c’est le sujet de discussion branché: parler de son blog. Un peu comme de dire que vous étiez trader dans les années 90 suscitait convoitise et admiration. Sauf que le succès d’un blog, à bien l’observer, c’est plutôt la chasse à la licorne: tout le monde en parle, mais personne ne sait comment le trouver! Retour sur les bases de ce qu’est un blog, mais surtout, sur ce qu’il n’est pas. Des fois que, du blog pour les nuls, vous souhaitiez passer au blog pour les pros!

Imaginez un coureur du dimanche, trop fier de sa petite performance par temps clair, en pleine préparation de son déguisement pour la course de l’Escalade, déclarer devant une assistance où un champion de marathons l’écoute, qu’il entend bien vivre de ses performances à la course à pieds! Vous voyez le tableau? Et bien c’est à peu près ce que s’infligent la plupart des blogueurs de nos jours: une situation absurde qui me fait lever les yeux au ciel avec empathie.

Personne ne vit de son blog!

Alors autant mettre de suite les pieds dans le plat avant d’aller plus loin dans cet argumentaire: personne ou presque ne vit de son blog! Désolée, je me fais l’effet de vous annoncer que le père Noël n’existe pas, mais vous savez quoi? Il y a mieux encore que lui! Il y a vous! Les blogs qui fonctionnent sont fondés par des gens qui savent ce qu’ils sont! Et souvent on leur prête justement un peu d’agaçants pouvoirs magiques! 

Un blog pour aider sa carrière

Ainsi loin de moi l’idée de briser des rêves: je suis la première à encourager le développement personnel, l’esprit d’entreprendre, le sens du possible. Ce sens du possible est même ma drogue, ma came du quotidien, si je ne vois pas le possible je n’entreprends pas. Mais il y a quelque chose que sûrement à bientôt 40 ans je ne tolère pas, c’est le talent gâché et la perte de temps. Pourquoi? Parce que c’est affligeant de bêtise! Voici que je viens de perdre l’attention de toutes les blogueuses qui nous lisaient? Et pourtant les filles restez avec moi: l’expérience reste à ce jour le gain de temps le plus précieux. Et en blogging, moi je l’ai vu la licorne! Le blog doit aider votre carrière, nuance, il n’est pas votre carrière! Le facteur chance qu’il le soit est si infime que vous avez plus de probabilité de gagner au loto.

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La licorne des blogueurs, c’est donc d’obtenir rémunération pour le blog. Parce que l’argent, c’est le succès. CQFD. Mais là où il y a mauvaise distribution des cartes, c’est que les blogueurs souhaitent se faire payer pour leurs articles. Si ce mal venait à vous arriver, sachez que vous perdriez tout le plaisir de vos lecteurs à vous suivre! C’est un peu comme pactiser avec le diable. Parce que comme dans une relation intime, le paiement brise l’authenticité de la relation d’amour et la crédibilité de l’attachement. Est-ce que les blogueuses et blogueurs se prostituent? Mais absolument! Dans quel monde vivez-vous? Il y a pourtant plus intelligent pour tirer son épingle du jeu, c’est d’utiliser le blog pour ce qu’il devrait être à savoir une simple vitrine! Vitrine de vos talents, compétences, idées. Maintenant, si vous tenez quand même à poser dans la dite vitrine avec la lumière rouge, c’est vous que ça regarde. Mon choix reste depuis toujours le même: mes relations d’amour ne sont pas tarifées. Je n’ai aucun plaisir à produire sous la contrainte et encore moins à me faire dicter mon contenu. Et les marques qui m’y ont forcé s’en souviennent!

Relations d’amour tarifées

De plus, les blogs qui fonctionnent ne sont pas ceux qui font étalages des même cadeaux reçus en même temps ou des invitations aux même soirées avec les mêmes tenues portées, des moi-regardez-moi-je-suis-belle-moi à longueur de publications sur les réseaux sociaux, vides de sens, qui peut être font plaisir aux services communications mais certainement pas aux lecteurs. Le lecteur lui veut s’attacher à vous, il veut de la personnalité! Montrez-lui qui vous êtes, faites preuve d’originalité! Sinon, ce sont des relations publiques, c’est un métier de promotion, que du reste je connais bien, ça amuse un temps mais ça n’apporte pas grand chose: ni à celles qui publient ni à ceux qui lisent. On fait rapidement le tour des mondanités. Et de nouveau, vous ou un autre, on en a cure! Vous êtes interchangeable.

Les blogueuses n’intéressent personne

Comme Laurence Desbordes l’avait déclaré dans son Petit dictionnaire énervé de la mode alors qu’elle était rédactrice en chef d’Edelweiss: “les blogueuses n’intéressent personne”. Elle avait tort et raison évidemment. Elle avait raison parce que vous vous en foutez royalement que la fille prenne son énième café Starbucks de la semaine en faisant des «Ôoooo ma vie fabuleuse», tandis vous vous noyez au bureau sous les To Do listes à n’en plus finir de votre «vrai» job. Mais elle avait tort pour celles et ceux qui utilisent leur blog sans se faire utiliser par lui! Et qui ont compris qu’Internet leur apporte une pub vitesse de la lumière. Là se situe la véritable plus-value. Le reste c’est de la poudre aux yeux.

Acheter ses followers et ses commentaires

Aujourd’hui, les blogueurs sont manipulés par les marques, trop contents de faire exister leur visibilité. Vous me direz que c’est du gagnant-gagnant? Ou pas! Ils perdent leur âme, leur unicité, leur authenticité, leurs talents, à promouvoir des produits dont ils n’ont que faire. Et ça se sent! Et ça se voit! Pensez à Kristina Bazan publiant un article pour son nouveau smartphone Samsung quand tous ses selfies dans un miroir sont pris avec un Iphone. Ouf ça pétille parce que c’est Kristina, mais du coté du téléphone, la promo est un flop.
Au point que cette année, le courant s’inverse: des maisons prestigieuses parmi les premières à faire confiance aux blogueuses confient ne plus les inviter. Motif? Trop corruptibles, trop intéressées, pas assez sincères. Entre temps, tout le monde a compris que les followers comme les commentaires s’achètent et que la notoriété fabriquée par l’audience digitale volatile n’est qu’un écran de fumé. Comment le sait-on? On mesure le taux d’engagement, qui la plupart du temps en retour sur investissement offre l’aridité d’une désertique pauvreté, à savoir environ 1%. De quoi virer manu militari et en toute légitimité son agence web! Dans les départements Marketing-Communication, s’opère le tri des blogs sans contenu propre, qui ne font que pusher l’info reçue sans valorisation ajoutée. C’est froid, ça ne raconte rien, on s’ennuie! Mais comme la plupart du temps c’est gratuit, on tolère. Il y a encore quelques CEO avides d’égo pour débloquer des budgets à faire de la blogueuse starlette numérique à leur bras leur jouet-événement, mais plus personne n’y croit. Même pas les filles, qui se désolent de ne pas être prises au sérieux pour un job si colossal au quotidien, et qui pleurent au téléphone qu’on pense à les inviter au prochain déjeuner!

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La méthodologie du blog

Alors pour que ça marche, on relève ses manches et par quoi on commence? On crée vraiment-pour-de-vrai du contenu! Vous imaginiez que vous n’alliez pas bosser? Que le succès tomberait sur vous comme des paillettes de baguette magique? La chance n’a absolument rien à voir la dedans je vous assure! Car oui bloguer, c’est autant d’heures de taf qu’un directeur général. Méthodologie de la question!

  • Comment: avec des économies! Au début d’un blog, il faut de l’argent de coté, beaucoup d’argent de coté. De quoi tenir un an. La plupart des blogueuses de mode vivent au crochet de leurs parents, s’habillent avec les fringues de maman, ou brûle régulièrement la carte de crédit de leur chéri, oui même celles citées dans Femina! Investir dans un blog, c’est comme monter sa boîte, et ici si on est bien né, ça aide. Surtout si on veut des employés, parce qu’on ne va pas se mentir, seul à gérer un blog c’est la quadrature du cercle. On peut aussi surfer sur une notoriété suite à un concours de beauté ou un passage TV, ça permet de se lancer. Au bout d’un an, si ça vole bas, c’est qu’il faut revoir sa copie en urgence afin d’éviter le crash. Au bout d’un an, si ça décolle, ce n’est que le début est il faudra tenir une année de plus, avec assez de carburant pour continuer de voler.
  • Pour qui: avec un positionnement très clair. La mode, le sport, les voyages, la beauté, les voitures, les montres, ce que vous voulez, mais ne vous dispersez pas! Vous devez trouver votre public. Le lifestyle est à ce jour le choix le plus périlleux, bien que le plus aisé. C’est l’histoire du lièvre et de la tortue. L’impact est en effet plus rapide dans le lifestyle mais l’essoufflement également. Les blogs qui perdurent sont ceux qui ont une communauté. Je ne vous aurais pas donné le même conseil quand j’ai commencé il y a 5 ans, mais depuis que tout le monde s’est mis à bloguer, il faut se démarquer d’entrée de jeu. Sans quoi ça ressemble à une nichée de bébés tortues s’élançant pour la première fois vers la mer: un carnage. Oh chic regardez! Encore un blog qui va mourir!
  • Pour quoi: avec une offre définie. Et ne pas, je répète, ne pas réclamer rémunération pour ce que vous publiez afin de garder votre liberté de ton – et le respect de vos cousins journalistes – mais en revanche proposer des services associés, puisque votre blog démontre vos capacités: photographie, écriture, relations publiques, télévision, conférences, illustrations, que sais-je … Et c’est à cet instant que, si vous êtes déjà pro d’un secteur donné, votre blog devient votre meilleure publicité. Pour qu’un blog fonctionne, il faut avoir quelque chose à vendre. Les grandes s’y sont toutes mises: chaussures, bouquins, collections capsules, maquillage, consulting, etc… Ou alors il faut s’être décidé à une carrière médiatique qui impose une exposition, jouer les mannequins comme beaucoup, pas toujours évident, mais ça aussi ça s’apprend.
  • Où: avec une zone de diffusion qui dépendra de votre langue. Perso, je n’avais pas commencé l’anglais parce que je me fichais pas mal d’être connue ailleurs qu’en Romandie… Et ça a fonctionné. Ma notoriété locale a promu mes débuts en télés régionales. Où sont vos lecteurs et quel est leur langage? Sur quelle territorialité se place votre rêve?
  • Quand: avec une fréquence qui n’hypothèque pas la qualité. Les blogueurs publient tous les jours de la semaine et sur les réseaux sociaux où on peut observer qu’une publication par jour sur Facebook est suffisante, qu’au delà de quatre sur Instagram, c’est du spam, quand Twitter tolère une double dose. Apprenez à diffuser à bon escient selon votre cible. Surtout si le blog est votre enseigne lumineuse et pas votre activité principale.

Bloguer c’est courir un marathon

Pour reprendre mon exemple du coureur du dimanche: faire vivre un blog, c’est vraiment courir un marathon. La plupart de ceux qui s’inscrivent pour la première fois à ce type de course sans une préparation éprouvée ne la termineront pas. Bloguer, c’est un job à plein temps. Si le blog ne vient pas s’ajouter à un activité réelle pour la compléter, c’est l’échec assuré: 80% des blogs ne dépassent pas les deux ans d’existence. Parce que cela demande l’énergie d’une course longue distance. Et puis au delà de l’endurance, passé l’effet euphorisant des cadeaux reçus, les traversées en solitaire découragent les plus motivés, qui s’inscrivent au chômage ou prennent un autre job, pour pouvoir justement continuer leur blog. Ce devrait être tout l’inverse, si la stratégie de départ avait été bien pensée. Il y a toujours des exceptions mais à bien y réfléchir, c’est inouï de devoir réclamer le respect de sa valeur quand tous veulent en profiter!

Un outil orienté projets

Pour autant on peut se permettre d’être optimistes, parce que je vous sens un brin déprimés de me lire: vous pouvez réussir un blog, qui peut vous promouvoir afin de gagner de nouveaux marchés, mais ne perdez pas votre core business de vue! C’est votre indice de surveillance. Chaque article du blog doit vous emmener dans une direction qui est réellement la votre et pas celle d’une hypothétique marque qui vous paie. C’est un outil orienté projets, et non pas tâches. Comme un navigateur, n’oubliez jamais pourquoi vous avez commencé et vers quoi vous vous dirigez, sans vous perdre en chemin, la boussole bien en main. Et alors je vous pose la question, bien objectivement: quelle est votre force? Et quelle est votre destination? Quel sera votre secret de succès? C’est une question que je vais poser à bien des personnalités d’ici que vous y réfléchissiez et qui pourra vous aider à déterminer vos réponses.

La suite, au prochain épisode!
Mais n’oubliez pas: capitalisez sur vous!

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Florence Jacquinot

Florence Jacquinot

Florence Jacquinot est spécialiste de l’image de marque. Diplômée d’un Master en Intelligence Economique, elle a oeuvré à la notoriété en ligne de grands comptes avant de rejoindre une agence de détectives privés. Parallèlement à cette spécialisation en réputation et surveillance de l’information, elle a été mannequin international et dauphine de Miss France, puis chargée de relations publiques dans l’horlogerie, apprenant ainsi autant les coulisses que la scène. Son blog lifestyle créé à Genève en 2011 l’a amené à devoir se gérer comme une marque personnelle, à l’américaine, dans un domaine où n’existait alors pas de Business Model et à maîtriser les réseaux sociaux. Grâce à ses publications et à cette capacité à devenir elle-même un produit dans ses contenus, elle est devenue productrice de télévision, présentatrice TV et rédactrice en chef d’un magazine dédié au luxe. Aujourd’hui, elle répertorie ici les secrets de succès de ceux qui ont réussi et les astuces de cette discipline qu’elle exerce au quotidien: le Personal Branding.

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