Oser jouer notre vrai rôle pour le Bien de la Terre

L’humanité provoque une crise écologique sans précédent, une accentuation des inégalités entre riches et pauvres ; les crises politiques, sociales, existentielles se multiplient partout… En Europe, septante pour cent des insectes ont disparu en trente-cinq ans, un tiers des oiseaux durant les quinze dernières années. Notre monde tout entier semble s’élancer avec énergie vers une période de grand chaos. Si vous ne le savez pas encore, je vous laisse écouter Aurelien Barrau, qui, durant les premières minutes de son discours, résume très bien notre situation.

L’homme provoque la sixième extinction de masse de l’histoire de la terre ; il est urgent de se préoccuper de la terre. Mais la première terre qu’il nous est donné est notre corps, notre esprit, notre vie même !

Si nous souhaitons nous battre pour préserver la terre et tout ce qui nous est cher, un double mouvement semble nécessaire :

  1. agir, travailler chaque jour pour le bien de la terre et de tous ses habitants
  2. se reconnecter avec ce qui est profondément juste et vrai, avec notre essence profonde, avec notre humanité et aligner tout ce que nous sommes : chaque pensées, émotions et actions avec Cela.

Être soi-même dysfonctionnel et agir pour sauver la terre est une vaine chimère

Embourbés dans nos propres contradictions et impossibilités, nous ne pourrons élever personne. Tout au mieux pourrons-nous pour quelques instants porter à bout de bras une cause et puis s’épuiser, se démoraliser, se perdre dans les labyrinthes sans fin de l’esprit humain.

Il nous faut donc commencer par nous-même, commencer par vivre selon la vérité. Il nous faut vivre pleinement nos qualités intrinsèques et oser jouer notre vrai rôle. Il nous faut conquérir nos propre challenges et difficultés, connaitre et transformer nos limitations et contradictions. Être soi-même dysfonctionnel et agir pour sauver la terre est une vaine chimère.

Ce que nous proposons ici est de s’occuper de Soi. Non pas un soi superficiel, égotique, mais un Soi essentiel.

S’occuper de soi, cela veut dire prendre du temps pour se connecter avec ce qui, en nous, est profondément juste et vrai. Travailler sur soi n’a rien à voir avec l’égoïsme ; au contraire cela demande du courage, du don de soi, de la volonté, de l’intelligence… Travailler sur soi, c’est défaire les nœuds de l’ignorance et petit à petit affirmer son essence. Travailler sur soi, c’est effacer son ego, pour laisser la place à la vérité, la lumière, la conscience ; c’est un travail noble et valeureux.

L’égoïsme, c’est tout ramener à soi, tourner en rond dans des croyances fixes, des habitudes, courir après ses désirs, ses ambitions, en sacrifiant les autres et la Terre.

Il nous faut donc commencer par s’éveiller, s’élever, se transformer soi-même. Et puis en parallèle, amener cet éveil, cette conscience, cette connaissance dans chacune de nos actions et interactions. Il nous faut apprendre à ne plus se laisser mener par le bout du nez par des désirs sans fin, des pensées accommodantes, par la mécanique et la superficialité, mais apprendre à servir le Vrai, le Beau, le Bon – avec force et détachement, dans la joie et la paix.

Chacun à sa manière, chacun son rôle… mais avec le temps, tout peut devenir cohérent.

Il nous faut infuser le vrai dans nos pensées, nos émotions et nos actions. Éteindre la lumière en sortant ne suffira pas.

Notre travail élève-t-il l’humanité ? Nos actions éveillent-elles ce qu’il y a de meilleur en chacun ? A chaque instant, nous avons l’opportunité de servir et d’aimer.

Il n’est plus l’heure d’être timide, il est l’heure d’être courageux. Un changement radical nous est demandé, et il commence avec nous-même, à chaque instant nouveau.

 

Harrison Ford nous parle de cette thématique avec émotions.

 

Ps. Seuls les commentaires constructifs seront publiés sous cet article. Merci de votre compréhension.

Fabrice Dini

Fabrice Dini

Fabrice Dini est cofondateur de deux écoles et l’auteur d’un ouvrage préfacé par Matthieu Ricard "Une éducation intégrale pour grandir en s'épanouissant". Il intervient dans de nombreuses écoles et entreprises en Suisse romande. Fabrice s’est formé au CFM de l’Université du Massachusetts et enseigne la pleine conscience, la gestion du stress et l'éducation intégrale.

2 réponses à “Oser jouer notre vrai rôle pour le Bien de la Terre

  1. L’Homme (la femme et l’homme)

    ont détruit notre demeure commune, les dégâts sont irrémédiables.

    Le seul moyen et fin pour nous tous habitants de cette terre si bien faite et si tolérante aux outrages que nous lui avons fait est de l’écouter à chaque instant de notre vie comme le battement de notre cœur en l’accompagnant pour l’aider à se régénérer et en la chérissant comme si elle nous avait porté pendant ces 9 mois de genèse que chaque humain à connu: chacun des plus de 7,4 milliards d’habitants de cette terre a été porté par une mère et devrait se rappeler de cette “dette” envers sa génitrice qui en plus de la porter pendant 9 mois l’a soutenu pendant toute sa vie:

    “La Terre est notre mère commune et en ne l’écoutant pas dans ses souffrances c’est comme si on n’écoutait pas sa propre mère souffrir pour nous se tailler les veines et tout donner pour nous faire vivre et maintenir en vie!”

    Voilà, l’avenir est simplement dans le cœur de chacun, mais l’être humain changera-t-il en transcendant son propre intérêt égoiste en se magnifiant dans l’intérêt de l’humanité?

    Aymeric VOINOT

  2. J’ai écrit récemment sur le même thème, et on est de plus en plus je trouve à réaliser cette nécessité de combiner changement extérieur et démarche intérieure. C’est encourageant, il y a c’est indéniable un éveil de la conscience qui est accéléré par les crises de notre époque et les effondrements à venir.
    Voici quelques extraits si ça peut intéresser :

    “Nous faisons face à une crise d’une ampleur sans précédent dans l’histoire de l’humanité, une crise écologique profonde qui menace notre propre existence en tant qu’espèce et le vivant dans son ensemble, une crise sociale, financière, économique, agricole et sanitaire, une crise aussi des valeurs, du sens et du vivre ensemble. Cette crise n’est pas une simple crise passagère transitoire mais une crise qui, de par sa profondeur et son côté systémique marque plutôt une phase de mutation nécessitant un véritable changement de paradigme, non seulement dans notre manière de penser le monde, mais aussi un changement qualitatif de conscience au sein de l’homme, une nécessité d’évolution et de transformation profonde intérieure. Car comme nous allons le voir, au delà de toutes les causes extérieures sociales, économiques et institutionnelles, la racine profonde de cette crise à laquelle nous sommes confronté se trouve dans le cœur et l’esprit de l’être humain, dans son immaturité et son asservissement à des forces égotiques et névrotiques en lui, et plus fondamentalement dans une déconnection profonde et une aliénation avec son être profond et avec la nature et la vie elle-même. Nous vivons ce que Max Weber a nommé ‘le désenchantement du monde’, résultat entre autres, d’une pensée mécaniste, réductionniste, individualiste et matérialiste de la vie héritée en partie du siècle des Lumières et exacerbée avec le début de la révolution industrielle et le modèle capitaliste néolibéral. C’est aussi le résultat d’un hyper-rationalisme plutôt masculin, qui a été cultivé au détriment de qualités plus féminines, de l’intuition, de la sensibilité, l’intelligence du cœur, et la dimension spirituelle et poétique de l’existence. Un rééquilibrage s’avère donc nécessaire pour recontacter et développer davantage le féminin, l’intuition, l’imaginaire, la sensualité et la sensibilité, le cerveau droit plutôt que le cerveau gauche.

    L’occident moderne a aussi eu son regard principalement porté sur l’extérieur, privilégiant l’aspect matériel quantitatif de la vie, la connaissance, le contrôle et le pouvoir sur le monde afin d’assouvir les besoins et les désirs humains, contrairement à l’Orient qui lui a plutôt cherché à s’intéresser, à connaître et à développer la dimension intérieure de l’être humain, son être essentiel plutôt que son être existentiel. Mais nous voyons aujourd’hui que nous avons développé un pouvoir énorme sur l’extérieur, la matière et le vivant avec des technologies et des outils très puissants, mais nous avons en revanche peu de pouvoir ou de contrôle sur notre vie intérieure, sur nos affects, nos pulsions, nos désirs et nos peurs qui eux nous contrôlent et nous rendent esclaves de leurs mouvements inconscients. Nous réalisons aujourd’hui, que sans discernement et sagesse, sans apprendre à nous connaître et à faire de notre mental un serviteur plutôt qu’un maître, nos technologies et nos sciences puissantes risquent de se retourner contre nous et nous détruire. Un rééquilibrage s’avère donc nécessaire entre l’Occident et l’Orient, entre l’extérieur et l’intérieur, entre développement matériel et spirituel.
    L’idéogramme chinois du mot « crise » est apparemment composé de deux caractères : le premier signifie « danger » et le second « opportunité ». Toute crise porte donc en elle un potentiel et une invitation à grandir, à se déployer d’avantage, à évoluer sur le chemin de la conscience, à découvrir aussi un sens et un bonheur plus profond. A une époque où nous sommes dans une fuite en avant dans le temps, où nous courrons de manière agité mais sans trop savoir dans quelle direction, il importe aujourd’hui de repenser la question du sens et celle du bonheur. Qu’est ce qui profondément donne sens à nos vies, qu’est ce qui peut amener un bonheur plus satisfaisant et durable qui ne soit pas si dépendant des conditions extérieures et des aléas de la vie, un bonheur qui soit plus basé sur la qualitatif que le quantitatif, sur l’être plutôt que l’avoir, sur l’altruisme que l’égoïsme, qui nous relie plus profondément aux autres humains, êtres vivants et à la nature, un bonheur qui trouverait sa source dans la Vie elle-même et dans le sentiment d’appartenir à quelque chose de bien plus vaste et infini dans lequel notre existence limitée se déroule, un bonheur enfin qui soit aussi une forme de sagesse fondée sur le fait de vivre en accord et en harmonie avec la Vie.
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    Pour résumé, l’homme moderne est donc en grande partie coupé de son intériorité profonde, des autres, du monde et de la Nature. Il ne ressent plus son aura magique, son aspect sacré, sa présence vivante comme une continuité avec son propre être. La crise est en ce sens une crise spirituelle, une crise de sens, une crise intérieure qui nécessite un éveil de conscience, une opportunité de recontacter une dimension de nous même que nous avons en partie perdue et qui est en continuité avec le cosmos.

    Comme le disait aussi Einstein, ” Le monde que nous avons crée est le résultat de notre niveau de pensée. On ne peut pas résoudre un problème avec le même niveau de pensée que celle qui l’a créé.” Il serait plus juste de parler de niveau de conscience : le monde actuel reflète un certain niveau de conscience ; s’il est malade c’est qu’en tant qu’espèce humaine, nous sommes nous-mêmes malades et appelés à une santé plus grande, plus haute. Si nous voulons changer le monde profondément, il importe avant tout d’œuvrer, à un niveau personnel et collectif, à une transformation et une évolution de cette conscience pour nous relier profondément aux autres, à la nature, au cosmos et à la vie dans son aspect sacré. Pour citer à nouveau Einstein : ” Un être humain est une partie d’un tout que nous appelons: Univers. Une partie limitée dans le temps et l’espace. Il s’expérimente lui-même, ses pensées et ses émotions comme quelque chose qui est séparé du reste, une sorte d’illusion d’optique de la conscience. Cette illusion est une sorte de prison pour nous, nous restreignant à nos désirs personnels et à l’affection de quelques personnes près de nous. Notre tâche doit être de nous libérer nous-mêmes de cette prison en étendant notre cercle de compassion pour embrasser toutes créatures vivantes et la nature entière dans sa beauté.”

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    Nous ne sommes pas séparés de la société et du monde. La société est un ensemble d’individus et chaque individu, dans sa qualité d’être, fait que la société est ce qu’elle est. Il semble assez évident que la crise profonde planétaire que nous voyons à l’extérieur de nous est un reflet de ce que nous, en tant qu’humains, avons à l’intérieur de nous, non seulement des croyances et systèmes de valeurs qui guident nos actions, mais aussi de nos conflits intérieurs et de toutes les tendances égotiques et immatures en nous de désir-avidité, de peur, de confusion et d’aversion, de toutes les ombres, blessures et schémas plus ou moins inconscient qui nous divisent et nous aliènent, qui nous coupent de nous-mêmes, les uns des autres, de la nature et du cosmos. Certes ces tendances, notamment l’avidité, ont été institutionnalisés dans notre société à travers le matérialisme, le consumérisme et le modèle industriel de croissance productiviste. Mais sans faire un travail intérieur profond de connaissance et de dépassement de soi, afin de devenir plus conscient de tous ces schémas, en être libre et se mettre au service d’énergies plus lumineuses de joie, de paix, d’amour et de bienveillance, nous pouvons nous engager dans toutes sortes d’actions citoyennes et collectives de changement et de militantisme écologique et social sans pour autant aller à la racine des problèmes – et parfois même, en perpétuant indirectement ces schémas et ces divisions intérieures qui risquent inévitablement d’imprégner nos actions de leurs ombres inconscientes, de toutes sortes de réactivités, avec des conséquences indirectes n’allant pas dans le sens de nos aspirations profondes de changement. D’ailleurs les nombreuses révolutions à travers l’histoire attestent bien du fait que, souvent, malgré de très bonnes intentions, les mêmes schémas se répètent et les structures contre lesquelles ont espérait se battre sont au final réitérées sous d’autres formes, parce que tout l’accent était mis sur les causes structurelles extérieures qui devaient être changées et qu’une démarche de connaissance de soi et de transformation intérieure du cœur et de l’esprit était absente.
    Comme le dit Pierre Rabhi « Sans changement humain, il ne peut y avoir de changement de société. Nos choix politiques et militants ne suffisent pas : nous pouvons manger bio,manifester contre le nucléaire, recycler nos déchets,retourner à la terre et pourtant nuire à nos semblables et perpétuer la souffrance. Bienveillance, générosité, partage, équité empathie,solidarité sont des manifestations d’une conscience créatrice d’un monde libéré. »
    En cherchant à nous connaître profondément, à nous libérer intérieurement et à nous transformer afin d’incarner ces qualités, nous oeuvrons donc à transformer la société et le monde. Notre qualité d’être devient inspiration et porteuse du même désir de transformation chez l’autre. Ainsi, progressivement , cet éveil individuel peut devenir un éveil collectif. “

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