Marche en ville

Allez la Suisse : à pied en ville !

Au pays de la randonnée, les piétons en ville sont bien mal lotis. Dans les villes suisses, la marche est souvent englobée dans un concept plus large de mobilité active, mêlant piétons, cyclistes sur vélos mécaniques et électriques et autres trottinettes… Pourtant, les piétons ont des besoins bien spécifiques ! Il est temps de les entendre, de reconnaître leur fragilité face à tous les autres modes de transport, et de mettre la marche au cœur de nos préoccupations citadines.


La Suisse est championne du monde de la randonnée, mais pas de la marche en ville, particulièrement en Suisse romande. Alors que le débat se focalise sur la place de la voiture et du vélo en ville, on y a oublié et on y oublie encore que nous sommes d’abord des bipèdes! En montagne, ou à la campagne, on connaît bien ces panneaux jaunes donnant temps de marche et les destinations variées de randonnées. C’est clair : avec le développement, l’entretien et la promotion de ses 65 000 kilomètres de chemins pédestres mis en réseau (1), uniques au monde et marqueurs de notre identité nationale, attractifs et sûrs, Suisse Rando fait tout juste ! Mais quand on arrive en ville… c’est la douche froide. Nos rues sont devenues moins sûres, moins intéressantes, bruyantes, enfumées, utilisées par une minorité enfermée dans de gros et lourds véhicules. Laisser ses enfants jouer dans la rue en bas de chez soi, faire ses courses à pied et croiser son voisinage sur le chemin, prolonger les contacts par un moment de convivialité sur un banc ou une terrasse toute proche : des images d’Epinal ! Nos villes sont sacrifiées depuis quelques dizaines d’années au trafic automobile, qui a littéralement dévoré l’espace dévolu à la marche. Le comble, ce sont certainement ces valeureux juniors se rendant à vélo ou à pied à l’école, mis en danger par des parents motorisés qui veulent préserver leur propre enfant des dangers de la route et le conduisent en voiture !

Toutes et tous piétons

Nous sommes pourtant toutes et tous des piétons, au moins en puissance, alors que seule une part de notre population est cycliste et/ou automobiliste. Statistiquement, la part de la marche dans le nombre des déplacements compte pour 40 % à Genève et Lausanne et 30% environ dans les centres secondaires vaudois (2). C’est en utilisant nos deux pieds que nous bougeons depuis des dizaines de milliers d’années, nous donnant le temps de la rencontre et de nous adapter aux perceptions de danger. La marche est un moyen de locomotion autonome et permet la prise de confiance en soi, particulièrement pour les plus jeunes et fragiles. Elle est simplement bonne pour notre santé, alors que nous sommes si souvent assis. Du point de vue de l’environnement, elle ne cause pas d’émissions bruyantes ou polluantes, et ne nécessite pas de surfaces imperméables au revêtement uniforme et aseptisé. L’espace public piétonnier permet de faire de la place aux arbres, à des plantations diverses, à des assises, des jeux ou à des œuvres d’art intégrées : il permet donc une richesse d’expériences unique, et une autre façon de considérer ce qui nous entoure.

De bon exemples européens

De nombreuses villes européennes l’ont compris. Elles instituent des zones sans voitures : par exemple pour tout le centre-ville (Groningue, Oslo et Gand) ou pour des quartiers (à Turin, Paris ou Barcelone), à la satisfaction des citadin-e-s d’abord dubitatifs, puis heureux de ces nouvelles manières de vivre, de travailler et de bouger en ville. Cette tendance doit nous interpeller : le piéton est redevenu prioritaire dans une bonne partie de l’espace public ; il y est intégré dans toute sa diversité, de jeune à senior, à mobilité réduite ou pas, et s’y sent à nouveau bienvenu. En Espagne, la ville de Pontevedra en Galice était précurseure. En 1999, le maire de cette agglomération d’environ 80 000 habitants a réformé sa ville en donnant la priorité aux piétons. Entièrement à 30 km/h, sans exception pour les axes structurants, et fortement piétonnisée, cette commune a vu une réduction globale du nombre de véhicules circulant chaque jour et 70% des déplacements y sont effectués à pied ! Sur le plan économique, les commerces, bars et restaurants se félicitent de ce nouveau cadre de vie qui a boosté leur chiffre d’affaires. En parallèle des parkings souterrains (payants) et des parcs de dissuasion (gratuits) ont été construits à l’extérieur du centre-ville, à dix minutes à pied. Les riverains et les livreurs sont autorisés à stationner au maximum 30 minutes pour décharger leurs marchandises. Au final, le maire de cette ville a été réélu sans discontinuer sur cinq législatures. Quel plébiscite pour son concept !

Favoriser l’ « évaporation » de la circulation automobile

En Suisse, l’investissement routier continue à avoir son succès politique, même si certaines villes ont œuvré avec succès pour calmer le trafic, particulièrement en Suisse alémanique. De fait, l’expansion de la capacité de voirie provoque une augmentation du trafic automobile, et non sa diminution ; à l’inverse, le phénomène d’« évaporation de la circulation » a été prouvé à Séoul comme à Londres, à Lyon ou Nantes: une part de la circulation disparaît lorsque l’espace routier est réaffecté des véhicules privés vers des modes de transport plus durables comme la marche, le vélo et les transports publics ; on tend à renoncer en effet aux déplacements non indispensables (3). En somme, il n’y a pas de chaos annoncé avec une réduction de l’espace réservé aux véhicules motorisés. Bien au contraire, une augmentation de la qualité de vie résulte de ces mesures de tranquillisation routière (voir aussi Berne, Bâle, Annecy, Grenoble, …).

Donner la priorité aux plans piétons

Alors qu’il y a 40-50 ans, on a remodelé les villes en fonctions des voitures, dans les années 1990-2000 refaçonné les voiries pour les transports publics, la tendance actuellement est de penser les villes en fonction des vélos. L’ordre des priorités doit changer : les autorités doivent développer en premier leur plan piétons ; les plans cycles, transports publics, voitures individuelles et livraisons doivent s’y adapter. Les statistiques suisses sur les modes de transport marquent le peu de cas fait de la marche : elle est englobée dans le concept large de mobilité douce, mêlant piétons, cyclistes sur vélos mécaniques et électriques, trottinettes, … L’adage est bien connu : quand on ne nous compte pas, nous ne comptons pas. Bien sûr, il ne s’agit pas d’éluder l’importance des plans vélos ou le réseau de transports en commun. D’ailleurs, là où des réseaux cyclables continus sont réalisés, les espaces piétonniers sont bien moins « squattés », car les autres usagers de la mobilité douce que sont les cyclistes disposent d’une voie sécurisante et d’un réseau sans interruption. Mais leur développement ne doit pas se faire au détriment des piétons. Si le lobby des cyclistes est à raison très visible et écouté, celui des piétons est très silencieux ou politiquement inexistant. Ce paradigme doit changer.

Entendons-nous bien : il ne s’agit pas d’opposer les piétons au reste du monde ; je suis moi-même une combinaison de piétonne, cycliste et automobiliste. Cependant, il est temps de reconnaître la fragilité du piéton face à tous les autres modes de transport et de commencer enfin à le ou la considérer à sa juste importance. Un changement de loi, ou une initiative fédérale à l’image de ce qui a été fait pour le vélo récemment, doit à mon avis être votée pour que les vélos ou autres engins utilisant le même espace que les marcheurs soient obligés d’y rouler au pas. Dans chaque commune, il faut étendre le plus possible les trottoirs et zones pédestres appartenant aux seuls piéton-ne-s (+ vélos d’enfants jusqu’à 12 ans), avec une sensibilisation préventive des usager-e-s et des contrôles à la clé pour bien ancrer le changement. En parallèle, nous devrons bien sûr inciter les vélos et cycles divers à utiliser la voirie, elle-même apaisée et aménagée (baisse des vitesses globales, limitation des volumes de trafic, etc.). Grâce à des chemins perméables en ville, le piéton ne sera plus « enterré » dans des passages sous-route, ne devra plus contourner toute une rue mais disposera de chemins publics et agréables, pourra éviter, sans rallongement du temps de trajet, le trafic automobile, et sera prioritaire dans certaines zones, notamment les zones de rencontre.

Rues vivantes et marches exploratoires

L’impulsion pour redonner leur juste place aux habitants-e-s dans l’espace public peut venir aussi du terrain. En 2012, un groupe de citoyens, d’entrepreneurs et de fonctionnaires de la ville de Gand en Belgique se réunissait pour imaginer ensemble un réseau de rues piétonnes construit autour de places, avec des voies dédiées pour les vélos et les transports en commun. Regroupés en une association, ces acteurs ont mis en pratique leurs idées en créant des espaces d’expérimentation appelés « rues vivantes». Ce concept de participation citoyenne a essaimé en Europe depuis.

De même, les marches exploratoires, une méthode d’observation sur le terrain effectuée par un petit groupe, permettent d’identifier les points positifs, ou ceux à améliorer dans l’espace public. Elles se font de plus en plus couramment. Les pratiquant-e-s d’un quartier, accompagnés de professionnel-le-s de l’aménagement, permettent de poser des diagnostics tout à fait intéressants par rapport à des seules impulsions politiques parfois déconnectées de la réalité du terrain. Ces démarches, notamment menées à Lausanne ou à Genève depuis quelques temps déjà, sont les prémisses d’un mouvement pro-piétons en Suisse romande engagé il y a plus de 30 ans dans le reste du pays.

Des aménagements urbains soignés et accueillants, tels des bancs publics, des passages piétons ou un bon éclairage, la présence de parcs, de lieux de rencontre, d’espaces de nature, et l’évitement maximal d’axes à forte densité de trafic sur leur chemin, ou près des écoles (car un chemin de l’école le plus séparé du trafic est aussi un espace de jeu, de découvertes et d’autonomie pour l’enfant) sont des conditions sine qua non pour augmenter la sécurité des piétons en général et des plus vulnérables d’entre eux en particulier (enfants, personnes âgées ou à mobilité réduite). Ce public sensible pris en compte, nous reviendrons bous toutes et tous à plus de déplacements pédestres: la marche n’est pas réservée aux seuls cheminements de randonnée dans la nature suisse, elle doit reprendre ses droits en ville ! C’est notre moyen de locomotion essentiel : considérons-la comme telle.

[1] A titre de comparaison, les routes suisses font un peu plus de 70 000 kilomètres et le rail environ 5 000 kilomètres

[2] Analyse du micro-recensement Mobilité et Transports 2015 et comparaison avec les années 2000, 2005 et 2010, page 131 et 132

[3] Schéma simplifié du système d’évaporation du trafic lorsque des axes routiers sont éliminés.

Ce phénomène a été documenté par des thèses et observations variées sur le terrain en Europe. A l’Université de Lausanne, une thèse est justement en train d’être finalisée, sous la houlette du Professeur Vincent Kaufmann et financée par Transitec – Optimiseurs de mobilité, sur ce même sujet : nul doute qu’on pourra en tirer des éléments utiles pour démontrer que la baisse de trafic n’est pas difficile à obtenir et qu’il n’y a pas besoin de scénarii-catastrophe de la part des autotriés politiques, en cas de fermeture, planifiée ou non, de certains axes routiers.


 

Fabienne Freymond Cantone

Fabienne Freymond Cantone est membre des Conseils d’administration de la Banque Cantonale Vaudoise, de Transitec SA et des comités de la SSR Suisse Romande, d’Innovaud et de la Centrale d'émission pour la construction de logements, à côté d'engagements bénévoles dans diverses associations et fondations à buts d'insertion professionnelle, social, culturel ou environnemental. Economiste, elle œuvre et a œuvré pour des sociétés locales autant qu'internationales Elle a été impliquée à tous les niveaux de la politique, du communal, cantonal au fédéral, du régional à l’intercantonal, de l’association locale à l’agglomération franco-valdo-genevoise (16 ans de Parlement cantonal vaudois et 15 ans d'Exécutif à la tête de la Ville de Nyon). Elle nous propose donc son regard sur l'actualité au travers des variées facettes composant son curriculum.

20 réponses à “Allez la Suisse : à pied en ville !

  1. Bonjour,
    Votre concept d’ « évaporation » de la circulation automobile oublie simple une chose: Tout le monde n’habite pas en ville !
    Votre blog décrit ce qui se passe actuellement à Paris où progressivement on ferme les grands axes qui permettent de traverser paris rapidement. Résultat, il n’y a certes plus de circulation automobile sur ces grands axes, mais elle s’est reporté sur des rue plus petites créant bien plus de nuisances dans ces petites rues auparavant bien plus calmes. Non, la circulation ne s’évapore pas, mais elle se reporte sur d’autres axes surchargée et inadaptés.
    Un autre aspect que vous oubliez est que comme dans beaucoup des villes dont celles que vous citez, c’est la fermeture de nombreux commerces qui ne peuvent pas vivre uniquement avec la population proche dans le quartier. Les “péri-urbains” ne vont plus en ville, mais dans les zones commerciales accessibles en voiture pour y faire leurs achats. Résultat, certaines villes ont des centre-ville fantômes où les locaux commerciaux restent vide faute de suffisamment de clients.
    Tout le monde n’a pas un tram ou un bus devant sa porte et aller faire des achats encombrants ou avec des enfants en bas âge n’est guerre faisable en transports en commun.
    Il y a 10 ans j’allais très fréquemment faire mes achats dans le centre de Genève en me stationnant dans le parking du Mont-Blanc. On y accédait facilement en voiture. Depuis que la Ville de Genève a désynchronisé volontairement les feux pour créer des bouchons artificiels et doublé le temps de trajet pour y accéder, je ne vais plus que très rarement faire des achats ou déjeuner dans le centre de Genève. Je n’envisage pas de prendre le train car les parkings relais sont toujours complets et le coût et temps perdu pour m’y rendre est prohibitif.
    Alors pensez un peu plus loin que votre status de citadine et comprenez que votre vision relève d’un égoïsme de citadins “entre-sois” qui ne considère jamais que les gens qui viennent en voiture dans les villes ne sont pas forcément des résidents de ces villes.
    Certaines commencent à se rendre compte des dégâts quand tous les commerces ont déménagé à l’extérieur, mais il est trop tard.
    Autre précision, Genève se plaint de sa circulation, mais refuse le tunnel sous la rade. Résultat, le seul moyen de se rendre de l’autre côté du Lac est alors de passer par le pont du Mont-Blanc. On ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre…. A méditer.
    Bien cordialement

    1. Bonjour,
      Merci de votre témoignage.
      Dans les questions de trafic, il faut regarder les globalités, et pas les individualités. Le principe d’évaporation du trafic a été démontré dans diverses villes européennes, et les populations concernées s’en trouvent en général satisfaites. Connaissez-vous Bordeaux? Nantes?… Il y a clairement un avant et un après la tranquillisation de leurs centres… C’est un pur bonheur que de parcourir maintenant ces villes.
      Il est clair cependant que la priorisation de la marche en ville veut dire que toutes sortes d’accompagnements doivent être pensés: dont les livraisons à domicile, des centres-villes très agréables qui font que les gens y viennent faire leurs courses par plaisir, des transports publics efficaces…
      Je ne suis pas d’accord qu’il y a un égoïsme de la part des citadin-e-s-: ce sont eux et elles qui habitent en ville et souffrent de bruit et de la pollution, de l’insécurité, etc. Ils et elles ont prioritairement droit au chapitre.
      Par ailleurs, en ce qui concerne les commerces, voyez autour de vous: Sion, les villes suisses allemandes ont des centres tranquillisés: leurs chiffres d’affaires sont bien meilleurs maintenant qu’avant, quand le trafic automobile y était roi…

      1. Chère Madame,
        Le problème avec les écologistes (on les reconnait par l’utilisation de l’écriture inclusive extrêmement désagréable à lire. Pour information le masculin est également le neutre dans la langue française) c’est qu’ils ne regardent que les “globalités” et pas les “individualités” comme vous le dites si bien. C’est à dire que vous raisonnez en “moyenne” or personne ne vit en “moyenne”, la société n’est que la somme d’individus et d’individualités. Niveler tout le monde au même niveau à la même moyenne, c’est ce qu’ont voulu faire les régimes communiste et ce qui fait la base du communisme. On a vu le résultat.
        Vous parlez des villes, en oubliant qu’il y a une banlieue autour des villes et une zone rurale autour de ces banlieues et des gens qui y vivent. Paris ne se limite pas au périphérique, mais les franciliens n’ont plus accès à Paris et ne peuvent plus traverser la ville pour aller de l’autre côté de l’ile de France ( c’est comme Genève qui refuse le tunnel sous la rade et refuse les voitures qui veulent simplement passer sur l’autre rive du lac). Combien de voitures sur le pont du Mont-Blanc ne font que transiter ?
        Vous ne regardez les choses que par votre vision idéologisée et quand on vous liste des réalités du quotidien vous les balayez en argumentant que ce sont des cas individuels dont vous ne voulez pas tenir compte, les gens n’ont qu’à rentrer dans le moule que vous avez défini.
        Désolé, mais votre position et argumentation relève du totalitarisme car pour vous tout le monde peut marcher, prendre le vélo ou le bus, train, tram et les autres n’existent pas, n’ont aucune raison de se comporter différemment.
        Je connais très bien ces villes que vous parcourez en touriste, mais j’en connais certaine où j’y ai résidé et qui sont devenu des villes “musée” pour les touristes, car tous les magasins “utiles” ont migrés en périphérie et les centre-villes ne sont que des vitrines de boutiques de marques, banques ou agences immobilières…
        Paris perds tous les ans près de 5000 familles et des commerces ferment tous les jours faute de clients qui habituellement venait de toute l’ile de France. Idem pour le centre de Strasbourg qui après avoir supprimé ses parkings du centre-ville n’est plus que l’ombre d’elle-même. Les zone commerciales en périphérie explosent et les gens qui habitent la région ne vont plus faire d’achats dans la ville faute de magasins pour cela. Mais les touristes adorent pouvoir aller de bistrots en bistrot et de fastfood en fastfood…. Mais tout cela vous ne voulez pas le voir, vous voulez imposer un dogme quitte à fermer les yeux sur la réalité et le fait que les habitants ne sont pas des moutons, mais des individus tous différents et tous des cas particuliers. Le citoyen moyen n’existe pas.
        Bonne lecture
        Cordialement

  2. Allez la Suisse : les personnes trop âgées pour connaître les bienfaits du footing resteront à la maison immobiles dans leur gros fauteuil à fleurs, ou commanderont un taxi-vélo électrique à trois roues et mangeront du pain avec de la confiture à la fin du mois.

      1. Malheureusement non, tout est fait pour interdire la voiture et les personnes âgées ainsi que celles handicapées ne peuvent le faire. D’ailleurs, accéder aux HUG devient très difficile du fait de la politique de désynchronisation des feux rouges de la ville de Genève et un jour cela finira mal voir en justice quand des blessés arriveront trop tard aux urgence….

        1. Bonjour,

          Merci de votre partage d’expérience. Pour ma part, je constate que les villes suisses romandes sont 20 à 30 ans en arrière par rapport à ce qu’il s’est fait en Suisse allemande, et bien des pays d’Europe. Je peux bien vous croire que Lausanne ou Genève ont pris des décisions qui ne vous semblent pas adéquates. Mon propos est beaucoup plus généraliste: le piéton est le mal-aimé des villes, et cela ne doit plus être le cas. Je vous accorde qu’on ne peut décréter cela et qu’il faut toute une série d’accompagnements législatifs, et logistiques, pour permettre ce renversement de paradigmes. Pour moi, l’humain doit d’abord pouvoir se mouvoir en toute sécurité à pied, plutôt qu’en voiture.

      2. De quelles voitures parlez-vous Madame ? Les taxis ? Et encore, le plan des nouveaux aménagements de la gare de Genève que j’avais consulté (pas récemment) interdisait même aux taxis de s’approcher devant l’entrée principale. Les personnes fragiles, comme vous dites, peuvent alors faire le reste du chemin avec leur canne. À moins peut-être de commander un taxi comme Transport-Handicap à Lausanne, qui facture 75.- les 15 minutes d’assistance ou d’attente du chauffeur moteur arrêté. Et puis je pense que Lausanne qui reconstruit aussi sa place devant la gare n’assouplira pas les règlements déjà valables le soir dans les rues piétonnes, y compris le 24 décembre : il y a trois ans, je voulais mener en voiture une dame handicapée de 90 ans au repas de fête gratuit de l’église, pas moyen d’obtenir une autorisation, même demandée à l’avance, pour les quelques centaines de mètres entre son immeuble et la route. Elle a donc été obligée de prendre un taxi, et vous pensez bien que celui-ci n’accepte pas une course de trois minutes, donc elle a déboursé à l’aller (19h), et au retour (minuit), ce qui lui restait dans son porte-monnaie après avoir payé ses frais fixes et courants sur son AVS, une semaine avant le 31 qu’elle a passé à la maison « pour ne pas de nouveau être un poids pour tout le monde ». Ses trajets en taxi lui ont coûté le prix d’un bon repas au restaurant pour se rendre au repas gratuit, mais ce sont aussi ses amis qu’elle voulait rencontrer, c’est pour cela qu’elle n’a pas hésité à payer. Nous voulions lui offrir ce voyage en taxi, mais c’était pour elle exclu : « Je ne suis pas pauvre !.. » C’est sa dignité qu’elle protégeait, la dignité des personnes âgées affaiblies de toutes parts dont les planificateurs des nouveaux quartiers s’en fichent complètement ! Ce ne sont pas les jeunes de seize à vingt ans filant sur leurs trottinettes électriques qui sont les moins sensibles aux problèmes de la vieillesse, je l’ai constaté par les attentions qu’ils me portent les rares fois où je prends le bus, et lors des discussions imprévues aux terrasses les soirs d’été à Ouchy où nous échangeons nos souvenirs, eux ceux de l’enfance proche, moi bien plus loin dans le passé. Et leur conclusion a été plusieurs fois donnée en ce sens : « Dans le fond, vous étiez comme nous ! » Nous avions ri de nous comprendre malgré les cinquante ans qui nous séparent… Et les trente-cinq à quarante-cinq ans qui se musclent à vélo en biberonnant leur potion de jus végétaux énergétiques ? Ceux qui se réjouissent de respirer le bon air sur les grandes places décorées de gros pots de fleurs ou de rhubarbe ? Nous n’avons pas grand-chose à échanger, ces grands enfants gâtés qui pourraient être les miens, à qui j’ai gâché l’avenir en détruisant la nature. Hahaha ! C’est leur généreuse vertu qui me fait rire, elle vieillira mal, ils seront les frustrés de demain, mais trouveront bien une recette de thé de Chine pour sublimer leur douleur, et se tousseront fraternellement à la figure lors de la prochaine pandémie. Je prends déjà congé de vous maintenant mes amis, heureusement je n’ai pas besoin de vous !

        1. Bonjour,

          Merci de votre partage d’expérience. Pour ma part, je constate que les villes suisses romandes sont 20 à 30 ans en arrière par rapport à ce qu’il s’est fait en Suisse allemande, et bien des pays d’Europe. Je peux bien vous croire que Lausanne ou Genève ont pris des décisions qui ne vous semblent pas adéquates. Mon propos est beaucoup plus généraliste: le piéton est le mal-aimé des villes, et cela ne doit plus être le cas. Je vous accorde qu’on ne peut décréter cela et qu’il faut toute une série d’accompagnements législatifs, et logistiques, pour permettre ce renversement de paradigmes. Pour moi, l’humain doit d’abord pouvoir se mouvoir en toute sécurité à pied, plutôt qu’en voiture.

          1. Je ne comprends pas vos propos, les voitures ne circulent pas sur les trottoirs et les passages piétons et feux existent pour cela. Que voulez-vous de plus ?

            De quels problèmes de sécurité parlez-vous ? De celui des trottinettes qui circulent sur les trottoirs ? De celui des vélos qui ne respectent aucun feu rouge ? Ah non jamais, car ce serait anti-écologique…

            Votre problème est que vous ne voulez ou ne pouvez pas imaginez que tout le monde ne peut pas faire des km à pieds ! Demander à une personnes âgée perclus d’arthrite (comme nos grands parents) d’aller à pieds au cabinet de leur médecin traitant en ville est simplement inhumain et égotiste de la part des écologistes citadins jeunes qui méprisent ceux qui ont besoin de la voiture pour se déplacer.
            Vous ne voulez pas regarder la réalité en face et imaginez un monde idyllique qui n’existe pas.
            Pour votre information la population ne rajeunit pas et les problèmes de mobilité de ces personnes va aller croissant. Vos positions se résument à les cloitrer chez-eux.

  3. Madame pensez-vous que votre article va dans le sens des commerçants des villes Vous relayer un discours de verts gauchiste qui nous force à ne plus venir en ville! Ne plus venir dans les commerces! Vous le remarquerez déjà à Lausanne qui se meurt et se paupérise! Vous allez contre les intérêts des commerçants, qui au passage sont sûrement intéressés par les performances de la BCV…
    Votre position au sein de cette banque devrait vous permettre d’évaluer la pertinence de vouloir favoriser le tout à pied.

    1. Bonjour Monsieur,
      En fait, mon article va précisément dans le sens des commerçants: leur chiffre d’affaires est boosté depuis la piétonisation des centres villes… Voir l’exemple de Sion, proche de nous, les villes de Suisse allemande, l’exemple de Pontevedra que je cite.
      La clientèle est différente, peut-être, mais plus nombreuses et dépensant plus, quand elle est dans un site agréable.

      1. Quid des villes comme Genève, Lausanne, Paris, Strasbourg etc… et beaucoup d’autres dont certaines commencent à faire marche arrière vu le nombre de baux commerciaux à vendre. Vous fermez les yeux et pensez que des cafés, bars, kebab sont suffisants ?

        Nombreux commerçants de Genève que je fréquentait ferment faute de clients “locaux”, ne reste plus que les boutiques à riches touristes qui séjournent dans les hôtels.

        Vous prenez le cas de Sion, une toute petite ville sans rapport avec les autres que vous citez, avoir un petit centre-ville piétonnier c’est le cas partout, mais faire tout pour empêcher les voiture d’arriver proche des zone piétonnes comme dans les grandes villes résulte en la paupérisation de la diversité des commerces.
        Les grandes villes deviennent des villes musées pour les seuls touristes.
        Ne comparez pas Sion à Genève ou Lausanne ou Bordeaux ou Nantes (qui au passage n’est plus fréquentable et dangereuse le soir). Comparez ce qui est comparable et regardez l’explosion des zone commerciales périphériques accessibles en voiture.

        Pensez-vous vraiment que tous ceux qui vont faire leurs courses de la semaine pour la famille avec des chariots pleins dans les supermarchés et centres commerciaux ont envie de les faire en ville à pieds à porter les sacs lourds à bouts de bras et qui plus est s’ils ont des enfants en bas âge ? Regardez la réalité des familles et de la vie réelle.
        Oui, “la clientèle est différente”, comme vous le dites si bien, c’est celle des touristes comme vous qui appréciez les villes sans voitures, et sans âme, vidé de ses habitants d’origine et des magasins du quotidien pour faire place aux commerces à touristes.
        Belle perspective que vous nous présentez comme objectif….

        1. Père de famille de deux enfants en bas age, je fais l’entier de mes courses à vélo avec une charrette. J’ai l’impression que ceux qui utilisent cet argument n’ont pas d’enfants en bas age ou du moins n’ont jamais tenté une alternative à la voiture.

          1. Vous allez sur une route cantonale avec votre charrette ? Vous prenez l’autoroute avec votre charrette ? J’ai des enfants en bas âge et je n’habite pas dans une ville mais dans un village où il n’y a pas de supermarché.
            Sortez de votre cocon pour voir la réalité de la campagne où il n’y a pas d’alternative à la voiture.

  4. Non Madame le piéton n’est pas le mal-aimé des villes !

    Allez marcher dans des villes telles que Fribourg, Berne, Bâle, Zurich, St-Gall, Coire, etc… je n’ai jamais eu de problème ! Il faut aussi nuancer : les courses dans les grands-centres parce que de plus en plus, on fait ses achats pour la semaine lorsque l’on travaille à plein temps et c’est tout à fait normal !

    1. Bonjour Madame,

      Pour ma part, je pense que le piéton est l’oublié de nos villes. Son espace se fait envahir maintenant par des engins mécaniques et électriques, qui rendent la marche difficile, et peu sécure, surtout dans nos communes où les rues, et les trottoirs, sont étroits. Les planifications directrices de nos villes romandes incluent souvent en dernier lieu au piéton.
      Mon propos est que cela doit changer.

      PS. je connais Fribourg, Berne, Bâle, Zurich, St-Gall et Coire. Clairement, la situation y est meilleure pour le piéton que dans l’Ouest de la Suisse; je suis d’accord avec vous.

      1. Merci de votre réponse.
        Il vaut avouer que nos compatriotes outre-Sarine sont bien meilleurs dans leur planification, les villes sont moins “pentues” que Lausanne, Genève pour certains quartiers, Neuchâtel l’est également de façon moindre.
        J’avoue que nos voisins allemands et autrichiens sont très largement en avance en ce qui concerne les zones piétonnes.

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