Trump décapité, le gag(e) de mauvais goût d’une humoriste américaine

Kathy Griffin n’est pas vraiment fière d’elle. Dépassée par son propre gag, elle s’est répandue en excuses, tout en relançant le débat autour du fameux «Peut-on rire de tout?». Dans une petite vidéo postée sur son fil Twitter, la comédienne et humoriste américaine de 56 ans l’admet sans ciller (elle n’a pas eu le temps de poser ses faux cils): «Je vous prie de me pardonner. Je suis une comique, j’ai franchi la ligne. Je suis allée beaucoup trop loin, l’image est trop dérangeante. Je comprends que j’ai offensé les gens, ce n’était pas drôle, je le comprends».

Mercredi matin, elle a eu droit à un tweet présidentiel: «Kathy Griffin devrait avoir honte d’elle-même. Mes enfants, spécialement mon fils de 11 ans Barron, ont du mal avec ça. Malade!».

Son fils Donald Trump Jr a également réagi, via une dizaine de tweets. Il rejette notamment la faute sur les démocrates: «Dégoûtant mais pas surprenant. C’est la gauche aujourd’hui. Ils considèrent cela acceptable. Vous imaginez si un conservateur avait fait ça quand Obama était président?».

L’objet de la colère? Kathy Griffin  a posé pour un photographe, l’air grave, en brandissant une tête ensanglantée, façon Etat islamique, avec une imposante chevelure blonde. Celle du président américain. Partagée sur les réseaux sociaux, la photo a immédiatement déclenché des propos outrés, y compris de la part d’habituels détracteurs du président. C’était la ligne à ne pas franchir. Car elle flirte très sérieusement avec l’apologie de la violence. Kathy Griffin a demandé au photographe Tyler Shields de retirer l’image, mais le mal était déjà fait. Elle circule partout, y compris via le fils de Donald Trump. Même Chelsea Clinton a publiquement condamné Kathy Griffin: «C’est abominable et c’est mal. Ce n’est jamais marrant de faire des blagues à propos de l’idée de tuer un président».

Surtout, l’humoriste a également déclenché les foudres au sein de CNN, chaîne sur laquelle elle apparaît régulièrement. C’est elle par exemple, qui avec le journaliste-vedette Anderson Cooper, anime l’émission spéciale de Nouvel An à Times Square. Extrêmement complice avec sa partenaire avec laquelle il fait les 400 coups, il a, lui aussi, jugé nécessaire, devant le tollé provoqué par cette tête présidentielle sanguinolente, de condamner publiquement son acte. Il l’a fait très solennellement hier. «Pour rappel, écrit-il sur Twitter, je suis dégoûté par la photo à laquelle a participé Kathy Griffin. C’est clairement dégoûtant et totalement inapproprié».

Même réaction de la part d’un autre journaliste-vedette de la chaîne, Jake Tapper, qui lui aussi anime une émission à son propre nom. Donald Trump Jr le remercie d’avoir pris ses distances. Tout en montrant CNN du doigt, car la chaîne ne s’est pas encore vraiment désolidarisée de la comédienne.

La réponse est tombée quelques heures plus tard, mercredi après-midi. CNN a fini par prendre la décision de ne plus recourir à Kathy Griffin pour son programme de fin d’année. La chaîne s’était auparavant contentée de déclarer la mise en scène «dégoûtante et blessante», tout en se disant contente que l’animatrice ait présenté ses excuses.

Kathy Griffin ne s’attendait visiblement pas à de telles réactions, s’il l’on en juge la séquence vidéo ci-dessous. Provocante jusqu’au bout, elle avait même baptisé son «oeuvre» «Il avait du sang sortant de ses yeux, du sang sortant de n’importe où». Une allusion à des propos tenus par Donald Trump, alors qu’il était encore candidat,  contre une ancienne journaliste de Fox News, Megyn Kelly. Il l’avait accusée d’avoir été virulente à son égard lors d’une émission «parce qu’elle avait ses règles».

Merkel, Obama, les coeurs brisés, l’ombre de Trump et les jeux de mains

La situation est inhabituelle. C’est à la porte de Brandenbourg, à Berlin, qu’Angela Merkel et Barack Obama se sont retrouvés ce jeudi, pour participer à un débat public devant plus de 70 000 personnes. Une discussion à l’invitation de responsables de l’Eglise protestante pour évoquer les valeurs démocratiques, le rôle de la religion, la crise migratoire, les dérives sécuritaires, le danger terroriste ou encore la nécessaire mobilisation des jeunes. Et pendant qu’ils discutaient d’espoir, de paix et de religion, qu’ils confiaient avoir «le coeur brisé» par la tragédie de Manchester, Donald Trump n’était pas bien loin: il était à Bruxelles pour participer au sommet de l’OTAN. D’ailleurs à peine la chancelière allemande a-t-elle quitté Barack Obama d’un petit geste amical qu’elle s’apprêtait à rencontrer Donald Trump, le petit geste amical en moins. Deux présidents américains le même jour.

A Berlin, très détendu, Barack Obama a surtout donné un avant goût de son nouvel engagement avec sa fondation. «J’espère encore avoir un peu d’influence», a-t-il relevé, tout sourire. «Mon but est d’encourager les jeunes, les leaders de demain, à s’engager, et à marginaliser ceux qui tentent de nous diviser». Sans jamais directement mentionner Donald Trump et sa présidence chaotique, l’ex-président, très peiné par la volonté ferme de son successeur et d’une partie du Congrès d’abroger l’Obamacare, n’a pu s’empêcher d’évoquer sa réforme de la santé. «Mon but était que tous les Américains puissent bénéficier d’une couverture santé». Pari raté: 10 millions d’Américains en sont actuellement privés. Mais selon une toute récente étude du Bureau du budget du Congrès, le Trumpcare, dans sa mouture actuelle, en priverait 14 millions de plus dès 2018 et 23 millions dès 2026.

Et puis, Barack Obama s’est livré à quelques petites confidences. «Pendant ces quatre derniers mois, j’ai surtout essayé de rattraper un peu mon sommeil. J’essaie aussi de passer plus de temps avec Michelle, pour qu’elle me pardonne les moments où j’étais loin d’elle, et je profite de mes filles.»

Michelle. Cet amour qu’il ne cesse de mettre en avant. On ne peut s’empêcher de penser à la scène qui fait désormais le buzz sur Internet: Melania Trump, qui d’un petit geste sec de la main refuse de prendre celle de son mari. C’était lors de la visite officielle en Israël. Rebelote, ou presque, à la descente de l’avion présidentiel, en arrivant à Rome. Melania se passe la main dans les cheveux exactement au moment où son mari tente de la lui attraper. Cette fois, on peut penser que l’acte d’«évitement» n’était pas intentionnel. Quoique. On se rapproche plus d’une autre scène qui a fait le buzz: Donald Trump faisant mine d’ignorer Angela Merkel, lors de sa visite à Washington, quand elle lui glisse discrètement, devant des photographes: «Devrions-nous nous serrer la main?».

Jeu de main, jeu de vilain? L’équipe de communication de Donald Trump pense en tout cas à tout. Dans le communiqué de la Maison Blanche reçu ce jour, une photo est glissée à la fin. Donald Trump et sa femme dans la Chapelle Sixtine. Main dans la main. Tiens, tiens.

La revanche de Monica Lewinsky

«Son rêve était mon cauchemar». C’est dans le New York Times, et sous ce titre, qu’elle a choisi, mardi, de s’exprimer. Monica Lewinsky, que l’on résume souvent injustement aux mots «stagiaire», «robe» et «Bill Clinton», s’est fendue d’une opinion pour évoquer Roger Ailes, le fondateur de Fox News récemment décédé. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne l’épargne pas. Car son rêve était son cauchemar.

Roger Ailes était une personnalité contestée. Accusé de harcèlements sexuels, il a été contraint de quitter la chaîne il y a moins d’un an. Le républicain a créé Fox News en 1996, une chaîne devenue par la suite très prisée des conservateurs. Il a également conseillé Richard Nixon, Ronald Reagan, puis George W. Bush père pendant leurs campagnes. Sans oublier Donald Trump.

Monica Lewinsky lui en veut beaucoup. Son «affaire» – sa relation intime avec le président Bill Clinton – a été rendue publique en 1998, deux ans après la création de la chaîne. Roger Ailes, écrit-elle, en a profité pour faire une «saga Lewinsky», en décortiquant l’affaire 24 heures sur 24h, de façon sensationnaliste, en quête de chaque détail, et pendant de longues semaines, dans le seul but de faire fructifier Fox News. Et la «magie» a opéré. John Moody, un des responsables de la chaîne, a osé avouer dans une interview: «Monica était le rêve devenu réalité pour une chaîne d’informations en continu».

En clair, Monica Lewinsky était devenue leur poule aux oeufs d’or, leur vache à lait. «Leur rêve était mon cauchemar», écrit-elle. «Ma famille et moi nous nous retranchions à la maison, inquiets à l’idée que je puisse finir en prison – j’étais la première cible de l’investigation du procureur indépendant Kenneth Starr, menacée de 27 ans d’emprisonnement pour faux témoignage -, ou tout simplement que je puisse m’ôter la vie. Et pendant ce temps, Monsieur Ailes et ses employés de Fox News dictaient aux présentateurs télé ce qu’il fallait dire pour exploiter au mieux cette tragédie personnelle et nationale».

A cause de l’acharnement de Fox News, et d’Internet qui prend son essor, elle se fait traiter de putain, de souillon, de bimbo. «Et même pire». La «Monicagate», hyper médiatisée, part en spirale. La «stagiaire de la Maison Blanche» est traquée en permanence par les paparazzis dès qu’elle tente de sortir de chez elle. Elle écrit: «Quelques jours seulement après que l’affaire a éclaté, Fox demandait aux téléspectateurs de répondre à cette question: “Monica Lewinsky est-elle une fille dans la norme ou une jeune personne immorale cherchant à faire sensation?”». Pour elle, c’est le début de la «culture de l’humiliation». En 2014, elle se confie à Vanity Fair. Elle dit estimer être la première victime d’une campagne d’humiliation mondiale sur internet. En mars 2015, elle en parle dans le cadre d’une conférence TED.

Aujourd’hui, femme d’affaires épanouie, Monica Lewinsky a un combat: lutter contre la cyberintimidation, les chantages et lynchages par internet, qui poussent parfois des jeunes au suicide. Chez Fox News, écrit-elle encore, la culture de l’exploitation ne se limitait visiblement pas à ce qui était diffusé à l’écran, comme l’ont prouvé des témoignages d’employées victimes de harcèlements sexuels. Elle espère que la disparition de Roger Ailes mettra définitivement fin à ces pratiques agressives et irrespectueuses.

Ironie de l’histoire, Roger Ailes a profité d’un scandal sexuel – l’affaire Lewinsky – pour développer Fox News et faire carrière, mais c’en est un autre qui l’a forcé à démissionner. Le sien.

Je te congédie, tu te tais, sinon je révèle ce que tu as bien pu me dire

Une nouvelle preuve d’autoritarisme. Après avoir brusquement congédié le patron du FBI, voilà que Donald Trump lui intime l’ordre de se taire, et d’une bien curieuse façon. L’«affaire russe», à laquelle est clairement lié le licenciement de James Comey, prend des proportions de plus en plus hallucinantes. Dans un tweet au ton menaçant, le président américain, écrit, vendredi: «James Comey a meilleur temps d’espérer qu’il n’existe pas d’«enregistrement» de nos conversations avant qu’il commence à faire des révélations à la presse!». Il continue à laver son linge sale en public, après avoir souligné à la NBC qu’il avait dîné et eu deux conversations téléphoniques avec James Comey depuis qu’il est au pouvoir. Un tweet qui ne peut que s’apparenter à une tentative d’intimidation.

Comment en est-on arrivé là? Le président américain a fait preuve de nervosité ces dernières heures en raison des différentes versions du limogeage du patron de FBI qui ont émané de la Maison Blanche. Du coup, fâché, il menace de supprimer les points presse quasi quotidiens donnés par son équipe de communication. Menace numéro 2. Ces déclarations ont poussé l’Association des correspondants de la Maison Blanche à réagir, via un communiqué.

La première raison officielle donnée au licenciement de James Comey était sa «mauvaise» gestion de l’affaire des emails privés d’Hillary Clinton. Puis Donald Trump s’est lui-même contredit en faisant allusion à l’affaire russe lors de l’interview accordée jeudi à la NBC: «En fait quand je me suis décidé, je me suis dit: “Ce truc avec la Russie, Trump et la Russie, c’est une histoire inventée”». Plus tôt, il avait déclaré avoir «dès le début» eu l’intention de se séparer de James Comey, alors que ses porte-paroles ont affirmé la veille qu’il ne l’avait décidé que récemment. On nage en pleine confusion. Donald Trump a toujours férocement nié tout lien entre son équipe de campagne et Moscou dans le cadre des actes de piratages russes pour le faire élire. Pour lui, toute cette affaire n’est qu’un «canular complet», une «mascarade aux frais du contribuable».

Mais revenons au dernier tweet de la discorde. Donald Trump laisse entendre qu’il a enregistré sa conversation avec James Comey dans le Bureau ovale sans le prévenir, ce qui n’est pas sans rappeler le système mis en place par le président Nixon. Le démocrate Adam Schiff, élu à la Chambre des représentants, a vivement réagi, estimant que le président doit immédiatement donner tout enregistrement au Congrès «ou reconnaître, une nouvelle fois, qu’il a délibérément fait une déclaration erronée, ou dans ce cas menaçante». Voici ce qu’il a tweeté:

Alors, cet enregistrement existe-t-il vraiment? Le porte-parole Sean Spicer n’a pas pu échapper à la question lors du point presse du jour, qui a bien eu lieu. A trois reprises, il a dit ne «rien avoir à ajouter» au contenu du tweet.

James Comey, lui, joue la carte de l’apaisement, version «Circulez, il n’y a rien à voir». Selon CNN, il n’a pas de quoi s’inquiéter de ce qu’un enregistrement pourrait révéler, «s’il en existe un».

C’était l’épisode de vendredi de la saga russe. Il risque d’y en avoir encore de nombreux autres. Et pendant ce temps, la Maison Blanche soigne sa cinéphilie – doit-on y voir un lien? – et annonce que les curieux auront désormais également le droit de visiter la salle de cinéma où les présidents américains projettent leurs films préférés. Le premier film visionné par le clan Trump était le film d’animation «Le Monde de Dory».

L’avocat de Donald Trump qui a le nom de l’emploi

Donald Trump n’aime pas beaucoup les «bad hombres». Alors que ce soit pour fermer la frontière avec le Mexique (photo: Reuters) ou empêcher d’éventuels futurs criminels et terroristes d’entrer sur sol américain, il a ses méthodes. Sauf que voilà: il peine à exécuter ses promesses de campagne en matière de politique anti-immigration. L’audience qui s’est tenue lundi devant la Cour d’appel fédérale de Richmond, capitale de la Virginie, était donc d’une importance cruciale pour le président américain. Donald Trump espérait enfin tenir sa revanche alors que les deux variantes de son décret anti-immigration sont bloquées par la justice.

Les juges ont la lourde tâche de trancher: le décret stigmatise-t-il volontairement les musulmans – au départ sept pays à majorité musulmane était visés -, alors que la Constitution des Etats-Unis interdit la discrimination religieuse, ou est-il vraiment motivé par un problème de sécurité nationale? La décision ne tombera que dans quelques semaines. En attendant, un détail ne nous aura pas échappé. L’avocat du ministère de la justice, celui qui défend la position de Donald Trump, s’appelle… Mister Wall.

La folie des «fidget spinners» va contaminer l’Europe. Vous voilà avertis

Depuis quelques semaines, j’ai l’impression de les voir partout. Quoi donc? Ces curieux jouets, que j’avais d’abord pris pour une sorte d’appareil de musculation des doigts. Ce sont les «fidget spinners» ou «hand spinners» (photos: Instagram, Jual Fidget Spinner Pku). Un objet en plastique, avec des roulements à billes en acier. Le principe? Les faire tourner entre les doigts, un peu comme une toupie. Les enfants en raffolent. Les professeurs un peu moins: certaines écoles ont décidé de les interdire. Très à la mode aux Etats-Unis, le phénomène a déjà atteint l’Europe et pourrait bien y connaître un succès similaire. Attention, vous êtes avertis: la vague des «fidget spinners», qui se multiplient comme des petits pains, promet d’ensorceler vos enfants! Si ce n’est pas déjà fait…

A la base, ce «jouet», qui a l’avantage de ne pas faire trop de bruit, est prévu pour les personnes souffrant d’hyperactivité, de troubles de l’attention ou de la concentration. Pour les calmer. Ou pour stimuler des enfants atteints d’autisme. Sauf qu’ils sont rapidement devenus un phénomène de mode. On les collectionne – il y en a de toutes les couleurs, en version tenue de camouflage, feuilles de cannabis ou encore fluos la nuit -, on les bichonne, on se les échange, on joue à celui qui saura les faire tourner le plus longtemps (entre 30 secondes et quatre minutes). Les «fidget spinners» deviennent eux-mêmes un facteur d’excitation. Agacés, des professeurs préfèrent les bannir des salles de classe et recourir aux bonnes vieilles balles anti-stress pour les enfants qui auraient réellement besoin de canaliser leur énergie en s’en prenant à un objet.

Dr Nozman, un youtubeur suivi par 1,3 million d’abonnés, y a consacré une de ses dernières vidéos. Les commandes sur internet affluent, grâce notamment à des revendeurs qui ont senti le bon filon et se sont empressés d’acheter des noms de domaines avec le mot «spinners». Et sur www.spinners.ch, par exemple, ils sont déjà en rupture de stock.

L’histoire de ce curieux objet remonte en fait à l’été 1993 déjà. Une mère de famille basée en Floride, Catherine Hettinger, invente ce nouveau type de toupie pour divertir sa fille qui souffre de faiblesse musculaire. Cinq ans plus tard, elle décide de le commercialiser et en vendra quelques milliers, jusqu’à ce qu’elle renonce à sa licence: elle n’avait pas les 400 dollars nécessaires pour la renouveler.

Mais c’est bien depuis quelques semaines, sans que l’on sache vraiment pourquoi, qu’il connaît un nouvel engouement. En décembre dernier, Forbes avait déclaré les «fidget spinners» comme le «must have office toy for 2017», en pensant aux entrepreneurs stressés qui se rongent les ongles et ne savent plus que faire de leurs doigts. Et ça marche. Avec des prix allant de un à plus de 100 dollars pour les plus perfectionnés. Dès mars, des vidéos commencent à fleurir sur Youtube. C’est le buzz. Des stars se mettent également à l’adopter, à l’image de Gwyneth Paltrow qui en a offert à son fils. De quoi créer une spirale infernale.

Sandra Rossier, qui habite Brooklyn, en est fan. Elle a quatre enfants (photo) et huit «fidget spinners». «Ce n’est pas facile pour les enfants de rester six heures assis à l’école, puis ensuite de nouveau pour faire les devoirs.Le fidget les aide à soulager une partie de leur énergie nerveuse qui découle de plusieurs heures de sédentarité», explique-t-elle. «Cela les aide à se concentrer». Elle assure que leur école à Park Slope adore ces objets.

A force de les voir partout, le pourcentage de ceux qui les détestent prend aussi l’ascenseur. Enseignante à New York, Cristina Bolusi Zawacki n’a pas ménagé ses mots, dans une opinion publiée dans Working Mother: «J’ai une réaction viscérale quand j’en vois émerger d’une trousse ou d’une poche, comme une version sadique de l’expérience pavlovienne». C’est dit. Cette réaction viscérale-là pourrait elle aussi venir contaminer l’Europe si les petits OVBI – objets virevoltants bien identifiés – deviennent victimes de leur succès. En attendant, je connais bien deux, trois collègues à qui cette petite chose pourrait faire du bien. Car qu’on se le dise: ce drôle de gadget n’est de loin pas destiné qu’aux enfants.

Contourner New York en voilier, avec une famille d’aventuriers suisses

Traverser l’Hudson dans un zodiaque ultra-rapide et bondissant depuis Battery Park à Manhattan, arriver à la marina de New Jersey, dormir dans un bateau, partir le lendemain à l’aube avec le même voilier saluer la Statue de la Liberté, puis remonter l’East River, longer le bâtiment de l’ONU en scrutant les plus beaux gratte-ciel de New York, passer à côté de Rikers Island où était emprisonné DSK, voir l’île qui a hébergé une fosse commune, et enfin, quelques heures plus tard, arriver dans le paisible petit port de Rye: j’ai fait tout ça un samedi, par beau temps. Grâce à des Suisses. Un couple – Sabine et Dario -, leurs cinq enfants et le sixième qui est en route.

C’est la famille Schwörer. Nous vous racontions leur histoire avant Noël, à relire ici. Pour faire court, les Schwörer voyagent depuis dix-sept ans sur «Pachamama», le nom de leur fidèle voilier bardé de panneaux solaires. Ils ont un but: témoigner des changements liés au réchauffement climatique. Leur aventure s’appelle «The TopToTop Global Climate Expedition». Ils naviguent – plus de 100 000 miles nautiques avalés -, pédalent, mais grimpent aussi: les Schwörer se sont fixés pour but de gravir le sommet le plus haut des sept continents. Et ils n’en ont plus qu’un sur la liste: le Mont Vinson, dans l’Antarctique. Situé à 1200 kilomètres du pôle Sud, il culmine à 4892 mètres. C’est le sommet qu’ils visaient en 2004, avant de méchamment heurter un container. Un des pires moments de leur aventure.

Arrivés en décembre dans le port de Greenwich, à plus d’une heure de train de  New York, les Schwörer étaient censés reprendre le large direction Haïti quelques jours plus tard. Mais la vie en a décidé autrement: Sabine est tombée enceinte. Le couple, par crainte du virus Zika, a décidé de changer de trajectoire et de renoncer à Haïti.

Ils sont finalement restés plusieurs semaines dans la région de New York, à donner des conférences sur leur aventure, dans des écoles notamment, comme ils le font à chaque étape. Ils sont ensuite rentrés un mois en Suisse, en février, dans l’espoir de décrocher un deuxième sponsor, leur difficulté majeure. C’est aussi en Suisse qu’ils ont pu tester du nouveau matériel pour faire l’ascension du Mont Vinson en famille. A l’heure où vous lisez ces lignes, ils ont bien quitté New York et sont sur le point d’arriver aux Bermudes. La suite de leur voyage? Remonter vers le Groenland. Car, c’est décidé, le sixième enfant naîtra cet été à Nuuk.

Le weekend où nous avons pu partager un petit bout de leur aventure avec eux, le temps était idéal pour quitter New York en voilier. Quelle magie que de contourner la ville de cette manière!

Sur le bateau, où chaque centimètre a son utilité, l’aînée de douze ans s’occupe de Mia la petite dernière, ceux du milieu prennent le gouvernail ou font les zouaves en s’accrochant à des cordes, agiles comme des petits singes, et les parents ne restent pas une minute sans rien faire. «Attention, c’est à gauche de l’île Roosevelt qu’on doit passer!», crie soudain Dario à son plus grand fiston, les yeux fixant des bouées rouges. Hop, demi-retour. Pour prendre l’île du bon côté.

Un peu plus loin, près de Hell’s Gate, un petit bateau fonce vers nous, des voix crachant dans des hauts-parleurs: les gardes-côtes. Deux hommes, les bras entièrement tatoués, le physique de ceux qui passent la plus grande partie de la journée à soulever des haltères, se hissent sur le voilier. «Vos papiers!». Un ange passe quand l’un deux demande à Dario quand la famille a quitté la Suisse. Le Grison, très méticuleux, cherchait le jour exact. «C’était il y a dix-sept ans», lâche-t-il finalement. Si les gardes-côtes ont eu un petit moment d’hésitation, cela n’a pas empêché l’un des comparses à demander malgré tout à Dario s’il avait… son permis voile. Mais à la fin, les deux malabars se sont déridés. Ils ont même accepté de poser avec les enfants.

Ils sont comme ça, les Schwörer: leur aventure atypique en famille finit par faire fondre tout le monde. Même les plus coriaces.

Sur le site toptotop.org, il est possible de suivre, jour après jour ou presque, l’avancée de l’expédition des Schwörer. La famille y tient également un blog qu’elle alimente régulièrement en photos et vidéos.

 

La Suisse n’existe pas pour Donald Trump? A moitié juste

Difficile d’y échapper. Donald Trump a passé un cap ce samedi, celui de ses 100 premiers jours comme président des Etats-Unis. Les médias se déchaînent depuis plusieurs jours et jouent à celui qui fera le meilleur bilan, le plus original, le plus décalé. Des bilans pas vraiment positifs. Mais la bave des crapauds-journalistes ne semble pas atteindre la «blanche colombe» de Washington: Donald Trump n’en finit plus de se jeter des fleurs. «Nous avançons terriblement bien, nous faisons énormément de choses», a-t-il ainsi assuré vendredi, en signant son 31e décret, alors qu’un récent sondage de CNN confirme qu’il est le président le plus impopulaire des Etats-Unis, avec seulement 44% d’avis positifs. «Je pense que l’on a rien vu de tel». L’avenir le dira.

En attendant, la BBC propose son propre bilan, censé rester très factuel: «Qu’a dit le président Trump sur votre pays pendant ses 100 premiers jours?». Sur son site, il suffit de choisir un pays pour savoir si Donald Trump a rencontré son dirigeant, s’il a eu un entretien téléphonique avec lui ou si le pays a été cité dans un tweet présidentiel. Instructif. La Corée du Nord, par exemple, a été citée 9 fois.

Et la Suisse? Rien. Pas une rencontre, pas un appel téléphonique, pas un tweet. Inexistante. Ouf, serait-on tenté de dire. Car moins Donald Trump parle de nous, mieux c’est. La Suisse tremble un peu car elle est montrée du doigt dans un récent rapport du Trésor américain à cause de son excédent commercial vis-à-vis des Etats-Unis, un excédent évalué à 17 milliards de francs. De quoi éveiller des soupçons chez les Américains, qui ne sont pas loin de parler de manipulation de devises. Ueli Maurer et Johann Schneider-Amman, en déplacement récemment à Washington, ont cherché à calmer le jeu, tout en concédant avoir de la peine à entrer en contact avec de hauts responsables de l’administration Trump. Forcément: la plupart ne sont pas nommés, et les ministres en place ont d’autres priorités.

Mais la Suisse n’est pas inexistante pour autant. De discrets liens se tissent. Et puis, président de la Confédération en 2016, Johann Schneider-Ammann a eu l’occasion de s’entretenir par téléphone avec Donald Trump pendant une dizaine de minutes. C’était le 21 décembre dernier, donc pas dans le cadre des 100 jours. Idem pour les tweets. A deux reprises, Donald Trump a, avant sa prestation de serment, évoqué la Suisse. Le 5 août 2016 et le 19 décembre dernier. Les voici:

Si l’on poussait le bouchon un peu plus loin que la BBC, on trouverait encore d’autres mentions de la Suisse. Tenez: des hôtels Trump servent des «swiss bircher muësli». Ou, mieux, on pourrait relever la «suissitude» de son menu du 31 décembre 2016 dans sa résidence de Mar-a-Lago, alors qu’on l’appelait encore le «président élu». Car, oui, dans le menu intitulé «Mr Trump’s Wedge Salad», on trouve du bar, des filets de boeuf, mais aussi des raviolis composés de champignons sauvages et de… «swiss chard». Vérification faite, ce n’est que le nom de la bette à carde. Mais si on était un peu chauvin et légèrement marseillais, on pourrait presque dire que la Suisse était présente au repas de fête de Donald Trump. Non?

Patron, j’ai un nouveau chiot: je prends un congé payé

Cet hiver, j’ai croisé un certain nombre de chiens avec des petites bottes en latex dans les rues de New York (photo: Pawz Dog Boots). Les Américains adorent les bêtes. Quoique. J’ai aussi pu observer des propriétaires de chiens stressés (l’adjectif peut être rapporté aux chiens ou aux propriétaires, à choix), sortir de leur building clinquant sur Madison Avenue, tirer leur pauvre clébard jusque dans la rue, le laisser se soulager entre deux taxis, et le réacheminer péniblement vers leur immeuble. Le tout, emballé, poutzé, en vingt secondes chrono. Mais passons.

Généralement, donc, les Américains aiment les animaux. Il suffit de voir le nombre de magasins pour chiens, les crèches canines et les applications pour promeneurs de poilus pour s’en rendre compte. Mais il y a mieux: certaines entreprises, soucieuses du bien-être de leurs employés, accordent des jours de congé payés en cas de décès de leur compagnon à quatre pattes, si leur chienne met bas, et surtout lors de l’acquisition d’un nouveau chiot. C’est le fameux «pawternity».

Le concept est déjà à la mode au Royaume-Uni. Récemment, c’est le fabricant de bières BrewDog, irlandais mais bien implanté aux Etats-Unis, qui a fait parler de lui. Une semaine entière de congé payé accordé à chaque employé qui a la bonne idée de ramener un chiot à la maison! Et ils ne sont pas les seuls.

Nous avons mené notre petite enquête. Kimpton, la chaîne d’hôtels et de restaurants, nous confirme qu’elle accorde de tels congés, en cas de décès de l’animal de compagnie. Parfois jusqu’à trois jours. Du côté de Ben & Jerry’s – les fameuses glaces! -, Lindsay Bumps, la porte-parole, précise que l’entreprise est très «pet friendly» – «nous avons entre 20 et 30 chiens dans nos bureaux tous les jours» -, mais que ce genre de situation est réglée «au cas par cas», sans règlement précis.

Et maintenant, la question que tout le monde se pose (ou en tout cas l’écrivain Alex Beam dans le New York Times): quel animal prendra Donald Trump à la Maison-Blanche? Franklin Roosevelt avait son terrier Fala, Richard Nixon, son cocker Checkers, Lyndon Johnson, ses beagles Him et Her, Bill Clinton, son chat Socks, Barack Obama, ses chiens d’eau portugais, Sunny et Bo. D’ailleurs, il existe un «Musée des animaux présidentiels» (!), et la liste complète peut être consultée ici.

Donald Trump? Le président américain, mégalomane assumé, a tendance à voir grand et à vouloir faire mieux que ses prédécesseurs. Et là, la barre est placée assez haut, car certains présidents américains – Théodore Roosevelt en fait partie – ont eu des lions, une hyène, des zèbres ou encore des ours. Et sachant que les fistons Trump sont des chasseurs de trophées en Afrique, on imagine à quoi pourrait ressembler la pelouse de la Maison-Blanche… Ce serait donc ça le «carnage de l’Amérique» que Donald Trump a évoqué dans son discours d’investiture?

 

 

Un lapin nu, des oeufs en retard et le petit geste de Melania

Pour se démarquer de ses prédécesseurs, Donald Trump a décidé de déshabiller le gros lapin de Pâques, celui qui figure à côté du président et de sa famille pour le lancement de la traditionnelle «chasse aux oeufs» de la Maison Blanche. A moins qu’il ne soit arrivé quelque chose à son curieux habit rose?

Mais la question cette année est surtout: qui est DANS le lapin? En 2008, ce n’était autre que Sean Spicer, l’actuel porte-parole de la Maison Blanche. Il vient de passer une très mauvaise semaine après la polémique qu’il a déclenchée en comparant Bachar al-Assad à Adolf Hitler, et faisant mine de nier l’existence des chambres à gaz.

Cette année, Sean Spicer ne s’est pas caché, couvert de honte, derrière le costume. Il a été vu, souriant sur la pelouse de la Maison Blanche, arborant une cravate avec des petits lapins.

Donald Trump, entouré de sa femme et de leur fils Barron, a tenu à remercier la First Lady pour la préparation des festivités. Elle a pourtant commis une bourde. Mélania Trump a… oublié de commander les fameux oeufs en bois en février! C’est le prestataire habituel, celui qui est censé fournir des dizaines de milliers d’oeufs ce jour-là, qui a dû tirer la sonnette d’alarme et tenter de sauver les meubles. En envoyant ce tweet, effacé depuis:

Un tweet qui n’a suscité une réponse que tardivement. Résultat: la commande a bien été passée, mais le fabricant a dû se montrer moins ambitieux que d’habitude. La Maison Blanche n’a commandé que 40 000 oeufs, contre 85 000 en 2016. Seules 21 000 personnes étaient attendues ce lundi aux dires de Sean Spicer, alors que les curieux étaient 37 000 l’an dernier à fouler la pelouse de la Maison Blanche. Et cette fois, après la controverse autour de la fréquentation le jour de la prestation de serment de Donald Trump qui l’a couvert de ridicule, le porte-parole ne s’aventurera probablement pas à déclarer, avec le raté des oeufs en bois, qu’il s’agit de la plus grosse chasse aux oeufs jamais vu dans l’histoire des Etats-Unis.

La tradition de la «chasse aux oeufs» à la Maison Blanche en est à sa 139e édition. C’est habituellement la First Lady qui doit organiser cette journée très prisée des enfants. Cette année, l’organisation s’est compliquée par le fait que Mélania vit encore essentiellement à Manhattan, et qu’elle a mis du temps à constituer la petite équipe chargée de l’aider dans ses premiers pas de First Lady. Autre raté: des écoles de la région reçoivent habituellement 4000 tickets d’invitation. Là aussi, ces tickets se sont faits désespérément attendre. Et sinon? La fête a été belle. Ah, encore juste une dernière chose: pendant l’hymne national, Donald Trump a oublié de porter sa main sur le coeur. C’est sa femme qui a dû le lui rappeler par un discret petit coup contre la cuisse. Enfin, pas si discret que ça, puisque la séquence tourne désormais en boucle sur les réseaux sociaux.