Merkel, Obama, les coeurs brisés, l’ombre de Trump et les jeux de mains

La situation est inhabituelle. C’est à la porte de Brandenbourg, à Berlin, qu’Angela Merkel et Barack Obama se sont retrouvés ce jeudi, pour participer à un débat public devant plus de 70 000 personnes. Une discussion à l’invitation de responsables de l’Eglise protestante pour évoquer les valeurs démocratiques, le rôle de la religion, la crise migratoire, les dérives sécuritaires, le danger terroriste ou encore la nécessaire mobilisation des jeunes. Et pendant qu’ils discutaient d’espoir, de paix et de religion, qu’ils confiaient avoir «le coeur brisé» par la tragédie de Manchester, Donald Trump n’était pas bien loin: il était à Bruxelles pour participer au sommet de l’OTAN. D’ailleurs à peine la chancelière allemande a-t-elle quitté Barack Obama d’un petit geste amical qu’elle s’apprêtait à rencontrer Donald Trump, le petit geste amical en moins. Deux présidents américains le même jour.

A Berlin, très détendu, Barack Obama a surtout donné un avant goût de son nouvel engagement avec sa fondation. «J’espère encore avoir un peu d’influence», a-t-il relevé, tout sourire. «Mon but est d’encourager les jeunes, les leaders de demain, à s’engager, et à marginaliser ceux qui tentent de nous diviser». Sans jamais directement mentionner Donald Trump et sa présidence chaotique, l’ex-président, très peiné par la volonté ferme de son successeur et d’une partie du Congrès d’abroger l’Obamacare, n’a pu s’empêcher d’évoquer sa réforme de la santé. «Mon but était que tous les Américains puissent bénéficier d’une couverture santé». Pari raté: 10 millions d’Américains en sont actuellement privés. Mais selon une toute récente étude du Bureau du budget du Congrès, le Trumpcare, dans sa mouture actuelle, en priverait 14 millions de plus dès 2018 et 23 millions dès 2026.

Et puis, Barack Obama s’est livré à quelques petites confidences. «Pendant ces quatre derniers mois, j’ai surtout essayé de rattraper un peu mon sommeil. J’essaie aussi de passer plus de temps avec Michelle, pour qu’elle me pardonne les moments où j’étais loin d’elle, et je profite de mes filles.»

Michelle. Cet amour qu’il ne cesse de mettre en avant. On ne peut s’empêcher de penser à la scène qui fait désormais le buzz sur Internet: Melania Trump, qui d’un petit geste sec de la main refuse de prendre celle de son mari. C’était lors de la visite officielle en Israël. Rebelote, ou presque, à la descente de l’avion présidentiel, en arrivant à Rome. Melania se passe la main dans les cheveux exactement au moment où son mari tente de la lui attraper. Cette fois, on peut penser que l’acte d’«évitement» n’était pas intentionnel. Quoique. On se rapproche plus d’une autre scène qui a fait le buzz: Donald Trump faisant mine d’ignorer Angela Merkel, lors de sa visite à Washington, quand elle lui glisse discrètement, devant des photographes: «Devrions-nous nous serrer la main?».

Jeu de main, jeu de vilain? L’équipe de communication de Donald Trump pense en tout cas à tout. Dans le communiqué de la Maison Blanche reçu ce jour, une photo est glissée à la fin. Donald Trump et sa femme dans la Chapelle Sixtine. Main dans la main. Tiens, tiens.

Valérie de Graffenried

Valérie de Graffenried

Valérie de Graffenried est la correspondante aux Etats-Unis.

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