Les «filles de» savent faire parler d’elles (Ou quand Ivanka dit oui, Chelsea dit non)

Dans le registre «Dans la famille X, je demande la fille», Ivanka Trump fait fort. Fille préférée du président américain, et femme de son gendre préféré, elle a obtenu un bureau à la Maison Blanche ainsi qu’un titre de conseillère. Mais non, rassurez-vous, elle ne sera pas rémunérée pour cette fonction d’employée fédérale et continuera, elle la fille du président «America first», à vendre du «Made in China». Cela fera sans doute plaisir au président chinois en visite officielle cette semaine à Washington, pardon, à Mar-a-Lago.

Zut, on s’égare. Ivanka Trump donc, même si elle n’est pas payée pour ses fonctions auprès de son père, reste au coeur des intrigues. Selon des documents officiels de la Maison Blanche publiés vendredi, elle est son mari Jared Kushner, promoteur immobilier à succès, ont conservé des intérêts considérables dans les affaires malgré leur entrée au gouvernement. Ce qui pose de nouveau la question des conflits d’intérêts. Les documents de 54 pages révèlent qu’ils perçoivent toujours des revenus de leurs actifs évalués entre 240 et 740 millions de dollars.

Chargé de diriger un bureau qui a pour tâche de réformer l’administration américaine, Jared Kushner a bien quitté certains postes à haut niveau qu’il occupait au sein de sociétés appartenant à l’empire immobilier de sa famille, il conserve malgré tout des parts dans la plupart d’entre elles. Et Ivanka, si elle a placé ses actifs dans un trust et laissé la Trump Organization entre les mains de ses deux frères, elle a, confirment ces mêmes documents, conservé ses parts dans le Trump International Hotel de Washington.

La nomination officielle d’Ivanka Trump comme employée fédérale a été annoncée mercredi, et c’est cette fonction qui la contraint, comme son mari, à certaines obligations, dont celle de dévoiler ses actifs et ses revenus. Donald Trump lui-même n’a pas cédé ses actifs.

Mais Ivanka n’est pas la seule «fille de» sur laquelle se braquent aujourd’hui les projecteurs. Il y a aussi Chelsea. Chelsea Clinton (crédit photo: Getty images). Qui d’ailleurs a longtemps été proche d’Ivanka Trump, comme nous le rappelions ici. Chelsea, donc, fait parler d’elle avec insistance ces dernières semaines en raison de ses ambitions politiques. Du moins celles qu’on veut bien lui attribuer. La fille de Bill et Hillary Clinton est toujours plus percutante sur Twitter à l’égard de l’administration Trump et des républicains: il n’en faut pas plus pour que les rumeurs les plus folles concernant ses intentions politiques circulent. Elle viserait le Congrès.

Vraiment? «Je ne brigue pas de mandat public», a fini par assurer Chelsea Clinton dans une interview accordée mercredi à Variety. Sourire aux lèvres, elle a qualifié, face caméra, ces rumeurs de «plutôt hystériques». «Je suis vraiment constamment surprise par les histoires circulant à mon propos, comme quoi je viserai – cochez la bonne case – le Congrès, le Sénat, le Conseil municipal, la présidence. Je trouve tout ceci plutôt hystérique car on m’a posé la question toute ma vie et mes réponses n’ont jamais changé».

Et puis, elle a eu cette petite phrase: «Si quelqu’un renonce à son mandat ou que quelque chose change, je me poserai alors la question à ce moment-là et y répondrai. Mais pour le moment, non, je ne brigue pas de mandat officiel». Un «non» qui pourrait bien donc bien finir par vaciller. Chelsea a voulu faire taire les rumeurs, elle ne fait que les rallumer. D’ailleurs dans l’entourage même de Hillary Clinton, les langues se sont déliées, confirmant le goût très certain de la jeune vice-présidente de la Clinton Foundation, pour la politique.

Elle finira peut-être bien un jour par céder à la tentation. D’ici là, elle le sait, ses intentions politiques, réelles ou fantasmées, continueront à faire parler d’elles, qu’elle le veuille ou non. Un peu comme les habits «Made in China» de la fille du président «America first».

 

 

Valérie de Graffenried

Valérie de Graffenried

Valérie de Graffenried est la correspondante aux Etats-Unis.

5 réponses à “Les «filles de» savent faire parler d’elles (Ou quand Ivanka dit oui, Chelsea dit non)

  1. 2 grandes différences entre Ivanka Trump et Chelsea Clinton:
    – les Trump sont riches depuis des générations, les Clinton se sont enrichis grâce à la politique
    – Ivanka est une femme superbe, Chelsea est un vilain crapaud… ça conte aussi!

      1. M Paviot, bien sûr que Chelsea est comme elle est, mais ça peut expliquer pourquoi tout le monde s’acharne contre la richesse d’Ivanka (trop belle pour être aimée) et on ne mentionne jamais la richesse de Chelsea (richesse douteuse, voir Fondation Clinton). Quant aux catégories “méchant – gentil”, n’ont rien à voir dans des analyses politique ou autres.

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