Charbon maudit

L’industrie du charbon a la vie dure aux Etats-Unis. En raison d’une baisse de la demande mondiale et surtout de mesures environnementales sévères prises par l’administration Obama (Clean Power Plan), elle traverse une crise existentielle. La primaire démocrate et républicaine de mardi en Virginie occidentale en a donné un aperçu. Hillary Clinton, qui a maladroitement déclaré lors d’un débat public qu’elle allait licencier les mineurs et fermer les sociétés d’extraction du charbon afin de favoriser les énergies renouvelables a payé le prix de sa témérité dans un Etat qui a vécu pendant des décennies du charbon.

Or malmenée, cette même industrie vient de subir un nouveau coup du sort. Tentant de rebondir, elle avait prévu de construire un vaste terminal à 150 kilomètres au nord de Seattle pour l’exportation du charbon. Dénommé Gateway Pacific Terminal, l’infrastructure aurait été la plus grande du pays. Or une tribu amérindienne, la Lummi Nation, ne l’entend pas de cette oreille. Elle estime que ce projet mettrait en péril ses droits de pêche dans la zone garantis par plusieurs traités datant du XIXe siècle. La décision de refuser la construction d’un tel terminal a été prise, selon le New York Times, par l’Army Corps of Engineers des Etats-Unis. Signe supplémentaire du déclin de l’industrie du charbon: la société Arch Coal qui soutenait le projet a déposé son bilan en janvier dernier.

Pour les Indiens Lummi, c’est bien entendu une victoire importante. Mais celle-ci n’effacera pas les humiliations, les tueries et les pertes de territoires des Amérindiens. Pour la tribu des Crow toutefois, la “guerre au charbon” menée par l’administration de Barack Obama est jugée de façon très critique. Les Crow engrangeaient jusqu’ici de nombreux revenus de l’extraction du charbon. Désormais, ils se voient contraints de supprimer de nombreux emplois, estime Vieux Coyote, le chef de la tribu. Les Amérindiens ont fortement soutenu Barack Obama lors de son élection en 2008. Or aujourd’hui, si certains Crow sont critiques de sa politique anti-charbon, une vaste majorité d’Amérindiens saluent son action. En février dernier, s’exprimant devant des représentants de la tribu des Blackhawks en Illinois, Barack Obama a annoncé qu’il allait rendre une bonne partie des terres aux Amérindiens par décret présidentiel. Ces terres, qui représentent 121 millions d’hectares pour une valeur estimée à 450 milliards de dollars, seront réparties entre vingt-huit tribus.

 

 

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