Le choc des photos – le poids de la prudence

 

https://factuel.afp.com/C’est si vite fait: une photo nous émeut sur un fil Twitter. On retweete. On partage. La photo devient virale. Et ce n’est pas la bonne image: cliché pris ailleurs dans le monde, ou au

bon endroit mais quelques années plus tôt. En vérifiant les photos et en donnant accès à ses vérifications au grand public, l’Agence France Presse (AFP) fait un travail de salubrité publique.

Je recommande son article sur les images supposées liées aux incendies qui font rage en Amazonie. Pour les plus pointilleuses de mes lectrices et les plus pointilleux de mes lecteurs: attention, cela ne veut pas dire que l’AFP nie la réalité des incendies; l’agence de presse explique juste que ce ne sont pas les bonnes photos. Les grands de ce monde et les stars ne sont pas non plus à l’abri de l’emmêlage de pinceaux, comme le relève la même AFP dans cet article. De quoi achever de nous décomplexer: si un président de la République se met le doigt dans l’œil, j’ai donc une excuser pour me laisser enfumer. Ou pas: et si nous prenions davantage de précautions que Macron ou Madonna avant de partager une photo?

In Video Veritas

Application Invid de vérification

Le problème, c’est qu’avec les milliards de photos qui circulent via Internet, on a vite fait de se tromper de photo ou de vidéo. Pour nous aider à y voir plus clair, un consortium d’universités européennes a développé un outil, Invid, pour “In video veritas”. Invid se décline sous la forme d’un plug-in à ajouter sur Chrome ou Firefox, d’une application web et d’une app mobile (iOS et Android). Conseil aux utilisateurs de Firefox: ouvrir un nouvel onglet, télécharger le zip, dézipper le fichier et le déposer (drag and drop) dans l’onglet que vous avez ouvert, puis donner la permission d’ajouter le plug-in. Cela dit, l’outil n’est pas forcément hyper simple à manier pour un public non averti: il vous donnera, par exemple, les multiples occurrences de l’image, mais pas forcément la source originale. Si les métadonnées sont accessibles, il vous fournira aussi la date de l’image.

Pour les vidéos sur Youtube, signalons l’outil développé Amnesty International Etats-Unis: https://citizenevidence.amnestyusa.org/

Sinon, il reste toujours la bonne vieille méthode de recherche par photo dans Google images ou via TinEye.

Tous victimes de Photoshop?

En juin, divers médias annonçaient qu’Adobe, propriétaire du célèbre logiciel Photoshop, utilise l’intelligence artificielle pour débusquer les fake news via les photos retouchées, mais que ce logiciel ne sera pas accessible au grand public. Dommage: dans un registre plus léger, on aurait bien rigolé avec les magazines de mode et les pubs pour les cosmétiques. Avec l’aide de l’intelligence artificielle ou pas, utilisons déjà notre intelligence et notre sens critique, en réfléchissant quelques secondes avant de partager un contenu.

Quant à moi, j’ai à faire amende honorable: j’ai cru qu’une photo de montagne récemment publiée par l’ancien ministre français Eric Woerth était bidouillée. Or, tout indique qu’elle ne l’était pas. Mes félicitations à l’auteur de la photo, car il faut être doué pour réussir à prendre une vraie photo qui ait l’air à ce point invraisemblable.

P.S. amusez-vous avec Adobe: ces images sont-elles vraies, ou sont-ce des  montages?

 

Emmanuelle Robert

Emmanuelle Robert

Après des études de lettres et un parcours de journaliste, Emmanuelle Robert a travaillé dans la coopération au développement. Désormais active dans la communication, elle est aussi coach professionnelle et passionnée de course à pied.

Une réponse à “Le choc des photos – le poids de la prudence

  1. Très utile et intéressante votre mise en garde. Mais pour un commun des mortels que je suis, je trouve que la démarche technique proposée est un peu fastidieuse.
    Alors, comme par le passé, et pour ce qui me concerne, je me contenterai de mon esprit critique et de mon intelligence naturelle.
    Merci tout de même pour votre suggestion utile.

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