Dessine-moi un lièvre (et un aviateur)

Au rayon “roman noir”, les femmes de lettre romandes se comptent sur les doigts d’une main gantée. Mais les rares aventurières qui se risquent à tremper leur plume dans l’encre noire le font avec un tel talent qu’on ne doute pas qu’elles donneront vite envie à d’autres d’explorer les humaines ténèbres (c’est pas pour rien que ténèbres s’écrit au féminin pluriel, crénom de tonnerre!). Je salue, ici, le travail de Marie-Christine Horn: et j’ai reçu “Le cri du lièvre”, son dernier roman, comme un uppercut. (suite…)

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Tant pis pour l’Amérique latine?

Des réfugiés et des migrants vénézuéliens traversent la frontière pour se rendre à Cucuta, en Colombie. © HCR/Vincent Tremeau
Des réfugiés et des migrants vénézuéliens traversent la frontière pour se rendre à Cucuta, en Colombie. © HCR/Vincent Tremeau

Familles avec enfants, femmes enceintes, personnes âgées, personnes handicapées: près de 4,3 millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays, “ce qui en fait une des plus importantes crises de déplacement du monde”, d’après le Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). Parmi ces réfugiés, 3,5 millions ont cherché l’asile dans les pays voisins d’Amérique latine qui n’ont ni les structures, ni les moyens de faire face à une telle situation. (suite…)

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Vous reprendrez bien de ce saumon breveté?

Saumon
Photo Hartley/ Stop OGM

On a tous dans son entourage un connard patenté. Le saumon patenté, en revanche, c’est nouveau. Le salmonidé répond au doux nom d’EP1965658 et il, est, paraît-il, bourré d’oméga 3. La patente délivrée par l’Office européen des brevets (OEB) porte sur les plantes qui servent à nourrir l’animal, son élevage, le saumon lui-même et l’huile de poisson qui en est extrait. Pas de quoi avaler une arête de travers, me direz-vous. (suite…)

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Le choc des photos – le poids de la prudence

 

https://factuel.afp.com/C’est si vite fait: une photo nous émeut sur un fil Twitter. On retweete. On partage. La photo devient virale. Et ce n’est pas la bonne image: cliché pris ailleurs dans le monde, ou au

bon endroit mais quelques années plus tôt. En vérifiant les photos et en donnant accès à ses vérifications au grand public, l’Agence France Presse (AFP) fait un travail de salubrité publique. (suite…)

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Les réseaux sociaux, une menace contre les populations vulnérables?

Elle semble révolue, l’époque des chatons sur Twitter, et celle où les réseaux sociaux semblaient faire souffler un vent de liberté. Depuis, régimes répressifs et combattants ont compris l’utilité qu’ils pouvaient en tirer. Un rapport de deux organisations non gouvernementales fait le point.

“L’utilisation des réseaux sociaux par des États répressifs et des groupes extrémistes s’ajoutent directement aux menaces contre certaines populations parmi les plus vulnérables de la planète et peuvent exacerber les violences là où des atrocités ont été commises”, conclut un rapport, rendu public début juin par le Minority Rights Group International (MRG) et le Ceasfire Centre for Civilan Rights. Les deux ONG citent l’exemple du Myanmar (Birmanie), où elles constatent que les incitations au meurtre de masse ont été amplifiées via Facebook et Twitter. Selon elles, les réseaux sociaux ont contribué à multiplier les exactions contre la minorité Rohingya. (suite…)

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Un an après… le Nicaragua est toujours en crise

Il y a des anniversaires qu’on se passerait de fêter, comme celui du début de la crise au Nicaragua, il y a un peu plus d’un an. En guise de carte de vœux, un signe qui ne  trompe pas: les communiqués des organisations de défense des droits humains et des Nation-unies qui tirent la sonnette d’alarme, parlant d’arrestations arbitraires, d’intimidations et de journalistes harcelés.  Amnesty International s’inquiète de cette “spirale de violence étatique,” témoignages à l’appui. À Pâques, les manifestants n’ont pas été les seuls à subir la répression car même les participants à une procession religieuse auraient été inquiétés, selon l’organisation. (suite…)

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Ramener des informations de Libye

J’aimerais saluer le courage d’une journaliste qui enquête inlassablement pour ramener des faits et des témoignages d’une sorte de tache aveugle dans notre monde dit “surinformé”, la Libye. Et cette journaliste, c’est la correspondante de la RTS, Maurine Mercier. Elle participait, fin mars, à une table ronde au Festival Histoire et Cité.

Comme beaucoup de mes concitoyens, ma connaissance de la Libye se résumait à quelques mots: Khadafi, pétrole, ruines antiques. Grâce à Maurine Mercier, j’en ai appris plus en un après-midi qu’en une vie. Sur ce que représente le fait de ramener des informations de Libye, d’abord.  Comme journaliste, se rendre “souvent en Libye”, c’est y aller une fois par année, après avoir fait, pendant six mois, un marathon de démarches administratives afin de décrocher un visa. Et de décrire un pays fermé, opaque, des structures étatiques déliquescentes et surtout un pays laissé à lui-même par les puissances européennes, après leur guerre contre le dictateur Khadafi. Le constat est sans appel: la Libye est une poudrière saturée d’armes. Avant de penser à organiser des élections, l’urgence est au désarmement.

Champ libre pour les mafias

L’urgence, c’est aussi de s’attaquer aux mafias qui organisent la traite d’êtres humains, à grande échelle, sur le continent africain. L’inaction des puissances occidentale qui renvoient à la Libye la responsabilité de lutter contre le crime organisé, les rend complices du crime organisé. Car les passeurs des débuts, qui, contre rétribution, faisaient traverser des gens en Europe, ont cédé la place à un trafic organisé d’êtres humains. (suite…)

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Le “Schweizer Frauenlauf” se fourre le stiletto dans l’œil

Le droit de faire du sport a été une longue conquête pour les femmes – ce n’est d’ailleurs pas terminé: j’ai une pensée particulière pour les cyclistes afghanes qui ont dû se réfugier en France pour pouvoir s’entraîner. Depuis le film Free to Run (“libre de courir”) de Pierre Morath, même les plus allergiques à l’efffort savent que la participation des féminines aux marathons n’est pas toujours allée de soi. Avec le boom de la course à pied, on a tendance à se dire que les discriminations, c’était avant, dans une échelle temporelle située entre l’Âge de la pierre taillée et la fin du Moyen Âge. Et pourtant: le premier marathon féminin aux Jeux olympiques, c’était il y a 35 ans, en 1984 à  Los Angeles. Chez moi, on avait déjà la télé couleur.

En Suisse et dans le monde, a fleuri une série de courses réservées aux femmes, dans le but, d’encourager les nanas à se bouger et de leur montrer qu’elles en sont capables, intentions fort louables. Ces courses datent de l’époque où le pelotons étaient essentiellement masculins et où il n’était pas forcément facile de se faire sa place en tant que féminine. Le seul avantage de surnombre masculin (ou de cette sous-participation des femmes) était qu’il n’y avait pas de file d’attente devant les toilettes dames… (suite…)

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