Il est où le stand de Marc Lévy?

 

Bonjour, déjà.

(Entre nous, je suis sincèrement navrée pour cette banderole. Et ne parlons même pas de la photo.)

Si nous sommes ici tous ensemble réunis dans la joie, c’est parce que pendant quelques semaines je vais écrire sur le Salon du Livre de Genève, qui aura lieu du 26 au 30 avril 2017. Autant dire : le fun la fiesta le folklore la folie. À côté Ibiza c’est Dunkerque. Précisons que je ne suis pas du tout payée par le Salon du Livre de Genève, ce blog n’est donc ni de la pub, ni de la com. Bref.

Comme le disait Jorge Bernstein il y a peu, sur Facebook:

 

 

 

C’est agréable, merci Jorge.

Nous parlerons donc tous ensemble réunis dans la joie (enfin, moi je parlerai, vous vous écouterez, si vous êtes d’accord) de littérature, du Salon du livre, de l’engouement qu’il suscite, ainsi que de l’ennui profond que génère souvent dans mon esprit tout rassemblement de plus de deux personnes. (On va bien s’amuser.)

Jadis, il y a deux ans, dans un accès de folie probablement dû à la crise des 25 ans – c’est une crise très sérieuse, elle a même sa fiche Wikipédia et on a constaté les ravages qu’elle a engendré chez Britney Spears avec le triste épisode dit “du crâne râsé”, notamment, alors je vous prie de ne pas vous moquer –, je suis partie explorer la Foire du Livre de Brive la Gaillarde. C’est au fin fond de la France. On m’avait prévenu que l’évènement était important, qu’il attirait moultes gens, et qu’on y mangeait bien. C’est vrai, c’est vrai, et c’est vrai. J’y étais partie avec une amie, comme on entre en religion (alors ça existe les gens comme nous qui aiment bien les livres? t’es sûre?). Je devais accessoirement écrire un article pour un journal pour résumer ce weekend-là. Nous n’avions aucune idée de ce qui nous attendait. Il y avait une foule incroyable, il y avait des stars – du genre les frères Bogdanov, oui tout à fait, Messieurs-dames, ces stars que sont les frères Bogdanov, là-bas même à la Foire du Livre de Brive –, il y avait des producteurs de télé avec des badges qui hurlaient dans leurs téléphones en mangeant distraitement une frite froide, il y avait des éditeurs stressés, il y avait leurs assistantes, belles et jeunes. Il y avait des livres, évidemment. Il y avait des collectionneurs, des guerres entre maison d’édition, de l’alcool, du public, des conférences, des journalistes. Il y avait des groupies qui rêvaient de coucher avec un écrivain. Il y a une figure très érotique de l’écrivain, ne me demandez pas pourquoi, je vais tenter de le découvrir ici-même, sur ce blog. Personnellement, pour la Foire de Brive comme pour ici, mes prétentions n’étaient pas du tout sexuelles : j’avais surtout envie de boire une bière avec Philippe Jaenada et de lui dire “j’adore vos livres, vous avez changé ma vie, mais vraiment, je vous jure”. Evidemment, ça ne s’est pas tout à fait passé comme prévu. J’ai fini par trouver Jaenada après deux jours de Foire où, ivre, j’avais sympathisé avec de jeunes assistantes d’éditeurs – ces personnes ne sont pas recommandables. Et en le voyant, assis, sage, mon Philippe, j’ai décidé de lui dire toute la vérité et j’ai donc ânonné au-dessus de sa tête : “j’adore vos livres, vous avez changé ma vie, non mais vraiment, je vous jure, parfois je pense au monde et je souris parce que je me dis qu’un être comme vous y vit, oui Philippe, tout à fait, ne partez pas, voyons, Philippe, je sais bien que j’ai l’air folle à vous regarder avec les pupilles dilatées mais c’est parce qu’une fille du Diable Vauvert vient juste de me filer un ecstasy, rien de grave, est-ce que vous considérez vous aussi le temps comme une sorte de cercle concentrique? au fait j’adore votre femme aussi, j’adore même votre fils, j’adore tout le monde”. J’étais jeune, ça va. Il était à peu près dans le même état. Il a dit que j’avais un prénom de film de cul, et que sa femme était chiante. Mais qu’il l’aimait aussi. Une rencontre très émouvante. 

Tout ça pour dire que je suis là pour explorer à nouveau ce monde, à ma manière. Ca promet.

Et aussi, surtout, pour répondre à toutes ces questions (si vous en avez, vous pouvez me les communiquer): 

Les écrivains sont-ils rémunérés pour venir? Ont-ils accès à des saladiers de drogues dans les coulisses? Et les orgies, où sont-elles? Est-il possible de faire la conversation à Tariq Ramadan sans avoir de violentes pulsions meurtrières? Qui n’écrit rien mais salarie un très bon ghostwriter ? Arriverai-je à faire raconter à Lolita Séchan des trucs sur son père? Quel est le livre qui a changé ta vie, inconnu? Qui sont les individus qui assistent aux conférences proposées? Pourquoi fait-il si chaud à Palexpo? Arnaud Bédat finira-t-il par m’adopter (je lui avais demandé, une fois)? Quels sont les pires coups des grandes maisons d’édition? Que pense la jeunesse de tout ça? Quel écrivain a déjà menacé de se pendre parce qu’il était placé à côté du stand de Marc Lévy? 

Non parce que quand même:

 

Emmanuelle Fournier-lorentz

Emmanuelle Fournier-lorentz

Après des études de philosophie à Paris et de photographie à Vevey, Emmanuelle Fournier-Lorentz décide de devenir journaliste indépendante pour la presse et la radio, ce qui n'a pas grand chose à voir. Elle tient également un blog personnel où elle étale sa vie privée sous le pseudonyme de Pollux Lesiak. Elle aime la littérature et l'autodérision.

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