Le port de masque généralisé, avons-nous été trompés?

Lorsque les historiens se pencheront sur les nombreuses directives des autorités face à la pandémie du Covid-19, celle affirmant que le port du masque généralisé est inutile, sera clouée au pilori.

Ce constat par le scientifique Jeremy Howard de l’université de San Francisco dans le Washington Post raisonne. Déjà interpellés par les images venant d’Asie montrant une population masquée dans les rues, nous réalisons aujourd’hui qu’il ne s’agit pas d’une simple différence culturelle.

Les conseils évoqués par l’OMS et les autorités seraient finalement une réponse politique face à une pénurie, pour assurer un approvisionnement vital au personnel hospitalier. Les arguments évoqués: «les masques sont inutiles si on n’est pas malade soi-même, mal utiliser un masque peut en réalité accroître le risque de transmission au lieu de le réduire», sont réfutables, selon d’autres experts.

Depuis quelques jours, les voix s’élèvent sur la nécessité que chacun porte un masque en public et les articles dans les journaux se multiplient. «L’utilisation généralisée des masques serait l’une des nombreuses raisons pour lesquelles la Chine, le Japon, la Corée du Sud et Taïwan ont contrôlé cette épidémie plus efficacement que les États-Unis et l’Europe», écrit le Washington Post. «Bien sûr que les masques fonctionnent» a écrit la sociologue Zeynep Tufekci dans un éditorial du New York Times : «Leur utilisation a toujours été conseillée dans le cadre de la réponse standard à la présence de personnes infectées». Ne pas porter de masque pour se protéger du coronavirus est une «grande erreur», affirme un scientifique chinois haut placé dans le Monde.

Donald Trump a lui-même évoqué le port de masque temporairement pour toute la population américaine lors d’un White House Briefing lundi et le Center for Disease Control (CDC), envisage de faire des recommandations dans ce sens.

Il est primordial que les masques aillent en priorité aux soignants et à tous les travailleurs de première ligne. Mais nous pouvons fabriquer nos propres masques à la maison, il existe de nombreux kits en ligne et des sites vidéo «do it yourself (DIY), qui expliquent comment faire. Et si leur efficacité n’est pas 100%, c’est mieux que rien, selon une étude de 2010.

Pour enrayer la propagation, toutes les autres directives: le confinement, la distance sociale et se laver les mains doivent être respectées. En rajoutant un système rigoureux de recherche des contacts, de tests de dépistages et de mise en quarantaine des personnes potentiellement infectées. Mais le port universel de masques devrait faire partie de l’équation, écrit le journal Wired.

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Emily Turrettini

Emily Turrettini

De nationalité américaine et suisse, Emily Turrettini publie une revue de presse sur l'actualité Internet depuis 1996 et se passionne pour les nouvelles tendances.

22 réponses à “Le port de masque généralisé, avons-nous été trompés?

  1. Mais arrêtez la conspiration, personne ne trompe personne, seulement, personne ne sait rien.
    Beau progrès connecté, non ?
    Ne tombez pas dans l’angoisse, chère Emily. On désinfecte m^me les billets, c’est dire si le virus reste inconnu
    🙂

  2. On en revient à l’incompétence notoire de nos élites, de nos fonctionnaires et des politiciens qui se reconnaitrons car ils nous ont effectivement trompés!
    Le bon sens dans le domaine sanitaire est de se protéger et de protéger….

  3. encore des remarques en l’air venant de n’importe qui sans connaissance du sujet ! Même les spécialistes se perdent en conjectures n’ayant finalement aucune idée des modes principaux de propagations du virus . Des médecins ont été contaminés bien que protégés de pied en cap , ce qui montre bien que les masques ne protègent rien !
    Les Chinois ont surtout masqué les vrais chiffres des malades et des décès sur leur propre sol !

  4. Le fait que les asiatiques sont les seuls à avoir enrayé la progression de l’épidémie et de porter systématiquement le masque devrait quand même faire réfléchir les plus chauvins des occidentaux!

  5. Comment un masque pourrait-il être efficace pour le personnel soignant mais pas pour les autres individus ? Le but d’une affirmation aussi grotesque était probablement de “masquer” l’incroyable pénurie de masques dans notre pays et donc la culpabilité de notre gouvernement.

  6. Les constats que vous faites sont effectivement des confirmations de ce que chaque médecin généraliste ou étudiant en médecine de deuxième année sait avant même l’obtention de son diplôme : le port d’un masque et de gants jetables réduit la probabilité d’être contaminé. Les caractéristiques des différents types de masques, exposées pour tenter de déclarer le port du masque « peu efficace », voire inutile, sont des manœuvres viles émises par des personnes soucieuses de leur image en rapport de leurs responsabilités non assumées. Et bien malheureusement ces déclarations sont largement propagées et assez bien accueillies pour leur effet calmant. J’ai relevé à l’occasion d’un autre blog la facile démonstration d’esprit solide offerte par la municipalité de Lausanne qui fait clignoter les feux de circulation à l’orange afin d’éviter aux piétons de toucher le bouton du passage sécurisé. Ainsi l’on parlera moins de l’alcool-gel pour les mains en rupture de stock dès la déclaration du risque d’épidémie. Après les boutons des feux, les bureaux administratifs pourront laisser les portes de leurs bureaux toutes ouvertes pour éviter que l’on pose la main sur les poignées, et mettre à l’arrêt les ascenseurs pour ne pas toucher les boutons… Dans cette colonne je lis le propos d’un commentateur qui conclut que les masques « ne servent à rien » puisque des médecins qui se protègent « de pied en cap » ont été contaminés. Et que même les spécialistes ignorent les modes de propagation du virus… C’est bien là l’exemple de la diffusion d’informations complètement fausses, générées par des raisonnements s’appuyant sur de vagues notions mal comprises. Les littéraires, les philosophes, les théologiens, les écolos, semblent plus pressés d’offrir d’élaborés discours en forme de « remède au malheur » plutôt que de songer au masque, aux gants jetables, à l’alcool, aux tests de dépistage… Je lis même des anticipations sur le « rôle positif » du virus pour nous apprendre à mieux vivre une fois l’épreuve passée… Le fer est battu pendant qu’il est chaud, au mépris d’une période où l’on n’a pas encore fini de dénombrer les fiévreux et les corps froids. Que se passe-t-il donc dans notre époque nouvelle où tout le monde se met à chanter les mêmes paroles ? Où la science véritable est devenue la musique qui ne plaît plus ? La bêtise a toujours existé, aujourd’hui elle sort de son confinement pour prendre sa revanche. Pouvons-nous espérer disposer d’un remède efficace avant que cette sournoise pandémie ne nous transforme en fleurs coupées ? Et si le remède parvenait à temps, un terrible problème se poserait encore : comment l’administrer ? En piquant à travers le tissu de la démocratie ? Et à supposer que nous ayons de bons docteurs dans notre honnête gouvernement, réussiront-ils à faire obéir leurs dévouées infirmières ?

  7. La seule question qui vaille la peine d’être posée ici est celle que pose très bien Emily: l’autorité responsable de la santé publique, l’OMS, respectivement les autorités nationales, ont-elles fabriqué une communication mensongère afin de dissimuler le vrai problème de la carence des stocks?
    Sur la base de ce que l’on sait objectivement aujourd’hui: c’est bien le cas.

    1. «Après des semaines de travail des autorités de santé publique, les politiciens et les médias prétendent avec assurance que les masques n’aident pas et exhortent les gens à se concentrer plutôt sur le lavage des mains et le maintien de la distance sociale.

      Le ton de ces affirmations allait de la condescendance à la frustration, le général Jerome Adams, chirurgien américain, ayant tweeté fin février – en toutes lettres – “ARRÊTEZ D’ACHETER DES MASQUES!

      “Ils ne sont PAS efficaces pour empêcher le grand public d’attraper le #Coronavirus, mais si les prestataires de soins de santé ne peuvent pas les amener à s’occuper des patients malades, cela les met en danger, ainsi que nos communautés”, a-t-il ajouté, dans un post qui a depuis été retweeté par plus de 43.000 times.»

      Lu sur CNN: https://edition.cnn.com/2020/04/01/asia/coronavirus-mask-messaging-intl-hnk/index.html?utm_source=twCNN&utm_content=2020-04-01T14%3A57%3A38&utm_medium=social&utm_term=link

    2. Vous êtes le Monsieur de Temps Présent?

      Enfin, peu importe, la seule question qui vaille la peine, n’est pas masque ou gel (sauf des avoirs des dictateurs et pour autant que la Suisse, plus blanche que sa croix n’en profite pas), mais à qui profite le crime.
      Réduction de la population terrestre, intérêt géostratégique et bla. Car cette crise va changer les équilibres mondiaux. Et c’est pas Koller anti-chinois qui va y changer quoique ce soit.

      Il faut outrepasser un problème pùrement suisse, c’est un problème de géopolitique mondiale, Klar, Herr Kommissar?

      1. P.S. Pour ceux qui auraient regardé la communication du CF, c’est assez intéressant.

        Parmelin n’a rien à faire là, sauf pour le quota UDC.
        KKS, brillante et charmante, mais on sent qu’elle ne vole pas à la vitesse requise (elle doit être bridée).

        Les directeurs de département, assez brillants, mais il faut communiquer, le plus sincère et malgré sa tête de mort, étant Koch (oui, comme le bacille)!

  8. Sur le site de l’OMS: «Le fait de mal utiliser un masque peut en réalité accroître le risque de transmission au lieu de le réduire…» https://www.who.int/csr/resources/publications/swineflu/masks_community/fr/

    Mensonge est peut-être un grand mot, vu les circonstances de pénurie et le besoin vital des masques pour le personnel soignant et celui en première ligne – qui doivent être protégés à tout prix. Mais avons-nous été trompés? Je pense que oui. Car on apprend aujourd’hui que fabriquer son propre masque est mieux que de ne pas en avoir du tout. Nous aurions tous pu faire nos propres masques depuis plusieurs semaines.

    1. Que ceux qui ne croient pas en la protection du masque restent à la maison, c’est finalement la meilleure des protections. Et ceux qui croient en sa protection? Je propose qu’ils se dépêchent de retourner travailler avec leur masque au visage!

  9. Si quelqu’un projette en éternuant ou en toussant, ou même simplement en respirant, des gouttelettes contenant des virus sur une personne qui lui fait face, ce dernier, s’il porte un tel masque, n’est pas protégé : 1) les gouttelettes l’atteignent aux yeux, que le masque n’abrite pas, et 2) les gouttelettes rencontrent un masque qui a le même effet qu’un papier buvard, elles mouillent le tissu, se répandent, et déposent les virus qu’elles ont transportés.

    En revanche, si la personne qui émet les gouttelettes porte ce masque, devant sa bouche, l’effet buvard se fait sur son propre masque, les virus restent sur son masque et ne contaminent donc pas le récepteur. Comme la source des gouttelettes (la bouche) est très proche du barrage que forme le masque (10-20 mm), la dispersion des gouttelettes est peu probable, en tous cas faible.

    L’énorme avantage du simple port des masques les plus simples, ceux qui ne font que protéger les voisins, est ainsi le suivant : si tout le monde en porte dans l’espace public, il n’y a plus de virus qui volent dans l’air ambiant, il n’y a plus de virus qui se déposent sur le visage de qui que ce soit, il n’y a plus de virus qui se déposent sur les poignées de porte, les rambardes, les mains-courantes, les aliments, les journaux, etc.

    C’est le principe qui est décrit ici. Comme vous, chère Madame, j’aimerais comprendre pourquoi Monsieur Koch prétend abruptement que le port des masques n’ajoute rien aux mesures qu’il préconise.

    1. Monsieur Koch, s’il désirait informer avec honnêteté, devrait déclarer : « Le port du masque n’ajoute rien étant donné que nous ne disposons pas d’un stock pour demander à tout le monde de le porter ». Il n’ignore pas le processus de propagation et de transmission que vous exposez dans votre commentaire, il estime qu’il n’est pas utile d’instruire la population sur une question qui ne se pose pas en la situation. C’est le comportement d’un médecin qui dirait à son patient : « Faites ce que je vous dis, c’est suffisant… », en s’abstenant de lui dire : « C’est mieux que rien, parce que ce dont vous auriez besoin je ne l’ai pas sous la main… »

      1. Je ne suis même pas sûr de ça. Un simple foulard ou une serviette en tissu, plié sur la diagonale, noué sur la nuque, couvrant le nez et la bouche comme ceux des bandits de l’ouest américain, pourrait peut-être suffire?

        1. Et aujourd’hui 3 avril nous apprenons que l’hypothèse d’une transmission dans l’air (aérosol ≠ gouttelettes) est à prendre au sérieux en rapport des dernières études. Je reproche donc aux personnes qui communiquent au public les précautions à suivre, de ne pas prendre en considération une évolution possible des connaissances. Le principe de précaution ne devrait pas autoriser à déclarer trop tôt : « Cela ne sert à rien de… ». Et j’en reviens à dire qu’il n’est à mon avis pas du tout approprié de vouloir adapter les messages d’information donnés au public sous une forme excessivement simplifiée. Les exemples de vulgarisation d’un sujet de chimie ou physiologie, par exemple, ne sont pas à prendre comme base de raisonnement pour en tirer des conclusions personnelles qui ne peuvent avoir valeur de connaissances. C’est exactement ce que font les politiques qui raisonnent sans avoir étudié et compris la matière sur laquelle ils s’expriment.

          (Autre : Le simple foulard, à la place du masque jetable, pose le même problème que l’aspirateur sans sac, avec un filtre que l’on doit manipuler pour le nettoyer. On en prend plein les mains pendant qu’on retient son souffle, au lieu de pouvoir l’écarter rapidement…)

          1. Votre dernière considération me laisse perplexe. M’avez-vous lu?
            Si le porteur de foulard n’est pas porteur de virus, son foulard ne sera pas infecté puisqu’il n’aura rencontré que des personnes portant le foulard.
            Si à l’inverse le porteur de foulard est porteur de virus, son foulard sera bien sûr abondamment porteur de ses propres virus, de ceux qu’il a émis lui-même. Qu’il se débarrasse de son foulard avec prudence, dans la solitude, pour le plonger dans son bain d’eau savonneuse (qui suffit à se laver les mains, donc aussi à laver un foulard), est évidemment impératif, mais nullement compliqué.

  10. Un article rempli de bon sens, de logique. Je suis triste et surpris de voir qu’on arrive encore à trouver des personnes qui disent que le masque ne sert à rien. C’est juste navrant, désolant et stupide.

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