DuckDuckGo, une alternative à Google

Dis-moi ce que tu recherches et je te dirai qui tu es.  Nos mots clés tapés dans le moteur de recherche Google en disent long sur nous. Ils révèlent la dernière fois que nous avons eu un problème de santé, un souci financier, un intérêt politique, une envie d’achat, cherché à changer d’emploi ou à partir en vacances. Le géant du Web nous connaît en réalité mieux que nous-mêmes et se sert de ce que nous dévoilons dans nos requêtes pour marchander nos intérêts auprès des annonceurs.

Pourtant il existe des moteurs de recherche axés sur la protection de la vie privée, dont Bing et Qwant, ou encore DuckDuckGo lancé en 2008, qui se positionne comme l’anti-Google.

DuckDuckDuckGo montre à tous les utilisateurs les mêmes résultats non filtrés pour un mot clé donné, sans se baser sur l’historique de leurs recherches. Les résultats sont générés à partir de plus de 400 sources individuelles, comme Wikipédia, Bing, Yahoo! et Yandex.

Toutes les recherches sont cryptées. DuckDuckGo n’utilise pas de cookies – ces petits fichiers qui se déposent sur le disque dur à l’insu de l’Internaute lors de sa connexion à un site web – et il ne traque pas ses déplacements quand il quitte sa page.

DuckDuckGo est en progression continue, +56% entre 2018 et 2019. Mais la comparaison avec Google fait l’effet d’une douche froide. Le géant du Web comptabilise 105 milliards de requêtes par mois alors que DuckDuckGo a atteint son premier milliard en janvier dernier. Les revenus de Google générés par la publicité s’élèvent à 74 milliards de dollars par an, comparé à 1 million de dollars pour DuckDuckGo.

Il est légitime de se demander si la Sénatrice démocrate et candidate aux élections présidentielles américaines Elizabeth Warren n’aurait pas raison, en proposant de démanteler Google et autres GAFA, pour abus de position dominante : “Les sociétés technologiques ont trop de pouvoir sur notre économie, notre société et notre démocratie. Ils ont détruit la concurrence et, utilisé nos informations privées à des fins lucratives», estime-elle.

Google doit sentir le vent tourner sur son monopole, car discrètement, le 15 mars dernier, dans la dernière version de son navigateur, Chrome 73, le géant du Web a inclus DuckDuckGo dans la barre de menu.

 

 

Emily Turrettini

Emily Turrettini

De nationalité américaine et suisse, Emily Turrettini publie une revue de presse sur l'actualité Internet depuis 1996 et se passionne pour les nouvelles tendances.

8 réponses à “DuckDuckGo, une alternative à Google

  1. Bonjour,

    En ce qui me concerne, je suis extrêmement satisfait que Google mémorise toute mes recherches et “me connaisse mieux que moi-même”, pour reprendre les termes utilisés par l’auteur de ce post. Et voici pourquoi: lorsque je vais sur Youtube, le site me recommande des vidéos en fonction de mes derniers visionnements (donc des données accumulées sur moi). Que ce soit dans le domaine du Machine Learning, des mathématiques ou de la spiritualité, les 3 sujets que je privilégie actuellement dans mes recherches, grâce aux propositions pertinentes de Google, je fais des découvertes magnifiques et je progresse à haute vitesse. Alors, n’ayant rien à cacher de ma vie privée, je dis un grand merci à Google et à sa filiale Youtube ainsi qu’à leur application de l’intelligence artificielle pour nous pister et dresser notre profil.

  2. Citer bing, de microsoft, mais pas https://swisscows.ch ? 😉
    (suis étonné et suis donc forcé de vous poser la question: vous avez regardé où sont localisés les serveurs de DDGo et combien le département d’état américain lui verse d’argent chaque année?, comme à Thor d’ailleurs 🙂 ).

    1. Je ne connaissais pas SwissCows, je vais l’essayer, merci! 🐄. Pour les serveurs de DDG et le gouvernement US, je l’ignorais aussi. Ce que fait l’administration de Trump en général m’indigne et me dépasse…

  3. Me nomme “Wilhem” et non “Wilhelm”.
    Mais que ce soient les algorithmes de l’un ou l’autre, ou encore un autre moteur, ils mélangent ces deux occurences et pas dans l’ordre.

    Alors c’est assez désagréable pour ceux qui voudraient me pister hahahah!
    Et ça dit bien l’évolution misérable des dits “moteurs de recherche”.
    Alors, vive l’AI en lui souhaitant un peu plus de brio!

  4. Avoir une vie privée ou pas est relatif, c’est son traitement, la diffusion et la persistance de nos faits et gestes qui est problématique.
    Autrefois nous nous déplacions relativement peu par rapport à maintenant et le voisinage connaissait facilement notre vie. Le problème avec les suggestions ciblées générées par l’IA (dont Google fait un usage bluffant) est que cela nous enferme dans un univers de plus en plus restreint et se rétrécit à la taille d’un champ… Les informations de Guillaume Chaslot (ingénieur informatique ayant travaillé sur les algorithmes chez Google) sont révélatrices.
    Prétendre de n’avoir rien à cacher, est une fausse bonne raison de nous laisser faire ainsi. Google et les autres partagent et partagent encore dans le but de maximiser les profits, sans se soucier de l’impact négatif sur la vie de l’individu. Tant que cet individu est dans la norme, il est admis que cela est tolérable. Le problème est que la norme est changeante et que chacun se retrouve à ressentir le besoin d’essayer de correspondre constamment à ce qui est attendu de lui, sans vraiment être lui-même et sans participer à l’expression de ce qui fait qu’il est unique. Le professeur D. Solove a d’intéressantes remarques à ce sujet.
    Pour ma part, utilisateur régulier de DDG ou de Qwant, j’ajouterais volontiers https://framabee.org/ de l’organisation lyonnaise framasoft. Concernant les lieux des serveurs ou les financements, c’est un fait, les “services” essaient toujours d’avoir un oeil sur ce qu’il se passe. Lorsqu’ils n’y arrivent pas, ils essaient de faire croire qu’ils ont réussi. “Fake News”, quand tu nous tiens!

  5. Ne pas savoir que DDG , comme tous les serveurs US, sont susceptibles de servir les services gouvernementaux relève franchement de l’ amateurisme et on peut s’attendre à une démarche plus professionnelle sur le site d’un journal que ce qu’on trouve sur des blogs. Et en plus, rien à voir avec D. Trump, c’était dejà effectif du temps d’Obama !
    Enfin, citer Bing comme moyen d’ échapper au fichage commercial, alors que Microsoft est derrière , pousse au fou rire.
    Dans la liste citée par l’article, seul Qwant offre des garanties puisqu’il ne collecte pas d’infos et ses serveurs sont en Europe. Malheureusement , ça n’intéresse pas l’auteure.
    Bref, n’importe quoi .

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