Des algorithmes pour évaluer des baby sitters

DIGITALE ATTITUDE : L’usage de l’Intelligence Artificielle (IA) a véritablement révolutionné le processus de recrutement des employés, permettant aux entreprises de dénicher rapidement les meilleurs talents par l’analyse de milliers de profils puisés sur les plateformes professionnelles comme Linkedin et Jobcase. Mais voilà qu’une start-up, Predictim, propose d’évaluer de la même manière des baby sitters, en examinant leur empreinte numérique sur les réseaux sociaux.

Avec l’accord de la jeune personne, Predictim propose d’accéder à ses comptes Facebook, Twitter et Instagram, puis grâce à des algorithmes de traitement automatique du langage naturel et de reconnaissance d’images, déduira ses traits de caractère – comme la politesse, le degré de positivité, l’agressivité et la capacité de s’entendre avec les autres.

Toujours grâce une «intelligence artificielle avancée», chaque rapport adressé aux parents comprendra aussi une évaluation des personnalités à risque – drogué, harceleur ou violent – Illustrée par une jauge de type indicateur de vitesse. L’échelle de valeurs va du 1 «non risqué» au 5 «très risqué». En guise d’exemple, la note 5 est attribuée à une jeune femme blonde appelée Risky Rebecca – bien que son prénom aurait déjà pu leur mettre la puce à l’oreille.

Etonnement la presse semble avoir accordé du crédit aux méthodes de Predictim en relayant leur communiqué presse, mais pour ma part je pense que ce service n’a été créé à nulle autre fin que celle d’illustrer l’usage absurde qui peut être fait de l’intelligence artificielle. Car accorder de l’importance aux propos et photos publiés en ligne par des enfants pour leur en tenir rigueur des années plus tard quand ils cherchent à gagner un peu d’argent de poche est ridicule. De plus, ce sont en général des mineurs et je ne vois nulle part sur le site, un formulaire demandant un consentement parental pour accéder ainsi à leur vie privée.

Twitter et Facebook ont réagi en bloquant Predictim de leurs plateformes, citant une violation de leurs conditions d’utilisation: Il est interdit de siphonner les données des usagers.

Il est à craindre que le buzz autour du big data et l’intelligence artificielle fera surgir de nombreux autres projets de la sorte.

 

Emily Turrettini

Emily Turrettini

De nationalité américaine et suisse, Emily Turrettini publie une revue de presse sur l'actualité Internet depuis 1996 et se passionne pour les nouvelles tendances.

3 réponses à “Des algorithmes pour évaluer des baby sitters

  1. Perso, n’ai pas d’enfants, chère Emily, mais vous auriez des infos, si l’IA pourrait me donner des garanties, si un de mes poulains pourrait gagner le Derby… d’Epsom, Arc de Triomphe, Hickstead ou abou dabou?
    🙂

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