L’arrivée inéluctable des robots sexuels

Un rapport publié par Responsible Robotics, la fondation pour la Robotique Responsable, appelle à une véritable réflexion sur les robots sexuels dans notre société.

Les robots sexuels sont un phénomène relativement nouveau et la suite logique dans l’évolution des poupées gonflables, dont les apparences au fil du temps sont devenues de plus en plus fidèles au corps humain. Ces dernières ont déjà pour la plupart, une peau en silicone, des squelettes métalliques articulés, des cheveux et des yeux d’un réalisme stupéfiant.

L’avénement des robots sexuels

Alors un nouveau marché se dessine pour les poupées robotisées. Dotées de mobilité grâce à des capteurs situés à plusieurs endroits sur leurs corps, elles réagissent au toucher et peuvent même simuler un orgasme.

Sex Robot RealDoll

Les modèles de la marque Android Love Dolls par exemple, sont programmés avec 50 positions différentes et leurs visages sont capables de changer d’expression. Les RealDolls sont dotés de reconnaissance vocale et peuvent parler, leurs lèvres bougeant en synchro avec la voix. Et grâce à l’intelligence artificielles, elles apprennent au fur et à mesure des conversations, à mieux connaitre leurs utilisateurs, enrichissant leur vocabulaire.

En raison de notre tendance naturelle à projeter un comportement humain sur des objets animés, l’anthropomorphisme est souvent observé en réaction à toutes sortes de robots. Et dans les cas des robots de compagnie, cette illusion créée la perception d’un véritable partenaire sexuel humain.

Les fabricants jouent sur ce tableau en proposant des options de personnalisation au niveau des traits de caractères. Parmi les poupées de la série «RoxxxyGold» proposée chez True Companion, le modèle «Frigid Farrah» simule la timidité et celui appelé «Wild Wendy», l’aventure.

Dans l’ensemble, ces poupées se présentent sous une forme féminine, bien que la marque Sinthetics ait connu un succès commercial avec des modèles masculins.

Responsible Robotics, la Fondation pour la Robotique Responsable, vient de publier un rapport fascinant de 44 pages intitulé «Our Sexual Future With Robots» (pdf) d’où sont tirés les infos publiées dans ce billet. Ce rapport appelle à une réflexion voir même une règlementation des robots sexuels dans notre société en soulevant un certain nombre de questions :

Les robots-sexuels sont une option acceptable pour les personnes seules, âgées ou handicapées?

Les premières tentatives ont suscité des réactions mitigées. La poupée «Someone to Care For» proposés dans des EMS en Angleterre dans les années 90 a été spécialement conçue pour les personnes âgées afin d’offrir «réconfort et bonheur aux résidents des foyers, en particulier aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.»

Mais malgré de nombreux récits sur les bienfaits de ces poupées aux apparences de bébés destinés à être câlinées, elles ont aussi été fortement contestées, pour avoir donner l’impression d’infantiliser et de violer la dignité des personnes âgées.

Les robots-prostitués ont-ils une place dans les maisons closes?

Il n’existe pas encore de bordels proposant les services de robots-prostituées, mais au Japon et à Barcelone quelques enseignes proposent déjà des poupées adultes, montrant «une acceptabilité sociale croissante ouvrant la voie aux robots sexuels».

Les robots sexuels deviendront-ils un outil de thérapie efficace pour traiter les violeurs et les pédophiles ?  

Les auteurs du rapport sur ce point expriment un fort scepticisme et se demandent même si au contraire, ils ne seront pas plutôt un encouragement aux comportements déviants.

Pour le Professeur de Philosophie et d’Ethique en Robotique, Patrick Lin de California Polytechnic dans le Telegraph:

«Traiter les pédophiles avec un robot sexuel configuré comme un enfant est un plan douteux et une idée répugnante. Imaginez un instant traiter un raciste en lui suggérant d’abuser d’un robot marron.»

Et qu’en est-il d’un point de vue religieux? 

Le seul article trouvé par les auteurs de ce rapport provient de deux universitaires musulmans Yusuf Jelili Amada et Ismaila Tijani (février 2012).

«Avoir des relations sexuelles avec un robot est contraire à l’éthique et à la moral. C’est un manque de respect pour l’être humain et un camouflet envers l’institution du mariage. En vertu de la charia, les rapports sexuels avec un robot devraient être sévèrement puni pour dissuader ce crime de se propager dans la société.»

Tentatives de conclusion

L’étude rappelle que toute relation avec ce type de robot sera toujours à sens unique. Un robot ne pouvant réagir de manière appropriée à la subtilité de l’émotion humaine dans son contexte. Ils sont incapables par exemple de déceler si quelqu’un pleure en raison d’une contrariété ou parce que leur enfant vient de mourir.

Peut-être que la principale question éthique qui se pose aux sujet des robots sexuels est la tromperie qu’ils pourront engendrer envers les personnes vulnérables.

Un point sur lequel tous les scientifiques interrogés s’accordent est que l’avènement des robots sexuels conduira à un plus grand isolement social pour ceux qui les pratiquent.

 

Emily Turrettini

Emily Turrettini

De nationalité américaine et suisse, Emily Turrettini publie une revue de presse sur l'actualité Internet depuis 1996 et se passionne pour les nouvelles tendances.

2 réponses à “L’arrivée inéluctable des robots sexuels

  1. Merci pour votre sujet fort intéressant, à l’heure actuelle il existe des maisons closes qui proposent des humanoïdes à la place des prostituées humaines, il faut payer 80 euros en ligne pour passer 30 minutes avec ces robots sexuels. L’arrivée de ces robots sur le marché du sexe est une très mauvaise chose, il ne s’agit pas ici d’un nouveau sex-toys censé faire du bien aux humains, il s’agit carrément de déshumaniser le rapport sexuel. C’est un énorme danger pour notre société déjà très déshumanisée surtout sur le plan sexuel. En ce qui concerne les pédophiles penser que ce type de robot pourrait les soigner c’est une totale aberration ! Comment imaginer autoriser un tel pervers assouvir ses pulsions sur un robot enfant, l’idée est répugnante. Mais surtout il faut comprendre que ces pulsions là ne doivent en aucun cas être assouvies, elles doivent être traitées pour être éradiquées et non encouragées. Il faut espérer que ce marché du robot sexuel ne fonctionnera pas assez pour être plus approfondie.

    1. Je pense que vous faites erreur .Les therapies ont sur genre de detraques un effet pl;us que restreint . Au contraire plus ces deviants auront l’impression que leur fantasmes seront assouvi, moins ils seront tentes de se tourner vers nos enfants.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *