Cinq séries à rattraper pendant le confinement

Cette nouvelle période de confinement est le moment idéal pour rattraper des séries. De la comédie satirique au thriller psychologique, cinq pépites diffusées en 2020 méritent particulièrement le détour.

 

1. THIS WAY UP

Genre : humour noir
Si vous avez aimé : Fleabag, Catastrophe
Épisodes : 10 épisodes de 30 minutes
Diffusion : Canal+ Series
Bande–annonce :  anglais sous-titré

L’histoire : Trentenaire irlandaise vivant à Londres, Aine est un vrai clown. Mais si elle fait le pitre dans la classe où elle enseigne l’anglais à des adultes immigrés, c’est pour mieux dissimuler la dépression qui l’a amenée à être internée quelques mois plus tôt.

“I will never die.”

Comédienne irlandaise issue du stand-up, Aisling Bea fait dans cette série la démonstration de son immense talent. Un sens de l’autodérision et un goût prononcé pour le malaise mis au service de situations et de dialogues jouissifs. Construite autour de scènes du quotidien, la série aborde avec délicatesse la question de la santé mentale. Sous le vernis burlesque, Aine peine à dissimuler son désespoir. C’est ce qui inquiète sa sœur Shona (Sharon Horgan, adorée dans Catastrophe et qui coproduit la série) et va la rapprocher de Richard (Tobias Menzies, toujours fabuleux).

Moins cynique que Phoebe Waller-Bridge (Fleabag), Aisling Bea apporte à cette première création télévisuelle un supplément de vérité. Là où ses confrères alignent les saillies caustiques, quitte à dégrader leurs personnages, l’actrice privilégie la tendresse et offre une réflexion subtile sur la souffrance psychique. En dévoilant la vulnérabilité de son héroïne sans la ridiculiser, Aisling Bea rend l’œuvre à la fois plus émouvante et dense. En somme plus aboutie.

 

2. I KNOW THIS MUCH IS TRUE

Genre : drame familial
Si vous avez aimé : Quarry, Sharp Objects
Épisodes :  6 épisodes de 56 minutes env.
Diffusion : OCS
Bande–annonce :
anglais sous-titré

L’histoire : Années 90 dans le Connecticut. Depuis leur naissance à six minutes d’intervalle, Dominick sacrifie sa vie à prendre soin de son frère jumeau Thomas, schizophrène paranoïde. Lorsque Thomas est interné dans un établissement psychiatrique de haute sécurité, Dominick emploie toute son énergie à le faire sortir. Mais lequel des deux frères a-t-il le plus besoin d’être libéré ?

 “My brother has been an anchor around my entire life. An anchor pulling me down. He’s my curse.”

Adaptée d’un roman de Wally Lamb, cette minisérie de Derek Cianfrance (The Place Beyond the Pines) est un chef-d’œuvre. Démontrant, s’il le fallait, que confier la réalisation d’une série à un cinéaste talentueux est toujours une excellente idée. La caméra saisit avec une vérité stupéfiante les tourments de Dominick, frappé par le malheur depuis l’enfance et qui se débat pour sauver son frère, autant que sa propre existence, de ce qu’il identifie comme une malédiction. Trouvera-t-il les réponses dans le passé de sa famille ?

Incarnant les deux frères jumeaux (le tournage s’est interrompu durant six semaines pour permettre au comédien de se transformer physiquement), Mark Ruffalo est époustouflant. Doux et fragile dans la peau de Thomas, pétri de colère et de désespoir dans celle de Dominick, l’acteur n’a jamais autant mérité la comparaison avec Marlon Brandon et logiquement décroché un Emmy Award pour ce rôle. Du grain de l’image à la façon de sublimer les rôles féminins (Kathryn Hahn, Juliette Lewis ou Rosie O’Donnell), Derek Cianfrance livre une œuvre en tout point somptueuse. Un coup de maître de plus de HBO.

 

3. NORMAL PEOPLE

Genre : romance sublime
Si vous avez aimé : Call Me By Your Name, Rectify
Épisodes : 12 épisodes de 28 minutes env.
Diffusion : Starzplay, Canal+Séries
Bande–annonce :
anglais

L’histoire : Dans une petite ville irlandaise, Connell est un adolescent d’origine modeste, très populaire dans son lycée. Tout l’oppose à sa camarade de classe Marianne, jeune femme solitaire et rebelle issue d’une famille bourgeoise. S’ils s’ignorent dans l’enceinte de l’école, les deux adolescents sont mus par une attraction irrépressible qui va bouleverser leur destin.

– It’s not like this with other people.
– I know. I think we’ll be fine.

Adaptée du best-seller de Sally Rooney, cette minisérie irlandaise suit les amours tourmentées de Marianne et Connell durant plusieurs années. À mille lieux des séries tape-à-l’œil destinées aux adolescents, Normal People explore les difficultés du passage à l’âge adulte avec une délicatesse infinie. Née à l’abri des regards, la romance de ces deux jeunes gens que tout oppose survivra-elle aux préjugés et aux non-dits ? Des silences comme des poignards, dont les conséquences sur le couple s’avèrent dévastatrices.

Tout n’est que beauté et enchantement dans cette œuvre dont chaque plan, chaque son, évoque l’univers pictural et sensoriel de Call Me By Your Name ou Rectify. L’harmonie des corps et les errances de l’âme sont filmées avec la même sensibilité, laissant jaillir toute la vérité d’un amour plus fort que le temps. Un joyau, magnifié par une musique ensorcelante.

 

4. RAMY

Genre : satire culturelle
Si vous avez aimé : Master of None, Atlanta
Épisodes :  10 épisodes de 23 à 43 minutes
Diffusion : Starzplay
Bande–annonce :
anglais

L’histoire : Fils d’immigrés égyptiens, Ramy vit avec ses parents dans le New Jersey. Tiraillé entre les attentes de ses proches et le mode de vie des millennials, le jeune homme s’interroge sur son identité et cherche l’amour. Trouvera-t-il les réponses dans sa pratique de la foi ?

“Do you ever feel like you don’t belong?”

Primée aux Golden Globes 2019 et nommée aux Emmy Awards 2020, la série autobiographique de Ramy Youssef met en lumière la difficulté de définir son identité, lorsqu’on est enfant d’immigrés arabo-musulmans aux États-Unis. En une suite de saynètes cocasses, l’humoriste réussit à déconstruire les préjugés sur une communauté qu’il ausculte avec tendresse et dérision, sans en dissimuler les travers.

Souvent burlesque, toujours émouvante, la série n’est jamais aussi touchante que lorsqu’elle s’attarde sur le personnage de la mère, de la sœur ou celui de l’oncle antisémite, misogyne et complotiste qui dissimule un lourd secret. Plus incisive que Master of None, moins magistrale qu’Atlanta, la série brille avant tout par la qualité de ses dialogues. À noter la présence de Mahershala Ali dans la deuxième saison.

 

5. THE SINNER

Genre : thriller psychologique
Si vous avez aimé : Sharp Objects, The Killing
Épisodes :  8 épisodes de 42 minutes
Diffusion : Netflix
Bande–annonce :
anglais

L’histoire : Proche de la retraite, le détective Harry Ambrose enquête sur un tragique accident de voiture survenu dans le nord de l’État de New York. Le seul survivant est un jeune professeur de littérature, aimé et respecté de tous.

 “We all have dark thoughts. We learn how to live with them. We contain them.”

Depuis trois saisons sur Netflix, The Sinner explore les confins de l’âme humaine pour tenter de comprendre comment des personnes ordinaires (une jeune mère de famille, un enfant, un enseignant dévoué) peuvent être poussées à la folie meurtrière. Révélé dès le pilote, le crime a priori absurde acquiert peu à peu du sens. Démontrant avec une épouvantable clarté qu’en chacun de nous réside un point limite.

Au cœur de chaque enquête, le détective Harry Ambrose (Bill Pullman) n’hésite pas à affronter ses démons pour atteindre son but : déconstruire une image – les faits univoques – pour en construire une autre – les motifs de l’assassinat – et se rapprocher ainsi de la vérité. Quitte à prendre parti et à se perdre. Car chacun des crimes témoigne d’un passé tragique et d’une fragilité émotionnelle qui font écho à son propre vécu. Formellement remarquable, The Sinner est de loin le thriller psychologique le plus haletant et fascinant de ces dernières années.

 

Emilie Jendly

Emilie Jendly

Emilie Jendly est spécialiste en communication et journaliste RP, de nationalité suisse et française. Passionnée de séries télévisées, elle présente ici les nouveautés à ne pas manquer. Spoil prohibé.

Une réponse à “Cinq séries à rattraper pendant le confinement

  1. A noter aussi le magnifique “Mystery Road” (à voir sur Arte) et dans l’attente bien sûr de la dernière saison des “Peaky Blinders”, de loin ce que j’ai vu de mieux comme série, mais ce n’est que mon avis
    🙂

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