The Crown © Alex Bailey / Netflix

The Crown : le poids de la couronne

La série événement de Netflix lève le voile sur la personnalité méconnue et le destin hors norme de la reine Élisabeth II. 

Suite à un incident technique, l’article publié le 6 novembre est reproduit dans son intégralité

Si vous avez aimé : War & PeaceDownton AbbeyBorgenThe Queen

The Crown : bande-annonce

Diffusion : Neflix

L’histoire : 1947. Âgée de 21 ans, Élisabeth Windsor épouse son premier amour, Philip Mountbatten. La jeune femme est loin de se douter que, six plus tard, elle prendra la place de son père sur le trône britannique.

The Crown © Alex Bailey / Netflix

« The crown must win. Must always win. »

Une saga au coût pharaonique
Diffusée depuis le 4 novembre sur Netflix, The Crown suit le destin hors du commun de la reine Élisabeth II. La superproduction américano-britannique qui doit s’étaler sur six saisons (une par décennie de règne) se distingue par son coût pharaonique : 130 millions. Un budget qui a permis de reconstituer à la perfection l’environnement naturel de la monarchie.

The Crown © Netflix

Comme pour Downton Abbey, le plus grand soin a été apporté aux costumes, coiffures et accessoires d’époque. Mais c’est surtout la réplique des salles d’apparat du palais de Buckingham, de 10 Downing Street ou de Westminster Abbey qui impressionne dans cette saga romanesque qui fera date.

The Crown © Alex Bailey / Netflix

Gratifiée d’un casting lui aussi hors norme, The Crown retrace les principaux événements qui ont jalonné le règne d’Élisabeth II. Une vision largement romancée de l’histoire qui fait le plus souvent sourire, parfois moins (la visite du couple royal au Kenya rappelle « Tintin au Congo ») et place délibérément la série dans la catégorie « programme familial à regarder devant un bon feu de cheminée ».

The Crown © Alex Bailey / Netflix

Sous la couronne, la femme
L’intérêt de The Crown réside moins dans la reconstitution des événements qui ont marqué le règne d’Élisabeth II que dans le récit du destin et des motivations parfois méconnues de ses protagonistes. À 90 ans, la fille aînée de George VI reste un mystère. C’est donc avec intérêt que l’on découvre ce qui se cache depuis toutes ces années derrière le sourire immuable de la monarque britannique.

The Crown © Alex Bailey / Netflix

Arrachée prématurément à sa vie d’épouse d’officier de la marine, Élisabeth Mountbatten a dû embrasser très tôt une fonction qu’elle n’appelait pas de ses vœux.

« You don’t think I would have preferred to grow up out of the spotlight? A simpler happier life. As a wife, a mother. An ordinary English countrywoman. »

À 25 ans, la reine a dû à la fois se faire une place auprès d’hommes d’État puissants et se battre pour conserver son identité de femme, de mère et d’épouse. La loyauté l’emportant le plus souvent sur les aspirations personnelles.

Au poids de la fonction s’ajoute celui de la famille. Comme le souligne intelligemment la série, la monarchie est avant tout une histoire de clan. Malheur à qui ose se montrer déloyal. Le sort d’Édward VIII (excellent Alex Jennings) est à ce titre fascinant.

The Crown © Alex Bailey / Netflix
« I am aware that I am surrounded by people who feel they could do the job better. But for better or worse the crown has landed on my head. » © Alex Bailey / Netflix

L’essentiel pour la jeune monarque fut de préserver l’affection de son cher époux, pas du tout préparé à renoncer à son nom et à ses rêves pour marcher dans l’ombre de sa femme. L’histoire d’amour complexe d’Élisabeth et de Philip offre à la série ses plus belles scènes.

The Crown © Alex Bailey / Netflix

Incomprise par son entourage, tiraillée entre le désir d’une vie moderne et le poids de la tradition, Élisabeth va devoir apprendre l’art de la négociation, l’enjeu consistant à tirer du pouvoir une certaine liberté d’action. La reine va également devoir s’habituer à rester neutre et à se taire.

« People will always want you to smile, agree or frown. The minute you do, you will have declared a position, a point of view. And that is the one thing as sovereign that you are not entitled to do. »

Déjà mémorable dans la peau d’Anne Boleyn (Wolf Hall), Claire Foy endosse le rôle de sa vie avec juste ce qu’il faut de sensibilité et de détermination.

Mais la révélation de la série est sans conteste Matt Smith. Dans le rôle de l’époux fougueux rêvant d’indépendance et contraint de renoncer peu à peu à ses ambitions, l’acteur est parfait.

The Crown © Alex Bailey / Netflix
« What am I supposed to do? Sit around and wait for you while you’re ‘queening’? » © Alex Bailey / Netflix

Oscillant entre saga historique et soap, The Crown risque néanmoins de perdre une partie de son public dans le long développement (pour ne pas dire la dilution) de son intrigue.

The Crown © Alex Bailey / Netflix

Gageons pourtant que Peter Morgan saura insuffler aux prochaines saisons le rythme palpitant, le souffle romanesque, mais aussi la pudeur et le raffinement qui font la qualité inégalée de Downton Abbey et manquent à cette superproduction un brin ordinaire et tape-à-l’œil.

Emilie Jendly

Emilie Jendly

Emilie Jendly est passionnée de séries depuis 20 ans. Journaliste RP, conseillère en communication, elle présente sur ce blog les nouveautés à ne pas manquer. Spoil prohibé.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *