L’aventure en images

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Mambo!

Bonjour de ce pays où le Baggagi est le roi de la route.

Le Baggaghi est une tricycle motorisé, à l’image du rikshaw ou du triporter mais version « allez hop, je me glisse entre les voitures, grimpe sur les trottoirs, virevolte au milieu des flaques »

Réponse au concours

Il est l’heure de répondre à cette question qui désormais vous empêche de dormir la nuit: mais qu’est-ce donc que ces photos ? Je fais bien sûr référence au concours de mon dernier post.

Vous allez enfin tout savoir et en passant merci pour les incroyables réponses que j’ai reçues…

L’aspirateur à moustiques

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Premièrement, voici un aspirateur à moustique. Hé oui, pour transférer ces petits culicidés, il faut bien les attraper. On pointe une extremité (la partie rigide) sur le moustique, l’autre se place dans la bouche et on aspire. Bien sûr, ne souhaitant pas avaler nos précieuses données, on place un filtre au milieu de l’aspirateur qui empèche le moustique d’atterrir dans notre bouche. Il faut un peu de pratique pour trouver la bonne intensité d’aspiration, mais on s’y fait vite.

L’infection des moustiques

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Pour les infecter, nous nourrissons les moustiques avec du sang parasité. Pour cela, nous avons cherché des personnes infectées par des “oeufs” de la malaria, nous leur avons prélevé du sang que nous avons offert en pitance aux moustiques. Comme vous le voyez sur cette photo, ces derniers piquent à travers une fine membrane de parafilm. Le sang est maintenu à une température de 37° par les tuyaux d’eau remplis d’eau chaude qui entourent le conteneur de sang.

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La maison des moustiques

Ensuite nous laissons les moustiques tranquilles durant deux semaines, le temps que le parasite se développe. Voici l’habitacle des moustiques pendant cette période:

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Les moustiques se nourrissent de sucre liquide grâce à de petites boules de ouate imbibées que nous posons sur le dessus de leur maison.

L’expérience

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Après ces deux semaines, voici arrivé le moment de l’expérience. Souhaitant étudier la préférence d’attraction de nos amis ailés, nous les plaçons au milieu de cette longue cage. A chaque extremité se trouve une chaussette portée 24h l’une par un humain, l’autre par une vache. Un obstacle à franchir (un filet troué) est placé afin de s’assurer que le moustique se dirige volontairement en direction de l’odeur.

Après 15 minutes d’expérience nous récupérons les moustiques de chaque compartiment et les congèlons.

Sépulcres pour des moustiques

Il faut ensuite ramener nos échantillons dûmement étiquetés en Suisse afin de poursuivre nos analyses. Elles consistent à vérifier quels moustiques sont bels et biens infectés (nous prévoyons un succès d’infections chez seulement 30% des moustiques). Les sarcophages de nos amis ressemblent à cela:

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Dans chaque petit récipient se trouve du silicagel, pour conserver les moustiques en les asséchant, un peu de ouate pour faire un lit et enfin le moustique (mort) qui repose au dessus. Nous avons plusieurs miliers de moustiques, cela implique d’inombrables heures de fabrication de minisarcophages. Evidemment, l’étape cruciale est l’étiquettage de chaque moustique, ce qui demande une concentration extrême afin de ne pas fausser nos résultats.

Vous me direz, mais alors vous avez “fabriqué” des moustiques qui peuvent transmettre la malaria…??

En effet, mais évidemment nous avons pris les précautions nécessaires pour qu’aucun moustique ne s’échappe…

Un laboratoire de haute sécurité

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Premièrement la salle de laboratoire est  fermée à quiconque ne travaille pas sur cette expérience. Tout scientifique fricotant avec ces moustiques infectés est sous prophylaxie (médicamant préventif de la malaria). Nos copains ailés sont strictement gardés derrière de doubles sécurités de moustiquaires.

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Enfin la salle est équipée de pression négative. Si un moustique par malheur s’échappe, il est aussitôt aspiré par un grand tuyau au plafond.

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Good bye Tanzania

Il est temps de rentrer avec nos petits moustiques au fond de nos bagages.

Nous avons encore toutes les analyses à effectuer, je ne vous laisserai pas sans nouvelles et bien évidemment je vous communiquerai les résultats.

Ce voyage n’aurait pas pu se réaliser sans le soutien financier de la fondation Schmidheiny ainsi que celui du Rotary Club que je remercie du fond du coeur. Je remercie également la Fondation Hans Wilsdorf sans qui je n’aurais jamais pu mener à bien mes études.

Enfin, un grand merci à Ifakara Health Institute pour son accueil.

Asante sana Bagamoyo, Kwaheri!

Bien à vous, votre parasitaire qui se réjouit de voir la tête des douaniers et de leur expliquer ces minis sarcophages à moustiques.

 

Un petit bout d’Afrique…

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Mambo !

Bonjour de ce pays où les habitants se réjouissent de la fraîcheur que nous offre cette période hivernal (25°C).

Profitant de quelques jours de congé, j’ai filé dans le nord. Ces quelques journées de voyage pourraient constituer un roman à elles seules.

Le nord de la Tanzanie, ce sont de magnifiques paysages, des animaux à foison, zèbres, autruches, girafes, lions, caméléons…

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C’est aussi le Kilimandjaro, plus haut sommet d’Afrique, avec son toit enneigé que l’on peut apercevoir si les nuages se décident à nous en laisser la chance.

Le nord, c’est le pays des Masaï que l’on croise, tout de rouge vêtus, ou parés de noir pour les jeunes hommes en cours d’initiation. Enfin, c’est une région ou l’on cultive le café. La préparation de ce breuvage se fait au rythme des chants collectifs. De la torréfaction à la mouture, la communauté se retrouve autour de ces graines à chanter pour encourager la personne qui pile ou chauffe.

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Imaginez-vous sur les contreforts du Kilimandjaro, dans un village qui se mérite après quelques heures en bus (rempli d’un nombre inimaginable de personnes), quelques heures de marche dans des chemins qui se devinent plus qu’ils ne se dessinent. Vous vous retrouvez soudain au milieu de cultivateurs qui chantent joyeusement en préparant le café, vieux rituel chagga.

Il est des expériences qui ne s’oublient jamais. Celle-ci en est une.

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J’ai envie de vous raconter encore mon retour dans la capitale.

Dix heures de bus, une télé qui impose sa présence inévitable par un son élevé et des films improbables. Un nzongo (blanc) présent dans le bus, de ceux qui ne répondent pas à ma salutation (étrange réflexe occidental ou vaine compétition du blanc qui se veut plus intégré, allez savoir), bref ce nzongo s’adresse en swahili pour demander un changement de programme, lassé de voir tourner en boucle les mêmes clips de bongo flava (RnB tanzanienne).

Tout le bus rit de son audace et peut-être de son accent. Ce rire est bienveillant. La faveur lui est accordée. S’enchaînent alors un mauvais film américain débordant de scènes sanguinolentes, une télénovela tanzanienne où de grosses mamas hystériques défient le sens du bon voisinage et enfin un film de karaté made in China. Tout cela au milieu d’un paysage sublime, des montagnes, de la verdure tropicale, de temps à autre des villages. Ma voisine, qui me parle, blague et apostrophe le chauffeur comme il est si bon de le faire ici, comme il est si rare de le faire chez nous. Bon sang que ce pays va me manquer.

Arrivée dans la capitale, les taximen se jettent sur moi et me proposent une course pour dix fois sa valeur. Après d’âpres négociations, c’est à un prix à peu près correct que je me fais emmener dans l’hôtel choisi. La nuit étant tombée, mon voyage s’arrête là pour aujourd’hui. Demain j’avalerai les derniers kilomètres nécessaires pour retourner à Bagamoyo.

Assise à la terrasse d’un restaurant local bondé, musique trop forte, chipsi kuku (poulet frites) de qualité médiocre, des voitures qui passent en pétaradant, une bière Kilimandjaro à la main, je suis saisie d’une indéfinissable émotion.

This is Africa, baby.

I’m gonna miss it.

Concours

Allez hop, je finis cet article en lançant un concours. Jouez et gagnez une carte postale de Tanzanie, un authentique porte-clé tanzanien pour vos enfants, des épices, du savon fabriqué par des handicapés, du café d’ici, des cacahouètes miam-miam, bref tout ce que j’arrive à glisser dans ma valise…

Pour ce, c’est très simple, il vous suffit de deviner ce que racontent les photos qui suivent, puis en haut de l’article sous l’item “laissez un commentaire” envoyez moi trois mots ou un roman. Les réponses les plus farfelues sont complètement les bienvenues.

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Bien à vous, votre parasitaire qui commence à faire ses bagages, mouchoir à la main…

Parasitaires à chaussettes!

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Mambo!

Bonjour de ce pays où l’on m’a demandé si il est vrai qu’à partir de 22h il est interdit de tirer la chasse d’eau en Suisse…

Alors quelques nouvelles de nos expériences… Je faiblis cruellement dans la fréquence de publications, mais je vous rassure ce n’est pas par infidélité. Simplement mes petits moustiques et nos expériences sont très demandeurs en temps et en énergie.

D’ailleurs, ce matin c’est à l’aube que je me suis levée pour fixer une chaussette sur le genou d’une vache. Il est des phrases que l’on ne s’attend pas à employer un jour…

Nous sommes nous-mêmes actuellement vêtus de grosses chaussettes de nylon sous une chaleur de 30°, espérant transpirer le plus possible afin d’imprégner nos chaussettes des volutes de nos odeurs pédestres.

Pourquoi chaussette-t-on?

Je vous explique notre nouvelle lubie scientifique: nous collectons des odeurs humaines et bovines sur 24h. Demain nous observerons le choix des moustiques entre ces deux odeurs subtiles. Nous souhaitons ainsi vérifier si les moustiques infectés sont davantage attirés par les humains. Pour rappel, la malaria “manipule” le moustique afin d’augmenter sa propre transmission et pour survivre elle a besoin d’être transmise à l’Homme. Comme la moitié de nos moustiques sont infectés, vous comprendrez que nous leur offrons des chaussettes plutôt que nos bras.

Je vous expliquerai cette expérience en long et en large une fois passé le rush, promis!

Mais je me rends compte que je ne vous ai pas présenté nos petits amis à six pattes… Laissez-moi réparer mon erreur…

C’est qui le moustique de la malaria ?

La malaria est une maladie transmise par un moustique qu’on appelle anophèle. Ce n’est pas le même qui transmet le zika, la dengue ou le chikungunia, celui-là, s’appelle aedes.

Espèce d’anophèle !

Imaginons un clan (en biologie on appelle ça un genre). Dans le clan anophèle, il y a beaucoup d’individus possédant chacun des caractères un peu différents… Il y a stephensis, arabiensis, funestus… certains sont généralistes, c’est à dire qu’ils n’ont pas vraiment d’idées arrêtées, ils piquent autant les humains que les animaux, selon ce qui est à disposition. D’autres sont zoophiles (ils préfèrent piquer d’autres animaux que nous). En revanche, le célèbre anophèle gambiae préfère largement le sang des humains.

A Neuchâtel, nous travaillons (principalement) avec des moustiques gambiae. Comme ils ont un penchant pour notre espèce, ce sont les principaux vecteurs de la malaria (humaine). Alors on a envie de bien les connaître.

En Tanzanie par contre, nous sommes venu observer le comportement d’anophèles arabiensis. Un moustique dit opportuniste (généraliste).  On se demande si la malaria le manipule en augmentant son attraction pour les humains plutôt que les animaux… C’est ce que nous allons expérimenter demain..

Mais ? Pourquoi tu piques ?

Les moustiques se nourrissent de sucre. Pas le nôtre, celui des fruits, des fleurs, etc.

Alors pourquoi s’évertuent-ils à nous piquer, me direz vous ?

Et bien, ce sont uniquement les femelles qui piquent. Mais attention, pas de remarques désobligeantes ni de sous-entendu moqueur, c’est pour la reproduction que ces dames prennent tous les risques (se faire écraser, insulter, détester, piéger…)…

En laboratoire nous travaillons donc principalement avec des femelles. Les mâles sont en général écartés et congelés, pour une mort douce.

Là aussi, pas de crispation, je rappelle qu’il s’agit de moustiques.

Comment observer le sexe d’un moustique ?

C’est assez simple de trier les moustiques en fonction de leur sexe. Le mâle se distingue par un vol un peu plus lourd, un bruit plus aigu et surtout… on le reconnaît parce qu’il est plus poilu des antennes..

Je n’ai rien dit…

Bien à vous, vos parasitaires à l’eau de rose

 

 

Une longue journée tanzanienne

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Mambo !

Bonjour du pays où parfois une journée peut paraître un mois

Laissez moi vous raconter une journée quelque peu surprenante.

Tout d’abord, il faut savoir que pour infecter nos moustiques, il nous faut trouver des enfants porteurs des « œufs » de malaria. Soit des enfants qui étaient malades, ne le sont plus, mais possèdent encore le parasite au stade dit « gamétocytes » (les fameux œufs) dans le sang. Pourquoi des enfants me direz vous ? Et bien, leur système immunitaire étant moins performant, ils sont porteurs d’une plus grande quantité d’œufs.

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Comment cela se passe ?

Un travailleur social tanzanien se rend au préalable dans le village. Une grande réunion (palabre) se tient et sont présents le chef du village, les enseignants, les parents et les enfants. Notre démarche est expliquée. Ces rencontres durent en général plusieurs heures et de nombreuses questions fusent. C’est l’occasion de réexpliquer ce qu’est la malaria et faire de la prévention.

Ensuite un rendez-vous est convenu et notre équipe renforcée de collègues tanzaniens vient screener les enfants qui acceptent de participer à l’étude.

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Les enfants qui sont atteints de la malaria sont traités et ceux qui sont porteurs des œufs sont emmenés au laboratoire, accompagnés de leurs parents. Nous leur faisons une prise de sang (3ml), les soignons pour la malaria et nous les raccompagnons dans leur village. Avec ce sang prélevé nous infectons nos moustiques. Cela mériterait un article à lui tout seul et nous y reviendrons.

Bref, ce matin, nous avons un enfant à chercher dans un village. Lorenz se prépare pour cette expédition.

Rendez-vous à 7h avec le chauffeur. Hélas, la voiture ne possède plus d’essence. Il faut attendre une heure que l’administratrice arrive, signe une autorisation pour faire le plein et c’est parti. Comme elle arrive en retard, c’est à 9h que notre équipe aborde le long chemin qui les mènera dans l’arrière pays. Après une petite halte pour acheter des jus pour les enfants c’est deux heures de courageuse route, chaotique et parsemée de trous qui attend notre équipe. Les paysages sont à couper le souffle.

Les heures passent…

Soudain, un téléphone. Nous entendons la voix lointaine et grésillante de Lorenz qui évoque un problème de vaches et de policiers. Soyez patient, nous ne rentrerons pas tout de suite nous dit-il. Nous n’en savons pas plus. La petite aiguille de l’horloge parcourt encore inlassablement le cadran à plusieurs reprises avant que notre téléphone sonne à nouveau. Problème résolu nous assure-t-il, mais l’enfant a disparu. Nous le cherchons, je vous rappelle.

Le temps s’écoule. Nous sommes prêts, pipette à la main, curieux de connaitre le fin mot de ces enchainements d’événements.

Enfin, vers la fin de la journée cette même voix, un peu plus fatiguée, nous dit rentrer. Bredouille. Vous pouvez jeter les moustiques. Pas d’infection aujourd’hui.

Que s’est-il passé ?

Et bien en arrivant dans le village, l’émotion était à son comble nous racontera plus tard notre fourbu collègue. Des Masaïs voulaient passer avec leur troupeau de vaches, mais les villageois se sont opposés. Ils possèdent des champs de maïs qu’ils ne souhaitent pas partager avec les bovins. La tension est montée, les Masaïs étant armés de couteaux la peur a gagné le village et une intervention de la police et de l’armée a été requise.

C’est donc au milieu de ce chaos que Lorenz et Ali (le chauffeur) sont arrivés. Quelques Masaïs sont arrêtés et les autres devront poursuivre un autre chemin.

Enfin la foule se disperse, Lorenz et Ali arrivent dans la sommaire maison en terre où habite l’enfant. Malgré le travail explicatif préalable, l’enfant prend peur. Nous allons le vider de son sang pense-t-il. Fort de cette crainte, c’est donc légitimement qu’il s’enfuit. Son père, qui est le chef du village, le cherche pendant que Lorenz et Ali cachent la voiture pour ne plus l’effrayer. L’enfant est retrouvé, rassuré, la situation lui est expliquée. Sur le chemin du retour, cependant, âgé de ses 12 ans, il grimpe sur une moto et s’enfuit à nouveau.

Bref, face à une telle peur nous ne pouvons qu’abdiquer. Les médicaments sont laissés aux parents qui le soigneront à son retour et notre équipe reprend sa longue route.

Enfin, sur le chemin du retour, Ali négocie du charbon qu’il souhaite ramener du village. Trop cher à son goût, il parcourt chaque point de vente et négocie. Ils rentreront finalement bredouille en charbon également.

De cette longue journée votre brave parasitaire rentre harassé. Il retrouve une équipe écorchée, puisqu’entre temps Lagonelle s’est vue couper la route par un picki picki (une moto) ayant la subite envie de rentrer sur la route alors qu’elle passait. Coup de frein, sable sur du bitume, une moto qui glisse et s’affaisse, une foule de tanzaniens qui se presse.

Pour ne pas être en reste, la jambe de Kevin, quand à elle, a goûté du pot d’échappement, lorsque les fourbes chemins de sable ont souhaité le faire choir.

C’est donc en pansement, cheveux hirsutes, poussiéreux et taciturnes que les retrouvailles s’opèrent.

Il est des jours ainsi. Mais assurément le métier de scientifique n’est pas forcément de tout repos…

Bien à vous, vos petits morceaux de parasitaires.

 

Des moustiques peints en rose pour étudier la malaria

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Mambo!

Bonjour de ce pays où nos larves de moustiques déploient leurs ailes et se transforment en adultes…

J’ai le très grand plaisir de mettre en lien un film qui a été tourné à l’Université de Neuchâtel dans le laboratoire de l’éminent professeur Jacob Koella où j’effectue une partie de mon master. Vous pourrez y découvrir une des expériences que j’ai réalisées dans le cadre de mes études.

Ce film explique pourquoi j’ai eu l’étrange lubie de colorer des moustiques en rose et il vous racontera qu’il existe de très simples pièges à moustiques.

D’ailleurs, je vous en donne la recette:

Dans une bouteille en pet, mélangez de la levure, de l’eau et du sucre qui par fermentation créeront du CO2 (un attractif). Portez une chaussette pendant 48 heures sans vous laver, ajoutez-la au piège et vous avez là un cocktail parfait pour leurrer les moustiques. Ces pièges ont ceci d’intéressant qu’ils sont très facilement réalisables par les populations locales, à très faible coût. Je tiens à préciser que je n’en suis pas l’inventrice.

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Et donc?

Pour rappel, les moustiques infectés au stade contagieux sont manipulés par la malaria. Le parasite rend nos petits insectes plus motivés à piquer.

J’ai donc réalisé une première expérience qui vise à vérifier si les pièges sont plus efficaces sur ces petits êtres au taquet.

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Les analyses sont encore en cours, il vous faudra un peu de patience pour en connaitre les résultats.

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La deuxième expérience (celle que vous pourrez découvrir dans ce film) cherche à vérifier le choix du moustique infecté entre un piège et un humain sous une moustiquaire imprégnée d’insecticides…

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Une petite précision, vous serez surpris de me voir offrir mon bras en pitance à des moustiques infectés. Sachez que ces petites bêtes étaient infectés avec la malaria du rongeur. D’ailleurs, merci à Kevin qui a également offert son bras pour l’expérience.

A propos de remerciements, un immense merci à Carine Roth qui est à l’origine de ce film, de l’initiative au concept en passant par les images. Merci de ta folle amitié.

Un immense merci également à Anne-Claire Adet et Lorraine Hauenstein pour ces innombrables heures passées au montage. Hommage à leur talent.

Enfin, merci au journal Le Temps d’offrir ces espaces pour que nous puissions vous raconter qu’il est capital de poursuivre les efforts de lutte contre la malaria. J’ajouterais qu’il est capital de mener des recherches à l’encontre des maladies tropicales en générale et des maladies négligées en particulier…

  • Noma
  • Ebola
  • Leishmaniose
  • Dengue
  • Maladie de chagas
  • Trypanosomiase africaine (maladie du sommeil)
  • Rage
  • Lèpre
  • Filariose lymphatique (éléphantiasis)
  • Bilharziose
  • Vers de Guinée
  • Taeniase
  • Pian
  • Ulcère de Buruli
  • Echinococcose
  • Trachome
  • Onchocercose
  • Trematodose alimentaire
  • Géohelminthiase

Bien à vous, votre parasitaire sacrément bien entourée.

 

 

semi field system…

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Mambo!

Bonjour de ce pays où commence le jeûn du ramadan…

Le travail du scientifique, c’est un peu comme une enquête. Où en sommes nous ? Qu’est-ce qui a déjà été exploré, vérifié, quel est l’état de nos connaissances actuelles?

On réfléchit au sens que les découvertes de nos collègues apportent, à ce que cela implique et hop, on prend notre bâton de pèlerin pour partir sur de nouvelles pistes inexplorées.

Pour réaliser ces enquêtes, pas de rapports de police, mais des articles scientifiques. Ainsi, une bonne partie de notre travail consiste à lire les ouvrages de nos contemporains afin de baser nos hypothèses de recherche sur des faits préalablement observés. Une sorte de travail collectif à l’échelle mondiale, quoi.

Parmi ces passionnantes lectures, vous pourriez par exemple parcourir des articles parlant de semi-fields experiment.

Mais qu’est-ce donc ? Vous trépignez d’impatience de le savoir, n’est-ce pas ? On y vient !

Parce que devinez quoi… ici, au Ifakara Health Institute de Bagamoyo, il y a une énorme infrastructure d’expérience de semi terrain (semi field system)…

C’est donc avec enthousiasme que je vous présente ces incroyables méthodes de recherche.

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Il s’agit de répliques de maisons à grandeur réelle, enfermées dans un large espace clos comme vous pouvez le voir sur ces photos.

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Les scientifiques peuvent y observer le comportement de moustiques dans des conditions quasi réelles sans pour autant disperser ces petits êtres que nous ne souhaitons pas répandre.

Ces maisons sont composées d’ingénieux systèmes de pièges qui permettent aux moustiques d’entrer, mais d’être capturés lorsqu’ils tentent d’en ressortir.

 

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Ainsi, vous pouvez connaître les allées et venues de ces petits êtres, sans vous munir de télescopes high tech, de satellites ultra sophistiqués, ou de vous cacher dans les buissons en tenue de camouflage olfactive (je précise que ces techniques, à ma connaissance, n’existent pas).

Ces hôtels expérimentaux vous permettent de vérifier l’efficacité d’un insecticide par exemple, ou d’un piège. Vous laissez dormir un valeureux candidat dans une de ces maisons, relâchez des moustiques à l’extérieur (non infectés je précise) et au petit matin vous les récoltez.

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Cela vous permet de mesurer le nombre de moustiques qui sont entrés dans la maison, le nombre de ceux qui ont tenté d’en ressortir et aussi la quantité de moustiques qui se sont repus sur notre brave victime humaine (un moustique qui a piqué se reconnaît à son gros ventre rouge).

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Par exemple, à Bagamoyo ils récupèrent de vieilles moustiquaires imprégnées d’insecticides et vérifient si elles sont encore efficaces après quelques années d’utilisation. Si vos petits êtres ailés se précipitent dans les maisons, vous pouvez estimer qu’elles ne sont plus répulsives. Si ces mêmes protagonistes ne meurent pas après avoir été en contact avec la moustiquaire, alors vous en concluez que l’insecticide n’est plus efficace. Cela vous indique après combien de temps il faut renouveler un type de moustiquaire.

Vous pouvez aussi mettre un insecticide dans la maison, déposer un piège devant la porte, relâcher une quantité définie de moustiques, et ainsi mesurer si la combinaison de la répulsion des insecticides et de l’attraction du piège est efficace. Comme le nombre de moustiques est maîtrisé, vous connaissez le pourcentage exact de moustiques pris au piège…

Bref, il s’agit là de superbes manières de mesurer l’efficacité d’une stratégie de lutte contre la maladie.

C’est un peu comme travailler le diamant pour un joaillier, saupoudrer de la truffe blanche pour un cuisinier, construire une fromagerie ambulante pour une bergère nomade.

A propos de comparaison, j’ai reçu sur ce blog un gentil commentaire du professeur Lengeler.

Pour les non initiés du club des bêbêtes à petites ailes, ce nom ne vous évoquera probablement rien, mais croyez moi, pour une étudiante en parasitologie, recevoir un commentaire positif de ce monsieur, c’est comme entendre Jessy James vous dire « joli colt », Abdullah Ibrahim «  ça sonne bien », Sean Penn « pas mal ton jeu », Kessel « tu tiens bien l’alcool », Clooney « séduisant cet arôme », Agatha Christie « prenante ton intrigue »…

Je vous le confie, il n’y a pas d’âge pour ressentir ce léger vertige quand les grands de la cour vous font un clin d’œil.

Bien à vous, votre graine de parasitaire.

Zanzibar

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Mambo !

Bonjour de ce pays où Freddie Mercury a vu le jour.

Le travail s’est accumulé, jour après jour, sans relâche, sans congé. Les petites usures aussi. La rencontre avec un autre pays, une autre culture, a quelque chose d’intense, de déstabilisant et de merveilleux…

Traverser des petites luttes quotidiennes pour une place, une rencontre ; se rappeler son essence malgré l’absence de repères, être flexible pour ne pas heurter tout en sachant rester fidèle à soi, ressentir de la solitude parfois, les amis qui manquent, partager sa vie avec des collègues, sympathiques mais issus d’un monde différent. Travailler, vivre ensemble dans un quotidien rythmé de bonnes surprises et de déboires. S’adapter, partout, tout le temps, à l’Afrique, aux coutumes locales, à la cohabitation. Sans cesse se demander ce qu’il est juste de faire et ce qui ne l’est pas.

Se vouloir biologiste, apprendre un métier sur le tard, parfois douter, chercher le meilleur chemin, vouloir parfaire son savoir, se confronter aux limites de ce que l’on veut/peut bien nous enseigner, parfois manquer de soutien, parfois s’étonner qu’il vienne d’où l’on ne l’attendait pas.

Bref, votre parasitaire un brin éprouvée a ressenti le besoin du grand large.

Partir, rencontrer ce pays, voyager seule comme pour se retrouver un peu.

Cet îlot, ce sursis, c’est à Zanzibar qu’elle l’a trouvé. Le temps d’un week-end.

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On l’avait prévenue, Zanzibar, c’est beaucoup de touristes et de rabatteurs de rue. Ce n’est pas complètement faux, mais Stone Town (ville principale de Zanzibar) c’est aussi quelques relents d’Italie avec ses ruelles étroites et ses vespas, la douceur des soirs en terrasse, les sourires et les salutations des vieux zanzibarites qui sans le savoir réparent quelque chose en vous. Enfin, Stone Town, c’est un contraste saisissant entre le bleu turquoise de l’océan et de somptueuses bâtisses usées qui témoignent d’un passé complexe.

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Ici, on peut sortir le soir, flâner dans les rues, traîner sur la plage à regarder le coucher de soleil, chose qui n’est pas recommandée à Bagamoyo.

Votre parasitaire en vadrouille se rappelle alors le luxe de la douceur des rues le soir.

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Sur cette île, à coup d’ingénieux réaménagements environnementaux et d’intenses méthodes de lutte contre le vecteur et le parasite, (emploi de moustiquaires, prévention, diagnostique, emploi d’insecticides) la malaria a été drastiquement réduite. Zanzibar est citée en exemple dans le monde de la recherche.

Un week-end c’est drôlement court, je ne vais pas pouvoir épiloguer. J’ai ramené de ce périple quelques photos qui ne racontent malheureusement pas l’odeur des ruelles et des épices, la moiteur du climat, ni le doux chaos auditif.

Je ne peux que vous recommander de rencontrer ce petit coin d’Afrique, cependant évitez la période des vacances, le tourisme dénature fortement la magie de cette île.

Bien à vous, votre parasitaire ressourcée.

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Virement de bord

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Mambo !

Bonjour de ce pays où l’on s’entend dire “akuna matata” (oui, c’est du swahili!).

J’ai le plaisir de recevoir un commentaire de (monsieur/madame)? Angipet que je remercie chaleureusement… Commentaire que vous pouvez lire sur ce blog (à droite).

Allez, comme je ne connais ni la nature ni le prénom de cet ange des animaux, je me permets d’employer ce qualificatif pour répondre. Cela tombe bien, il paraît que les anges n’ont pas d’appartenance. Je vous propose donc de flirter dans le mélange des genres…

Moustiques d’appartement

Apparemment angipet.com est un site proposant de trouver la perle rare pour garder vos animaux de compagnie. Je ne résiste pas à l’envie de m’offusquer. Comment donc, les moustiques seraient-ils victimes de ségrégation ? N’y aurait-t-il personne pour garder mes tendres petits culicidés durant mes week-ends ?

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Une affaire qui sombre

Vous savez, les moustiques sont des êtres sensibles et capricieux. Tant et si bien que les nôtres ont décidé de faire grève. Non, nous ne grandirons pas dans vos petits puits d’eau, nous ont-ils asséné à coup de suicide collectif. Nous déplorons de nombreux morts. Notre expérience tombe à l’eau.

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Une pirouette

Ha, mais ne nous croyez pas morfondus et empêtrés dans le désespoir, vos parasitaires assermentés sont pleins de ressources. Cette expérience ne fonctionne pas ? Soit. Qu’avons -nous dans notre poche ? Ha ben tiens, justement une expérience à laquelle nous avions dû renoncer, faute de temps et de place.

Un mail plus tard, nous avons la réponse de notre professeur. Oui, nous avons encore suffisamment de sous pour continuer notre délire d’éleveurs d’invertébrés à six pattes. Car sachez que le moustique se monnaye. Si, si, 1 franc pièce. Mais je vous décourage de vous lancer dans le commerce, ces petits êtres demandent d’importantes ressources humaines et économiques pour grandir.

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Une confidence

Haaa, mais c’est que vous ne connaissez toujours pas le but de ces expériences ?

Bon. Je m’adresse en toute confidentialité à l’ange des animaux pour expliquer que nous cherchons à comprendre l’influence des conditions de vie sur la manipulation de nos potes les moustiques.

Au risque de me répéter, les moustiques sont manipulés par la malaria, (lire le post du 28 avril), ce qui augmente la transmission de la maladie. Nous voulions savoir si ils sont manipulés différemment lorsque leur maman était infectée quand elle les portait.

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Cette expérience étant compromise, nous allons explorer si la condition alimentaire modifie la manière dont ces petits êtres ailés sont manipulés. Pour cela, nous affamerons une moitié de nos larves et nourrirons avec opulence l’autre moitié. Oui, brave ange des animaux, j’ai bien conscience que cela confirme notre ambivalant rapport amour-haine face à ces petites bêtes qui piquent.

Un moustique genré

Enfin, nous allons travailler avec A. arabiensis un moustique d’ordinaire porté autant sur la piqûre des animaux que celle des humains. Nous voulons vérifier si, lorsqu’il est infecté par la malaria il va soudainement se ruer sur les humains parce que le parasite augmenterait sa préférence.

Un cap

Je devine notre ange animalier qui s’interroge : oui, mais à quoi bon ?

Malgré tous les efforts fournis par l’Homme, la malaria persiste à exister. Comme nous, le parasite utilise des stratégies pour assurer sa pérennité. Par exemple, il développe des résistances aux médicaments. La manipulation de son hôte est également un moyen de contrôle sur sa destinée.

Il est important de comprendre l’influence du parasite sur le comportement du moustique tout comme de connaître les facteurs qui modifient l’intensité de cette manipulation (infection de la mère, accès à la nourriture). Cela permet d’affiner et de réadapter nos méthodes de lutte. C’est essentiel pour rester en tête de course dans cette guerre contre le parasite.

Un grand merci à angipet pour son intervention et n’hésitez pas, les commentaires, remarques, questions sont les bienvenus…

Et promis, je vous parle bientôt un peu plus de la Tanzanie…

Bien à vous, vos parasitaires en plein re-calcul…

l’élevage de moustiques

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Mambo!

Bonjour de ce pays où, ce soir, plusieurs mantes religieuses dévorent leurs amants sur notre table.

Pendant que pour l’expérience “insecticide” nous élevons 9000 larves, à raison de 250 larves par bac…

bacs

En parallèle, nous élevons des moustiques pour la deuxième expérience surnommée “l’effet maternel”. Je brûle d’envie de vous raconter comment on procède…

Vous êtes prêts? C’est parti!

1200 larves

Afin d’être sûrs qu’elles aient exactement les mêmes conditions de vie, nous élevons 1200 larves individuellement. Pour cela nous les plaçons chacune dans un petit puit rempli d’eau et nous les nourrissons pendant une semaine (avec de la nourriture pour poisson, vous savez, celle qu’on achète dans les animaleries).

Puis, les larves deviennent des… NYMPHES… si si! Vous voulez voir à quoi ressemble une nymphe? Attention…

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Tadaaaa!

A ce stade, on les met dans un récipient qui contient un fond d’eau, on les transfert dans des cages et on attend qu’elles deviennent adultes.

cages

600

Là, on écarte les mâles (eh oui, uniquement les femelles nous intéressent, puisqu’elles seules piquent). A ce stade, il nous reste 600 moustiques.

Ensuite, on va dans l’arrière pays (où il y a davantage de cas de malaria) chercher des enfants infectés (oui, des enfants, car leur système immunitaire est faible et cela augmente la chance de transmission du parasite aux moustiques), on leur fait une prise de sang et on les soigne.

500 + 100

Avec ce sang, on infecte 500 moustiques. Les 100 autres moustiques appelés “contrôle” boiront le même sang préalablement chauffé, ce qui a pour vertu de tuer le parasite.

350 + 70

Nous prévoyons que seul 70% des moustiques boivent effectivement le sang. Les autres, fainéants, on les élimine. Il nous reste donc 350 moustiques “exposés à l’infection” et 70 moustiques “contrôle”.

175 + 60

Nous laissons le parasite de la malaria se développer durant 12 jours. En moyenne 50% des moustiques meurent à cause de l’infection. Il devrait nous rester 175 moustiques exposés à l’infection et environ 60 “contrôles” (même sans avoir été infectés certains mourront).

50 + 125 + 60

Enfin, 70% des moustiques ont un bon système immunitaire et ils éliminent le parasite. Finalement, nous devrions avoir une cinquantaine de moustiques réellements infectés.

Nous remettons toute les femelles moustiques en contact avec les mâles pour laisser faire dame nature et nous leur offrons du sang de boeuf pour qu’elles puissent se reproduire.

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Puis chaque femelle est mise individuellement dans un récipient (235 récipients), on les laisse pondre, on garde les oeufs précieusement et chaque maman moustique est analysée à l’aide d’une machine (la pcr) pour vérifier si elles sont infectées.

800 + 800 + 800 = 2400

Nous gardons 800 oeufs issus de femelles infectées, 800 oeufs issus de femelles “contrôles” et 800 oeufs de femelles “exposées au sang infecté mais qui ont réussi à éliminer le parasite”.

Rebelote, nous élevons ces 2400 larves individuellement et nous les infectons.

120+ 120 x 3 = 720

Allez, je ne vous refais pas subir tous les calculs (on enlève les mâles, certaines meurent à cause de l’infection, d’autres sont mal lunées…), bref, à la fin nous prévoyons d’avoir 120 moustiques “exposés” issus de mamans infectées et 120 moustiques “contrôles” issus de mamans infectées, idem pour la progéniture de mamans “exposées” et idem pour la progéniture de mamans “contrôles”. Sachant que parmi les “exposés” seul 30% seront réellement infectés donc au total nous aurons 108 moustiques infectés… Ouf! Qui suit encore?

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Donc, ça y est, 62 jours plus tard (si tout se passe bien) nous aurons l’échantillon de moustiques voulus. La moitié sera colorée en jaune fluo (je vous expliquerai une prochaine fois pourquoi) et enfin nous pourrons faire notre expérience…

mousttikozmalad

Allez hop, par souci de vous garder fidèl(e)s, je m’arrête là aujourd’hui, gardant le suspense à son comble… Mais qu’est-ce donc que cette expérience????

Promis, vous le saurez très vite! En attendant, je vous raconte juste que nos petites larves (qui n’ont pas l’habitude d’être élevées dans des puits) ont un peu trop tendance à mourir, contrairement à celles que l’on élève à Neuchâtel dans les mêmes conditions. Vos parasitaires sont donc inquiets et cherchent à comprendre pourquoi (trop chaud? trop de nourritures?), nous menons donc en parallèle de petites expériences (en élever dans une pièce plus fraîche, diminuer la quantité de nourriture) pour optimiser notre méthode. Enfin sachez que cette expérience, nous allons la faire deux fois, afin d’avoir suffisamment de résultats pour nos analyses statistiques.

Il ne me reste plus qu’à vous remercier d’avoir suivi jusqu’au bout.

Bien à vous, vos parasitaires qui bichonnent leurs moustiques (oui, c’est un comble!).