To boycott or NOT to boycott: une approche opportuniste et réaliste par Elena Debbaut, consultante en entreprise et gestionnaire de crise

To boycott or NOT to boycott: une approche opportuniste et réaliste

Compte tenu de la situation actuelle dans l’est de l’Europe avec une guerre en Ukraine, et les sanctions au niveau international, la question de boycott question commence à revenir de plus souvent pendant les séances stratégiques des entreprises exposées à l’international.

Les questionnements des entreprises et les particuliers ne sont pas liées à un seul pays ou une seule situation particulière.

Ces questions sont même devenus un moyen de réduire les nombreux choix qui actuellement existent en surnombre, et simplifier ainsi le processus décisionnel. En effet, une surabondance de choix possible paralyse le choix d’une solution. Cette paralysie peut être dévastatrice pendant une situation de crise, quand les décisions se doivent d’être rapides et aussi correctes que possible.

Alors, boycotter, ou pas boycotter ?

Faut-il abandonner entièrement les investissements dans un pays ? Une entreprise doit-elle prendre des mesures contre les états ou autres autres structures étatiques basés sur le banditisme et l’irrespect des lois internationales ? Faut-il appliquer des sanctions et abandonner un marché profitable, même si la loi n’oblige pas à prendre ces actions ?

Rester ? Partir ? Attendre ? Rester partiellement ? Brûler les ponts ? Refuser de faire des affaires avec ces pays ou les entreprises basées dans les pays sanctionnées ? Commencer à se méfier au regard de la perte massive de confiance ? Ou au contraire, continuer à faire des affaires et ignorer tout ce qui n’est pas lié à un aspect purement commercial ?

Quel est l’impact financier ? Comment réduire les troubles opérationnels ou logistiques dans ces situations ? Comment adapter ses opérations et la stratégie d’entreprise pour faire face aux nouveaux risques ? Comment une entreprise peut répondre au mieux à ces défis, et suite aux pressions de la société et celles des consommateurs ?

Autant de questions complexes qui peuvent chacun faire l’objet d’une multitude d’autres articles et observations.

Même les consommateurs comme vous et moi se posent ces questions.

To boycott or NOT to boycott: une approche opportuniste et réaliste de bon sens est une bonne solution, et nous allons voir quelques éléments dans les chapitres suivants.

 

L'implémentation opérationnelle de la stratégie d'une entreprise avec Elena Debbaut, Operating Partner Solutions et Consultante en Entreprise dans la gestion de crise

Lire l’article publié sur LeTemps: Elena Debbaut sur la stratégie d’entreprise: un échec annoncé sans la partie opérationnelle.

 

La notion et la décision du boycott

Contrairement à un consommateur privé, une entreprise bénéficie de quelques outils qui lui permettent de prendre une décision rationnelle et éclairée.

Ainsi, une méthode comme PESTLE permet d’analyser le niveau des risques au niveau politique, économique, sociologique, technologique, environnemental et légal. En même temps, ce n’est pas toujours facile de prendre une décision stratégique sur la seule base d’une telle analyse.

En effet, les analyses et les décisions stratégiques ne sont jamais binaires, mais doivent prendre en compte une multitude de nuances. Une décision stratégique reste complexe, mais l’ajout d’une signature propre du dirigeant ou son conseil d’administration permettent de venir avec une solution qui implique aussi le facteur humain et éthique; pas seulement celui purement financier.

Mais en fait, qu’est-ce que c’est le boycott ?

L’action de boycotter consiste, selon la définition du dictionnaire, dans la “cessation volontaire de toute relation avec un individu, un groupe, un pays et refus des biens qu’il met en circulation“. Le boycott couvre ainsi la notion d’un “refus collectif et systématique d’acheter ou de vendre les produits ou services“.

Le boycott n’est pas une méthode récente, mais a été appliquée déjà par le passé, comme pour réduire les mouvements esclavagistes à la fin du XVIIIe siècle. La page Wikipédia sur l’historique du boycott présente une liste très intéressante qui prouve que les mœurs peuvent bel et bien changer suite aux pressions envers une entreprise ou groupe de pays.

C’est très coûteux pour une entreprise d’être soumises à une telle décision de boycotter; car elle doit investir beaucoup de ressources juste pour comprendre la situation et les risques. Mais nombreuses entreprises ne possèdent pas ces compétences ou ressources et faire appel à des experts externes est souvent très coûteux, surtout pendant une situation de crise quand ces compétences s’arrachent. Dans un nombre de situations, cette action a même une grande portée stratégique, avec un impact opérationnel important et une perte financière difficile à anticiper sur le long terme.

Cet investissement d’analyse et décisions est intégré par les entrepreneurs et les investisseurs expérimentés dans le cadre du coût pour faire des affaires. En effet, les entreprises sont aujourd’hui forcées à adopter une attitude qui préserve leurs intérêts financiers, leur identité de marque, la stabilité des opérations, et aussi respecter les contraintes stratégiques au niveau politique d’état.

De plus, quand une grande entreprise boycotte ou suspend ses opérations, l’impact financier et médiatique est plus grand que celui des niches couvertes par les structures de type PME, traditionnellement plus petites et qui se trouvent moins souvent sous l’attention des médias et du public. Sur cet aspect, la Suisse et ses 99% de petites entreprises est particulièrement impliquée mais reste protégée.

L’éthique comme base d’action pour le boycott

Dit-on que l’argent n’a pas d’odeur, que le consommateur moyen est tout simplement con, qu’entre bon et con il y a une seule lettre de différence, que les chiens aboient pendant que la caravane passe, que l’histoire se répète, et que le temps fait tout oublier.

Ce sont quelques perles reprises depuis la sagesse populaire, mais qui n’ont absolument rien de négatif.

Au contraire.

La sagesse est distillée à la perfection pour être comprise par le plus grand nombre.

Les entreprises se trouvent aujourd’hui dans une situation peu confortable, même si leur tentation très forte est de laisser passer l’orage et continuer les affaires. Or, l’attentisme n’est pas une bonne approche en situation de crise.

De plus, les entreprises actuelles ne peuvent plus se baser sur cette même stratégie qui offrait d’assez bons résultats par le passé. Il suffit de voir que plus une entreprise a mal agi dans un sens purement moral, plus rapide et important est son succès financier. Mais de nos jours, l’atteinte à la réputation de l’entreprise peut être très importante et surtout, ne plus être oubliée de sitôt.

Pire encore. Face à une situation de guerre, les entreprises ne peuvent pas se cacher derrière une prétendue neutralité. Attendre et se rallier ensuite du côté des “vainqueurs” est une stratégie peu viable au monde actuel où la communication se passe 24/24 et 7/7. Les consommateurs n’hésitent plus à exprimer leurs mésaventures sur Internet ou les réseaux sociaux. Au grand jour. Les consommateurs ont bel et bien compris que par leurs actions, ils peuvent agir sur les entreprises ou les organisations qui agissent de manière peu éthique.

Une entreprise n’agit pas sous le coup d’une émotion, aussi forte soit-elle.

Sans exception, les entreprises ont une autre vision de l’économie et les tragédies humaines. Les entreprises, surtout celles de très grande taille sont des empires d’hypocrisie et mensonges parce que les intérêts en jeu sont plus grands que dans les structures de type PME. Derrière les communications à but marketing qui mettent en avant de très hautes valeurs éthiques, les intérêts économiques priment pour toutes les structures économiques, qu’elles soient à but lucratif ou un prétendu non-profit. Et cela, peu importe leur taille ou leur secteur d’activités.

L’éthique dans une entreprise est une notion qui même à l’Université Stanford est enseignée comme ayant une “dimension” dite variable. D’ailleurs, l’éthique et les affaires ne font pas toujours bon ménage.

Les entreprises sont souvent réticentes quand il s’agit d’adopter une décision éthique. Cette absence de choix au niveau éthique est justifiée parce que les décisions stratégiques et opérationnelles sont basées très souvent sur une analyse purement financière.

De plus, l’éthique en soi n’est pas réglementée par la loi.

En effet, l’éthique est seulement une valeur dont les limites varient fortement. Et pour ne rien arranger, la perception du niveau éthique possède d’autres dimensions que la seule définition dans un dictionnaire. Selon la définition dans un dictionnaire, l’éthique est un “ensemble des conceptions morales de quelqu’un, d’un milieu“, ou “agir selon des valeurs morales” ou encore “qui intègre des critères moraux dans son fonctionnement“. Mais qu’est-ce que qui fait qu’une décision soit éthique ? Quels sont les “valeurs” à intégrer dans une décision éthique ?

Il existe bel et bien des entreprises et personnes éthiques dans le sens idéal du terme, mais il s’agit plutôt d’une exception. La raison est souvent financière. En effet, les entités éthiques sont souvent perdantes financièrement, parce qu’agir en vertu des principes est toujours une action coûteuse. Toujours.

Par exemple, une entreprise ou un consommateur peut choisir un fournisseur qui respecte les lois, plus encore les diverses réglementations comme celles environnementales, soigner aussi sa main d’œuvre et ses conditions de travail, ses autres sous-traitants, et en prime, appliquer une qualité à toute épreuve. Comme conséquence logique, ses prix finaux sont ainsi plus élevés. Un compétiteur peut réduire ces mêmes coûts pas seulement par une optimisation opérationnelle basée sur une compétition saine, mais par la violation des lois, tout simplement. Des bricolages de voyou comme le travail au noir, qualité mensongère, signature des contrats avec les clients en utilisant des méthodes manipulatoires, violation des sanctions entre les états, sociétés écran — ces quelques méthodes à titre d’exemples figurent ainsi parmi les raccourcis de ces catégories d’entreprises.

Un consommateur (et peu importe le marché) pense souvent que l’entreprise agira d’elle-même, et même de manière éthique.

Or, cette perception est incorrecte.

Non seulement la majorité des entreprises sous-estiment les risques stratégiques et opérationnels, mais l’éthique fait partie de l’aspect qui est toujours ignoré, par conception. Ce n’est pas possible de gérer une entreprise avec des notions vagues et contours flous qui peuvent être interprétées selon la perception de chacun. Il ne s’agit même plus de prendre des risques calculés, mais de les ignorer tout simplement.

En soi, cette stratégie d’ignorance est aussi une approche qui peut faire faire gagner beaucoup, mais dans un nombre très réduit de situations. L’absence d’éthique va ensemble avec une prise de risques supérieure à la moyenne. Dans nombreuses situations, la prise de risques s’accompagne d’une violation intentionnelle des lois. Mais assez souvent, et selon les la prise de risques, ces actions peuvent même finir devant un juge pénal, comme ce fut le cas de diverses fondateurs ayant fait les gros titres dans la presse. Le plus connu récemment c’est Theranos. avec dirigeants inculpés en 2018 pour fraude massive, alors que le monde de nombreuses start-up touche assez souvent avec les illégalités de toutes sortes.

 

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Lire l’article publié sur LeTemps: Elena Debbaut sur l’ignorance comme stratégie d’entreprise

 

Puisque une société et des entreprises ne peuvent pas s’auto-réguler ni agir selon des règles de bien séance et décence (encore des notions discutables car très difficiles à définir clairement), alors c’est l’état seul qui peut agir pour définir les bases législatives de ce qui est “éthique” et qui pourrait ainsi être puni en pénal ou civil.

L’individu comme consommateur, lui, n’a aucun pouvoir réel, et encore moins quand sa perception de ce qui est éthique, bon, ou mauvais varient selon sa proche échelle de valeurs. Afin que le boycott individuel présente un quelconque résultat, il faudrait arriver à fédérer un nombre de personnes suffisamment motivées pour suivre les mêmes actions punitives, et selon des critères éthiques similaires. C’est difficile, mais pas impossible. Même à titre individuel, un boycott individuel facilite grandement le choix d’un produit ou un service. Enfin une solution viable au paradoxe du choix par les actions de boycott individuel.

Le boycott des états

Le problèmes des pays de voyous c’est que leur système législatif permet une trop grande liberté d’action. Comme conséquence à ce cadre flou et sans règles, seule une certaine typologie d’entrepreneurs arrivent à avoir du succès avec leurs entreprises. Le capitalisme en style gangster, dans sa forme la plus primaire. Tout pour soi-même, et rien pour les autres, et encore moins pour la société. L’éthique n’existe même pas comme notion.

Dans ces typologies de pays, pays, les investisseurs qui y arrivent depuis l’étranger en sont bien conscients.

Ainsi, quand une entreprise fait des affaires avec des gangsters ou dans un tel système de voyou, les gains peuvent être très rapides et de grande importance. Le problème apparaît quand le gangster ou l’état voyou change les règles de son propre chef.

L’argent sale a une odeur de poubelles, et même une très grande visibilité.

Par exemple, il suffit de voir que suite à des sanctions envers les oligarques russes, les yachts et les jets avec les diverses félines assorties à ces objets de luxe ont été immédiatement “gelés” comme sanction financière immédiate. C’est très nouveau comme réaction de la part des états: un morceau d’éthique étalé au grand jour. D’ailleurs, ces actions figurent toujours dans les gros titres de la presse. En effet, le malheur des riches fait toujours le bonheur, ce n’est pas quelque chose de nouveau dans les sociétés vivantes. Les fins heureuses sont tout aussi souhaitables par tout humain de l’espèce sapiens.

De nos jours, le boycott n’est plus le seul apanage des consommateurs révoltés suite aux pratiques de voyou dans certaines entreprises ou organisations. Même les états et les présidents commencent à émettre des appels au boycott à l’égard des entreprises et des états. Après l’activisme des collaborateurs sur diverses causes sociales, voici maintenant l’activisme d’état et boycott qui porte le nom de géopolitique.

Les parents essayent de corriger les comportement de leurs enfants jusqu’à leur majorité, les juges aspirent à améliorer les comportement criminels des adultes, et les sanctions économiques tentent de sanctionner les comportements de certains états.

Pour paraphraser les communications officielles désormais tristement célèbres, les sanctions économiques sont seulement des opérations économiques spéciales. En pratique, il s’agit d’une action de boycott, mais lancée par un état à l’égard d’un autre, et selon le même mécanisme qu’un consommateur le fait avec ses achats personnels.

La réticence à boycotter

Tout consommateur qui a eu des envies à boycotter une ou plusieurs entreprises a été confronté à une absence de choix viables pour remplacer les services ou les produits.

Il en va de même pour les états et les entreprises.

Dans ce type de situations, le sujet “éthique” revient encore plus fortement.

Quand l’heure est grave, ni les états, et encore moins les entreprises ne peuvent plus rester silencieuses.

Depuis quelque temps déjà, et surtout avec le développement du réseau Internet, les entreprises sont scrutées de tous parts. Les états aussi. Les politiciens encore plus, et pour justes raisons liée à la renommée de cette profession. Les scandales ne manquent pas, les lanceurs d’alerte (“whistleblowers“) aidant grandement à l’accomplissement de cette périlleuse tâche. Tout ce beau monde se trouve comme dans un aquarium, et chacune de leurs actions et procédures commerciales est analysée et critiquée.

D’ailleurs, dans le récent boycott des affaires avec la Russie, une équipe d’experts à l’Université de Yale tient à jour une liste des entreprises classées selon le degré du respect des engagements. Voici le lien avec les 750 grandes entreprises ayant investi en Russie: https://som.yale.edu/story/2022/over-750-companies-have-curtailed-operations-russia-some-remain. L’information est donc très facilement accessible. Vous constaterez qu’au stade actuel, seules les entreprises du top Fortune 500 font l’objet d’une attention particulière.

Quand une entreprise ou un état prend (presque toujours à contrecœur) une décision de boycott, alors le calcul se limite d’abord au coût subi. Le plan de continuité suit après ce type de décision stratégique.

 

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La réflexion première en termes de coûts est très saine.

Ainsi, le résultat de cette réflexion stratégique est que le coût de ne pas boycotter est presque toujours plus grand que l’action de le faire.

Quand la proportion du chiffre d’affaires d’une entreprise dans une région géographique se situe dans les 2% à 3% alors le choix est plus aisé vers l’action de boycotter. C’est même proactif et presque immédiat. Le choix d’une entreprise exposée est alors très rapide: perdre 2-3% de son chiffre d’affaires, ou perdre les 60% au minimum dans les pays à fort pouvoir d’achat, avec en prime, une perte de crédibilité et confiance sur le long terme.

La tentation des profits faciles se compliquent un peu quand le pourcentage du chiffre d’affaires dans une région va vers 12 à 30% ou quand il y a eu des investissements importants. Mais là aussi, le risque de “perdre” plusieurs parts de marchés dans d’autres régions et suite aux boycotts individuels est plus grand que le risque de ne rien faire. Les consommateurs gagnent quand ils font des pressions. Les entreprises choisissent de perdre un peu plus sur le moment, que perdre beaucoup ou tout pour le long terme.

Les choses se compliquent pour les entreprises qui ont consenti à des investissements importants, comme la construction des usines. Certes, les tarifs locaux des produits fabriqués localement sont plus importants afin d’amortir au plus vite ses investissements et compenser les risques d’externalisation, mais cela n’empêche pas que nombreuses entreprises de production vont être perdantes sur toutes les limites temporelles. C’est d’ailleurs la raison principale des actions dites de “suspension temporaire” ou en d’autres mots plus crus, avoir le cul dans deux bateaux. Les prétendues excuses à but purement marketing présentées par ces entreprise, comme la sauvegarde des emplois, ne manquent pas de cynisme et pour certaines sont carrément méprisantes envers l’intelligence de leurs clients. Surtout quand les mêmes entreprises sont reconnues pour avoir licencié en masse.

Les conseils d’administration et la direction des entreprises sont toujours très agités pendant une situation de crise. C’est une agitation bien productive, contrairement à la gestion usuelle des opérations courantes. En situation de crise, les risques sont même analysés et évalués correctement. Les plans de redressement sont appliqués presque à la lettre, chose qui est très rare dans le monde des entreprises. Une fois sorties depuis une situation de crise, les entreprises ont appris la leçon, et choisissent ensuite de s’assurer de manière proactive contre les risques le plus improbables, alors que la gestion de ces risques doit figurer dans toute stratégie.

Une règle très connue dans le secteur du conseil et redressement stratégique, opérationnel et financier pendant une situation de crise (turnaround) révèle qu’il faut toujours sur-corriger, quitte à faire trop et trop vite. Ni les entreprises ni les états ne doivent pas faire exception à cette règle.

Faut-il boycotter, en vertu d’un choix éthique, même si la loi n’oblige pas à prendre ce type de mesures ?

Oui, et selon le contexte particulier du consommateur, de l’entreprise, ou de l’état en question.

Les justifications rationnelles sont multiples. La stabilisation des opérations courantes ou les produits ou services de remplacement se trouvent déjà sur le marché ou peuvent être crées par des nouvelles entreprises. Les prix supplémentaires qui sont payés dans ce cadre s’oublie aussi. Mais l’atteinte à la réputation et les pertes financières qui peuvent suivre ne doivent pas être négligés. Quand aux consommateurs finaux, ceux-ci font dorénavant leurs achats auprès des entreprises qui respectent certains critères environnementaux, sociales et de gouvernance éthique (ESG).

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Lire plus: Elena Debbaut sur l’activisme sociétal et politique en entreprise

 

En même temps, un boycott devrait idéalement être confirmé régulièrement. Rien n’est définitif, et encore moins dans le monde des affaires, donc l’organisation ou la région ciblée par le boycott peut retrouver le droit chemin et retrouver sa juste place. Par exemple, la situation de l’Afrique du Sud qui a subi par le passé des boycotts suite à son régime basé sur l’apartheid.

Loin d’une approche opportuniste, ou parce que les autres le font, les analyses financières sont également en faveur des actions de boycott. Sans mentionner le bonus de la perception positive par rapport à l’éthique.

Albert Camus avait écrit “un homme sans éthique est une bête sauvage lâchée sur ce monde“. Et si on applique cette pensée au monde des entreprises aussi ? Et avec le temps, et les actions individuelles de chacun, peut-être que nous allons arriver à construire ensemble une société humaine plus juste, et qui fait correctement les “bonnes” choses. Idéaliste ? Peut-être, mais oh, combien réaliste.

Finalement, le boycott c’est toute une affaire, et un choix pas si individuel limité à un consommateur, une entreprise ou un état. Ce choix a un impact sur l’ensemble de l’humanité.

 

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Les groupes de travail Task Force sont encore plus bénéfiques pendant les situations de crise. Voici le rôle d'une équipe Task Force pour la reprise des activités et projets en difficulté. Une publication de Elena Debbaut, consultante en entreprise.

Le rôle d’une équipe Task Force pour la reprise des activités et projets en difficulté

Pour la majorité d’entreprises, l’approche traditionnelle dans la gestion de crise consiste à faire venir une équipe externe de consultants spécialisés dans le redressement des projets et entreprises en difficultés, créer une Task Force subordonnée à la direction, et envoyer quelques communiqués à la presse afin de justifier les licenciements en masse.

Ces concepts et méthodes sont moyennent efficaces, et encore plus quand la direction est plus occupée à couvrir ses arrières tout en tentant maladroitement de mettre la faute sur des causes externes et ignore ses propres manquements.

Dans ces conditions, la gestion de crise a toutes les chances d’échouer. Les causes sont multiples. Une des raisons à ce échec est l’absence de décisions audacieuses appuyées par la direction ou le conseil d’administration, ainsi que le manque de compréhension du fonctionnement des structures opérationnelles pendant une gestion de crise.

Cette courte publication fait partie d’une série consacrée à la gestion de crise. Son contenu est un résumé à partir de plusieurs articles académiques que j’ai publiés dans le passé pour le compte des cabinet de conseils en entreprise. La liste partielle de mes publications originales sur ce sujet se trouve en fin de cet article.

Cadre général du groupe de travail de type Task Force

Les groupes de travail de type Task Force peuvent être crées pour satisfaire diverses stratégies d’entreprise, mais sont encore plus bénéfiques pendant les situations comme le redressement opérationnel et la restructuration d’entreprise. Les sections suivantes décrivent quelques démarches pratiques sur la Task Force, et que j’utilise depuis près de 30 ans pour améliorer la gestion pendant les situations critiques pour l’entreprise.

La dimension structurelle sera le point principal lors de la discussion ci-après sur les principaux aspects opérationnels d’une Task Force.

À la fin de ce court article, vous aurez une compréhension plus structurée sur la manière la plus efficace permettant de constituer et travailler avec une Task Force. Cet article résume en quelques paragraphes les aspects suivants :

1 – La gouvernance de la Task Force
2 – Le calendrier de la Task Force
3 – Les activités de la Task Force
4 – La localisation opérationnelle de la Task Force
5 – La gestion financière et opérationnelle de la Task Force

Généralement, une Task Force possède un large éventail de compétences technologiques, managériales et entrepreneuriales variées et pratiques, ainsi qu’une approche transversale et multidisciplinaire qui a fait ses preuves.

1 – La gouvernance de la Task Force

La structure générale de gouvernance clarifie non seulement les rôles, les responsabilités et le résultat global de l’entreprise.

Une implémentation pragmatique de la gouvernance pour la Task Force au début d’un mandat de rétablissement permettra de faire le lien entre la stratégie générale et les efforts opérationnels permettant le rétablissement des opérations courantes (“run the business“). En procédant de cette manière, le succès d’une telle mission se confirme après seulement quelques mois.

En revanche, les programmes dotés d’une structure de gouvernance plus sophistiquée prennent en compte plusieurs facteurs sur l’impact à long terme sur les opérations et la stratégie de l’entreprise.

 

L'implémentation opérationnelle de la stratégie d'une entreprise avec Elena Debbaut, Operating Partner Solutions et Consultante en Entreprise dans la gestion de crise

Lire l’article publié sur LeTemps: Elena Debbaut sur la stratégie d’entreprise: un échec annoncé sans la partie opérationnelle.

 

2 – Le calendrier de la Task Force

Alors que les projets sont soumis à un calendrier bien défini, tous les programmes de gestion de crise et associés aux résultats globaux et financiers de l’entreprise sont souvent soumis à des contraintes de temps chaotiques.

Dans ces conditions, la garantie de la livraison dans les délais d’un produit ou d’un service spécifique est essentielle. Dans ces conditions, la garantie de la livraison dans les délais d’un produit ou d’un service spécifique est essentielle.

Certains obstacles, comme les difficultés liées aux jeux politiques internes, ou encore la nécessité de parvenir à un consensus pour absolument chaque décision risquent de compromettre le calendrier de livraison. Les résultats attendus de la Task Force sont ainsi bloqués par des barrières administratives. Dans ce contexte, une entreprise devrait s’abstenir à appliquer les même méthodes ou habitudes d’un autre temps, et qui ont justement contribué à la crise.

3 – Les activités de la Task Force

Une Task Force typique doit avoir une connaissance approfondie concernant la gestion d’entreprise mais aussi des compétences professionnelles et techniques individuelles et qui peuvent être très rapidement activées en cas de besoin. En effet, les entreprises en difficulté s’attendent à bénéficier d’une approche multidisciplinaire en termes de compétences techniques, managériales et entrepreneuriales.

Lors d’une crise, les membres du groupe de travail devront savoir “comment” et “pourquoi” répondre aux questions opérationnelles sur place, et cela dans les plus brefs délais.

Dans la plupart des cas, sur le plan des activités opérationnelles surtout pendant une gestion de crise, il n’est pas possible de trouver et d’embaucher à brève échéance un employé supplémentaire dont sa mission consisterait en seulement quelques corrections mineures et urgentes. C’est pourquoi, un membre de l’équipe Task Force doit être en mesure de couvrir aussi des tâches opérationnelles peut-être moins glorieuses que celles liées à la gestion stratégique.

 

Le manque de processus dans une entreprise et comment corriger les dysfonctionnements. Une publication par Elena Debbaut, consultante en entreprise

Lire l’article publié sur LeTemps: Voici pourquoi une entreprise a besoin de processus fiables.

 

4 – L’emplacement fonctionnel de la Task Force

Pour un certain nombre de structures à vocation professionnelle, il est possible d’avoir déjà au siège de l’entreprise ou ses unités administratives un PMO (Enterprise Project Management Office) soit un “Bureau de Projets” qui gère le pilotage des processus et activités permettant la livraison des projets.

La grandeur et complexité d’une telle structure PMO peut varier selon des facteurs comme le secteur d’activités, le nombre de collaborateurs, le degré de maturité d’entreprise. En même temps, la mise en place d’une telle structure peut être rapide pendant une situation de crise.

Grâce à cet outil, la Task Force peut ainsi se concentrer sur la constitution et le développement de nouvelles opérations nécessaires pendant la gestion de crise, et éviter ainsi l’échec des projets futurs et le dysfonctionnement dans les opérations courantes de l’ensemble de l’entreprise. Parallèlement à la concrétisation sur le terrain de la stratégie de redressement, une Task Force peut également fournir toute l’assistance pratique requise pour la continuité des opérations et la transformation d’entreprise.

Lorsqu’une Task Force efficace est présente sur place, une entreprise peut gagner un temps considérable en supprimant toutes les formalités inutiles et les jeux politiques interne. En outre, l’entreprise doit éviter d’appliquer “à la carte” les méthodologies habituelles dans la gestion de projet et de programme. Certes, il s’agit de laisser à des tiers le contrôle temporaire et dans un cadre clairement défini, mais pendant une crise il n’y a pas de temps à perdre pour chercher et blâmer les coupables.

5 – La gestion financière et opérationnelle de la Task Force

En règle générale, l’équipe de travail de type Task Force évitera de remplacer l’ensemble de processus existants, ou les pratiques financières, ou les dispositifs de contrôle globales qui existaient avant le déclenchement de la crise.

La Task Force doit immédiatement identifier toutes les relations et les interdépendances entre les projets transversaux du Programme de Gestion de Crise afin d’assurer les corrections essentielles au niveau du calendrier de livraison et les interventions liées au redressement financier.

En conséquence, un facteur important pour le succès de la reprise opérationnelle est la capacité de la Task Force à gérer simultanément les opérations de chaque jour du projet tout en gardant l’attention autant sur le programme global au niveau de l’entreprise que sur sa stratégie globale.

Une Task Force ne doit pas se limiter à seulement applique le principe bien connu de la “gestion par exception” (ad-hoc) mais devra aussi savoir suivre efficacement toutes les opérations sur site, en particulier au niveau du projet ou du programme. En général, la Task Force présente des rapports et recommandations régulières aux dirigeants de l’entreprise ou à la direction générale. Ces comptes-rendus portent principalement sur les changements, les besoins existants et futurs, ainsi que les réponses apportées ou les stratégies à suivre au niveau financier et opérationnel.

 

Elena Debbaut: conseils et quelques méthodes pour réduire les coûts opérationnels dans une entreprise en difficulté

 

Une Task Force agira souvent en marge des processus opérationnels habituels et nécessite une “approche agile” pour stabiliser une crise.Les membres d’une équipe Task Force en situation de crise agissent également de manière préventive sur les déviations possibles et minimisent l’impact négatif, contribuant ainsi à stabiliser les opérations courantes et préparer la transformation. Ses intervenants sont généralement très efficaces lorsque l’entreprise communique sur ses attentes et soutient ce type d’interventions.

Ce qu’il faut retenir sur une équipe de travail Task Force

Certaines entreprises envisagent la mise en place d’une équipe de travail Task Force uniquement lorsque la situation est très critique. Très souvent selon la pratique du terrain, cette décision est prise tardivement, bien qu’une situation de crise ne va pas se résoudre par par elle-même et va même s’empirer.

Il arrive aussi qu’une Task Force soit utilisée pour des projets simples et de petite importance stratégique, alors que ces situations ne nécessitent qu’une meilleure méthodologie et des personnes qualifiées. Par conséquent, une évaluation correcte des besoins globaux de l’entreprise, dans un contexte macro-économique fera la différence entre le succès et l’échec de ces initiatives et programmes de redressement pendant une situation de crise.

En raison de la nature temporaire et hautement agile de cette structure organisationnelle particulière, la Task Force doit bénéficier non seulement du soutien total des cadres supérieurs de direction (le fameux C-level), et le conseil d’administration, mais aussi d’un pouvoir de décision sur le terrain.

L’implémentation et la gestion d’une Task Force est plus complexe et nuancée dans la réalité du terrain, et ce n’est jamais une mince affaire.

 

Conseil entreprise - Elena Debbaut - redressement de projet et entreprises en difficulté

 

Liste partielle des publications de Elena Debbaut dans la série “gestion de crise”

 

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📌 Droits de Réutilisation …

 

Déchiffrez les réalités du terrain, et ce qui se cache derrière les tendances du moment avec Elena Debbaut - conseil restructuration entreprises et projets en difficulté

L’ignorance comme stratégie d’entreprise est une pratique très répandue parce que le but principal de la réussite dans les affaires est de reproduire ce qui fonctionne. - Elena Debbaut dans l'essai d'économie et gestion sur l'ignorance comme stratégie d'entreprise.

L’ignorance comme stratégie d’entreprise

J’ai récemment donné une brève présentation sur les stratégies d’entreprise. Une question surgit dès les premières minutes parmi le public, en majorité des entrepreneurs expérimentés et bien reconnus dans la région. Quelle serait la meilleure stratégie d’entreprise en ce moment ?

La discussion a été vite animée et polarisée, à l’image de la société actuelle. Les idées plus nuancées n’ont pas eu beaucoup de succès, et pour cause, puisque ces approches sont malheureusement vouées à l’échec dans l’économie actuelle.

Les débats se sont résumés à deux grandes lignes d’approches stratégiques. Comme entrepreneur, faudra-t-il continuer à appliquer des principes éthiques, assurer un rôle social, et rester une petite entreprise locale ? Dans cette situation, et pour diverses raisons, il y a un risque réel que la survie ne soit pas assurée sur le moyen ou le long terme. Ou au contraire, prendre plus de risques, devenir une grande entreprise dans un court délai, casser les liens ainsi que le contrat social, et obtenir par tous les moyens un profit qui permettait, littéralement, d’aller faire des culbutes de quelques minutes comme touriste dans l’espace ?

Un entrepreneur est habitué à trouver des solutions en concordance avec ses valeurs. Mais le sentiment d’impuissance et l’état de presque désespoir de certains entrepreneurs était palpable. Un choix éthique: faire vivre son entreprise à tout prix, ou réaliser que les options stratégiques se sont fortement réduits dans le paysage entrepreneurial actuel. L’entrepreneur en Suisse se trouve devant un choix difficile.

 

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Dans le monde des affaires, il existe un grand nombre de modèles stratégiques possibles. Il n’y a pas de recette toute prête, mais force est de constater que de nos jours, certains modèles stratégiques fonctionnement d’une manière diablement efficace, peu importe la taille de l’entreprise, son secteur d’activités, ou sa zone géographique.

 

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Lire l’article publié sur LeTemps: Elena Debbaut sur la stratégie d’entreprise: un échec annoncé sans la partie opérationnelle.

 

La plupart des stratégies actuelles, et présentées sous diverses étiquettes comme ‘agilité‘ ou le ‘blitzscaling sont devenues la seule recette qui peut garantir la réussite de toute entreprise, et cela dans un délai relativement court.

Vous l’avez peut-être constaté par vous-même en lisant dans la presse les scandales à répétition, et qui impliquent presque toujours les grandes entreprises. Et si vous regardez encore plus en détail, ces stratégies sont utilisées par la majorité des entreprises, voire des associations prétendument non-profit, et même par certaines typologies d’individus à tendances asociales comme les sociopathes et les psychopathes.

Toutes ces entreprises, organisations et personnes arrivent à réussir leurs coups avec une précision qui n’est plus le seul résultat de la chance.

La recette de nombreuses réussites actuelles n’a rien de magique et ne sont même pas liées à une bonne implémentation opérationnelle.

Ces stratégies consistent, entre autres, dans une communication marketing mensongère, des informations manipulatrices, des impostures économiques qui passent par des produits ou services minimum viables, des inversions des rôles, des prétendues erreurs ou oublis de communication en toute mauvaise foi, une dialectique éristique, et sans oublier les tactiques d’intimidation dignes d’un scénario de film avec organisations mafieuses.

Mais il y a pire: ces manières de faire des affaires sont données comme ‘exemples à suivre‘ pendant les formations des hautes écoles de commerce, ou par des coach-formateurs spécialisés dans la croissance d’entreprise.

Ces types de stratégies vont même jusqu’à encourager ses concurrents, ses partenaires, ses collaborateurs, et même ses clients, à faire des erreurs. Le tout, en prétendant d’aider. Cela revient à une sorte de hyper-normalisation d’un système dans lequel tout le monde connaît la vérité, la vérité est dite à plusieurs reprises, mais plus personne n’ose encore agir pour faire reconnaître la vérité puisque les représailles sont immédiates et fortes, et puisque après tout … les mensonges c’est presque devenu la nouvelle normalité.

 

Conseil entreprise - Elena Debbaut - redressement de projet et entreprises en difficulté

 

En fait, il ne s’agit de rien de sorcier.

L’idée maîtresse est qu’une entreprise est seulement un système de maximisation du profit pour les actionnaires, et sans aucune responsabilité quant aux méthodes ou les tactiques stratégiques qui sont implémentées.

Ces actions permettent d’avoir un meilleur effet de levier, des économies d’échelle, et surtout, atteindre une taille plus grande en très peu de temps. En majorité, un tel système économique est composé et géré par des personnes capables de ‘jouer‘ avec les concepts éthiques, même pour tester les limites légales quand elles existent encore. Cela conduit de manière innée à des résultats sociopathiques, indépendamment de l’intention initiale purement économique.

Les résultats malheureux comme les scandales à répétition et les crises ne devraient pas être une surprise, étant donné les conditions fondamentales du système. Les stratégies d’entreprise actuelles ne font que s’adapter à un tel système.

Dans le cadre de ces stratégies, une entreprise ou un individu essaye d’augmenter l’ignorance de son concurrent, tout en diminuant la sienne.

Il s’agit de la fameuse théorie des jeux.

Cette théorie appartenant à un domaine des mathématiques s’applique à tous les domaines et consistent à identifier les réactions stratégiques des intervenants. Sauf que les règles du jeu actuel n’est plus à tour de rôle, ni basé sur le respect des règles communes.

Pour diverses raisons, et notamment législatives, le jeu actuel ne peut même plus arriver à un équilibre de Nash. La situation économique actuelle ressemble furieusement à un combat de rue entre plusieurs gangs. La situation économique actuelle n’est même plus un match de boxe avec règles claires et un arbitre.

C’est chacun pour soi, et personne pour personne.

 

La face cachée de l'économie numérique, un essai d'économie et gestion, par Elena Debbaut

 

Voici pourquoi dans le monde actuel des affaires et aussi quelques typologies de relations personnelles, l’accent est régulièrement mis sur l’ignorance.

Certaines entités sont même devenues des maîtres à créer le doute ou l’incertitude. Il existe une multitude de formations et livres qui partagent ces méthodes comme quelque chose qui peut être appris, fabriqué, maintenu, et manipulé par des moyens scientifiques. Ou plus communément exprimé, c’est de la science et les arts du bullshitage et ses conneries fumeuses exposées au grand jour. Et sans même s’inquiéter de conséquences.

Ne rien dire au client, cacher les petites lettres, faire des promesses intenables, s’excuser mais continuer comme avant, utiliser des mots dénués de sens réel, et quand les choses se compliquent, il suffit de changer le nom.

Les exemples ne manquent pas.

C’est révoltant: ces méthodes sont devenues des pratiques usuelles.

Ce type de stratégie est une idée qui se prête très facilement à la paranoïa et un manque de confiance chronique. Et pour cause: ce n’est pas évident de réaliser que certaines entreprises ou personnes cachent des informations juste dans le but de s’enrichir au détriment de plus faibles, ou ne veulent pas que vous sachiez certaines choses, ou travaillent activement pour organiser le doute, l’incertitude, et la désinformation pour maintenir l’ignorance.

Encore: prétendre le contraire de ce qui a été convenu et noté. Le gaslighting ou le détournement cognitif en fait aussi partie.

 

Conseil entreprise - Elena Debbaut - redressement de projet et entreprises en difficulté

 

Le rôle d’un chef d’entreprise est de justement, réduire l’ignorance et prendre les bonnes décisions. Mais aujourd’hui, cette tâche est devenue très difficile.

Par exemple, les données chiffrées comme la taille du marché ou les chiffres de ventes ou les parts de marché ne suffisent plus à elles seules. Les acteurs de mauvaise foi sont devenus plus nombreux, à tel point qu’un chef d’entreprise ne sait même plus à qui faire confiance. Tout est devenu plus complexe. L’entreprise est devenue un écosystème en soi, et qui évolue dans un écosystème économique tout aussi fragmenté.

Cette complexité n’est pas mauvaise en soi, parce que c’est une suite logique de l’évolution de la société, et notamment les évolutions technologiques.

Le cadre législatif et qui offre les mêmes règles de jeu doit également être aussi adapté, et vite. Mais c’est exactement ce point qui pose les problèmes les plus insurmontables. Le système actuel est hors tout contrôle, et n’a plus de règles claires pour tous.

Il suffit d’ajouter encore des tactiques psychologiques. Ainsi, tout chef d’entreprise risque de perdre sa raison et sa santé mentale, et bien avant celle physique causée par ses nombreuses heures de travail. Comme entrepreneur, à qui faire confiance ?

Quand un compétiteur s’adonne à des pratiques douteuses et intimidantes pour signer un contrat, ou proposer des conditions-arnaque, et récupère ainsi des clients, quel est le choix restant pour l’entreprise lésée ? Quand des entreprises respectent les lois existantes alors que d’autres arrivent à y échapper ou jouer avec ses limites, comment réagir ?

Expliquer au client, entre autres exemples, que les tarifs plus élevés sont le résultat d’un environnement plus respectueux et transparent envers les clients et les collaborateurs ? Ou que le compétiteur ne peut pas, ni techniquement, ni légalement, ni commercialement offrir tel ou tel service ou produit à un tarif défiant toute concurrence ? Ou encore, qu’il existe des lois, mais que trop souvent, les lois sont devenues inapplicables pour diverses raisons, notamment financières ?

Le client, lui, a la fâcheuse habitude de faire le choix le plus simple pour soi, et qui consistent à penser avec la tête dans le porte-monnaie, et aller voter avec les pieds.

A nouveau, c’est une attitude très sage de la part du client, mais … la situation est plus complexe, et la situation macro-économique suite à ses choix individuels est le moindre de ses soucis.

 

Conseil entreprise - Elena Debbaut - redressement de projet et entreprises en difficulté

 

Est-il possible d’éliminer l’ignorance ?

La réponse est non, parce que le système économique actuel ne le permet pas.

Ce n’est pas très positif comme message, mais c’est la volonté et la conception même du système économique actuel. Il suffit de constater par soi-même. Par exemple, pour certains produits et services, même les prix de vente ou les niveaux des salaires à l’annonce d’un poste libre ne sont plus indiqués, sans mentionner les entreprises multimilliardaires qui optimisent leurs profits et ne payent quasiment pas d’impôts. Ceux et celles qui dénoncent de telles dérives sont intimidés, harcelés, humiliés, ridiculisés, chassés pour leur idéalisme ou leur naïveté, ou les deux.

 

La propagande entrepreneuriale, un essai d'économie et gestion écrit par Elena Debbaut, consultante en entreprise et gestionnaire de crise

 

L’ignorance comme stratégie d’entreprise est une pratique très répandue de nos jours parce que le but principal de la réussite dans les affaires est de reproduire ce qui fonctionne.

Tant qu’un cadre légal rapide et efficace n’existe pas, le jeu du marché n’existe pas non plus.

Le chef d’entreprise se trouve actuellement à procéder soit d’une manière similaire à ses compétiteurs et avancer vite peu importe les coûts humains ou au niveau de la société, ou au contraire, faire un choix éthique et prendre un retard économique qui peut lui être fatal. Or, l’éthique est seulement une valeur, et celle-ci n’est pas légalisée.

Dit-on que tout est juste en amour et en guerre.

Oui, c’est correct dans l’absolu, mais en même temps, je reste fidèle au conseil qui consiste à dire que les accords équitables peuvent toujours être conclus malgré le contexte difficile de l’économie actuelle.

Je le soutiens toujours: la longévité d’une entreprise vient de la valeur de la marque. Les ajouts répétés de valeur sont transparents pas seulement pour le client et l’entreprise, mais aussi pour la société dans son ensemble.

La perception d’impuissance des entrepreneurs est une caractéristique du système économique actuel. Si vous êtes sur ce blog et jusqu’à la fin de cette publication, alors vous connaissez, vous aussi, ce sentiment d’impuissance.

Malheureusement, en absence de règles et lois communes, et à quelques exceptions près, une entreprise n’a plus beaucoup de choix stratégiques.

L’ignorance, comme stratégie d’entreprise, reste toute une affaire.

 

Conseil entreprise - Elena Debbaut - redressement de projet et entreprises en difficulté

 

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