la protection de vos avoirs numériques et droits d'auteur est un processus continu - Elena Debbaut

Comment protéger son contenu numérique – quelques pratiques à adopter

Le tissu économique en Suisse est constitué à 99% d’entreprises avec une petite taille (source Confédération Suisse). Toujours selon la même source, les PME sont les structures qui ont moins de 250 employés. Les entreprises ayant moins de 10 employés représentent environ 90% de la totalité des entreprises suisses.

Or, dans le monde d’aujourd’hui, ces entreprises sont très fragiles et démunies quant à la protection de leurs avoirs et contenus numériques.

Dans une majorité des cas, ces contenus numériques constituent un avantage compétitif qui contribuent à l’établissement d’une marque d’entreprise ou personnelle. D’autant plus que Google – qui représente aujourd’hui plus de 90% des recherches mondiales – a déclaré sur son blog très suivi par les professionnels du référencement que le “contenu de qualité est favorisé dans les résultats de recherches“.

Les voleurs de contenu savent que les petites structures ne possèdent pas la puissance de défense, ni le savoir-faire, ni une connaissance active sur leurs droits comme auteur, et encore moins les processus d’une grande multinationale.

Or, proportionnellement par rapport à son chiffre d’affaires, une petite entreprise doit investir beaucoup plus pour la création de son propre contenu numérique. Dans ce cas, le vol de son contenu constitue une attaque directe à l’existence même de l’entreprise victime.

La protection du contenu est un processus

Cet article va mettre un accent sur la défense des produits intangibles: le contenu numérique, qu’il soit sous forme de textes, articles de blog ou visuels personnalisés. Il s’agit de partager quelques pratiques permettant d’agir rapidement et protéger ses œuvres — une sorte de meilleures pratiques (“best-practices“) sur les actions à adopter contre les voleurs de contenu.

La question essentielle n’est pas “si le contenu se fera voler” mais plutôt “que faire pour surveiller et protéger ses droits quand le contenu se fera voler“. En effet, le contenu de qualité se fera voler tôt ou tard, et pas seulement une fois, par une seule personne. Une interaction “au cas par cas” ne sera pas efficace sur le long terme.

Voici pourquoi le fait de voir cet ensemble comme un processus vous aidera à agir et protéger vos droits avec le minimum d’investissement en ressources, temps et coûts. Ce processus doit être suffisamment rapide, efficace et répétable pour ne pas impacter les autres activités régulières et la gestion d’entreprise.

Il est à noter que cet article n’a pas l’intention de constituer un avis juridique adapté à une situation précise, ni de couvrir tous les aspects liés à ce sujet complexe.

Les contenus numériques qui se font le plus souvent voler

Aujourd’hui tout se vole. C’est surtout les créations de qualité et originales qui sont une cible privilégiée. Outre la contrefaçon des produits physiques, ce vol couvre absolument tout:

  • les messages marketing,
  • des textes et des messages pour présenter ses services et produits,
  • voir même des articles de blog,
  • présentations et logo d’entreprise,
  • et même les descriptions des biographies des collaborateurs,
  • les photos et les vidéos publicitaires de son propre site web, ou celui d’entreprise.

Pour la petite anecdote, même les CV se font copier; des documents uniques qui sont supposés être le reflet de ses propres expériences professionnelles. Sans oublier le vol des quelques billets sur un site web personnel d’un hobby pendant ses heures perdues.

Il est assez difficile et dans nombreux cas ce n’est même pas justifié économiquement de faire appel à un notaire ou attendre auprès de l’Institut de Protection Intellectuelle de chaque pays pour chacune de ses publications sur Internet. Pour procéder ainsi, les coûts seraient astronomiques. En plus, la vitesse de réaction par rapport aux besoins du marché va clairement souffrir. Or, cette agilité est très importante pour les petites entreprises.

Néanmoins, la loi existante sur le droits d’auteur et les droits voisins (LDA) est généralement suffisante pour faire valoir la protection de ses avoirs, peu importe qu’ils soient sous forme physique ou numérique. D’autres pays possèdent des lois similaires.

En effet, la protection naît automatiquement avec la création de l’œuvre.

Pourquoi tout se vole ?

Le vol ne se fait pas principalement parce que c’est facile de le faire (même si c’est un facteur), mais parce que la créativité, la capacité d’innovation et l’intellect sont une denrée rare. Et comme tout ce qui est rare a de la valeur …

Le contenu numérique ne possède pas de barrière physique proprement dite. Ainsi, le vol du contenu numérique est plus facile. Il existe quelques barrières techniques pour rendre la vie difficile au moment de la reproduction, mais un voleur arrivera toujours à se servir du contenu d’autrui.

De nos jours, la création de contenu original peut se faire sans difficultés majeures. Ainsi,

Pourtant, il y a toujours de vols de contenu numérique.

Un peu d’historique

La base de l’Internet, sous une forme très similaire à ce qui existe aujourd’hui, a été conçue dans un monde académique, plus précisément, au CERN (Genève). C’est Timothy John Berners-Lee et Robert Cailliau qui ont mis en place la base du réseau web (le World Wide Web) et la navigation par des liens hypertextes. Les échanges étaient peu sécurisés, car le but principal était le partage. En effet, le monde académique est, par définition, un endroit propice au partage d’idées et connaissances. La confiance et le respect y sont de mise.

30 ans plus tard et l’évolution technologique aidant, nous voici dans un monde où il est possible d’effectuer une multitude d’actions comme les transactions financières, faire ses achats, se divertir, communiquer, s’informer. Le tout, avec quelques clics sur Internet.

Ce développement a permis une diversification des possibilités liées au partage (les vidéos sont un exemple) … et même l’apparition de métiers et notions qui n’existaient pas auparavant. Par exemple, le métier de rédacteur/créateur de contenu n’existait pas. La notion de “marque personnelle” n’était pas non plus si répandue qu’aujourd’hui.

De nos jours, il y a beaucoup de création.

Vous retrouverez ainsi des milliards de nouvelles pages Internet, articles, documents, images, vidéos, musique, codes logiciels informatiques, produits physiques, et la liste continue. En ce mai 2019, le monde comptait pas moins de 3 milliards de recherches Google par jour (soit environ 75’000 recherches par seconde) et presque 3 millions de billets de blog qui ont été écrits par jour.

La création et l’utilisation du contenu est devenue exponentielle, comme vous pouvez le voir en temps réel sur le site web https://www.internetlivestats.com/

Le monde est petit, et aujourd’hui il est encore plus petit

Comme créateur de contenu, vous ne serez ni la première, ni la dernière personne ou entreprise dont le contenu numérique se fait copier. Au fil des années, il y a une sorte d’indifférence qui se développe au vu du nombre impressionnant d’appropriation illégale de contenu. Il ne s’agit pas d’une attitude blasée, ni d’un laisser-aller, mais simplement d’un constat.

Effectivement, la création de contenu nécessite plus de temps et ressources que celui d’une armée entière de copieurs-voleurs qui attendent avec grande ardeur toute nouvelle publication. Les 4 jours en moyenne pour les créateurs de contenu contre les 10 minutes pour les voleurs.

En pratique, les créatifs ne peuvent plus suivre “la forte demande”.

La création de contenu original elle, continue tant bien que mal, car le fait de se faire faire copier n’enlève en rien la capacité de l’auteur à toujours venir avec quelque chose de mieux.

Rassurez-vous. Le monde a toujours été petit, selon le dicton populaire … mais aujourd’hui ce monde est devenu encore plus petit. Les voleurs de contenu se font donc attraper encore plus vite. En plus, grâce aux moyens technologiques actuels, le suivi de son contenu existant est devenu plus aisé même plus les petites structures. La poursuite des voleurs est aussi grandement facilitée.

Le contenu, le point central de sa marque

De nos jours, la création de contenu est étroitement liée à la création du “branding” — la marque d’entreprise ou personnelle. Toute personne et entreprise active professionnellement a besoin d’un contenu original, qui engage, qui informe, qui éduque, et qui fait connaître la juste valeur d’un auteur.

Or, la création de contenu exige un investissement en temps et argent.

Voici pourquoi cela peut sembler plus facile d’aller se servir en “libre-service” du contenu d’autrui — tout en se construisant une renommée de prétendu expert et des revenus stables … mais sur la base du travail des autres.

Le temps ainsi libéré par le voleur est utilisé sur des activités plus lucratives, pendant que le créateur initial se trouve malgré lui, dans la situation absurde d’un travailleur de l’ombre et bénévole … mais pour le compte d’une autre structure commerciale.

La copie, meilleure forme de flatterie, vraiment ?

Pour paraphraser Charles Caleb Colton dont les paroles sont devenues désormais célèbres: “l’imitation est la forme la plus sincère de la flatterie” nous pouvons nous demander si la copie constitue une forme de flatterie ou elle sert à servir les intérêts malhonnêtes d’un groupe de personnes ou d’un individu.

Pourquoi ne pas dire les choses telles qu’elles sont ?

Un vol est un vol, et aucunement une “flatterie” qui fait perdre des revenus au créateur initial. Il est possible de faire des affaires de manière éthique; cet aspect n’empêche en rien le succès d’une entreprise. L’aspect “éthique” est d’ailleurs devenu un élément prépondérant dans le choix d’un fournisseur de services ou produits.

Les explications reçues suite aux vols de contenu consistent à dire toujours la même chose, à quelques variantes près. Voici un petit florilège pour s’amuser de l’absurdité. Il est à noter qu’il s’agit de réponses réelles.

  • si on ne fait que partager, ça ne reste que 2 minutes sur la toile et rien d’autre” (sic) … mais c’est oublier qu’eux-mêmes partagent sur les réseaux sociaux ce même contenu qui renvoie par contre à leur propre site web …
  • donc voici le pourquoi du comment pour ne pas le perdre “ils font en sorte de bien le conserver et en entier sur leurs site web à eux” (sic) … parce que la création de contenu nécessite “un bon savoir à communiquer” (sic) … qui n’est pas “facile à trouver” (sic) en plus “il faut avoir du talent” (sic) du temps et argent …
  • et cela d’autant plus que les voleurs eux même vendent des services similaires … et “décident (sic) que c’est le mieux (sic) pour leurs clients à eux” … et qui de plus est “très avide du même type de contenu” (sic) … d’où la reproduction sans autorisation sur leurs site web à eux …
  • et puis, c’est pour rendre un service, car “c’est une faveur pour se faire connaître” (sic) … même avec le nom de l’auteur initial et le titre modifié pour justement, cacher à tout prix la source réelle … “sinon le lecteur ira direct à la source” (sic) … sans passer par le site voleur …
  • et au final, quand leur logique chauffe trop … “qu’on trouve de milliers de pages sur Google qui lui est gratuit, donc tout y est gratuit” (sic).

Vous l’aurez compris, aux yeux des voleurs de contenu, Internet serait une sorte de libre-service permettant de s’approprier le contenu d’autrui pour mieux promouvoir ses propres intérêts commerciaux et faire connaître son propre site web au détriment des créateurs initiaux. Le pire c’est quand il s’agit de “rédacteurs web professionnels” travaillant pour le compte des grandes entreprises et qui arrivent avec de telles absurdités.

Or, c’est oublier que ce non-respect des droits d’auteur est punissable selon les lois en vigueur, d’autant plus quand il s’agit d’un gain commercial qui profite au voleur. Le fait d’être du métier constitue d’ailleurs une circonstance aggravante.

Les risques avec les voleurs de contenu

Google pénalise les contenus identiques qui figurent sur plusieurs sites web, sous des noms d’auteur et éditeurs différents de la source initiale. La problématique du contenu dupliqué a fait couleur beaucoup d’encre et tout professionnel se garde bien loin de ce genre de tactiques.

Dans ce cas il y a une dilution de la qualité, parmi les autres 200 critères d’évaluation Google pour trier les contenus proposés par un site web. Les autres problèmes avec les voleurs de contenu c’est que:

  • les voleurs de contenu gardent le trafic (et les visiteurs) chez eux
  • les créateurs originaux ne sont même plus connus, car la reprise se fait sous un autre nom
  • les données méta d’une page (auteur, éditeur, lien) appartiennent entièrement au site web qui a copié
  • quelques fois, et dans environ 65% des cas, le site original est pénalisé et moins bien référencé que les voleurs de contenu, qui eux maîtrisent à perfection les méandres des astuces grises du référencement SEO (search engine optimization) et SEM (search engine marketing).

En effet, les voleurs de contenu font un triple vol:

  • vol de contenu,
  • vol de visibilité, trafic et visiteurs,
  • vol de revenus au site et auteur original.

Dans le cas du blog LeTemps, les participations avec le contenu des auteurs ont un double rôle:

  1. aider la presse locale qui souffre de la concurrence internationale,
  2. et aussi faire connaître le savoir-faire des divers contributeurs, tous très talentueux.

Voici pourquoi le contenu original doit être gardé sans modifications de nom ou lien web. En pratique, cela veut dire que le contenu initial peut toujours être partagé sur les réseaux sociaux, mais seulement depuis le premier lieu de publication et ne pas se faire faire rediriger à un tout autre site web.

Ainsi, les visiteurs (et potentiellement les futurs abonnés au journal) qui souhaitent lire l’article arrivent chez le site web LeTemps, et pas aux voleurs de contenu. Déjà que la presse souffre, pas besoin qu’ils en rajoutent avec l’aliénation du contenu sur d’autres sites web.

Partage du même contenu avec autorisation

Sachez qu’il existe des moyens techniques permettant de procéder dans les règles d’art pour republier le même contenu sur d’autres sites web. Un partage sain, basé sur un gain réciproque, et en toute connaissance de cause peut se faire en utilisant ces étapes:

1. rajout du lien “canonical” (=lien original) à insérer dans le code de la page web supplémentaire.

<link rel="canonical" href="http://site.original" />

2. demandez un compte auteur pour publier; cela permettra le rajout automatique de votre nom dans les données méta de la page web.

<meta name="author" content="Votre Nom">

Ces 2 indications techniques dans les données méta de la page web communique aux moteurs de recherches à quel endroit se trouve le contenu original et qui est l’auteur.

Ainsi, suite à une recherche, c’est le lien original qui sera présenté.

L’avantage de cette méthode est qu’il est possible de présenter le même contenu sur d’autres sites web, et sans tomber dans la pénalité d’un contenu dupliqué, car la source du lien “canonical” pointe toujours vers le premier lieu de publication. En procédant ainsi avec l’utilisation active d’un lien “canonical”, il n’y aura aucune de dilution de trafic, mais d’un gain de trafic et visibilité.

Des outils comme Yoast SEO ou outres rajouts WordPress permettent le rajout du lien canonical et du nom de l’auteur (un seul par page). C’est simple et élégant, sans mentionner que tout le monde est gagnant.

A quel moment et pourquoi faut-il agir en cas de vol ?

Dès le moment de la découverte du voleur de votre contenu. Selon mon expérience, un contenu volé apparaît après une période de 54 à 252 jours et dans le cas d’un site voleur bien optimisé, même plus vite.

La surveillance et la défense de ses droits intellectuels est effectivement une tâche à prévoir dans le cadre de ses activités marketing et établissement de marque. Selon la grandeur de vos avoirs et contenus numériques, vous pouvez y consacrer quelques heures et même quelques semaines par trimestre.

Il suffit d’effectuer quelques recherches de ses phrases clé, images, vidéos, noms. Le voleur sera très vite retrouvé, et même mieux référencé que le contenu original.

Il existe également des outils automatiques permettant une surveillance active de son contenu numérique; cela permet une réactivité presque instantanée y compris l’envoi des courriels de “mises en demeure“.

Néanmoins, malgré l’automatisation d’une partie de la surveillance, le temps manque pour la prise d’une position légale quand un vol est constaté. Et les voleurs le savent pertinemment, d’où un ciblage orienté sur le contenu des petites structures (ou perçues comme telles).

Sur ce point, les voleurs bénéficient bel et bien d’une expertise. En même temps, cette “expertise” jouera clairement en leur défaveur pour établir votre dossier, dans le cas où vous décidez de défendre vos droits et demander des dommages et intérêts.

Dans quelles situations faire la défense de ses droits comme auteur ? Il faudra toujours réagir dans les cas où l’éthique manque clairement aux voleurs de contenu … quand ce voleur est un compétiteur ou une société qui profite pour augmenter ses propres ventes … et d’autant plus quand vous avez subi une perte de visibilité, et partant, une perte de vos revenus (mandats, commandes, recettes publicitaires, commissions).

En effet, la perte de visibilité est toujours associée à une perte de revenus.

Cette perte de revenus est estimée selon les tarifs usuels du secteur d’activité. Ainsi, un consultant peut prétendre à un dédommagement important, au vu des montants pratiqués dans le cadre des mandats. Un site grand public avec un bon trafic peut aussi demander des dédommagements pour la perte de recettes publicitaires, ventes, commissions, et visibilité.

Le non-respect des droits d’auteurs ne doit pas être pris à la légère.

Que faut-il faire quand son contenu a été utilisé sans autorisation ?

Une fois le voleur découvert, ne tardez pas à réagir.

Au moment où votre contenu se retrouve sans votre autorisation sur plusieurs sites web mais sous des noms différents, cela pénalise le site web initial sur lequel vous avez publié. De plus, cela crée une dilution de votre trafic et une diminution du nombre de vos propres visiteurs.

Il est aussi vrai que les algorithmes des moteurs de recherche et spécialement Google arrivent à identifier le premier lieu de publication ainsi que l’auteur, mais ce n’est pas toujours le cas quand le nom de l’auteur est modifié avec intention et quand c’est un autre site web qui présente exactement la même chose mais sans utiliser le lien “canonical” (=lien original), dans les données méta de la page. Si la page web qui reproduit votre contenu à l’identique ne possède pas cette indication technique, alors le contenu sera considéré comme dupliqué.

Malheureusement, les voleurs de contenu savent pertinemment les risques liés à l’illégalité de leurs actions. Ils misent sur le manque de connaissances technique et juridiques de ses victimes qui arrêtent de se défendre car les créateurs de contenu et les auteurs ne savent pas comment le faire.

Par où commencer pour faire valoir ses droits ?

1. restez calme

Même si vous avez envie d’aller étrangler le coupable et mettre une mauvaise note d’évaluation sur son entreprise, restez calme.

S’agit-il d’une société qui a les moyens d’acheter ou créer son propre contenu ? Est-ce un non-respect de la part d’un de vos compétiteurs ? Est-ce un professionnel du métier comme un responsable communications ou rédacteur web qui gagne son revenu confortablement, mais grâce à votre propre contenu ?

Si c’est le cas, la conclusion d’une entente n’est pas possible; la confiance n’est plus là. Vous allez entendre des excuses qui impliquent “le stagiaire” ou “un contenu acheté” ou un “manque d’attention“. Vous allez aussi lire des excuses “techniques” comme si c’était une faveur énorme qui vous a été faite de se faire faire republier … mais sous un tout autre nom et lien URL présenté aux yeux de moteurs de recherches.

La qualité des sites qui procèdent ainsi est très mauvaise; leur niveau éthique et développement des affaires encore plus mauvaises. N’oubliez pas que tôt ou tard le voleur se fera attraper par d’autres entreprises sur le même non-respect des droits d’auteur. Il est donc sage de ne pas être associés avec ce genre de sites web.

2. prenez des captures écran

Le fait de “faire semblant” ne pas connaître la loi sur les droits d’auteur n’est pas une excuse. En 2019, tout le monde ayant un ordinateur et ayant navigué un peu sur Internet (soit à peu près tout le monde actif professionnellement) a connaissance du fait que le contenu sur Internet n’est pas “gratuit“.

Voici ce qu’il faut chercher:

  • page entière (avec menu, logo, bas de page)
  • code source (avec focus sur les indications des données “meta-author” et “meta-canonical” et le flux “rss” favorisant leurs propres partages)
  • vérification des images (si nom d’image sous un autre nom, taille modifiée, chemin)
  • les résultats de recherche Google ou autre, incluant la page web du copieur
  • analysez aussi les autres contenus publiés (cela aidera à éliminer l’excuse du “manque d’attention“)
  • les données publiques sur la personne ou la société en faute.

Même si vous décidez de ne pas faire valoir des dommages et intérêts pour atteinte à vos intérêts patrimoniaux, prenez ces quelques captures d’écran. En cas de republication quelques jours après que votre contenu a été enlevé, vous pourrez faire valoir votre bonne foi.

3. clarification ou mise en demeure

Une fois vos preuves enregistrées, demandez à clarifier cette situation si besoin, ou si vous savez pertinemment que c’est un vol et que votre contenu est unique et crée soi par vous-même ou une équipe de confiance, demandez alors à ce que votre contenu soit enlevé en totalité de ses serveurs web.

Dans les 2 cas, offrez toujours un délai de quelques jours (et un peu plus pour les périodes des vacances). Ce délai est utile pour faire valoir ses propres intérêts dans une éventuelle plainte pénale et juridique.

Écrivez un courriel au propriétaire du site web. Suite à une recherche “whois” cette information devrait être facilement accessible. Si vous n’arrivez pas à trouver le propriétaire, alors adressez votre message à une adresse e-mail généraliste de type “contact@” – “info@” – “hello@” suivi du nom de domaine.

Si le propriétaire du site n’est pas identifié facilement, ni son hébergeur, alors cherchez le numéro IP du site web. Il y a des fortes chances qu’il s’agit d’un hébergement partagé avec plusieurs autres sites web. Regardez par un “whois” qui est l’hébergeur des autres sites web, et adressez votre courrier de mise en demeure à l’hébergeur en question qui est co-responsable des publications.

Cette mise en demeure donne des très bons résultats quand le langage utilisé est neutre et quand votre lettre n’est un copié-collé depuis un modèle disponible sur Internet. Prenez le temps de la personnaliser.

En procédant ainsi, vous démontrez que vous avez pris le temps d’écrire et que vous n’hésiterez pas à aller plus loin quand le besoin se fait sentir. Vous pourrez soi-même créer son propre modèle de lettre, ou vous pouvez demander l’aide d’un assistant juridique.

Que faire quand il y a un doute sur votre contenu

Surtout dans le cas des photographies ou d’un code informatique, il y a des situations où le contrefacteur supposé peut avoir les droits d’utilisation et avoir acheté les licences correspondantes.

Dans le cas des formats textes, ne négligez pas non plus la possibilité que votre contenu soit en cause, surtout si vous l’avez obtenu d’une source externe comme un ghostwriter ou rédacteur web. La tentation est grande dans ce secteur, donc grande attention avec la sous-traitance relative à votre création de contenu numérique.

Si vous estimez que vos talents de créateur ne sont pas à hauteur, privilégiez donc les fournisseurs locaux, éthiques et de qualité. Cela vous évitera bien de soucis par la suite.

Autres moyens pour agir

Si vous avez subi des pertes importantes en trafic et visibilité, ou l’éthique dans les affaire est importante et souhaitez contribuer à créer un Internet plus propre, alors sachez qu’il est possible d’agir pour finir avec la “florissante expertise” du voleur. Le tout, en parfaite légalité.

Plainte DMCA à Google

L’algorithme de Google sait qui a été le premier et selon ses 200 critères d’évaluation, il peut très vite identifier le créateur initial.

Il suffit donc d’aller se plaindre.

Les liens du voleur vont être éliminés quand vous refaites la recherche sur le contenu. Dans l’index Google, seuls les liens “officiels” vont être gardés et présentés. Vos liens restent.

Et puisque Google représente plus de 90% des recherches sur Internet, sa punition est très forte: plus de trafic du tout pour le site voleur. Si malgré ces plaintes la situation continue de plus belle et ramasse les plaintes, alors c’est l’entier de son site qui sera exclu. Voici pourquoi la petite durée de vie du site voleur. Assez souvent, il recommencera “à neuf” mais avec les mêmes attitudes.

Facturation pour perte de revenus

Quand le voleur est actif dans un domaine similaire au vôtre, et se fait la belle vie sur la base de votre contenu, n’hésitez pas à envoyer une facture pour le contenu utilisé sans votre autorisation. Estimez la perte d’affaires, la perte de mandats, perte de commandes, etc. Un juge est très sensible à cet argument, d’autant plus que la loi protège votre contenu.

En cas de non-respect de vos droits d’auteur, une poursuite pénale peut être envisagée et sérieusement prise en compte, surtout si le voleur continue de plus belle. Une action en justice est fortement recommandée si votre dommage est important.

Il est à noter qu’en Suisse vous avez 2 solutions supplémentaires. La poursuite pour le non-paiement de ses factures en est une de ces possibilités. Une autre c’est d’aller faire défendre ses droits via un juge de paix si le dommage subi est inférieur à 10’000.- CHF. Rien d’exceptionnel, mais c’est surtout la défense de ses droits qui compte, d’autant plus quand il s’agit d’une grande entreprise ayant les moyens de créer et payer son propre contenu (au lieu de le voler).

Les choses se compliquent un peu quand la juridiction se trouve sur un autre continent. Sachez néanmoins qu’il est possible de mandater un cabinet d’avocats situé à l’étranger, et qui travaille sur base de commission. La facture finale au voleur se trouvera ainsi multipliée par un facteur de 3x au minimum, vu qu’un avocat rajoute aussi ses frais.

Quant aux trolls du copyright, une autre espèce de voleurs utilisant à mauvais escient la loi sur les droits d’auteurs, et qui mentent que votre contenu est en fait le leurs … eh bien, sachez qu’il est possible d’organiser une défense pro-active et gagner. Il faudra compter sur plus de temps dans ce type de cas, mais si vous prévoyez cet aspect dans le processus de protection de ses droits comme auteur, alors vous serez toujours prêt à riposter.

Conclusion

Quand votre contenu se fait voler, tout n’est pas perdu.

L’implémentation d’un processus, comme mentionné ci-avant, vous aidera à réduire votre investissement en temps et ressources. Malgré un investissement initial et la courbe d’apprentissage initiale, vous serez gagnant sur le long terme. Pour une petite entreprise, cet investissement en vaut la peine.

Aujourd’hui il y a beaucoup de moyens technologiques et méthodes pour envisager une attitude active de protection par rapport à vos avoirs numériques et vos droits d’auteur. Ces avoirs ont une valeur importante depuis que “le contenu est devenu le roi” de toute marque d’entreprise ou personnelle. Comme preuve, voici que les voleurs utilisent vos avoirs … au lieu de créer leur propre contenu à eux.

Finalement, protéger son contenu est toute une affaire.

Présentation: le Contenu Numérique

La présentation ci-après résume les étapes à suivre:

  1. pour correctement republier son contenu sur autres sites web
  2. et comment réagir si votre contenu est utilisé sans autorisation.

Suivez le lien suivant: [1906-04S] Le contenu numérique: reproduction et protection pour voir l’ensemble de la présentation.

Infographique: 7 étapes pour mieux comprendre la gestion de son contenu numérique sur Internet

 

infographie pour la gestion de son contenu numérique sur Internet - Elena Debbaut
7 étapes pour la gestion de votre contenu numérique

 

Elena Debbaut

Elena Debbaut

Elena Debbaut possède plus de 25 ans de pratique dans le monde des affaires, un fort esprit entrepreneurial, ainsi qu’une expertise technologique polyvalente. Aujourd'hui, elle intervient comme spécialiste en restructuration opérationnelle sur des missions comme le redressement des entreprises et projets en difficulté. Ses clients sont aussi bien les grandes multinationales que les PME.