La pénurie de cerveaux menace notre prospérité

L’IMD place la Suisse au 5ème rang mondial en matière de compétitivité digitale, derrière le Danemark ou les Etats-Unis mais gagnant une place en 2022. Pour la 11ème année consécutive, notre pays est également en tête du classement mondial de l’innovation, publié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, l’OMPI. En guise de clin d’œil, on peut imaginer ce que certaines nations voisines et amies auraient fait avec un tel classement! En Suisse, pas de chant du coq. On sait rester modeste. Trop? Sans doute. Car si tous les indices placent la Suisse en tête du concert des nations, ce que nous ne disons pas assez c’est que nous sommes très menacés, en raison du manque cruel de personnels qualifiés. Et cela, particulièrement dans les domaines de la high tech. ELCA le sait, qui a 150 offres d’emploi ouvertes en ce moment.

 

Pour y remédier, il faut impérativement que pouvoirs publics et entreprises privées marchent main dans la main. J’ai eu l’occasion de le dire récemment, lors d’une manifestation organisée par le département valaisan de la formation et de l’économie du Conseiller d’État Christophe Darbellay. Le maintien du niveau d’excellence et de prospérité de ce pays dépendra de notre capacité à construire des ponts.

 

La chasse aux cerveaux

Avec plus de 100’000 places vacantes enregistrées au premier trimestre 2022, la pénurie de main-d’œuvre atteint des records en Suisse. Les difficultés de recrutement touchent aussi bien l’industrie que les services. Le Conseiller d’État Christophe Darbellay a relevé, lors de l’évènement de la foire du Valais, les besoins urgents d’apprentis et d’étudiants bien formés dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration, de la santé, de la construction, de la logistique ou encore de l’artisanat du bâtiment. Et bien sûr dans le secteur des hautes technologies.

 

On le sait, la pandémie a donné un coup d’accélérateur à la digitalisation de l’économie et tous les secteurs sont désormais en concurrence acharnée pour attirer le même type de compétences. Je dirais même tous les pays développés, car la guerre est ouverte entre les Européens pour attirer les emplois à haut niveau de qualification. Pour l’heure, la Suisse avec ses salaires attractifs et ses Hautes Écoles, parmi les meilleures du monde, arrive encore à rester plus ou moins compétitive. Mais qu’en sera-t-il dans le futur? On connait les problèmes que font courir à la recherche, le fait de ne plus être dans le premier wagon du programme européen Horizon 2020. Et pour les jeunes générations, le salaire n’est qu’une des composantes du choix professionnel. La pénurie de cerveaux est à prendre très au sérieux, d’autant que selon «Employés Suisses», d’ici quatre ans, lorsque tous les babyboomers auront pris leur retraite, il manquera près de 365’000 travailleurs et travailleuses qualifiées avec un diplôme professionnel ou universitaire en Suisse.

 

Un relais privé-public

Accélérer la transformation de notre système de formation pour préparer nos prochaines générations à un monde différent, voilà l’une des pistes qui est suivie, notamment par le système d’éducation valaisan. Un dialogue et un échange plus fréquent, avec les milieux privés, pourraient rendre le processus plus efficace encore. La bascule numérique de la société est en marche et tous les secteurs sont désormais concernés, santé, prévoyance, professionnelle, finances, justice, énergie… Le secteur de la high tech va fournir de plus en plus d’emplois et demander de plus en plus de compétences. Il serait souhaitable de rendre la frontière entre formation et monde professionnel plus souple et fluide. La transformation numérique n’est pas qu’une affaire d’HES ou d’Epfl. L’école est un partenaire crucial de la digitalisation de la société. Les jeunes générations doivent comprendre l’intérêt pour eux, à devenir des acteurs de cette transition. Il serait intéressant à ce propos d’étudier plus profondément ce qui se fait de mieux ailleurs, particulièrement dans les pays nordiques. Comme le disait Darwin, ce n’est pas l’espèce la plus forte qui survit, ni la plus intelligente mais celle la plus réactive aux changements.

A quand le dossier électronique du patient?

L’adoption du dossier électronique du patient, DEP, a pris un sérieux coup de fouet, en ce début d’automne et les initiatives s’emballent sur le plan politique. Encore faut-il que l’ensemble de la population et du corps médical l’adopte. Pour cela, deux conditions doivent être remplies: le système doit être simple et les données doivent être absolument confidentielles et sécurisées.

 

Autorités et partenaires s’engagent pour le DEP

Tous les patients et patientes neuchâtelois peuvent désormais ouvrir leur DEP. Dans le canton d’Argovie et en Suisse orientale, les personnes intéressées peuvent se rendre dans certaines filiales de la Poste pour ouvrir un DEP. L’ex régie fédérale a d’ailleurs pris une participation majoritaire dans le réseau Axsana, qui regroupe 14 cantons alémaniques. Le Conseiller fédéral Alain Berset veut réviser la loi pour faire du DEP un instrument de l’assurance obligatoire de soins et le Conseil des États vient d’adopter une série de motions du National, qui va faciliter l’entrée en force du recueil numérique. Après des années de tergiversations, la Suisse entend donc bien rattraper son retard.

 

Les résistances subsistent

Force est cependant de constater que toutes les personnes concernées, à commencer par le personnel médical, ne sont pas encore convaincues de l’utilité du DEP. «Faut-il (déjà) tout arrêter?», se demandait, il y a quelques mois, dans un blog paru dans «Le Temps», un médecin, mettant en évidence, notamment, le caractère obligatoire du DEP pour le personnel de santé, ce qui représentait «une surcharge de travail considérable». «Tous les médecins n’ont pas un dossier médical informatisé et pour ceux qui ont en un, la grande majorité n’est pas capable de transférer automatiquement les données au DEP». Rappelons que les professionnels de la santé exerçant dans le domaine ambulatoire sont tenus de se raccorder au DEP. Pour les médecins nouvellement autorisés, cette obligation existe depuis le 1er janvier 2022.

 

Le DEP devra permettre à tout un chacun d’inscrire en ligne ses informations médicales. Cela peut être sa liste de médicaments, un rapport d’opération, de sortie d’hôpital, des informations sur des allergies ou des rapports de soins à domicile. Pour simplifier, disons que le DEP permettra aux patients d’avoir accès en tout temps et en tout lieu aux données relatives à leur santé, créant ainsi un climat de confiance plus grand lors des prises en charge et une meilleure coordination des professionnels de santé.

 

Mais quelles sont les conditions pour que la population et le personnel médical l’adoptent rapidement?

 

Le DEP doit être simple d’utilisation

Plusieurs acteurs sont actifs aujourd’hui dans le dossier. L’OFAC, la coopérative professionnelle des pharmaciens suisses, communique abondamment sur le sujet et invite les citoyens à ouvrir des DEP, aujourd’hui déjà directement dans les pharmacies.  L’association Cara, qui regroupe les cantons de Genève, Valais, Vaud, Fribourg et Jura, est également très présente. Le canton de Neuchâtel, a réalisé un projet-pilote auprès de personnes diabétiques «Mon Dossier Santé» et vient d’ouvrir le DEP à l’ensemble de la population. La Poste, qui fait une entrée en force dans le numérique, met à disposition l’infrastructure technique du DEP dans 12 cantons des quatre régions de Suisse.

 

L’enjeu pour tous ces acteurs est de se positionner pour le futur, en séduisant le plus de grand nombre de patients possibles. Les différentes communautés font leur implémentation en suivant les principes mis en place par le Conseil fédéral. Mais, à terme, il est fort à parier qu’une infrastructure technique uniforme s’imposera. Ce DEP devra être convivial et facile d’accès pour tous les utilisateurs, comme le demande une motion de commission du National.

 

Le DEP doit être confidentiel et sécurisé

Le DEP est personnel et sauf en cas d’urgence médicale, c’est le patient, et uniquement le patient, qui décide quels professionnels de la santé auront accès au dossier. «Les employeurs, les assureurs et les autorités n’y auront pas accès», explique dans «Le Temps» Caroline Gallois-Viñas, à la tête de la structure du DEP du canton de Neuchâtel. Mais il faudra également que les médecins et les professionnels de la santé l’utilisent pour y insérer leurs données. C’est l’un des grands défis du projet. Et pour cela, il faut que le climat de confiance autour de la sécurité des données soit très fort. En début d’année, les cabinets neuchâtelois ont été hackés, on s’en souvient. Pour entrer dans la communauté neuchâteloise DEP, les médecins ont dû mettre à jour leur système, avoir un antivirus et un pare-feu.

 

Accompagner la mise en œuvre et intégration du DEP

ELCA, par le biais de sa filiale ELCA Security travaille avec différents partenaires et met à disposition la solution TrustID, une des solutions d’identité électronique (eID) nationale (l’unique solution destinée aux professionnels de santé et population sur l’ensemble du territoire) certifiées pour le DEP, et propose des services de sécurité complets et adaptés à ses clients dans le domaine de la santé (anticipation, protection, détection et défense contre les menaces cyber).

 

D’autre part, ELCA a mis en œuvre l’intégration du DEP aux systèmes primaires pour un grande partie des hôpitaux vaudois et interagit avec la plupart des acteurs du domaine de la santé.

 

Après des années de lancement ajourné, il semble bien que cette fois-ci, l’outil numérique, sensé apporté efficacité et transparence dans le domaine de la santé, soit en passe d’être adopté par la Suisse, imitant en cela les pays voisins. Les prochains mois seront décisifs.

La digitalisation peut-elle faire baisser les factures d’électricité?

L’explosion annoncée des prix de l’énergie pour l’an prochain amène, ces jours-ci, tout un chacun à s’interroger sur la meilleure manière de faire baisser ses factures d’électricité. La guerre en Ukraine, la pénurie de gaz, la défaillance des centrales nucléaires françaises ou encore la sécheresse record de cet été, ont fait découvrir aux ménages suisses la complexité du marché de l’électricité, dont peu se souciait. La crise énergétique actuelle a eu raison, pour longtemps peut-être, des volontés de libéralisation de ce marché. Le maître mot désormais, que se répètent distributeurs comme pouvoirs publics, est celui de la sobriété énergétique et de la neutralité carbone.

 

Dans ce contexte, quel peut être le rôle de la digitalisation? Peut-elle aider le consommateur à mieux contrôler sa consommation? Peut-elle améliorer la relation entre les GRD, les gestionnaires de réseaux de distribution, et leurs clients? Peut-elle contribuer à répondre à cet objectif de sobriété énergétique?

Plusieurs sociétés de la High tech, dont ELCA, sont actives dans le domaine de l’énergie et proposent des applications pour rendre ce marché plus transparent.

 

Les prix s’envolent, le particulier réagit

Depuis 2009, les grands clients dont la consommation énergétique est égale ou supérieure à 100’000 kWh par an ont la possibilité de choisir librement leur fournisseur d’électricité. Ce qui ne les a pas protégé de l’explosion actuelle des prix de l’électricité.

Pour tout un chacun en revanche, le libre choix n’existe pas. L’habitant de Moutier, Genève ou Fribourg, ne peut choisir son partenaire, car contrairement à ce qui se fait dans les pays européens voisins, les fournisseurs d’électricité ont encore chez nous un monopole régional pour les clients privés et les PME.

 

Pour faire face à cette croissance vertigineuse des tarifs, le client n’a pas d’autre choix que d’agir lui-même pour diminuer sa facture. Et il s’oriente de plus en plus vers les systèmes de production d’énergie renouvelable autonomes. C’est la ruée vers les panneaux photovoltaïques, les bornes de recharge et autres pompes à chaleur. C’est la seule bonne nouvelle de cette crise de l’énergie que nous traversons.

Les gestionnaires de réseaux de distribution, n’étant pas liées à la délivrance d’électricité, se retrouvent soumis à une forte croissance des demandes du marché. Et la concurrence promet de s’accroître entre les centaines de fournisseurs que compte le pays. L’enjeu majeur est donc de s’adapter aux conditions de ce marché qui s’accélère.

 

Les fournisseurs d’énergie doivent se réinventer

Pour diminuer leur facture et leur empreinte carbone, les clients cherchent des acteurs qui pourront leur proposer des solutions complètes permettant d’optimiser leur consommation et finalement leur coût.

Les installateurs doivent donc se réinventer, pour répondre à la demande et c’est là qu’entrent en jeu des sociétés de la high tech, comme ELCA, qui a lancé l’an dernier, une nouvelle initiative pour permettre aux distributeurs d’améliorer leur gestion clients. La solution a pour but de les aider sur tout le cycle de la relation client: un module service client 360°, où l’opérateur connait son interlocuteur au travers de ses contrats, ses factures, ses demandes, son environnement et ses besoins. Pour prendre un exemple concret, notre société propose au GRD des solutions pour avoir une vision exacte de toutes les demandes des clients en matière photovoltaïque ou de bornes de recharges, ou encore un module marketing qui permet de faciliter le ciblage et initier facilement des campagnes marketing pour proposer aux prospects et clients des offres pertinentes.

 

Du côté des consommateurs, d’ici 2027, 80% d’entre eux devraient posséder un compteur connecté. Actuellement, la Suisse n’en a installé que très peu, mais le mouvement va s’accélérer, les GRD ayant l’obligation de les déployer. L’apport d’ELCA est de permettre aux clients, via un portail, d’accéder non seulement à leur courbe de consommation mais de pouvoir aussi contrôler, au quart d’heure près voire en instantanée (s’ils sont déjà équipés de compteurs connectés), la manière dont ils consomment l’électricité. Ils pourront aussi connaître leurs contrats, factures, catalogue de prestations, le suivi de leurs demandes en cours et récupérer des conseils de leur fournisseur.

 

On le voit, le marché de l’énergie vit lui aussi sa petite révolution numérique et le client, au bout du compte, devrait pouvoir mieux gérer sa consommation d’énergie, sur un marché qui deviendra plus transparent.

 

«Blue City Project»: le projet qui veut inventer la ville de demain

La Suisse se prépare à un hiver de pénurie d’énergie, auquel elle ne s’attendait pas. La digitalisation pourrait-elle aider les pouvoirs publics, à l’avenir, à anticiper ce type de crises? Un projet va être lancé, courant septembre, par la ville de Lausanne, en consortium avec des acteurs académiques, comme l’EPFL, des acteurs publics, semi-publics, privés comme ELCA et des start-ups, qui devrait répondre à ces défis. Son nom: «Blue City Project», financé par Inno Suisse, l’agence fédérale qui promeut l’innovation en Suisse. D’ici 4 ans, c’est un tout nouveau modèle de gestion des villes qui devrait voir le jour.

 

Comment économiser le chauffage et favoriser un environnement durable? Comment mieux gérer les déchets, les espaces verts, les bâtiments publics? Comment faire la chasse au gaspi? Comment éviter les bouchons à la sortie du bureau, qui provoquent des pics de pollution? Comment rendre les villes plus fonctionnelles, plus économes et plus agréables pour ses habitants? «Blue City Project» va s’attaquer à toutes ces questions. Avec cette initiative, la Suisse se place parmi les leaders mondiaux dans le modèle de gestion des villes de demain.

 

Le jumeau numérique

«Blue City Project» se base sur la technologie fascinante du jumeau numérique, à savoir ce double de l’objet physique, qui vit dans un ordinateur. Le jumeau numérique n’est que données, algorithmes, et IA, mais cet avatar virtuel va permettre de simuler de nouveaux modèles de gestion. Pour beaucoup, il s’agit encore de science-fiction, mais, de fait, la technologie ne cesse d’évoluer et de se perfectionner et aujourd’hui, les jumeaux numériques sont partout, industrie, santé, architecture, transports, communication. À l’EPFL, plusieurs laboratoires, rassemblés dans le Centre pour les systèmes intelligents, travaillent sur cette technologie et ses différentes applications. On nage dans le futur avec pourtant des applications qui pourront avoir des effets tout à fait concrets, dans le quotidien, pour la population.

 

Un exemple: «Blue City Project» va travailler sur les économies d’énergie et sera en mesure de modéliser les réseaux énergétiques, puis de les montrer sur une enveloppe virtuelle pour effectuer différentes simulations et apporter les optimisations possibles. On aura ainsi une vue précise sur la consommation d’une ville, quartier par quartier et pourra identifier ainsi les possibilités d’améliorer son bilan carbone. Le consortium va travailler également sur une application pour régler le pilotage des feux de circulation, pour fluidifier le trafic et réduire ainsi la pollution. L’idée est que tous ces secteurs, publics et privés, travaillent ensemble pour créer une ville virtuelle à travers les jumeaux numériques. La crise Covid a démontré que les collectivités devaient élaborer des modèles de gestion plus efficaces des données publiques. «Blue Sky Project» s’y attelle.

 

L’enjeu de cybersécurité

Dans tout ce projet aux implications gigantesques, l’enjeu de la sécurité des données est évidemment majeur. Dans son rapport de 2020 sur la sécurité des appareils connectés, le Conseil fédéral pointe à quel point il est facile pour des cyberpirates de prendre le contrôle de milliers, voire de millions d’appareils connectés. Ces attaques sont motivées par l’appât du gain, la volonté de sabotage ou l’espionnage. Les impacts vont de l’indisponibilité momentanée de l’infrastructure informatique à la mise hors service d’infrastructures critiques par du sabotage. Ces attaques peuvent avoir de très lourdes conséquences financières voir humaines. En effet, lors de l’attaque Triton en 2017, la prise de control des systèmes de sécurité d’une industrie pétrochimique, aurait pu occasionner des accidents mortels. Dans notre contexte de smart city, on peut s’imaginer ce que donnerait une cyberattaque contre des centrales électriques ou le jumeau numérique d’un patient.

 

ELCA va apporter au projet son expertise en cybersécurité. Concrètement, ses équipes vont définir un concept de sécurité pour le jumeau numérique. Après études des besoins des différents acteurs de la smart city, les équipes ELCA vont développer un cadre pour contrôler l’accès aux jumeaux numériques, assurer l’intégrité et la confidentialité des données exposées. Enfin une attention particulière sera portée à la communication entre jumeaux numériques et physiques. L’approche envisagée est une approche de sécurité dès la conception. Cette approche donne lieu à un système plus résilient où la sécurité est intégrée plutôt que d’être ajoutée a posteriori comme un correctif.

L’artiste Matt Pokora se lance dans le metaverse et une société suisse est de la partie

Le metaverse est en train de bouleverser l’industrie du divertissement et d’ici la fin de l’année 2022, Matt Pokora, l’artiste aux millions d’albums vendus et aux shows scéniques grandioses, va faire vivre une expérience unique à ses fans, en présentant un show digital en présence de son avatar «MP7». Sa prochaine tournée conjuguera concerts en présence physique et show virtuel, le «MP7 transition», dans le metaverse. SECUTIX, filiale d’ELCA, approchée par la société française Metalive, participe à cette révolution.

 

Réinventer le lien entre l’artiste et ses fans

Pour tous ceux, et ils sont encore nombreux, pour qui le metaverse relève de la science-fiction, une explication en préambule.

Il n’y a pas si longtemps, avant l’arrivée des plateformes de streaming, la sortie d’un album s’accompagnait d’un rituel qui semblait immuable. L’artiste entamait ses tournées promotionnelles accompagnées de séances de dédicaces, qui étaient autant d’occasions de rencontres avec le public. Et dès la semaine de sortie de l’album, les fans se ruaient chez les disquaires pour acheter physiquement l’objet.

Tout cela semble aujourd’hui révolu tant Spotify, Apple et autres Deezer, ont révolutionné et transformé la consommation de la musique. Le lien affectif entre l’artiste et ses fans s’est peu à peu déconstruit. L’idée est donc de réinventer, de reconstruire cette relation, dans un monde qui s’est modifié et digitalisé et où l’univers de l’artiste compte tout autant que ses chansons.

Matt Pokora, qui va fêter l’an prochain ses 20 ans de carrière et qui draine derrière lui des millions de followers sur les réseaux sociaux et plusieurs centaines de milliers de fans, s’est tourné vers la société française Metalive pour proposer pour sa tournée 2023, en France, Belgique et Suisse notamment, un mix entre concert physique et metaverse, cet univers virtuel en 3D très prisé des plus jeunes publics pour sa forte dimension interactive et sociale.

 

Votre avatar entre sur scène

À la baguette pour entrer dans ce monde immersif, la société française Metalive, qui va mettre sur pied de nombreux shows interactifs virtuels dans le metaverse. Pour assister au spectacle, les fans pourront se connecter à l’univers virtuel imaginé et fantasmé par Matt Pokora via une simple URL, avec leur PC, leur console de jeux ou leur smartphone. 10 000 premiers fans auront ainsi la possibilité de découvrir à l’automne prochain ce nouveau format de show immersif, à mi-chemin entre jeu vidéo, vidéo-clip et comédie musicale immersive. De chez eux, les utilisateurs pourront créer, à leur image, leur propre avatar, et explorer différents univers 3D, discuter avec les autres utilisateurs ou accompagner activement le double digital de Matt Pokora «MP7» dans sa quête jusqu’à même pouvoir interagir avec lui en live.

 

Les fans de Matt Pokora pourront bénéficier de bonus exclusifs : accès aux répétitions, rencontre avec l’artiste, accès au show virtuel, hologramme collector ou encore acquérir un «non fongible token» unique parmi une édition limitée de 10 000 exemplaires. Pour attester de leur unicité et authenticité, les NFT sont inscrits sur la blockchain, sorte de grand livre immuable et inviolable, qui garde les traces de tous les éléments inscrits et permet échanges et reventes en toute sécurité. Les, NFT, déjà très présents dans le domaine du sport entrent donc également en force dans le secteur de la musique.

 

Redonner le pouvoir aux artistes en réinventant la vente des billets

Le système de vente de billets en ligne vit lui aussi sa révolution. Aujourd’hui, le digital permet un lien direct entre l’artiste et son public. Ainsi la distribution des billets de Matt Pokora sera effectuée, dans un premier temps et en exclusivité, directement par l’artiste, proposant ainsi un nouveau modèle de commercialisation.

C’est ici que SECUTIX, filiale d’ELCA, entre en scène avec ses applications dédiées au secteur de l’entertainment. Sur la base d’un moteur de billetterie, capable de gérer différentes combinaisons de produits pour l’ensemble des concerts de la tournée Épicentre, soit plus de 30 salles et dates, le producteur a conçu un éventail d’offres. Combinée avec l’application mobile TIXNGO qui sécurise les billets via la blockchain, le fan sera doté d’un véritable compagnon mobile. Il pourra accéder aux concerts physiques, toujours générateurs d’émotions partagées entre les fans, mais également aux évènements virtuels. L’application permet à l’artiste de mieux connaître son public, de pouvoir communiquer avec chaque fan présent à ses spectacles et, aussi de se préserver des dérives du second marché de la billetterie en ayant à chaque instant le contrôle de ses billets, dont le QR code dynamique n’apparaitra qu’au dernier moment pour contrer toute possibilité de revente de son titre par une simple copie d’écran.

 

La tournée de Matt Pokora inaugure une première. Jamais un tel spectacle n’avait encore été conçu en Europe. Il deviendra sans doute la norme, dans la prochaine décennie.

Genève: capitale mondiale de la cybersécurité numérique?

La réputation de la Suisse s’est faite autour de produits d’excellence, comme les montres, les fromages ou les couteaux d’officiers. Il en est un qu’il est urgent de mettre en avant, celui de la fiabilité numérique. De la même manière que les banques ont acquis, depuis le 19-ème siècle, la confiance des nations, la Suisse doit devenir un coffre-fort numérique, de dimension mondiale.

 

En bonne compagnie

Nous sommes en bonne compagnie pour partager cette conviction. Le président de Microsoft, Brad Smith, plaide depuis des années pour une «Convention numérique de Genève», un texte fondateur qui se baserait sur le modèle des Conventions de Genève de 1949, pour réguler les technologies liées à Internet. Il a contribué à créer, en 2019, le «CyberPeace Institute», où il siège aux côtés notamment de Martin Vetterli, président de l’EPFL ou de Khoo Boon Hui, ancien président d’Interpol. Le «Cyberpeace Institute» aujourd’hui déjà aide les ONG, basées à Genève, à améliorer leur sécurité numérique. Cette ONG se base sur un réseau d’entreprises et d’experts. Logiquement, Elca en fait partie et met à disposition des spécialistes pour intervenir sur demande afin d’améliorer la résilience numérique de la Genève internationale.

Invité récemment par la CCIG, la Chambre de commerce et d’industrie genevoise, Brad Smith, a lancé à nouveau un appel devant des PME, pour que Genève contribue à augmenter les standards de sécurité de l’ère numérique. La ville internationale abrite toutes les grandes organisations onusiennes et des centaines d’organisations non-gouvernementales. Elle doit et devenir la capitale mondiale de la cybersécurité. Si elle ne le fait pas, les institutions internationales risquent de partir vers des lieux plus sécurisés. Le défi est à relever et il est à notre portée.

 

Pourquoi est-ce primordial

La Suisse a des atouts à faire valoir pour prendre la tête du domaine de la cybersécurité mondiale: sa neutralité, sa stabilité politique et sa sécurité juridique. Il s’agit aujourd’hui de ne pas rater le tournant du numérique. En effet, si la confédération a offert un havre de paix physique durant le 20ème siècle, le 21ème, numérique, nous met en face de nouveaux challenges qu’il s’agit de ne pas manquer.

De plus, le Swiss made est apprécié en matière de sécurité, nous avons pu en juger il y a quelques semaines, lors du Forum International de la cybersécurité de Lille. Il s’agit de l’un des plus grands rassemblements en Europe, qui s’est tenu début juin, en présence de dizaines de milliers de visiteurs sur trois jours. Dans un contexte d’explosion des menaces cyber, tous les acteurs clés du domaine étaient à Lille et «Présence Suisse» y avait un Pavillon, qui accueillait huit sociétés suisses et start-up, dont ELCA.

Première constatation qui nous a tous frappés: La place suisse jouit grande confiance, supérieure à celle placée dans les plateformes américaines et même européennes. La Suisse représente un havre de paix et sa stabilité politique est un atout aussi dans le domaine numérique.

 

Et les coûts, me direz-vous?

Pour les prestations de consulting et les coûts des services, la Suisse est certes plus chère que la plupart des autres pays, sauf peut-être l’Angleterre. Cependant, il faut savoir que dans le domaine de la cybersécurité, les tarifs ne sont pas seuls décisifs et que les sociétés sont enclines à mettre en jeu des montants élevés, pour assurer une sécurité numérique, souvent décisive pour leur avenir. Les entreprises se rendent compte également du coût de la non-sécurité.

C’est surtout la qualité et l’indépendance des services suisses qui peut faire différence. Ce bien là est difficilement quantifiable et il s’agit d’exploiter ce trésor que nous possédons. D’autant qu’en matière de cybersécurité, à l’exception des aspects cloud, le lieu physique où se situent les sociétés n’a que peu d’importance. ELCA, depuis la Suisse contrôle la sécurité des infrastructures de ses clients dans le monde entier, grâce à son service managé de sécurité «Senthorus», société suisse, issue d’un partenariat avec le leader de la cyberdefense Bluevoyant. L’objectif est de combler le manque d’une police du numérique, en complément des institutions publiques déjà bien chargées.

 

Le temps file est il est plus que jamais nécessaire de pousser les réflexions autour des infrastructures souveraines de confiance dont notre pays, tout comme la Genève internationale a besoin. Si nous manquons ce tournant, d’autres pays le feront pour nous.

Digitalisation en Suisse Justice

La justice suisse pionnière en matière de numérisation

Le monde judiciaire suisse a lancé, il y a 6 ans, un projet titanesque, qui se fait sans bruit mais qui peut servir de modèle à tous les autres secteurs de la société, engagés dans la bascule numérique.

Imagine-t-on que, d’ici 2026, les magistrats et les avocats seront libérés des montagnes de papiers, des milliers de documents entassés dans des classeurs? Que les avocats et les juges pourront consulter les dossiers en ligne, communiquer en ligne? Qu’il sera possible d’envisager plus facilement le télétravail dans le monde judiciaire, introduit durant la période de confinement. D’ici 4 ans, le monde de la justice suisse travaillera avec des dossiers électroniques et il s’agit bien d’une révolution. Les premiers cantons pourront bénéficier de la solution dès la fin 2023.

Le changement va impacter tout le fonctionnement des tribunaux, parquets, bureaux d’avocats et se fera au bénéfice du justiciable. Nous ne sommes pas peu fiers que notre société, ELCA Informatique, ait été choisi, aux côtés d’une société alémanique Zühlke, pour participer de manière importante à cette opération modèle, qui se fait au niveau national, dans toutes les régions de Suisse et dans les quatre langues.

 

La justice donne le ton

Le nom de code du projet, qui est encore inconnu du grand public : Justitia 4.0. Il est porté conjointement par le pouvoir judiciaire, le pouvoir exécutif et les avocats. Le principe de la dématérialisation des domaines du droit pénal, civil et administratif a été accepté en 2016 déjà, par tous les cantons, le Ministère public de la Confédération, les tribunaux, les parquets, les ordres des avocats. Le projet est passé dans sa phase de concrétisation en 2019 et a connu une phase d’accélération, en juillet de cette année, par la désignation des sociétés partenaires. Parmi les 6 fournisseurs qui étaient en lice, deux sociétés, l’une alémanique, l’autre romande, ont été choisies: Zühlke Engineering, basée à Schlieren dans le canton de Zürich, développera la plateforme sécurisée et ELCA, sera responsable de l’exploitation technique, de la validation de la plateforme (tests), de la gestion opérationnelle du cloud et des données ainsi que du support.

 

Le projet est pionnier, car il est national et le fédéralisme n’a pas été un frein au processus de numérisation. Ce qui se fait lentement en matière de santé, avec le dossier électronique du patient, ce qui en est encore en ses balbutiements, en matière d’assurances sociales, ce qui a échoué devant le peuple en matière d’identité électronique, est en voie de réussite dans le monde du judiciaire.

 

D’ici 4 ans, les dossiers physiques actuels seront remplacés par des dossiers électroniques. En clair, dès l’achèvement du système, les échanges juridiques se feront en un clic, via la plateforme centrale «Justitia.Swiss» où les pièces pourront être déposées, échangées, notifiées et consultées à distance; et ceci de manière sécurisée.

Cela devrait accélérer les processus de la justice, avec une amélioration notable de la collaboration entre cantons et de la collaboration internationale. Et avec, au final, un gain notable pour les justiciables, qui pourront compter sur une justice plus souple et plus rapide. La numérisation, au service de la société, avec un partenariat public-privé: le processus est un modèle et démontre que des sociétés suisses sont capables de relever des défis aussi sensibles et critiques.

 

Un cloud souverain suisse pour abriter les données

La protection des données et la sécurité des informations sont évidemment un des grands enjeux du projet. La capacité d’assurer le bon fonctionnement de la plateforme, sur durées qui se mesurent en décennies et ce de façon souveraine est également un défi dans une monde informatique et un contexte international en perpétuel changement. A terme, les données de la justice suisse se retrouveront sur le cloud souverain d’ELCA, un cloud suisse, géré, en Suisse par une société suisse. On se souvient de la polémique, engendrée par l’attribution du stockage d’une partie des données de l’administration fédérale à la chinoise Alibaba et aux sociétés américaines Amazon, IBM, Microsoft et Oracle, pour un contrat total de 110 millions de francs. Les milieux politiques s’étaient inquiétés d’une possible colonisation numérique du pays.

 

Le projet est une opportunité unique pour ELCA qui pourra s’appuyer sur ses compétences prouvées dans le domaine de la sécurité et de la gestion de son cloud souverain; c’est également un grand défi qui devra assurer non seulement l’hébergement des données, la gestion opérationnelle du cloud, mais aussi la logique de soutien et de réponse aux clients, avec un service accessible 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 et en 4 langues.  Il s’agit d’un projet d’envergure qui engage ELCA pour la prochaine décennie, qui nécessite du personnel supplémentaire, et qui par conséquent démontre l’ancrage suisse du groupe ELCA et son engagement dans le développement des compétences critiques en Suisse. Justitia 4.0 prouve aussi que la Suisse a tout en main pour préparer son futur numérique, pour peu que les partenaires, publics et privés, agissent dans la concertation, main dans la main.

Comment le numérique transforme le domaine bancaire

Le numérique se place aujourd’hui en tête des priorités du secteur financier et les enjeux sont énormes. L’industrie bancaire voit apparaître de nouveaux acteurs, comme les Big Techs, des banques numériques et des fintechs, ainsi que de nouveaux produits et des modèles d’affaires qui transforment le secteur en profondeur. Face à cette évolution, la Confédération suisse a publié en février 2022 le rapport «Finance numérique: champs d’action 2022+» qui identifie des actions concrètes et ciblées en vue de l’adoption d’une approche du monde bancaire à l’épreuve du temps.

 

Un facteur de compétitivité

Les banques ont toutes accéléré leur cadence en matière de transformation numérique, car il en va de leur survie et de leur compétitivité. Les nouveaux acteurs du marché – à l’image des banques numériques – innovent en permanence et deviennent des concurrents importants dans certains segments comme les paiements ou les crédits aux entreprises. Ils utilisent leurs capacités pour écouter et résoudre les problèmes courants des clients bancaires tout en ciblant des domaines spécifiques à résoudre. Interprétant des données précises sur les comportements et les préférences de leurs clients cibles, ils développent et proposent des solutions innovantes en conséquence. En Suisse, la plupart de fintechs sont basées à Zurich, la cité qui compte plus de startups que le reste du pays et qui occupe le 16ème rang en Europe des écosystèmes favorables aux startups. À Zurich se trouve également le centre européen de Google, qui n’emploie pas moins de 5000 personnes. Le centre de la blockchain reste pour sa part à Zoug.

 

Les clients ne sont plus ce qu’ils étaient!

Le comportement et les attentes des clients ont irrévocablement changé: les interactions quotidiennes, privées et professionnelles, se sont de plus en plus orientées vers le numérique. La crise du Covid a elle-aussi contribué à rendre plus urgente la transformation numérique de l’industrie bancaire. Les services financiers numériques connaissent un essor exponentiel: chaque jour amène son lot d’innovation, avec par exemple la possibilité d’ouvrir très facilement un compte bancaire en ligne en quelques instants, d’effectuer des paiements mobiles transfrontaliers, des demandes de BNPL («buy now pay later»), d’appliquer l’intelligence artificielle aux investissements, etc.

 

Il est bien fini le temps où les clients entretenaient des relations privilégiées et durables avec une seule banque, basées sur la «tradition». Désormais ces mêmes clients s’attendent à ce que leurs besoins soient anticipés, compris et ciblés; ils recherchent le meilleur service possible. Cela met une pression énorme sur les banques du monde entier: elles doivent changer d’approche, devenir numériques avant tout dans leurs propositions de valeur et éviter le «trop compliqué», le «trop lent» ou le «trop ennuyeux».

 

Des avancées majeures ces dernières années

La Suisse est au demeurant bien armée dans cette compétition, à l’image des paiements instantanés dont l’implantation au niveau national est prévue pour le mois d’août 2024. L’enjeu actuel – pour la plupart des banques – est d’accélérer leur transformation numérique: Les modifications fondamentales du marché les poussent – en particulier les établissements de petite et moyenne taille – à mieux comprendre les tendances du secteur et à aligner leurs stratégies sur les nouveaux besoins clients, sur la base de capacités numériques ciblées.

 

Pour y parvenir, ils recherchent des partenaires extérieurs de confiance, en mesure de leur fournir des conseils avisés, une expérience confirmée et l’expertise nécessaire en matière de transformation numérique et d’implantation de nouveaux modèles d’affaires digitales. Il est attendu de ces partenaires qu’ils soient capables de comprendre leurs besoins et plus encore ceux de leurs clients – par une étude minutieuse des «processus clients», en ciblant les actions à engager et en synthétisant une «carte des besoins» personnalisée.

 

Les sociétés suisses de la high tech sont bien placées sur ce marché. Elca Informatique a lancé le premier chatbot en Suisse dès 2017 et développé la première plate-forme de courtage hypothécaire 100% digitale en Suisse en 2019. L’expertise en matière de stratégie ‘future-proof’ et de modèles commerciaux numériques est cruciale.

Il est important que le secteur bancaire soit accompagné dans la transformation digitale. Il y va de l’avenir du secteur financier.

Des entreprises suisses à l’assaut des NFT

Le monde des NFT est encore largement méconnu du grand public et pourtant, c’est une vraie révolution qui est en train de s’opérer dans l’industrie du divertissement et du sport. Les entreprises suisses de la high tech s’y sont lancé et visent même le marché américain.

 

Que sont les «Non Fungible Tokens»?

Prenons l’exemple du sport: pour le dire simplement, les «Non Fungible Tokens», ou NFT sont comparables à des jetons numériques. Cela peut être, à la base, des billets d’entrée pour un match évènement, une image ou une vidéo se rattachant à un club de foot, de basket, un joueur de tennis ou un cycliste prestigieux, ou des séquences vidéo avec des phases de jeu particulièrement spectaculaires. On trouve des NFT dans tous les sports grand public et l’engouement est basé sur deux notions clés: la rareté et la possession personnelle.

 

Imaginez le supporter du Real Madrid qui s’est rendu à la récente finale de la Champions League pour soutenir son équipe favorite. Le billet, rare et gagnant, pourra être transformé en mémoire NFT. Il deviendra une sorte de trophée digital, grâce à la technologie de la blockchain, avec certificat d’authenticité numérique infalsifiable. Le supporter possédera donc un objet virtuel unique, «à lui», qu’il pourra échanger ou vendre, un peu à la manière des bons vieux Panini. Le jeton digital pourra aussi devenir un objet de collection, qui pourra faire l’objet d’une vraie spéculation. Après tout, le Real Madrid a gagné 14 trophées! Ces biens numériques lui permettront aussi de profiter de privilèges, que lui seul aura: rencontrer les joueurs, assister à des conférences, à des entrainements ou même de vrais matchs. Une manière aussi pour le club de fidéliser ses fans et de faire vivre les évènements sportifs, en dehors des stades.

 

Trois types de population s’intéressent aux NFT: les fans qui cultivent une relation d’appartenance à une communauté, qui montrent leur passion et leur engagement auprès d’un club (d’un film, etc) en acquérant des nouveaux statuts digitaux, des collectionneurs motivés par la possession d’assets rares, pour qui il s’agit d’un nouvel eldorado et des spéculateurs qui espèrent réaliser une plus-value à la revente. La plateforme de NFT Sorare a déjà obtenu les licences officielles de plus de 230 clubs de 39 ligues. Parmi eux, le Real, le FC Liverpool ou le Paris Saint-Germain. Et des investisseurs et partenaires comme Antoine Griezmann ou Gérard Piques.

 

Un marché qui explose

Tous les clubs, même suisses, s’intéressent désormais à ces jetons numériques et se sont lancés dans cette technologie de stockage et de transmission d’informations, qui représentent une source de revenus supplémentaire et un nouveau moyen d’augmenter les communautés de fans. En Suisse, le FC Sion a été le premier club à lancer un partenariat avec Sorare, qui permet à ses supporter d’échanger et de jouer librement avec des cartes numériques de joueurs comme Guillaume Hoarau ou Kevin Bua. L’intérêt pour ce secteur en pleine croissance est donc mondial. Les marques digitales sont d’ailleurs en train de prendre le pouvoir sur le marché du sport et de remplacer les sponsors traditionnels. Ainsi la plateforme texane DigitalBits trône au centre du maillot de la Roma, en tant que sponsor principal. A Los Angeles, le «Staples Center» (foyer des Lakers) a été renommé «Crypto.com Arena». Au PSG, l’Argentin Messi est payé en partie avec ces cryptoactifs qui réinventent la relation entre les supporters et leurs équipes favorites. La gamification est devenue un élément fondamental de l’engagement des fans dans l’industrie du sport.

 

Une technologie blockchain

Le phénomène NFT a été lancé il y a quelques années, aux Etats-Unis, au sein de la NBA. Les fans ont commencé à filmer des clip vidéo, de 5 à 6 secondes, avec les plus beaux gestes techniques du basket professionnel américain, qu’ils se sont mis à échanger ou vendre. Le marché était lancé. Aujourd’hui, certaines vidéos peuvent atteindre des sommes faramineuses, comme le fameux dunk de Lebron James, des LA Lakers, vendu pour 387 600 dollars après un match de février 2020.

Les NFT sont basés sur la technologie blockchain. Comme pour les crypto-monnaies, lorsque des NFT sont vendues, les informations, difficilement falsifiables, sur qui possède quoi, sont stockées dans un répertoire décentralisé.

 

Les solutions suisses

L’écosystème du métavers et des NFT attire bien évidemment aussi les entreprises et les utilisateurs suisses, qui trouvent de plus en plus de valeur ajoutée dans le monde virtuel et interconnecté. Secutix, une société Elca, a imaginé une solution TIXnGO, un prototype de trophée digital pour un club américain. Après le match, les billets sont convertis en souvenirs numériques pour devenir des collectors. Les clubs peuvent dès lors proposer des avantages uniques aux possesseurs d’avoir digitaux et développer la communauté des fans dans le monde numérique.

Des millions de personnes sont sur ce marché qui n’est pas près de se tarir et est même exponentiel.

 

digitalisation innovation suisse

Numérique: Et si la Suisse se faisait confiance?

Et si pour une fois la Suisse décidait de se faire confiance. De rompre avec sa traditionnelle modestie et de faire valoir ses atouts, qui sont immenses, dans le domaine de la hightech, de la gouvernance d’internet, de la cybersécurité. Et de l’innovation numérique où de véritables révolutions sont en cours, qui vont toucher de près les Suisses. L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle a classé notre pays à la première place de l’Indice mondial de l’innovation. Avec un tel palmarès, les Américains de la Silicon Valley, où j’ai eu le bonheur de travailler, auraient déjà rajouté une étoile à leur drapeau. Mais la Suisse n’aime pas se vendre. A tort. Il faut changer notre vision de nous-même et prendre conscience de nos atouts. Car le pays est prêt pour affronter l’avenir digital et les propositions pullulent. Prenons quelques exemples.

 

Des innovations qui vont changer le quotidien

Le « Symposium de Prévoyance Suisse » se tiendra à Zurich, du 8 et 9 juin prochain, en présence de quelques 2’300 visiteurs du monde des instituts financiers, des assurances ou encore des entreprises informatiques. Il y sera beaucoup question de digitalisation et la Suisse romande pourra mettre en avant quelques initiatives pionnières, dont celle récompensée par une distinction aux Digital Economy Awards, en septembre dernier à Zurich. La solution primée, fruit d’un partenariat entre la caisse vaudoise de compensation AVS et la société Neosis, consiste à ouvrir des canaux de communication, pour offrir aux citoyens, indépendants et entreprises, toutes les informations voulues sur leurs avoirs et prestations de prévoyance. L’ingéniosité du système suisse des 3 piliers n’est plus à démontrer. Et sa complexité non plus! Qui laisse les citoyens dans un brouillard complet sur les avoirs dont ils disposeront au moment de leur retraite. S’informer prend des semaines et les réponses, sous format papier, sont impossibles à déchiffrer. En ce domaine, la situation est pourtant en train de bouger à grande vitesse. Les entreprises vaudoises, affiliées à la caisse de compensation, et bientôt les citoyens, auront prochainement la possibilité d’aller sur un portail, pour y adresser en un clic, leur demande et avoir une vision compréhensible et simple de leur situation. Un chatbot pourra même répondre à leurs questions. L’OFAS, l’office fédéral des assurances sociales, suit de près ces initiatives. Il ne s’agit-là que d’un exemple, parmi beaucoup d’autres.

 

La Suisse doit cultiver sa confiance numérique

La Suisse et singulièrement la Suisse romande, dispose d’un incroyable écosystème numérique, qu’il s’agit de valoriser, en cultivant la confiance en ses talents. Prenons un autre exemple, celle de l’identité électronique, dont la pertinence n’est pas remise en cause, en attendant de régler ses modalités d’application. Sait-on qu’il existe une solution appliquée en Suisse, à savoir VaudID-Santé, qui répond à toutes les exigences, même celles des utilisateurs les plus critiques? Elle offre un aperçu centralisé et convivial des données gérées par les utilisateurs eux-mêmes. De plus, elle est entièrement sécurisée et pour ainsi dire à l’épreuve des balles. En tant qu’innovation, elle rencontrera certainement des difficultés d’acceptation au début. Mais une chose est sûre: c’est la voie que la Suisse va suivre.

 

Énumérer les écoles romandes de pointe, en la matière de cybersécurité, c’est égrener une longue liste, qui va de l’EPFL à la Haute École d’ingénierie et d’architecture de Fribourg, ou encore l’Université de Lausanne qui héberge le Swiss Cybersecurity Advisory and Research Group. L’institut de recherche Idiap a par ailleurs été choisi comme seul partenaire européen dans le projet de recherche exclusif Abacus de Google. Et la liste n’est de loin pas complète. Sait-on que Genève abrite plus de 50% des activités internationales en rapport avec l’Internet et héberge de nombreuses organisations telles que l’Internet Society, la Geneva Internet Platform, l’Internet Governance Forum, l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, le Geneva Center for Security Policy et l’International Telecommunication Union. Et que la Suisse est en train de se construire une réputation mondiale dans le domaine de la gouvernance d’internet. Qui dit mieux!

 

La Suisse a tous les atouts

La bascule numérique de la société est en bonne voie et la Suisse a tous les atouts pour la mener, en toute transparence et sécurité. Elle possède un puissant d’alliage d’esprit d’innovation et de capacité entrepreneuriale. Elle abrite des écoles de très haut niveau, tournées vers le futur digital, en matière d’ingénierie, de cryptage, d’algorithmes et de sécurité et également toutes les compétences nécessaires à l’industrialisation de ces solutions.

Il s’agit de le dire haut et fort, une bonne fois pour toute.