Luís de Camões : poète lyrique, belliqueux, séducteur et brillant

Luís de Camões : le Shakespeare portugais

Considéré comme le poète national du Portugal, Luís de Camões, en français Camoëns, fait l’objet d’un culte de la part du peuple lusitanien en général, et des gens de lettres en particulier. L’on compare son œuvre à celle de Virgile, de Shakespeare ou de Dante. Peu apprécié de son vivant, il gagne en reconnaissance avec le temps. Le Jour de la Langue Portugaise est, au pays de l’embouchure du Tage, fêté le 10 juin, date de sa mort. Brillant versificateur du classicisme portugais, en plus d’être considéré comme un savant poète de la Renaissance, il est surtout connu pour son poème épique, Os Lusíadas, divisé en dix chansons divisées en octaves. Cette épopée a pour thème les conquêtes des Portugais: leurs guerres et leurs navigations.

Sa vie reste un peu floue, mais l’on sait qu’il a parcouru l’empire portugais, alors à son apogée. Dans l’ouvrage Poètes de Lisbonne – Ed. lisbon poets & co – j’ai choisi le sonnet Changent les temps, changent les volontés parce que, bien qu’écrit au 16e siècle, il entre parfaitement en résonance avec ce que nous vivons actuellement.

 

Luís de Camões : guerrier, séducteur et poète

On ignore le lieu et l’année de sa naissance, mais il est stipulé que c’était plus ou moins en 1525, près de Lisbonne ou de Coimbra. Ses parents étaient originaires de Galice. De par son père, il serait le descendant d’un célèbre troubadour, de par sa mère du navigateur Vasco de Gama. On sait peu de choses sur son enfance, mais en 1547, âgé probablement de 22 ans, Camões rejoint l’armée de la Couronne portugaise et débarque en Afrique en tant que soldat. Au cours d’un combat au Maroc, il perd son œil droit. En 1552, il revient au Portugal où il mène une vie de bohème et de séducteur. Aussi assidu des fêtes populaires que des fêtes organisées par la noblesse, on lui prête de nombreuses amours et conquêtes, non seulement avec les dames de la cour mais aussi avec l’Infante elle-même, la soeur du roi. On lui accorde également une histoire passionnelle avec une comtesse. Selon la légende, il serait tombé en disgrâce à cause de son Don Juanisme, au point d’être exilé à Constância ou Santarém mais aucun document ne le confirme. Ce que l’on sait avec certitude, c’est qu’en 1552, il est blessé lors d’une rixe avec un gentilhomme de la maison du roi, un certain Gonçalo Borges, ce qui le conduit en prison. L’année suivante, libéré par une lettre royale de rémission, il est envoyé aux Indes où il participe à plusieurs expéditions militaires.

La rixe qui envoya Camões en prison.

Luís de Camões : une muse, un naufrage, une œuvre

En 1556, ces expéditions arrivent en Chine où il rencontre Dinamène – en réalité Tin Nam Men – une chinoise qui devient sa maîtresse. Ils vivent une folle passion amoureuse jusqu’à ce qu’une tragédie les sépare. Dans un naufrage, Dinamène se noie et une fois de plus, la légende s’en mêle. Une première version dit que n’ayant pas pu sauver sa bien-aimée, le poète sauve la seule chose qui lui reste : le manuscrit d’Os Lusíadas, le tenant d’une main hors de l’eau au-dessus de sa tête tandis, que de l’autre bras, il nage. Une version moins romantique, prétend que Camões aurait préféré sauver son manuscrit plutôt que la jeune femme.

Arrivé à Goa en 1561, il y est emprisonné pour des raisons restées obscures, et libéré deux ou trois ans plus tard.

En 1570, il revient à Lisbonne sans un sou. Son monument littéraire Os Lusíadas est publié en 1572.

Camões publiera d’autres poèmes après Os Lusíadas. Plusieurs d’entre eux déplorent la mort de Dinamène, dont le célèbre A Saudade de Ser Amado. D’innombrables sonnets, comptines et rondes, verront encore le jour, en plus d’autres grandes œuvres, devenues mondialement connues, parmi lesquelles El-rei Seleuco. Mais le poète ne sait pas gérer les bénéfices que lui rapportent ses publications. Il décède à Lisbonne le 10 juin 1580 dans un état de pauvreté absolue.

Sources:

  • Treze
  • Poètes de Lisbonne, Ed. lisbon poets & co
  • Elaine Barbosa de Souza
  • Babelio
  • Anna de Cassia
  • Wikipédia

A relire ou à lire : « La Peste » d’Albert Camus

La Peste d’Albert Camus : un récit en plusieurs strates

L’essentiel de mes lectures, depuis quelques mois, se penche sur le fascisme. D’où ma relecture de La Peste, cet hiver, une métaphore de la peste brune, autre nom du nazisme. Puis, l’arrivée du nouveau Coronavirus a précipité les lecteurs sur ce livre d’Albert Camus paru en 1947. Une chronique faisant partie du cycle de la révolte, qui compte deux autres ouvrages: L’Homme révolté et Les Justes. Toutefois, La Peste peut également se lire au premier degré, comme un journal relatant régulièrement l’avancée d’une maladie bactériologique.

La Peste : résumé du récit

A Oran, en Algérie, le docteur Rieux découvre un rat mort, sur son pas de porte, sans qu’il y prête attention. Son épouse souffre de la tuberculose. Il doit la conduire à la gare afin qu’elle se fasse soigner ailleurs, dans un lieu mieux équipé pour lutter contre sa maladie. Quelques jours plus tard, on trouve des milliers de rats morts dans les rues. La ville nettoie tout sans se préoccuper davantage de cet incident. Mais enlever les rats crevés ne suffit pas. Le concierge du docteur Rieux meurt. D’autres habitants de la ville, riches ou pauvres, également. Affolé par le nombre important de rats qui continuent de mourir, Grand, un employé de la mairie, consulte le docteur. Recherché par la police Cottard essaye de se pendre. Le médecin le sauve. Rieux s’évertue âprement de convaincre la municipalité de mettre la ville en quarantaine. Il se passera quelques temps avant qu’elle ne réagisse et ferme les accès.

Coupés du monde avec lequel ils ne peuvent communiquer qu’au travers des télégrammes, les habitants paniquent. Deviennent violents et égoïstes. Le docteur Rieux tente de sauver les malades, pendant que Rambert, un journaliste, n’a qu’une idée fixe : sortir de la ville pour rejoindre sa femme à Paris. Quand enfin il pourra le faire, il préférera rester à Oran pour aider Rieux à combattre la maladie.

Tarrou est le fils d’un procureur qui ne brille pas toujours par sa bonne attitude. Bien qu’il soit extérieur à la ville, de par sa naissance, il est une personne dont on se méfie. Par la suite, il deviendra une aide précieuse : il a confiance dans la force de l’Homme et dans sa capacité à surmonter les épreuves, notamment grâce à la solidarité.

Cottard, qui ne pense plus au suicide, profite de la situation pour se livrer à des trafics lucratifs. De son côté, Grand commence la rédaction d’un livre, mais reste bloqué sur la première phrase. Pour la population d’Oran la situation est critique. Les gens se renferment et perdent le goût de vivre.

Trois mois passent. L’été arrive. La propagation de la peste fait tant de victimes qu’on ne les enterre plus. On les jette dans une fosse commune. La folie gagne les habitants. Certains attendent, résignés, l’arrivée de la mort. D’autres se livrent à des pillages. La municipalité serre la vis. Sanctionne sévèrement les abus. Mais les habitants ont perdu tout espoir. Leur démence ne peut pas être contenue par la justice.

A l’arrivée de l’automne, cela fait des mois que Rambert, Rieux et Tarrou luttent contre la peste.

L’abbé Paneloux, qui au début du livre considère la peste comme un châtiment divin, est touché par l’absurdité de la situation. Doutant de sa foi, il se réfugie dans la solitude. Il meurt le crucifix à la main après avoir refusé de se faire soigner. A Noël, c’est Grand que la maladie attaque, mais le sérum qui a été développé pour combattre le bacille devient soudainement efficace et il s’en sort. A cette nouvelle, la ville est rassurée. Les rats reviennent et avec eux l’espoir des habitants d’Oran.

Malgré la persistance de la peste, les victimes sont moins nombreuses. Le calme réapparaît, la joie des habitants également. Cependant, infecté lui aussi, Tarrou meurt après une lutte acharnée contre la maladie. En apprenant la fin de l’épidémie, Cottard devient fou et tire sur les gens depuis sa fenêtre. On l’incarcère. Dans le même temps, un télégramme apprend à Rieux la mort de sa femme. La tuberculose l’a emportée. Après s’être battu pendant plus d’un an contre un fléau sans en être affecté, il éprouve soudainement un énorme chagrin.

En février, la ville ouvre à nouveau ses portes. Les habitants exultent de joie en retrouvant leur liberté. Vers la fin du récit, on apprend que le narrateur est le Docteur Rieux. Tout l’ouvrage est écrit comme un journal intime.

La peste d’Albert Camus : lecture à l’ombre du nouveau Coronavirus

En 1941, en pleine guerre, Albert Camus fuit la France métropolitaine et les horreurs de l’Occupation allemande. Pour lui, l’Algérie est la dernière terre française encore libre. Il s’installe à Oran et découvre une ville qui tourne le dos à la mer, dont la maladie est l’ennui et ou la vie sociale se résume à de longues promenades. De plus l’Algérie de 1941 est loin d’être la terre de liberté qu’il espère. Comme à Vichy, à Rome ou à Berlin, les militaires dirigent tout en traquant les dissidents. Camus voit s’installer la peste brune, ce totalitarisme qui se répand sur le monde. Oran servira de décor à son chef-d’œuvre. Ci-dessous, je propose quelques extraits que je vous laisse interpréter à votre guise. On peut les lire à l’ombre du Covid-19 et des données que nous connaissons déjà, du moins celles délivrées par l’OMS, les gouvernements, la presse, les économistes et les divers activistes, notamment chinois. Ou, sous le regard du spectre des totalitarismes qui nous menacent.

La peste d’Albert Camus : extraits

« Les fléaux, en effet, sont une chose commune, mais on croit difficilement aux fléaux lorsqu’ils vous tombent sur la tête. Il y a eu dans le monde autant de pestes que de guerres. Et pourtant pestes et guerres trouvent les gens toujours aussi dépourvus ».

« Le lendemain de la conférence, la fièvre fit encore un petit bond. Elle passa même dans les journaux, mais sous une forme bénigne, puisqu’ils se contentèrent de faire quelques allusions. Le surlendemain, en tout cas, Rieux pouvait lire de petites affiches blanches que la préfecture avait fait rapidement coller dans les coins les plus discrets de la ville. Il était difficile de tirer de cette affiche la preuve que les autorités regardaient la réalité en face. Les mesures n’étaient pas draconiennes et l’on semblait avoir beaucoup sacrifié au désir de ne pas inquiéter l’opinion publique ».

« Mais une fois les portes fermées, ils s’aperçurent qu’ils étaient tous, et le narrateur lui-même, pris dans le même sac et qu’il fallait s’en arranger. C’est ainsi, par exemple, qu’un sentiment aussi individuel que celui de la séparation d’avec un être aimé devint soudain, les premières semaines, celui de tout un peuple, et, avec la peur, la souffrance principale de ce long exil ».

« Les bagarres aux portes, pendant lesquelles les gendarmes avaient dû faire usage de leurs armes, créèrent une sourde agitation (…) Il est vrai, en tout cas, que le mécontentement ne cessait de grandir, que nos autorités avaient craint le pire et envisagé sérieusement les mesures à prendre au cas où cette population, maintenue sous le fléau, se serait portée à la révolte ».

« … la peste avait tout recouvert. Il n’y avait plus de destins individuels, mais une histoire collective qui était la peste et les sentiments partagés par tous ».

« Nos concitoyens s’étaient mis au pas, ils s’étaient adaptés, comme on dit, parce qu’il n’y avait pas moyen de faire autrement. Ils avaient encore, naturellement, l’attitude du malheur et de la souffrance mais ils n’en ressentaient plus la pointe ».

« Tout le monde était d’accord pour penser que les commodités de la vie passée ne se retrouveraient pas d’un coup et qu’il était plus facile de détruire que de reconstruire ».

« Mais dans l’ensemble, l’infection reculait sur toute la ligne et les communiqués de la préfecture, qui avaient d’abord fait naître une timide et secrète espérance, finirent par confirmer, dans l’esprit du public, la conviction que la victoire était acquise et que la maladie abandonnait ses positions. (…) La stratégie qu’on lui opposait n’avait pas changé, inefficace hier, et aujourd’hui, apparemment heureuse. On avait seulement l’impression que la maladie s’était épuisée elle-même ou peut-être qu’elles se retirait après avoir atteint ses objectifs. En quelque sorte son rôle était fini ».

« Il n’y a pas de paix sans espérance, et Tarrou qui refusait aux hommes le droit de condamner quiconque, qui savait pourtant que personne ne peut s’empêcher de condamner et que même les victimes se trouvaient parfois être des bourreaux, Tarrou avait vécu dans le déchirement et la contradiction, il n’avait jamais connu l’espérance».

« Écoutant, en effet, les cris d’allégresse qui montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours menacée. Car il savait ce que la foule en joie ignorait, et qu’on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu’il peut rester pendant des dizaines d’années endormi dans les meubles et le linge, qu’il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l’enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse».

La peste : la réponse d’Albert Camus à Roland Barthes

Cette chronique de la peste brune déçoit Roland Barthes qui la trouve politiquement faible. Je publie ci-dessous quelques extraits de la réponse faite par Albert Camus au philosophe:

« La Peste, dont j’ai voulu qu’elle se lise sur plusieurs portées, a cependant comme contenu évident la lutte de la résistance européenne contre le nazisme. La preuve en est que cet ennemi qui n’est pas nommé, tout le monde l’a reconnu, et dans tous les pays d’Europe. Ajoutons qu’un long passage de La Peste a été publié sous l’Occupation dans un recueil de combat et que cette circonstance à elle seule justifierait la transposition que j’ai opérée. La Peste, dans un sens, est plus qu’une chronique de la résistance. Mais assurément, elle n’est pas moins.

La Peste se termine, de surcroît, par l’annonce, et l’acceptation, des luttes à venir. Elle est un témoignage de « ce qu’il avait fallu accomplir et que sans doute (les hommes) devraient encore accomplir contre la terreur et son arme inlassable, malgré leurs déchirements perpétuels… »

Ce que ces combattants, dont j’ai traduit un peu de l’expérience, ont fait, ils l’ont fait justement contre les hommes, et à un prix que vous connaissez. Ils le referont sans doute, devant toute terreur et quel que soit son visage, car la terreur en a plusieurs, ce qui justifie encore que je n’en aie nommé précisément aucun pour pouvoir mieux les frapper tous. Sans doute est-ce là ce qu’on me reproche, que La Peste puisse servir à toutes les résistances contre toutes les tyrannies. Mais on ne peut me le reprocher, on ne peut surtout m’accuser de refuser l’histoire, qu’à condition de déclarer que la seule manière d’entrer dans l’histoire est de légitimer une tyrannie ».

La touche positive

Pour terminer sur des mots positifs, voici ce qu’écrivait Albert Camus, en 1948, à Maria Casarès l’une des femmes de sa vie : « Aux heures où l’on se sent le plus misérable, il n’y a que la force de l’amour qui puisse sauver de tout ».

Brève biographie d’Albert Camus

Albert Camus, naît le 7 novembre 1913 en Algérie. Enfant des quartiers pauvres, tuberculeux, orphelin de père, fils d’une mère illettrée et sourde, c’est un voyou des quartiers d’Alger. Cependant, grâce à son instituteur et au football, il s’arrachera à sa condition pour devenir l’écrivain de L’Étranger, l’un des romans les plus lus au monde, le philosophe de l’absurde, le résistant, le journaliste et l’homme de théâtre que l’on connaît. Il meurt le 4 janvier 1960, à l’âge de 46 ans, dans un accident de voiture dans l’Yonne, en France, deux ans après avoir reçu le Prix Nobel de Littérature. Pour en savoir davantage, vous pouvez aussi visionner Les vies d’Albert Camus, un documentaire de Georges-Marc Benamou.

Durée du documentaire: 1h38.

 Sources :

 – La Peste, Folio Gallimard, 2018

– Les vies d’Albert Camus, documentaire, réalisation Georges-Marc Benamou

– Philofrançais.fr

– Raison-publique.fr

– Lepetitlittéraire.fr

– Superprof.fr

 

Lecture : « Papa » de Régis Jauffret

Papa : l’arrestation

Le 19 septembre 2018, installé devant sa télévision, Régis Jauffret aperçoit son père dans un documentaire sur la police de Vichy. Menotté, il sort, entre deux gestapistes, de l’immeuble marseillais 4, rue Marius Jauffret, où il a passé son enfance. Les gestapistes semblent joyeux. L’homme appréhendé a le visage dévasté par la terreur. Interloqué, l’écrivain bloque l’image, revient en arrière, reconnaît jusqu’aux pavés en céramique du hall d’entrée. D’après le commentaire, ces images ont été tournées en 1943. Choc. Son père n’a jamais parlé de cet événement. Plus étrange encore : personne n’a jamais eu vent de cette affaire alors que la famille d’Alfred, le père de l’écrivain, occupait en partie cet immeuble.

Ce qui pourrait être le début d’un bon polar, est une histoire vraie racontée par un conteur raconteur, soudainement ébranlé par une réalité qui lui échappe. Ces images vues par hasard à la télévision, mèneront l’auteur à se lancer dans une enquête où les lacunes seront comblées par son imagination.

Papa : un fantôme sous neuroleptiques

Régis Jauffret n’aurait jamais écrit un livre sur son père, une personne absente, insignifiante, un malentendant dont on se moquait à l’époque, sans cette séquence de sept secondes. Le souvenir qu’il garde de cet homme, de surcroît bipolaire, est une présence fantomatique, enfermée en elle-même par l’Haldol, une camisole de force chimique. Un neuroleptique, tristement connu pour l’utilisation que l’URSS en faisait en psychiatrie punitive, tout comme les américains à Guantanamo ou lors des expulsions d’immigrés illégaux. A travers son enquête, il s’apercevra que ses parents ont eu une vie avant sa naissance. Qu’il lui manque des pans entiers de l’histoire de son père, que la surdité, la maladie et les médicaments empêchaient de s’exprimer.

Qu’ont-ils fait de lui après son arrestation ? L’ont-il emmené au 225, rue de Paradis, où la pègre, qui collaborait avec l’occupant, se chargeait de torturer les résistants ou toute personne soupçonnée de porter préjudice à Pétain? Un lieu semblable en horreur et déchéance à la villa qui apparaît dans Salò ou les 120 Journées de Sodome, le film de Pasolini. Un endroit où l’odeur du sang et des excréments se mêlait aux parfums capiteux des prostituées chargées de divertir et de détendre les bourreaux entre deux séances de tortures. Son père a-t-il dénoncé ses voisins pour échapper à la souffrance? L’auteur trouvera-t-il des réponses à ses interrogations ?

Papa ne décrit pas un père mais son absence. Ses silences. Ce récit laisse entrevoir le rapport au père, d’un fils qui n’aurait pas même souhaité que l’homme dont il est issu soit un héros. Un père « normal », à l’écoute de ses mots, qui l’aurait emmené à la mer sur sa Vespa le dimanche après-midi, aurait suffi à le combler.

Romancier habitué aux controverses et polémiques, écrivain multiprimé, Régis Jauffret est surtout connu pour ses Microfictions qui décrivent notre société contemporaine avec ses absurdités et ses médiocrités. Avec son dernier roman, il nous offre, pour la première fois, un récit autobiographique en équilibre entre tendresse et cruauté.

Papa de Régis Jauffret, est paru aux Editions du Seuil en janvier 2020.

Interview de Régis Jauffret par Jean-Michel Devésa.

Sources:

 

 

A relire ou à lire: “Rue des Boutiques Obscures” de Patrick Modiano

Rue des Boutiques Obscures: un prix Goncourt avant le Nobel

Alors qu’Encre Sympathique, le dernier ouvrage de Patrick Modiano, vient de paraître, je me retourne sur Rue des Boutiques Obscures, le récit pour lequel l’auteur a reçu le Prix Goncourt en 1978. Cette histoire fait partie des dix “romans” réunis par Patrick Modiano en un volume de la collection Quarto en mai 2013.

Le récit se déroule en 1965 même si la mémoire nous mènera bien plus loin. A la retraite de son patron Hutte, le détective privé qui lui a donné du travail malgré les flous de son passé et de l’amnésie, Guy Roland enquête sur sa vie en remontant des pistes qui s’arrêtent soudainement à la seconde guerre mondiale.

La quatrième de couverture:

“Qui pousse un certain Guy Roland, employé d’une agence de police privée que dirige un baron balte, à partir à la recherche d’un inconnu, disparu depuis longtemps ? Le besoin de se retrouver lui-même après des années d’amnésie ?
Au cours de sa recherche, il recueille des bribes de la vie de cet homme qui était peut-être lui et à qui, de toute façon, il finit par s’identifier. Comme dans un dernier tour de manège, passent les témoins de la jeunesse de ce Pedro Mc Evoy, les seuls qui pourraient le reconnaître: Denise Coudreuse, Freddie Howard de Luz, Gay Orlow, Dédé Wildmer, Scouffi, Rubirosa, Sonachitzé, d’autres encore, aux noms et aux passeports compliqués, qui font que ce livre pourrait être l’intrusion des âmes errantes dans le roman policier.”

Dans ce 6ème  ouvrage – Encre Sympathique est son 29ème récit –  à l’instar de tous les autres puisque l’on prétend que Patrick Modiano n’écrit qu’un seul livre pour composer une seule œuvre, l’écrivain nous entraîne dans les zones d’ombre des souvenirs. Pourtant rien ne garantit la véracité de la mémoire qu’ils évoquent. Les témoins du passé donnent des indices, font cadeau de photos vieillissantes enfermées dans des boîtes à biscuits, mais semblent pressés de se débarrasser de Guy Roland comme si le douloureux abîme, qui ramène toutes ces personnes à la Seconde Guerre Mondiale, les encombrait. Tous les personnages, qui ne sont rattachés au protagoniste que par de menus liens, disparaissent. Le noyau de ce qu’il cherche ne les regarde pas. L’intrigue, pourtant simple, gardera son mystère.

Guy Roland ne sera jamais sûr de sa véritable identité et accepte cet état de fait. Au final, l’identité n’est-elle pas un carcan? Entre les lignes, Patrick Modiano pose la question: que reste-t-il de nos vies ? Pas grand-chose, mais un pas grand chose d’un dérisoire émouvant.

Extrait de Rue des Boutiques Obscures:

“Drôles de gens. De ceux qui ne laissent sur leur passage qu’une buée vite dissipée. Nous nous entretenions souvent, Hutte et moi, de ces êtres dont les traces se perdent. Ils surgissent un beau jour du néant, et y retournent après avoir brillé de quelques paillettes. Reines de beauté. Gigolos. Papillons. La plupart d’entre eux, même de leur vivant, n’avaient pas plus de consistance qu’une vapeur qui ne se condensera jamais”.

Un roman sur la vie qui nous échappe, sur la perte du souvenir et de sa reconstruction fusse-t-il faussé par la mémoire des autres. Par ailleurs, l’auteur dit lui-même que, pour écrire un livre, il doit devenir amnésique de ses ouvrages précédents afin d’entièrement pouvoir se consacrer au présent de son nouveau projet.

Patrick Modiano: brève biographie

Patrick Modiano, né le 30 juillet 1945 à Boulogne-Billancourt, décide de se consacrer à la littérature après ses études secondaires. Gallimard publie son premier roman La Place de l’Etoile en 1968, grâce à l’intervention de l’écrivain Raymond Queneau, ami de la famille, qui fut aussi l’un de ses professeurs.

Son travail se caractérise par une sonorité nette et directe, précise mais légèrement irréelle, accompagnée d’une sensibilité hors du commun. Un thème récurrent dans ses écrits introspectifs est la recherche de sa propre identité à travers une certaine désolation. Ses œuvres se déroulent souvent à Paris, pendant la Seconde Guerre mondiale, au moment de l’occupation allemande.

Modiano est considéré comme l’un des grands écrivains français contemporains. Parmi les prix les plus prestigieux qu’on lui a décerné figurent le Grand prix du roman de l’Académie Française en 1972 pour Les Boulevards de ceinturele Prix Goncourt en 1978 pour La rue des Boutiques Oscures et, en 2014, le prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son oeuvre.

Sources:

  • Rue des Boutiques Obscures, Patrick Modiano, Folio
  • France Culture
  • Anne-Marie Cornu que je remercie pour le partage de son savoir.

Lorinc Szabo: un poète interdit de poésie

Lorinc Szabo: poète d’extrême-droite ou dans le camp des vaincus?

Durant la Seconde Guerre mondiale, le poète hongrois Lőrinc Szabó combat dans l’armée de son pays qui fait partie de l’Axe Rome-Berlin-Tokyo. En 1942, il rejoint la ” Europäische Schriftstellervereinigung ” – la Ligue européenne des écrivains -, créée par Joseph Goebbels. La correspondance avec son secrétaire principal, Carl Rothe, témoigne de leur étroite amitié.

Cela le conduit à être considéré comme un homme d’extrême droite. Motif qui, après la guerre, l’exclu de la vie culturelle hongroise. Ayant l’interdiction de publier ses propres écrits, il ne peut faire que des traductions. L’importance de son œuvre poétique, d’où il se dégage un profond pessimisme existentiel, n’a été reconnue que peu de temps avant sa mort, quand il reçu le prix Kossuth.

 

Fils de mécanicien, Lorinc Szabo naît le 31 mars 1900 à Miskolc. La famille déménage à Balassagyarmat quand il a 3 ans. Il fréquente l’école de Balassagyarmat et de Debrecen. A l’Université de Budapest, il se lie d’amitié avec Mihály Babits. Ses premiers poèmes publiés paraissent dans les années 1920 dans le Nyugat – L’Ouest. Son premier livre de poésie sort en 1922 sous le titre Föld, erdő, Isten -Terre, Forêt, Dieu- et rencontre un succès considérable. En 1921, peu de temps après son mariage avec Klára Mikes, fille de Lajos Mikes, il interrompt ses études et commence à travailler pour le périodique littéraire Az Est . Il y reste jusqu’en 1944.

Entre 1927 et 1928, il est l’un des fondateurs et rédacteurs du périodique Pandora .

Il reçoit le Prix Baumgarten en 1932, 1937 et 1943.

Il a traduit plusieurs œuvres de Shakespeare, Les Fleurs du mal de Baudelaire -avec Babits et Árpád Tóth – ; Le Testament de François Villon , L’École des femmes de Molière, Goethe et des œuvres de Verlaine, Pouchkine, Nietzsche, Rilke et bien d’autres.

Plusieurs de ses poèmes ont été écrits pour ses enfants Lóci et Klári. Dans d’autres, il se souvient de sa propre enfance.

En 1950, sa muse et maîtresse, Erzsébet Korzáti avec qui il a entretenu, durant de longues années, une relation agitée et passionnée, se suicide. Les sonnets qu’il écrit en sa mémoire A huszonhatodik év  sont publiés en 1957. Lorinc Szabo meurt, à Budapest, le 3 octobre de la même année.

Sources:

-Wikipedia

-Biografias y Vidas

-Guillevic, Mes poètes hongrois, Éditions Corvina Budapest

 

PJ Harvey et Seamus Murphy: la violente poésie du terrain

PJ Harvey et Seamus Murphy: un ouvrage à quatre mains

Réalisé par la musicienne et poétesse PJ Harvey et par le photographe, reporter et réalisateur Seamus Murphy, Au creux de la main The Hollow of the Hand- est un livre qui allie la poésie et la photographie. Entre 2011 et 2014, les deux artistes ont entrepris une série de voyages au Kosovo, en Afghanistan et à Washington où les quartiers défavorisés sont en pleine gentrification. PJ Harvey prend des notes et Seamus Murphy des photos. Ensemble, ils créeront un ouvrage où figurent ces trois lieux. Le poème qui suit a été inspiré par l’Afghanistan.

PJ Harvey: une artiste aux dons multiples

Polly Jean Harvey naît le 9 octobre 1969, dans une petite ville du Dorset au Royaume Uni où son père dirige une entreprise de matériaux de construction. Autant le père que la mère aiment la musique : Bob Dylan, Pink Floyd où Neil Young. Parfois, des musiciens viennent “jammer” chez eux, notamment Ian Stewart, le premier pianiste des Rolling Stones.

Adolescente, PJ suit des cours de sculpture. A 18 ans, elle sait aussi jouer un peu de saxo et de guitare. Elle se tourne vers la musique.

C’est la seule artiste britannique à recevoir à deux reprises, en 2001 puis en 2013, le Mercury Prize, qui distingue, outre-Manche, le meilleur album de l’année. En 2013, la reine Elizabeth lui remet les insignes de l’Ordre de l’Empire britannique (MBE) pour “services rendus à la musique”.

Fan de littérature, intriguée “par ce que les gens peuvent faire des mots” elle admire –entre autres- les poètes T. S. Eliot et W. B. Yeats et les écrivains James Joyce et Harold Pinter.

Seamus Murphy: un photographe du monde

Seamus Murphy est né en 1959. Il a grandi en Irlande et il vit à Londres. Il a reçu sept prix World Press Photo pour les images qu’il a réalisées en Afghanistan, à Gaza, au Liban, en Sierra Leone, au Pérou et en Irlande. Il a reçu le World Understanding Award de POYi, pour son travail en Afghanistan. Le film qu’il a réalisé autour de ce travail a été nominé pour un Emmy et a remporté le prix Liberty in Media en 2011. Ses travaux ont fait l’objet de nombreuses expositions et publications. Au Royaume-Uni, il a réalisé des films pour The New Yorker et Channel 4 Television. Il est l’auteur de quatre livres. L’un d’eux offre un rare aperçu de la vie des femmes afghanes.

 

Sources :

Au creux de la main, Editions L’Âge d’Homme

-L ‘OBS, article de Bernard Géniès et Frantz Hoez

Le site de Seamus Murphy

-Wikipédia

Marguerite Burnat-Provins : la passion à fleur de peau

Marguerite Burnat-Provins: l’exaltation de l’amour et de la volupté

En 1906 paraît, chez Säuberlin & Pfeiffer à Vevey, une publication intitulée Le Livre pour toi. S’ensuit un énorme scandale, non seulement sur la Riviera mais également en Valais. L’esclandre est rapidement étouffé, mais le livre est réédité à Paris en 1907 ce qui contribuera à donner de la visibilité à son auteure. Écrit par l’artiste peintre et dessinatrice Marguerite Burnat-Provins, une femme mariée à un notable veveysan, il s’adresse à l’amant de celle-ci, Paul Kalbermatten, un jeune ingénieur dont la famille réside à Sion. Ce livre, vibrant de passion et d’un désir sexuel que la bienséance et «l’honneur» interdit aux femmes de cette époque – de nos jours il ne sera pas moins malvenu et inconvenant qu’une personne mariée affiche publiquement son inclination pour une amante ou un amant – est une magnifique déclaration d’amour empreinte de lumière, que la jalousie et le manque de l’être aimé enténèbrent parfois.

Marguerite Burnat-Provins: de Paris à la Suisse

Marguerite Burnat-Provins naît à Arras en 1872, dans le Pas-de-Calais, en France, dans une famille riche et cultivée qui deviendra nombreuse. Soutenue par son père, elle s’adonne à l’écriture et la peinture. En 1891, elle monte à Paris suivre une formation artistique au sein d’institutions privées – l’École des beaux-arts étant encore fermée aux femmes. À vingt-quatre ans, elle se marie avec Adolphe Burnat, un architecte suisse. Le couple emménage à Vevey, d’où l’époux est originaire. De santé fragile, dès 1898, conseillée par l’artiste Ernest Biéler, l’un de ses amis, Marguerite fait de nombreux séjours à Savièse. Le soleil et le climat du Valais conviennent à sa santé. La créativité de Marguerite Burnat-Provins s’en trouve accrue. Elle réalise peintures, broderies, affiches et poursuit plusieurs projets littéraires.

Marguerite Burnat-Provins: amoureuse et libre à la folie

En 1906, elle rencontre Paul de Kalbermatten, un jeune ingénieur de la région avec qui elle entretient une liaison extraconjugale passionnée dans la maison mise à disposition par Ernest Biéler. Leur liaison offusque et fait un tel tapage, que l’artiste se voit obligée de renoncer aux séjours valaisans qu’elle aime tant. Elle divorce d’Adolphe Burnat en 1908 et se remarie avec Paul. Le couple voyage puis vit à Bayonne. Lors de la Première Guerre mondiale Paul est mobilisé en Suisse. Marguerite reste en seule France. Un choc dont elle ne se remettra pas. Rongée par la maladie, saisie par des crises d’angoisses morbides, elle exécute une série d’œuvres picturales hallucinées qu’elle prétend réaliser sous dictée. Cette période est également perturbée par les problèmes qu’elle rencontre avec ses éditeurs et l’indifférence de sa famille envers sa carrière. Toutefois, elle fait de nombreux voyages qui l’amènent à rencontrer des gens de lettres en Bretagne, dans le Midi, en Algérie, au Maroc et en Amérique du Sud.

En 1925, Marguerite apprend que Paul est épris de Jeanne Cartault d’Olive. La mort de sa sœur Marthe, puis de sa mère, le dépouillement de Paul par les Allemands et des problèmes de santé toujours plus présents la perturbent beaucoup. Ébranlée par les monstrueuses retombées de la guerre, elle trouve un peu de consolation dans la religion. En parallèle à la publication de ses livres, Marguerite Burnat-Provins poursuit sa création picturale jusqu’à son décès en 1952, quinze ans avant Paul qui, entre temps s’est remarié avec Jeanne.

Une vidéo réalisée par L’UNIL et L’ECAL. Poèmes et œuvres picturales de Marguerite Burnat-Provins.

 

Sources :

-Le livre pour toi, Editions L’Aire bleue

Catherine Dubuis

Association des amis de Marguerite Burnat-Provins

Site de la Collection de L’art Brut, Lausanne

Clémentine Faïk-Nzuji Madiya: littérature orale et interculturalité

Clémentine Faïk-Nzuji Madiya : la tradition orale pour inspiration

Les premiers vers de Clémentine Faïk-Nzuji Madiya, professeure, philosophe, écrivaine et poétesse kino-congolaise paraissent en 1967.

Sa poésie inspirée de la tradition orale, érotique, souvent voluptueuse, se réfère au pays natal, à la femme, la mère, l’amante et l’épouse. Elle décrit aussi certaines situations tragiques comme dans le poème ci-dessous :

 

Clémentine Faïk-Nzuji Madiya est née à Tshofa le 21 janvier 1944 dans la province du Kasaï-Oriental, en République démocratique du Congo. Elle fait ses études à l’institut religieux du Sacré-Cœur, puis à l’École normale moyenne de Kinshasa. Au début des années 1960, elle obtient une licence en philologie africaine de l’Université nationale du Zaïre et commence sa carrière de poétesse. De 1964 à 1966, elle dirige le « cercle culturel de la Pléiade » à l’Université Lovanium. Son amour pour la poésie l’amène, en 1969, au Festival de Dakar où elle remporte le premier prix du concours de poésie Léopold Sédar Senghor. Elle réalise des études à l’Université de la Sorbonne Paris III et devient Docteur d’Etat ès Lettres et Sciences Humaines. Elle enseigne les littératures orales et la stylistique africaines, d’abord à l’Université Nationale du Zaïre de 1972 à 1978, puis à l’Université de Niamey de 1978 à 1980. Depuis 1981, elle enseigne la linguistique, les littératures orales et les cultures africaines à l’Université Catholique de Louvain, en Belgique.

De 1986 à 2016, elle a dirigé le Centre international des langues, littératures et traditions d’Afrique au service du développementCILTADE-  qu’elle avait fondé, et au sein duquel elle a poursuivi ses recherches dans les domaines de la linguistique bantu générale, et dans ceux de la symbologie, des tatouages et des scarifications. Cette organisation a été dissoute en 2016.

Actuellement, elle continue des recherches à titre personnel et collabore avec des institutions universitaires africaines, notamment avec la Faculté de Philosophie Saint-Pierre Canisius Kimwenza, à Kinshasa, RD Congo et à  l’IFAN – Institut fondamental d’Afrique noire- à Dakar au Sénégal. Elle est régulièrement invitée dans des institutions universitaires européennes pour des consultations et des expertises. Ses nombreuses publications scientifiques se regroupent essentiellement dans les domaines des littératures orales, de la symbolique africaines et de l’interculturalité. Ces recherches l’ont l’amenée à participer à de multiples rencontres scientifiques internationales, à donner de nombreuses conférences et à animer des séminaires sur ses thèmes de recherche.

Clémentine Faïk-Nzuji Madiya a aussi été lauréate au Concours de nouvelles en langues africaines de l’Afrique centrale, organisé par l’Académie Royale des Sciences d’Outre-Mer -Belgique, 1987- et lauréate au Concours de la Meilleure Nouvelle de langue française organisé par Radio France-International à Paris en 1990.

 

Vous pouvez consulter le site de Clémentine Faïk-Nzuji Madiya en cliquant ici.

Sources :

-Poètes d’Afrique et des Antilles, de Hamidou Dia, Editions de la Table Ronde

– Wikipédia

-Groupe culturel et artistique “Kamikaze”.