Une école heureuse demain!

L’école aujourd’hui

Cette semaine j’ai appris que l’état de Genève veut modifier l’école en mélangeant les 9ièmes et les 10 ièmes de niveau différent. En tout cas, c’est ce que j’ai compris. Un tel système existe dans le canton de Vaud jusqu’à la 6ième,  10 élèves de 5ième et 10 élèves de 6ième sont assis en alternance dans la même salle. La maîtresse donne un cours, puis distribue du travail personnel aux élèves, et passe au programme de l’autre classe. J’ai pu assister à de tels cours, j’ai vu des techniques d’enseignement intéressantes, mais aussi, en une heure, plusieurs évènements aggressifs, tels qu’écrire sur la main de l’autre élève, se mettre en travers du chemin de l’autre pour l’empêcher de travailler. Les enfants ont aussi dit qu’ils ne voulaient pas de nouveaux élèves dans leur classe. Je dois dire nous aurions entendu que nous devons être gentils avec le nouveau et ces bases de civilisation n’étaient peut-être pas inutiles.

Je suis assez perplexe face à l’école actuelle. Je ne cesse de me dire ‘mais ce n’est pas possible’. Depuis mon époque lointaine, le Wir Sprechen Deutsch’ a été abandonné au profit d’une bien meilleure méthode d’allemand, bien conçue pour des petits. L’apprentissage de la lecture a été retardé. L’écriture manuscrite semble en cours d’abandon. L’allemand et l’anglais sont enseignés bien plus tôt, deux ou trois ans plus tôt, c’est très bien. Les mêmes matières, les mêmes compétences sont évaluées très différemment : les tests de maths ont 3 fois plus de questions que de mon temps, le test d’histoire ou de français consiste en 50 questions sur une liste de détail appris par coeur. Il y a plus de formes verbales françaises archaïques, et plus de Sciences. L’histoire était un joli récit, et il n’y avait pas de géographie. Il y a moins d’heures de cours dans l’ensemble, mais paradoxalement plus d’exigences. J’avais vraiment de la facilité, et j’ai un peu un sentiment d’irréalité car il me semble qu’aujourd’hui l’école demande plus à toute la population qu’aux bons élèves de la génération passée, qui sont pour certains devenus les professeurs d’université actuels. Un futur maçon semble apprendre plus  aujourd’hui. Je trouve que la culture générale est très importante pour toute la société, mais elle pourrait être acquise de façon plus légère et plus informelle. L’excès de difficulté me semble contreproductif, quand l’école était facile, j’avais envie d’en savoir plus, le cas contraire peut engendrer un rejet et une fuite. Lorsqu’un élève apprend que ses notes sont insuffisantes, il faudrait peut-être au moins ajouter ‘pour devenir professeur d’université’, mais bien sûr ce serait inexact aussi, car il peut s’améliorer par la suite.

L’école explose

Simultanément, il y a plus d’harcèlement scolaire, plus de coups. Je vois parfois des adolescents se frapper, d’autres pousser dans le bus pour passer au lieu de dire ‘pardon’. Je n’ai jamais vu ça de mon temps. Il semble vraiment y avoir plus de violence. Mercredi, un gosse de dix ans a tenté de trancher la gorge d’une copine. Récemment, les journaux rapportaient que la criminalité, les suicides et les dépressions des jeunes augmentent fortement. La drogue existe aussi, et en Angleterre le porno fait des ravages chez les enfants. Ils se couchent très tard, et ne dorment pas assez. Dans le canton de Vaud, il y a eu plus de dix fausses alertes à la bombe ce printemps. Elles montrent un refus de l’école actuelle. Une assistante sociale à la télévision parlait d’un rejet de la société dès dix ans, qui conduit à la délinquance, j’ai vu des enfants en agressivité constante à huit ans et je crois qu’il devraient être pris en charge à ce moment-là.

Je crois que l’école a sa part de responsabilité. Elle maintient les élèves dans un stress continu et nocif, qui peut en conséquence entraîner de l’agressivité, des troubles de sommeil, des abus d’alcool et pourrait les rendre plus vulnérables à la dépression. Il s’agit d’un tiers ou de la moitié de la population future dont la santé est fragilisée dans l’enfance par l’école. C’est absolument scandaleux !

Les professeurs sont trop critiques, parfois abusifs. Les tests et les notes sont bizarres, en plus de la longueur, de la fixation sur les détails, ils reviennent avec ‘mot illisible’ de mauvaise volonté qui soustrait encore un demi-point. Ils ne répondent plus à la question si l’élève a compris le chapitre et acquis la compétence, ne sont pas bien conçus pour cela, cette information se perd dans les détails excessifs. Je dois dire que je me suis promise que ma fille travaillerait plus consciencieusement que moi, pour avoir les notes maximales parce que j’ai découvert bien plus tard que quelques lacunes de vocabulaire allemand me posaient problème, m’ont par exemple empêché de me diriger dans une bonne section (mathématiques spéciales). L’excellence peut ouvrir des voies dans la vie. Elle travaille donc très bien, comme je l’ai décidé. L’application sur le téléphone fonctionne bien, mais il y beaucoup plus de vocabulaire à apprendre, nous avions 20 mots, actuellement c’est plutôt 100 mots. Il y énormément de géométrie, utile peut-être à l’EPFL mais pas ailleurs, le cours d’économie utilise l’algèbre qui n’a pas encore été traitée à l’école. Par contre, ils s’ennuient probablement moins en classe que nous, et ils font une partie de devoirs pendant l’heure de cours. Je trouve que les demandes sont parfois excessives, les tests mal planifiés, la faisabilité n’est pas prise en compte, et les commentaires destructeurs des professeurs à la limite de l’abus.  Quant aux cours, lorsque je donnais des conférences à l’Université pour d’autres doctorants et chercheurs, j’ai appris à mettre au maximum trois phrases par diapositive en gros caractères, colorées et visibles,  des images, montrer les différentes parties de l’image dont je parlais, souvent rappeler le but et les conclusions.  Il fallait être comprise malgré des instants d’inattention de l’auditoire. J’espère que les enseignants appliquent ce type de règles.

Le stress nocif

Environ une fois par mois, les élèves de 9ième sont confrontés à un test énorme, nécessitant environ 20 heures d’apprentissage par coeur. Il y a une semaine, dans une telle situation, toute la classe, en tout cas plusieurs élèves, étaient stressés, avaient de la peine à dormir, étaient agités en classe, et ont moins bien suivi les autres cours. Il faut vraiment leur éviter de tels stress, qui mettent leur santé en danger. S’ils doivent vraiment connaître par coeur l’emplacement de tous les peuples barbares au 6ième siècle et mille autres détails, le travail devrait être réparti par l’enseignante en plusieurs sessions de devoirs. J’ai entendu qu’il faut responsabiliser les élèves pour qu’ils répartissent leur travail. A mon avis, cette tâche devrait être accomplie par les adultes. Avant, les psychologues disaient qu’il ne faut pas  culpabiliser les enfants. Il ne faut pas les piéger par des exigences inadaptées, mais se rappeler qu’ils ne sont pas encore responsables. L’enfant n’a justement pas les capacités d’organisation des adultes. Il vaudrait mieux que l’enseignante répartisse le travail, et par là elle donnera progressivement des bonnes habitudes d’étude régulière. Il faudrait le plus possible leur dire : nous vous avons préparé une tâche possible, faites nous confiance, vous pouvez le faire.

Dans cette conférence, vers 107 minutes, Solange Denervaud explique que le stress peut empêcher le raisonnement correct et causer une agressivité chez l’élève (lien). Dans son example, elle provoque le stress  en limitant le temps et en interdisant de faire le calcul par écrit. L’école d’aujourd’hui fait exactement cela, des sortes de chicanes qui rendent le travail pénible. Il faut absolument aller dans l’autre direction, celle du confort, de la faisabilité, se concentrer sur l’essentiel et non pas sur les détails inutiles. Il faut adapter les manuels, la façon d’enseigner à des enfants et à des adolescents.

Je crois qu’il faut voir que nous vivons dans un monde nouveau, dans une société en crise, et que l’école devrait s’y adapter. Sa première mission doit être que les élèves sortent sains d’esprit. Des tests de niveau de stress, de dépression, devraient être effectués. Il faut cependent garder à l’esprit que par le passé des nombreux comportements ‘pathologiques’ étaient éliminés par des punitions sévères. La normalité est probablement assez étendue.

En théorie, les élèves qui ont des mauvaises notes n’ont pas assez travaillé, par manque de discipline, par révolte, par déprime ou n’ont pas compris le cours. D’autres ont des lacunes préexistantes. En réfléchissant aux personnes que j’ai connu, il me semble que les mauvais élèves ont souvent eu des problèmes familiaux et ont des barrières psychologiques, qui nuisent à leur performance. Ceux-là peuvent réellement s’améliorer. D’autre part, aujourd’hui, environ un quart d’élèves est francophone, la majorité parle une autre langue à la maison.

Utiliser les bases, alléger les détails

Je ne crois pas qu’un mélange avec des meilleurs élèves  et des classes aux exigences plus élevées soit adapté. Je propose le contraire, des petites classes par niveau. Les surdoués sont probablement moins d’un pour mille.

L’enseignement me semble actuellement très fragmenté, l’élève apprend de nombreux détails en deux ou trois semaines et passe rapidement à un sujet complètement différent.

Tous les élèves gagneraient à entraîner régulièrement les bases, à calculer et à écrire des textes en français chaque semaine. Cet enseignement pourrait faire appel à beaucoup plus d’exemples pratiques. L’école pourrait racheter un magasin en faillite et utiliser le stock réel, tangible, pour les mathématiques et l’économie. Actuellement, le calcul est très concentré sur quelques semaines dans l’année avec des longues interruptions qui permettent d’oublier.  Les films et les jeux vidéo sont d’excellents moyens d’enseignement, même s’il y a aussi des aspects négatifs.

Les sciences intéressent vraiment les enfants. J’ai donc montré à la fille des dessins animés qui expliquaient de façon simple et amusante le fonctionnement du corps humain. Mais à  l’école, elle a dû apprendre la structure du coeur en dix parties.  Je crois que je n’ai pas appris tous ces détails en études universitaires de Biologie. Je vois que le niveau d’éducation s’élève, et la raison principale pourrait être l’éducation des enseignants et des responsables du programme. Peut-être avons-nous maintenant atteint ou légèrement dépassé les limites de l’Humain.  Je trouve que l’excès de détail nuit à l’enseignement et à l’intérêt des élèves. Je me demande aussi s’il est possible de réussir le test sur les dix parties du coeur ( par coeur) sans savoir s’il s’agit d’un coeur.

 Devons-nous pousser tout le monde vers le bac? Dans une société écologique, de nombreuses personnes effectuaient des métiers utiles, elles seraient paysan(ne)s,  artisan(ne)s ou s’occuperaient des enfants. Une autre idée est que chacun devrait suivre ses talents naturels.

Un adolescent pourrait encore apprendre par intérêt, par curiosité naturelle, comme un jeune enfant. Une culture générale scientifique pourrait tout à fait être acquise par des films et des articles de journaux. Les promenades d’observation de la Nature et les musées sont aussi une excellente approche, et des supports matériels, des modèles, devraient être utilisés le plus possible. J’aimerais que le vocabulaire du cours de Sciences, et le cours même soit simplifié. Il faudrait refaire les manuels avec des pages d’introduction que l’élève comprend facilement, qui le relient à la vie réelle, l’alléger dans l’ensemble, et le rendre plus attractif.

L’école et le bien-être

J’ai personnellement remarqué que sans stress, les performances étaient largement meilleures. Par contre, dès que la personne est effrayée par la tâche, ou qu’elle doit se dépêcher, la compréhension baisse.

Idéalement, les enfants et les adolescents devraient vivre sans stress, ils se développeraient mieux ainsi. J’aimerais que l’école fasse beaucoup d’efforts dans cette direction.

Les classes devraient être petites, l’enseignement par classe de 10 élèves fonctionnait très bien, l’ambiance étaient meilleure, l’enseignante détendue, les problèmes de discipline disparaissaient.

Il serait peut-être réalisable, et certainement bon de créer des classes sans notes pour les élèves en difficulté ou les mauvais élèves, des classes dans lesquelles leur santé psychologique et l’acquisition des bases seraient les vraies priorités. Je ne sais pas exactement comment organiser l’école sans notes. La diminution du stress et l’augmentation de confiance en soi pourraient être impressionnantes. L’école Montessori fonctionne très bien, chaque élève y avance en individuel, avec une maîtresse pour dix et des tâches individuelles de trente minutes environ. Ou alors, un cours de base serait enseigné à toute la classe, tranquillement, et des sujets optionnels seraient travaillés individuellement, à choix avec des révisions. Les devoirs seraient faits en classe ou dans un temps d’étude donné. Il faudrait bien sûr garder au moins la possibilité de rejoindre une autre section par un pont à 15 ans.

Il faudrait permettre d’effectuer les tâches d’apprentissage correctement. L’enfant doit avoir le temps d’effectuer son exercice attentivement, cela évite l’automatisation des erreurs et donne des meilleurs habitudes de travail par la suite. Je croyais que c’était une règle connue et admise.

Je cite ici un exemple d’une école australienne, d’une région difficile (lien). De nombreux élèves sont de culture aborigène, et les familles ne soutenaient peut-être pas le projet de l’école, de plus leurs propres trajectoires de vie étaient parfois tragiques. L’école a introduit des cours de méditation (mindfulness, conscience et concentration, plus exactement), de culture indigène et un chien de thérapie qui les aide dans les moments difficiles. Les comportements graves ont baissé de 90%, les infractions sont passées de 120 à 5 par jour. C’est un exemple de ce qu’une organisation bienveillante et intelligente peut obtenir.

Je précise que ma propre fille est d’abord allée dans une école Montessori bienveillante, la Ferme des Enfants. Son cerveau fonctionnait très bien dans cet environnement sans stress aucun, elle avait de la curiosité, envie d’apprendre et confiance en elle pour réussir.  Je pensais qu’elle avait envie d’essayer des jeux complexes car elle y était habituée et qu’elle n’avait pas été découragée de remarques négatives.  Je crois qu’une école relax jusqu’à 15 ans ne met pas vraiment en péril la réussite future, car elle correspond mieux aux capacités des enfants et leur permet de les utiliser. Seules les langues doivent être apprises tôt. Le système MYP qui mène au Baccalauréat International et aux meilleures universités est basé sur cette idée, d’intégrer le développement naturel et les intérêts des adolescents. Les manuels sont complètement différents, légers et amusants.

Il faut d’abord s’assurer que les élèves soient en bonne santé, en bon état psychologique (et physique bien sûr) pour travailler. La méditation et de nombreuses activités de bien -être, p.ex à midi abaisseraient le niveau de stress. Les enfants ont envie de communiquer, j’entends des discours sur le rôle social de l’école. Ces interactions se produisent essentiellement pendant les 15 minutes de la récré, il en faudrait plus. L’acceuil périscolaire pourrait avoir lieu dehors, et permettre aux enfants de socialiser en jouant et en parlant.

Je vois des jeunes révoltés, dans le rejet d’un côté, et des cours très détaillés, aux définitions ampoulées, déconnectés de la réalité de l’autre. J’ai l’impression qu’il s’agit de deux mondes très éloignés qui devraient se rapprocher.

Ted talk sur la pleine conscience (mindfulness), sous-titré en français: Mindfulness

Commentaire d’une lectrice: ‘Point de vue que je partage entièrement. Je vis à Zurich et jusqu’en 6eme Harmos l‘école suit très bien les enfants sans les stresser. Dès la 7eme cela change et la pression devient insoutenable. En plus à Zurich, ils ont une école d‘élite (lanzeitgymi) avec examens d’entrée super hardus qui rend la situation encore plus explosive. J’ai vues tests et malgré que j’ai fais un master à l’uni, le niveau à atteindre à 12 ans est surréel.’

Commentaire Dorota: Je trouve que l’école suisse fait les maths lentement et vite à la fois: lentement parce qu’elle les fait tard, mais par contre elle leur demande des dizaines de calculs en un temps limité. Je crois qu’il vaut mieux introduire les concepts tôt, quand ils intéressent l’enfant, mais sans stress et de façon ludique. Ils font beaucoup  d’exercices sur la position de stands dans un marché, ce qui introduit la lecture de coordonnées, utile probablement pour la géométrie et pour EPFL. Dans d’autres systèmes les multiplications, les divisions, les fractions et l’algèbre interviennent 2 ans plus tôt, en Montessori même plus tôt, il y a une sur YouTube une belle vidéo d’un petit de 5 ans qui multiplie très bien (vidéo).  Il me semble aussi que des nombreux parents concentrent beaucoup les activités et les intérêts de leurs enfants sur le sport. Parfois, ils les forcent au début, vers 3-4 ans, puis disent que l’enfant n’aime que le sport vers 8-10 ans. J’ai l’impression que c’est une conséquence de leur éducation.

Edité le 16 mai

Commentaire le 28 juin 2021: Il semble que 9 enfants sur 21 dans une classe de 9ième n’ont pas obtenu la moyenne suffisante cette année, presque 50%.

Vivre en Ecologie 1: des villes vertes sans stress

Des journées saines à tous les âges de la vie

Les petits enfants

La société devrait avant tout assurer le bien-être des enfants, car il détermine la santé et le déroulement de toute leur existence. On dit que les trois premières années de la vie sont les plus importantes. Les traumatismes ou les stress dans l’enfance influencent le développement du cerveau, le système immunitaire, le système hormonal, ont des conséquences sur la réussite scolaire, sur le comportement,  mais augmentent  aussi le risque de très nombreuses maladies plus tard au cours de l’existence: les personnes qui ont subi des traumatismes infantiles ont des problèmes de comportement, de santé mentale mais aussi. Dans le TED Talk que je cite, le médecin mentionne 2,5x plus de risques de maladie de poumon et d’hépatite, 4,5x plus de risques de dépression, ont trois fois plus de risques de maladie cardiaque et de cancer de poumon pour des personnes qui ont eu une enfance difficile (Ted Talk ). C’est très impressionnant.

Le bien-être des enfants contribue beaucoup à la santé de la société une ou deux générations plus tard, et les mauvais traitements dans l’enfance sont la cause la plus importante de problèmes de santé publique aux Etats-Unis.  Nous devons donc nous assurer que l’enfance se passe bien, et que les journées des enfants soient saines.

Garderie

L’enfant devrait vivre à la maison, entouré de ses parents. Il ne devrait pas passer des longues journées fatigantes dans la foule d’une crèche… J’ai cherché des  publications scientifiques sur l’effet des crèches sur les enfants, et je ne trouve pas ce qui me paraît évident, à savoir que la crèche est infiniment plus stressante, ou plus animée que la maison. Je dois dire que la plupart des études ne voient pas de différences entre une enfance en garderie et à la maison. Un étude australienne trouve que la garderie ou la maternelle améliorent les performances scolaires par la suite, mais c’est loin d^être universel.  Par contre, il a été montré que les enfants dans les crèches ont le taux de cortisol plus élevé, et que ceux qui y sont toute la journée ont un risque d’obésité plus élevé. Cela pourrait être lié, et dû peut-être au stress ou à l’excitation des journées de crèche.  Les enfants en crèche ont plus de maladies dans la petite enfance, mais cela pourrait les protéger des leucémies. Ce type d’études est compliqué par le fait que les familles sont toutes différentes. Une étude isolée suggère qu’une enfance en garderie pourrait perturber la relation avec la maman et empêcher de nouer des relations stables par la suite (lien).

Cela dit, dans mon expérience il est clair que la crèche, une bonne crèche avec plus d’une dizaine d’enfants, est un endroit où l’excitation est incomparablement plus forte que dans une maison calme, où les activités tranquilles sont plus difficiles. A la garderie, l’enfant peut rarement finir un jeu, il est souvent interrompu par d’autres. J’ai vu une garderie aux Etats-Unis, où chaque enfant était assis à son petit bureau. Ici, il me semble qu’ils se promènent et courent librement, et il y a pas mal d’animation, mais la liberté de mouvement semblent quand même importants.  Il a besoin de moments assez calmes aussi. Je trouve que les petits ne devraient pas y être beaucoup, au plus des demie-journées.  Vers deux ans, une journée où nous voyions d’autres enfants une heure ou deux était bien assez mouvementée, et quand ils sont fatigués, la foule devient pénible, ils ne peuvent plus interagir correctement.  Si les enfants sont dehors, dans la nature, le groupe est moins stressant. Les transports motorisés, même le vélo, sont stressants aussi, la télévision aussi.

Dans mon expérience, quand les journées étaient calmes et bien organisées, l’enfant était calme et facile, et les crises de colère de colère ou de larmes étaient souvent dues à un bruit excessif, à un autre stress excessif ou à une maladie infantile.

Bref, je pense que l’enfant devrait vivre essentiellement  à la maison, proche de sa maman. Idéalement, il pourrait avoir des activités en groupe une heure par jour, resterait à la maison et ferait des petits trajets à pied.  Je ne trouve même pas super de faire une journée avec papa et une avec maman, par contre des demies-journées régulières, le matin avec papa, et l’après-midi et le début de soirée avec maman me semblent acceptables. Le travail devrait ‘être adapté à la santé des enfants. La société devrait être organisée pour le faciliter, pour permettre à un parent d’arrêter de travailler et de reprendre son travail par la suite avec assurance de réengagement, d’être en télétravail, ou que les deux parents travaillent en alternance, ou en partage de travail.

Il devrait aussi avoir un large accès à des places de jeu entourées de verdure à proximité, et des maisons comme les maisons Vertes pourraient  accueillir les mamans avec les petits, avec des gentilles animatrices en langues différentes. Des recommandations pédiatriques pourraient figurer sur les murs en BD.  On y ferait des tisanes et on s’échangerait des objets utiles, des habits, des jouets, des mini-cours de français adaptés pourraient être donnés aux enfants de dix-huit mois ou deux ans.

Les adolescents

Les stress subis par un enfant avant l’âge dix ans semblent les plus nocifs, ils changent peut-être sa vision du monde pour la vie et l’empêchent d’organiser sa vie correctement.   Le stress chez les adolescents semble moins grave, mais selon un expert du domaine, le stress scolaire augmente le niveau général de stress des adolescents, l’anxiété et pourrait les rendre moins heureux, et donc les pousser vers la dépression.  Selon d’autres experts, le stress pourrait augmenter le risque de l’alcoolisme et de la dépendance aux drogues. J’ai l’impression que le stress de l’école est le vrai responsable de la dépression généralisée de notre société constatée cette année.

Je trouve que l’école met un stress sur les adolescents. Elle leur fixe parfois des tâches énormes qui leur causeraient des nuits blanches, leur demande trop de se dépêcher. Une des différences principales que je vois est qu’en une génération, les tests sont passés de 5 questions à 30. Nous avions quelques questions auxquels nous pouvions répondre tranquillement, en réfléchissant, aujourd’hui on en fait des machines à recracher des détails.  Il est bon que l’enfant prenne le temps de comprendre, de faire les choses correctement, ensuite la démarche correcte, découverte lentement, deviendra une habitude. Une autre différence est que les notes, les moyennes de classe sont plus basses, de nombreux enfants sont en échec scolaire, et à mon avis le problème provient de l’excès de perfectionnisme, où l’enfant doit savoir tous les détails, et en fait qu’on en oublie l’essentiel.  Les enseignants, de nombreux enseignants, sont trop négatifs envers les élèves, leur font des remarques négatives ce qui les déprime et finalement abaisse leur niveau scolaire de deux ans à peu près. L’école devrait faire une réflexion sur les stress qu’elle cause aux élèves, sur leur conséquences sur la santé des élèves, et d’abord veiller à ne pas mettre leur santé en danger, avant même de leur apprendre à lire. L’école n’est pas un hôpital où le personnel est parfois stressé pour sauver des vies, elle existe pour les élèves, les enfants et les adolescents, et doit y être bien adaptée.

Addendum: les devoirs et la matière pour les tests devraient être limités dans le temps et ne pas mener à des nuits blanches.  Les manuels, gris et ampoulés devraient être refaits pour les enfants, avec un language adapté, des exemples plus pratiques. L’enseignement du français semble concentré sur l’apprentissage par coeur de l’imparfait du subjonctif et d’autres éléments qui ne seront jamais utilisés, bien plus qu’il y a trente ans. Les langues pourraient être apprises de façon beaucoup plus pratique.

A aucun âge les enfants ne devraient rester en groupes de vingt ou trente personnes après 16h-16h30. Ils devraient avoir des ou trois heures pour se détendre et faire ce qu’ils veulent. S’ils restent en centre d’accueil malgré mes suggestions ce serait mieux qu’ils soient dehors , et qu’ils jouent assez librement,. S’il y a des consignes, qu’elles leur laissent de la liberté. Et s’ils ont envie de se parler et d’interagir en groupe, c’est merveilleux et à encourager.

Les adolescents ont encore besoin de jouer et de bouger, et ne sont pas encore responsables, les adultes doivent d’en souvenir. Dans l’ensemble, les ados n’ont pas un mode de vie très sain. Beaucoup ne dorment pas assez, ne mangent pas toute la journée, passent leur vie sur internet, dépriment.  Nous venons de voir une dizaine d’alerte à la bombe inventées par des élèves pour échapper à l’école dans le canton de Vaud. Un journal anglais alertait que des jeunes, des très jeunes regardent de la porno extrême (lien).  Dans une émission TSR sur les jeunes violents, une assistante sociale disait qu’ils ont un sentiment d’exclusion dès l’âge de dix ans. Qui a dit à ces enfants qu’ils ne sont pas assez bons? Il ne faut pas le faire.

Pour que les jeunes ne soient pas stressés, il faut d’abord que leurs besoins naturels soient remplis, qu’ils puissent manger régulièrement des repas sains, dormir assez, bouger assez, jouer assez avec leurs camarades, et aller dans la Nature. Ce mode de vie ne doit pas être interrompu au cours de toute l’enfance.  Certaines écoles proposent des cours de bonheur ou de résolution de problèmes. Une étude citée par le Forum économique dit que les jeunes qui pratiquent un sport ou des activités artistiques ont sont en meilleure santé, il faut leur offrir cela. Ils devraient pouvoir se reposer et aller dehors après l’école, s’ils doivent aller dans un centre d’accueil, il devrait être essentiellement dehors.  Le Panda Club du WWF organise des jeux dans la forêt le samedi, cela devrait être accessible à tous les enfants et les jeunes. Des bus d’excursion pourraient partir des quartiers,  Ils devrait y avoir des places de jeux pour les adolescents avec des activités adaptées, des cours de sport et et d’art. Il faudrait alors carrément un planning national des excursions nature parce que ça ferait beaucoup de monde, en même temps nous sommes trop habitués à nous déplacer mais des activités nature sont très souhaitables.

Partage de travail pour les adultes

J’ai l’impression que notre société actuelle met un grand stress sur les adolescents et les jeunes.  Beaucoup de devoirs pour les ados, un grand stress de travail pour le jeunes, ou il faut montrer qu’on est motivé en travaillant le weekend, en faisant des heures supplémentaires non payées, des stages et des cours du soir  qui augmentent les heures de travail totales. Une personne qui arrive au même diplôme avec un an de plus est jugée négativement, comme ayant raté son année.  Passé 40 ans, par contre, ils est beaucoup plus dur de trouver du travail, et fréquent de s’occuper, quelque soit notre profession de base,  deux ans à de lettres de postulations à plein temps. Evidemment, ça crée des emplois de secrétaires et de RH.

Les jeunes adultes de 20 ou 30 ans sont soumis au stress du travail, ils doivent se dépasser, travailler plus que leurs heures légales pour montrer leur motivation, accumuler des stages, changer de ville, etc.  Cela met leur santé en danger, et il faudrait l’éviter.

Ils devraient aussi bénéficier d’activités de bien-être, de recentrage, nature, art, musique à un prix très abordable. Il en va de la santé de la société, il faut mettre en place un système où les activités de bien-être ne sont pas une bizarrerie, mais sont normales pour chacun.

Les personnes de 30-40 ans ne devraient pas travailler 12 heures et se lever toutes les nuits parce que bébé est justement malade, le jeter à la crèche en vitesse et recommencer.

Les personnes entre 40 et 110 ans ne sont pas des déchets de la société. Elles en sont la moitié.   Au 19ième, les personnes de quarante ans étaient épuisées par un travail pénible et mourraient bien plus jeunes. Aujourd’hui, l’humain vit beaucoup plus longtemps en bonne santé. Nous ne devons pas voir les  voir comme avant.

Le travail devrait être mieux réparti au cours de la vie, avec moins de stress sur les jeunes, et l’integration des plus âgés. Les adolescents et les jeunes adultes jusqu’à 35-40 ans devraient avoir des activités de bien-être, sport, art, activités à l’extérieur.

Au Danemark l’âge était considéré différemment, les gens prenaient le temps de s’occuper d’eux-mêmes, le temps de faire autre chose, finissaient leurs études plus tard en moyenne.  Je ne sais pas exactement s’il y avait des encouragements légaux, mais il n’y avait pas ce stress énorme de trouver du travail tout de suite où jamais, ils étaient plus confiants d’avoir du travail, et recevaient un petit financement pour faire des études.

Ces réflexions ont été interrompues par l’appel d’un jeune homme qui me dit que j’ai gagné un conseil d’assurance gratuit, ‘c’est super, non ?’ Là, ce n’est plus de la vente, c’est de l’arnaque. Est-ce vraiment bien qu’il travaille? Bien sûr, il doit vivre, mais c’est un exemple d’emploi nuisible à la société qui devrait être remplacé par du travail utile.  J’espère que ce monde trumpien deviendra bientôt un monde bien organisé

Je crois qu’il faudrait que le bien-être soit assuré à l’école et au travail.  La population devrait travailler moins,  avec moins de stress sur les adolescents, sur les jeunes, et du travail à temps partiel tout au long de la vie. La réduction du temps de travail devrait assurer le succès du jardinage familial et des activités RRR.

Une des choses qui fait travailler les mamans est la peur de ne pas trouver de travail après une interruption. Il faut remédier à ce danger et créant des garanties de reengagement, des congés parentaux étendus et des adaptations du temps de travail. Il faudrait aussi assurer qu’il est interdit de prendre en compte l’âge du candidat à un travail, comme on interdit les autres discriminations, et augmenter la stabilité du travail, des contrats de travail.

Peut-être les personnes dans les emplois essentiels pourraient-elles exercer leur activité à mi-temps, et il y aurait deux employés pour un poste, avec la possibilité mentionnée d’office de les réquisitionner dans les situations d’urgence, et un salaire à 70%, ou  quelque chose de ce genre.

Ville verte

Nous utilisons trop de mètres carrés de constructions par personne. Où couper ? Je trouve qu’il n’est pas optimal qu’actuellement les familles achètent leur maison quand les enfants sont petits, 5-6 pièces, 200 m2, et y restent après le départ des enfants. Une étude américaine qui dit qu’actuellement, les familles sont souvent petites et préféreraient plus de contacts, par exemple des places de jeux communes, des piscines communes, plusieurs lieu qui seraient des lieux de rencontre et serviraient à 10 ou 20 familles. On pourrait imaginer des rangées de maisons mitoyennes convertibles, qui pourraient former un ou deux appartements, et au départ des enfants, les parents garderaient le bas et le haut accueillerait deux autres  autres personnes. Il faudrait créer des épargnes logement comme cela existe en France pour favoriser l’accès à la propriété.

Il faudrait des marchés de produits locaux, ou les objets d’occasions, très écologique, auraient leur place, privilégiée, à prix réduit.

En tout cas, les villes devraient offrir l’accès à des parcs, à des activités sportives et de bien-être à tous les habitants, à bas prix, pour assurer la santé de la population.