Qu’est-ce qui était urgent il y a six mois? Le climat! Et il l’est encore plus aujourd’hui!

Le climat doit être maîtrisé au plus vite. Nous devons réduire les émissions de carbone rapidement, avant que les glaciers suisses ne fondent, que les forêts tropicales ne meurent, que la fonte des glaces polaires n’inonde la moitié des terres cultivables.

Le réchauffement provoque déjà des inondations, des tempêtes plus fortes, des vagues de chaleur sans précédent, partout sur Terre et ces catastrophes vont s’aggraver. La Suisse sera aussi touchée par des nombreux glissements de terrain ou coulées de boue dans les montagnes.

Le canton de Vaud a déclaré l’état d’urgence climatique il y a six mois, en mars 2019.  Mais rien n’a changé.

De nombreuses mesures d’urgence devraient suivre rapidement cette déclaration et assurer notre sécurité. J’en propose trois, enfin quatre qui sont immédiatement réalisables et devraient être déjà en place.

Voitures

Les villes pourraient limiter fortement les voitures. La circulation automobile individuelle devrait être réservée aux personnes qui ne peuvent se déplacer autrement.  Le transport devrait être essentiellement assumé par les tram, les vélos et les taxis, et plusieurs rues pourraient être libérées du trafic.  La vie en ville se passe en priorité dans les rues piétonnes, et y est beaucoup plus agréable.  Sans voitures, il n’y a pas de bruit, de danger ni de pollution. Le stress diminue, et nous prenons le temps de vivre.  L’achat par correspondance réduit actuellement le besoin d’un véhicule pour le transport des achats, et leur nombre pourrait diminuer. Il faudrait peut-être assurer plus de transports publics.

De nombreuses excursions nature ou ski en transports publics pourraient partir de chaque quartier. Elles limiteraient l’usage de la voiture pour retrouver la Nature. Les changements pourraient être facilement rendus attractifs ou amusants, avec des petits trains touristiques en ville, des animations dans le bus, des fêtes, des activités sportives, etc.  Une ville sans voitures aurait un effet immédiat sur la santé de la population, limitant la pollution, le stress, et augmentant un peu l’activité physique. Elle serait aussi bénéfique pour la survie de la population aux inondations et catastrophes climatiques qui seront bientôt une menace très réelle pour nos vies.

Plastique

Le plastique à usage unique pourrait être rapidement interdit, avec préavis de quelques mois. Le plastique est à base de pétrole, il émet du gaz carbonique lors de la production et du transport, et crée une grave pollution. Surtout, il me semble qu’il se multiplie de façon incontrôlable, et rien, même pas des pailles, ne peut croître à l’infini.  Les objets et gadgets quasiment jetables en plastique devraient aussi être interdits ou fortement régulés.  Les emballages pourraient aussi être limités ou repris par le vendeur.

Construction

Enfin, les constructions devraient être devraient être suspendues pour la période d’urgence climatique. Les projets en cours pourraient éventuellement être menés à terme, même si cela n’a pas forcément de sens. La construction, y compris les matériaux et leur transport, pourrait être globalement le secteur économique le plus polluant (Prof Schellnhuber, PIK). Il faudrait prévoir sa contribution à la destruction future de la ville par les catastrophes climatiques, ou de combien chaque projet augmente ce risque.

Il faudrait aussi vérifier la sécurité de ces bâtiments face aux catastrophes que nous avons déjà provoquées pour 2030 ou 2040. Le risque d’inondation et de glissement de terrain augmentera tellement que les normes de constructions devraient être complètement modifiées, les tempêtes semblent plus fortes, peut-être plus fortes que les prévisions existantes. Nous ne nous rendons pas compte de ce qui nous arrivera bientôt. Dans ce cas, il faut vite améliorer les prévisions et y confronter les projets, ou se donner une grande marge de sécurité. Nous devrions par contre isoler et sécuriser les bâtiments existants, poser des volets qui protégeront les vitres, des toits solides, etc.

Finalement, dans un monde balayé par les catastrophes, de nombreux aménagements prévus n’ont simplement plus lieu d’être et il vaut mieux y renoncer rapidement.  Le commerce deviendra plus local à mesure que les transports et l’approvisionnement seront perturbés.

 

Plat végétarien

Un plat végétarien ou même végan devrait être exigé de tout lieu public. Logiquement, il devrait être moins cher, car les lentilles et le soja sont bon marché. La vente à grande échelle pourrait faire baisser les prix.  Et cela pourrait être très simple, une salade, des pâtes sauce tomate, des falafels ou des lentilles. Dans son rapport sur le sol publié en septembre 2019, le GIEC recommande de limiter la consommation de viande et de fromage.  L’élevage intensif des bovins, nourri au soja provenant de la déforestation de l’Amazonie, a un effet négatif, dangereux sur le climat terrestre et l’excès de ces aliments nuit à la santé, augmentant le risque de maladies cardiaques et de cancers. Le consommateur devrait avoir un vrai choix, idéalement de plusieurs plats végétariens pour en trouver un à son goût.  Et c’est urgent!

Mis à jour le 25.09 à 11h42

Réduisons rapidement l’effet de serre: d’immenses forêts et des villes en carbone

La transformation naturelle du carbone par les plantes et les animaux

Le réchauffement climatique cause des vagues de chaleur croissantes, des orages violents et des inondations. Ces événements s’aggraveront et menaceront nos constructions et nos vies.  Toute augmentation de l’effet de serre accroît le danger, et nous avons tout intérêt à le limiter au plus vite. En réalité, le plus intelligent serait d’éviter toute augmentation de l’effet de serre à partir de maintenant. Malheureusement, nous déjà perturbé la Nature, et la végétation, les sols et le permafrost émettent des gaz à effet de serre qui accélèrent le réchauffement (Climate Institute, Russian Academy of Science).

La capture du carbone doit devenir une priorité pour le monde entier. L’idéal est de l’accumuler dans les forêts et les sols, où il devrait être et où il aurait des effets bénéfiques sur les écosystèmes, le climat et la pollution. Nous devrons probablement chercher aussi d’autres solutions.

Des prototypes d’usines de capture de carbone apparaissent actuellement à plusieurs endroits, par exemple celle de Climeworks en Suisse. Ils capturent directement le carbone de l’air et le concentrent.

Paille (cellulose)

Bois (cellulose -lignine)

Les plantes et les animaux transforment depuis longtemps le carbone en tiges et feuilles de cellulose, en  bois, en récifs coralliens et en falaises de craie, composées de fossiles microscopiques de carbonate de calcium. Certains arbres sécrètent dans le sol des cristaux d’oxalate de calcium. Très lentement,  au cours de centaines de millions d’années, les plantes sont converties en pétrole, en gaz et en charbon.

La majeure partie du carbone capté par les végétaux forme les tiges et les feuilles des plantes cultivées.  Selon la FAO, ces parties inutiles pour nous servent à l’alimentation de bétail.  Il est bien sûr souhaitable qu’elles soient utilisées efficacement et non pas brûlés, mais les animaux qui les digèrent relâchent ensuite leur carbone dans l’atmosphère. Cependant, le bétail ne se contente pas de ces restes; la part des champs entièrement dévolus à la culture d’aliments pour bétail augmente vite. Il faudrait s’assurer qu’aucune feuille, qu’aucun brin de paille ne soit brûlé, qu’ils soient compostés, couvrent le sol, ou transformés en réserve de carbone. 

Il vaudrait  mieux accumuler durablement le carbone produit par les végétaux pour réduire l’effet de serre.

La matière végétale peut être stabilisée par combustion partielle, en biochar, une sorte de charbon de bois, que certains proposent d’enfouir ensuite dans les sols.

 

Produits de la biotechnologie

Actuellement, la biotechnologie utilise des plantes, des algues ou des bactéries et produit entre autres du méthane, des acides gras, des biocarburants (alcool ou substitut de pétrole), et des plastiques biodégradables.  Les composés naturels tels que la cellulose, le bois, le carbonate de calcium ou ces produits de la biotechnologie pourraient être le point de départ pour obtenir des formes de carbones stables que nous pourrions entreposer pour des longues périodes, ou utiliser à grande échelle, par exemple dans la construction. Celle -ci utilise des milliards de tonnes de béton, et émet actuellement énormément de carbone.

Construction écologique

Construction en bois

Maison à colombages, bois et paille/argile

La construction devrait utiliser autant de bois que possible, les architectes inventent actuellement des immeubles en bois. La paille peut être utilisée directement dans la construction sous forme de torchis, mélangée à l’argile, et forme un matériau facile à produire mais pas très résistant aux inondations. Des maisons écologiques en matériaux similaires peuvent être construites facilement sans matériaux industriels.

Inventer des matériaux carbonés?

On pourrait probablement produire par biotechnologie des briques de carbonate de calcium ou une variante un peu plus solide qui remplaceraient le béton actuel.  Il devrait être possible, de cloner les enzymes synthétisant le carbonate de calcium dans les algues ou les crustacés et le faire produire dans des algues dans des bioréacteurs ou d’immenses bassins.

Les animaux produisent aussi d’autres matériaux solides tels que des os, des dents, des perles grâce à des enzymes spécifiques. Mais en fait je n’ai pas très envie de voir une usine d’os poussant à l’infini.

Falaise de craie

Briques de craie naturelle

On pourrait aussi lancer des projets de recherche en chimie pour transformer les produits végétaux actuels en fibres de carbone, en  diamant ou en une autre molécule extraordinaire. Ce n’est bien sûr pas réalisable actuellement, mais une technologie nouvelle pourrait voir un développement analogue à celui des panneaux solaires et nos enfants ou petits-enfants pourraient vivre dans des villes en diamant.

 

Forme solide de carbone à inventer

A long terme, bien sûr, la construction doit avoir des limites,  la Terre ne pourra être entièrement recouverte de bâtiments, il faudra s’assurer qu’une partie suffisante de la Planète respire grâce aux forêts et au sol. A moyen terme, au 21ème siècle, nous devrons réduire l’effet de serre, gérer le carbone que nous émettons, et probablement celui relâché par des systèmes naturels perturbés.