La richesse provoque le réchauffement climatique

Affluence et croissance

Une nouvelle étude effectuée par un chercheur de l’ETHZ établit que la consommation des ménages aisés est la principale cause des émissions de carbone dans le monde (article). La plupart des Européens est dans cette catégorie.

Malheureusement, il  est bien établi qu’une réduction de la consommation dans les pays riches de 40 à 90% provoquerait une réduction de GDP similaire. Cela entraînerait une cascade de faillites et de chômage.  Comme la productivité augmente constamment, comme nous fabriquons toujours plus, nous devons acheter plus, au risque du chômage.  La consommation augmente d’ailleurs généralement avec la productivité. L’auteur mentionne l’influence de la publicité.

Actuellement, le revenu relatif à la société  est un des principaux déterminants du bien-être, alors que la course à la consommation de la société entière n’augmente pas le bien-être général.

Les achats et les loisirs des riches génèrent les désirs des pauvres.

La course à l’efficacité provoque aussi des achats, de voitures, d’ordinateurs.

Enfin, Les États soutiennent les entreprises vacillantes pour sauver les emplois (lien).

Malheureusement, l’impact sur l’environnement est énorme et très dangereux. De plus, L’épidémie de coronavirus a montré que nos comportements de consommation changent immédiatement face à un danger , et cela arrivera souvent à l’avenir.

Les auteurs de l’article misent sur des changements de comportements individuels et appellent la société à la réflexion et à proposer des solutions.

Solutions efficaces

Je vois trois façons d’inverser cette spirale de consommation – pollution. L’une d’elle serait de réglementer la taille des logements par personne, ce qui limiterait un peu le nombre d’objets acquis par foyer et éviterait le bétonnage de pays entiers. La construction devrait être strictement limitée.

Il faudrait créer beaucoup d’emplois publics, une moitié au moins dans des secteurs indépendants du commerce et de la publicité. Nous ne devons pas risquer l’effondrement si les ventes de voitures ou de vêtements diminuent, c’est vraiment mieux de créer des emplois publics que de soutenir  des secteurs polluants. Ils pourraient améliorer de nombreux aspects de la vie de la société.

Les emplois dans le domaine du climat sont quasiment inexistants, que ce soit dans la recherche ou dans l’adaptation au climat. Or, c’est le plus grave danger du siècle. Il faudrait une multitude de postes, dans la prévision du changement climatique, dans la recherche sur les solutions, dans la capture du carbone dans la végétation, dans le développement de solutions dans l’agriculture, la foresterie, l’horticulture, dans l’amélioration des chaînes de production et de transport, dans l’économie circulaire, dans l’adaptation aux catastrophes . Il faudrait un département de la sécurité environnementale, qui veillerait au maintien de nos conditions de vie sur Terre. Nous les avons perturbé, nous devons les restaurer. Nous devons nous rendre compte que l’air, l’eau, le sol, les forêts sont des éléments essentiels à la sécurité publique.

Les objets mis sur le marché devraient répondre à des critères de qualité très stricts, la publicité devrait disparaître et le fabricant devrait être responsable de la réparation de l’objet  vendu, il veillerait ainsi à sa qualité.

Addendum: merci pour les excellents commentaires qui portent vraiment la réflexion plus loin!

Les vagues de chaleur se multiplient sur Terre

La semaine passée nous a apporté des belles journées d’été suisses, ensoleillées mais pas trop chaudes. La température restait  en dessous de 30 degrés , comme c’était le cas il y a un quart de siècle.  Cependant la réchauffement planétaire continue.
Aujourd’hui, les Etats-Unis sont frappés  par une  forte vague de chaleur, qui touchera quasiment tout le pays. Dans certaines régions, en Californie et en Arizona, les températures prévues sont de 49 degrés Celsius. Selon les prévisions météo, cette canicule pourrait durer tout l’été, sans répit, et sa durée serait sans précédent.  Des vagues de chaleur plus longues avaient été prévues par certains climatologues.
La semaine passée, trois publications différentes ont montré qu’il y a plus de vagues de chaleur sur la Planète, et même que cette progression s’accélère. Une d’elle, émanant du centre de recherche du MetOffice britannique, montre que les changements de température sont indicatifs du réchauffement planétaire, et que les minima, les journées les plus froides, changent même plus vite que les journées chaudes (lien). Une autre montre que la Terre subit plus de températures extrêmes (lien), et que cette progression s’accélère.
James Hansen a analysé les températures en été dans l’hémisphère Nord. Elles montent, et cela de plus en plus vite. Elles ont augmenté d’environ un degré Celsius en quarante ans à la fin du 20ieme siècle , et de nouveau d’un degré en vingt ans, depuis l’an 2000. Le nombre de jours extrêmement chauds , pénibles, dangereux, très exceptionnels dans le passé, augmente aussi rapidement, en rouge foncé sur son graphique (lien).

L’augmentation des vagues de chaleur prévue par les climatologues est désormais très solidement prouvée. Elles se multiplient, s’aggravent et deviennent dangereuses.

Image Pixabay libre de droits

Les vagues de chaleur s’aggravent sur toute la Terre

Les scientifiques avaient déclaré il y a longtemps que des vagues de chaleur croissantes seraient un signe clair du changement climatique. Aujourd’hui, ils montrent qu’elles augmentent, s’aggravent et cela de plus en plus vite.

Les vagues de chaleur surviennent de plus en plus souvent sur une grande partie de la Terre. Autour de la Méditerranée, il y a six jours de canicule de plus chaque décennie depuis 1980. Les températures y ont atteint des valeurs extrêmes ces dernières années, jusqu’à 60 degrés au Bahreïn.

Dans les régions boréales, en Alaska et en Sibérie,  le changement climatique a des conséquences un peu différentes: il apporte parfois des vagues de chaleur très intenses, les températures montent alors à vingt degrés au au-dessus des moyennes normales.

Les canicules sont plus fréquentes,  la température monte plus haut et cela  dure plus longtemps. Les scientifiques ont développé une mesure qui tient compte de tous ces facteurs. Ils cumulent les degrés au-dessus de la normale subis tous les jours des canicules. Cette mesure qui intègre la fréquence et l’intensité permet de prouver que les vagues de chaleur ont augmenté sur quasiment toute la Planète. L’augmentation est plus rapide depuis 1980.

Les zones les plus touchées sont la côte nord-est de l’Amérique du Sud, le Nord de l’Afrique et le Proche- Orient.  Les canicules frappent partout. Au mois de mai, la Sibérie subissait une vague de chaleur de 20°C au-dessus des normales,  en juin au Vietnam il faisait si chaud que les agriculteurs plantaient le riz la nuit à la lampe frontale car il ne pouvaient plus travailler le jour, en Californie les moules ont cuit au bord de l’océan…

En voyant les vagues de chaleur de plus de 20 degrés en excès qui frappent l’Arctique, je me demande si l’air extrêmement chaud du Proche-Orient pourrait un jour atteindre l’Europe. Avons-nous besoin d’abris contre les vagues de chaleur extrêmes?
https://phys.org/news/2020-07-heatwave-trends-worldwide.html

 

Les vagues de chaleur se multiplient sur Terre

Immense défi pour les écologistes français

Des grandes villes écologistes

En France les écologistes ont emporté les élections dans plusieurs grandes villes. Ils arrivent au pouvoir au moment même où nous apprenons que le PIB mondial diminue de 5 % cette année. Toute la Terre fait face à une crise sans précédent. Plusieurs  économistes annonçaient déjà cette crise l’année passée, ou déclaraient que l’économie était maintenue artificiellement en vie depuis 2008. Les catastrophes climatiques ont commencé, il est minuit moins trois pour sauver l’Humanite de la spirale accélérante du changement climatique. Nous avons perdu plus de la moitié d’oiseaux et d’insectes d’Europe, les forêts vierges sont malades partout dans le monde.

L’élection des écologistes réduira probablement le nombre de futurs cancers qui menacent actuellement un Européen sur deux, et qui augmentent. Ils proposent en général de surveiller efficacement la pollution et les additifs toxiques dans l’alimentation. Ils pourraient même promouvoir des comportements sains.

Améliorer l’accès aux aliments locaux

Le confinement pourrait recommencer. Les maires écologistes pourraient s’équiper de camions, acheter la nourriture locale et la ramener en ville, ou créer des bus d’auto-récolte, pour que les aliments produits en France ne soient pas gaspillés, et pour que les Français aient à manger, comme  le conseillait René Pelisson récemment. C’est essentiel.

Emplois utiles ou revenu minimum garanti

Face a la crise mondiale sans précédent il faut créer un grand nombre d’emplois écologiques, sociaux, des emplois dans  le bien-être, des cours de musique, des cours de sport offerts par les villes à leurs habitants qui amélioreraient leur bien-être et leur santé. Il faudrait aussi s’occuper plus du bien-être des enfants, les traiter avec gentillesse, leur permettre une enfance sans stress, remplie de jeux et d’amour. Un revenu minimum garanti serait aussi une bonne solution pour éviter la panique, le désespoir, et les emplois absurdes.

Réutilisation plus écologique des biens

Une diminution du PIB de 5% signifie-t-elle que 5% d’objets en moins sont produits ou vendus cette année? En réalité, il y en a déjà  trop. Du reste, la valeur réelle de nombreuses maisons sur Terre a augmenté, car elles ne seront pas détruites par les ouragans climatiques, où le seront plus tard. Cela dit,  les maires écologistes  pourraient améliorer la recyclage, la réutilisation et la réparation de nombreux objets déjà présents dans la ville. Il faudrait interdire la publicité et favoriser la location (blog précédent selon l’UNPE) .

Production massive d’aliments végétariens

Nous devons limiter la production industrielle de viande. Il faudrait lancer la construction de grandes usines d’aliments végétariens de galettes de lentilles, de nuggets de soja, de saucisses de pois, qui les produiraient très bon marché. En général, il faudrait arrêter les constructions, sauf celles en bois (UNPE, prof. Schellnhuber), résistantes aux ouragans et aux inondations, et utiles à la population.

Je suis sûre qu’ils ont des idées magnifiques.
Les villes françaises deviendront-elles bientôt des jardins d’Eden, remplies d’arbres fruitiers et de fleurs?

La Suisse, des rochers nus?

La sécheresse de cet hiver et du début du printemps a fragilisé de nombreux résineux. Les épicéas et les sapins blancs sont très touchés autour du Lac Léman. Tout un étage forestier pourrait disparaître cette année.

C’est une très mauvaise nouvelle à de nombreux égards. La faune des forêts suisses pourrait en souffrir énormément, Même des espèces que nous croyions en sécurité courent un risque à brève échéance.

Les étendues d’arbres secs constituent un énorme risque d’incendie pour cet été, il doit être bien géré. Faudra-t-il évacuer des zones ou des maisons à risque? Un immense incendie comme Fort Murray nous menace-t-il?

L’avenir  des anciennes forêts est incertain  dès que les grands arbres formant la canopee disparaissent. La zone devient beaucoup plus chaude car elle est plus exposée au soleil et à cela s’ajoute le réchauffement climatique. Le microclimat local devient complètement différent. Ces espèces ne repousseront pas spontanément au même endroit.

La première photo montre un arbre qui pousse sur un rocher, la deuxième, des racines d’arbres qui forment un réseau sur le rocher, atteignent le sol en dessous, et maintiennent le rocher en place.

Dans les montagnes les premières plantes poussent dans une poignée de terre dans le creux d’un rocher. Le réseau de racines  s’accroche à la pierre, maintient le sol en place, et permet à des jeunes plants de germer dans la terre maintenue par les racines des vieux géants. Les feuilles mortes se décomposent sur place et enrichissent le sol. Qu’adviendra-t-il si des pans entiers de forêt disparaissent? La mince couche de terre maintenue en place par les racines des arbres pourrait être vite lessivée par les pluies de plus en plus intenses, ce qui provoquera des coulées de boue. Notre génération pourrait bien laisser derrière elle des rochers nus, sans aucune végétation, et des vagues de chaleur intenables.

 

En Grande-Bretagne, la végétation pourrait profiter du changement climatique

Comment le changement climatique affectera-t-il la végétation?

Une équipe de scientifiques anglais a prédit les changements de végétation qui pourraient survenir au cours du réchauffement.  Ils prévoient des soudaines modifications de la biomasse végétale en Grande Bretagne, la mort de certains végétaux ou une soudaine croissance luxuriante favorisée par le climat. D’après leurs calculs, il y aura de nombreux changements brusques, des périodes où la végétation dépérira et d’autres où elle deviendra luxuriante, plus abondante qu’aujourd’hui. Leur modèle pourrait permettre de détecter ces changements l’année précédente ou celle d’avant. Il anticipe surtout la croissance accrue des végétaux.

Les plantes dominantes des écosystèmes britanniques garderaient ce rôle, mais pourraient soudainement croître beaucoup moins ou au contraire proliférer. Le réchauffement seul pourrait poser des problèmes à la végétation, mais l’augmentation de CO2 la favorisera.

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/gcb.15144

Ce modèle calcule seulement l’effet direct du climat sur la végétation , la chaleur, la sécheresse et les pluies. Il ne prévoit pas les infestations de bostryches, l’émergence de nouvelles maladies ni les feux de forêt.  Il pourrait vraiment sous-estimer le stress imposé à la végétation.

Une montée de niveau de la mer importante pourrait diminuer la surface fertile de la Grande-Bretagne, la mer s’infiltrerait loin dans les terres. Les changements seraient alors beaucoup plus importants et plus catastrophiques que prévu.

En Grande-Bretagne, la végétation pourrait profiter du changement climatique. Cependant, selon Chris Boulton, il serait très utile d’effectuer ce type de simulations pour toute l’Europe. Les résultats pourraient être différents. Les climats méditerranéens pourraient subir une perte de la végétation.  Des nouvelles maladies  aggraveraient encore ce problème.

Finalement, je rappelle que la Grande-Bretagne, comme toute l’Europe, était naturellement couverte d’une immense forêt. La végétation y a été modifiée par l’activité humaine. Les terres ont été déboisées pour les cultures et pour l’élevage, et consomment lentement le carbone du sol produit par les anciennes forêts. La végétation pourrait naturellement être beaucoup plus importante, capter plus de carbone, former plus de sol, stabiliser le climat local et limiter la pollution.  Les forêts originelles devrait être recréés en Europe et conservées partout où c’est possible.

 

 

Article: https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/gcb.15144

La Sibérie est touchée par une vague de chaleur exceptionnelle, 35°C au mois de mai

La Sibérie, située au Nord de la Russie, est une des régions les plus glaciales de la Terre. Le froid peut y atteindre -70°C, et dans des nombreuses régions, le sol est un permafrost. Il est gelé en permanence depuis des milliers d’années sur des centaines de mètres et ne dégèle qu’en surface.
En général, les températures deviennent positives autour du mois d’avril, et avoisinent les 10 degrés en mai. Cette année, les températures de la Sibérie sont anormalement élevées depuis janvier, et mai a apporté une vague de chaleur exceptionnelle, des températures de 30 à 35°C.

Les records précédents ont été battus de plus de dix degrés. L’événement est aussi improbable qu’une température de 35°C en Europe Centrale en mars ou avril, et ce dérèglement climatique est inquiétant. Nous avons aussi vécu des jours étonnement chauds en hiver et en mars, et des perturbations plus importantes pourraient survenir. Je crains qu’un jour prochain, les températures estivales chez nous pourraient monter à dix degrés au dessus-du record précédent. Les Sibériens ont délaissé les vestes d’hiver pour la plage, et souffrent de la chaleur inhabituelle.

C’est un bouleversement total pour une nature qui habituellement émerge tout juste de l’hibernation, à la période de la fonte de neige. La végétation a démarré un mois plus tôt, les arbres fruitiers étaient en fleur fin avril, et ensuite les températures ont encore augmenté.

Les glaces ont sur les fleuves ont fondu, les tiques ont proliféré de façon exceptionnelle. De nombreuses espèces ne sont pas du tout adaptées à la chaleur.
Une sécheresse inhabituelle provoque des feux de forêt immenses. L’année passée, Greenpeace alertait déjà sur ces incendies, mais ce printemps, ils sont beaucoup plus étendus.

Cette vague de chaleur, qui s’est déplacée vers l’Arctique, précipite la fonte du permafrost, ainsi que de la glace recouvrant la mer Arctique et de celle du Groenland.

 

Addendum le 17 juillet: Les scientifiques ont maintenant analysé les températures de la Sibérie entre janvier et juin, et ils ont montré que cette vague de chaleur était quasiment impossible sans réchauffement climatique. Lorsqu’ils admettent le changement climatique, la vague de chaleur qui s’est produite récemment devient possible, elle pourrait survenir tous les 130 ans. Je me demande si elle ne serait pas encore plus probable dans l’hypothèse d’un réchauffement accéléré. https://www.worldweatherattribution.org/siberian-heatwave-of-2020-almost-impossible-without-climate-change/

La mort des grands arbres condamne les forêts tempérées

Les jours de pénible chaleur, nous nous abritons de la chaleur dans la forêt. Il y fait bien plus frais et plus humide (Martine Rebetez), la lumière est douce et verte, filtrée par les couronnes des grandes arbres. Les jeunes végétaux s’élancent vers la lumière, et lorsqu’ils ont atteint une plage de soleil libre, ils s’étalent et l’occupent au maximum. Les arbres captent la lumière du soleil et utilisent son énergie. Cette mosaïque de cimes d’arbres entremêlées forme la canopée, le plafond de la forêt. Elle est remplie d’une vie que nous voyons à peine d’en bas. Elle maintient le microclimat de la forêt, assure la fraîcheur et l’ombre les jours de grande chaleur.

Malheureusement, les vagues de chaleur croissantes et les sécheresses qui les accompagnent menacent les géants de la forêt. Les plus grands y succombent les premiers. Une étude en Californie a montré que le manque d’eau est surtout fatal aux séquoias les plus hauts (lien), qui succombent à la cavitation lors des sécheresses.

Les feux de plus en plus fréquents détruisent ce plafond naturel, dispensateur de fraîcheur, sous lesquels les jeunes arbres se développent habituellement.
Leur absence change le microclimat de la forêt. S’ils ne sont plus là, les jeunes plants pousseront au soleil, à des températures beaucoup plus élevées qu’à l’ombre. Ils auront à affronter un climat doublement plus chaud, à cause du réchauffement climatique et de l’absence de la canopée.
Dès que les grands arbres disparaissent, la forêt change. Les espèces de climat tempérées proliféraient sous la canopée, dans la fraîcheur. Au soleil, les plantes des pays plus chauds se développent mieux. La forêt tempérée ne repousse pas, elle est remplacée par une autre, supportant la chaleur (étude).

 

Une étude récente dans Science (lien) montre que la canopée est cruciale pour la survie de la forêt, et que dès qu’elle disparaît, les espèces autochtones périclitent et font place aux espèces tropicales.

Ce n’est pas une bonne nouvelle, car actuellement les grands arbres sont menacés par la sécheresse et les feux. De nombreux végétaux cèdent au changement climatique (blog précédent), d’immenses incendies de forêts ravagent actuellement la Sibérie, les grandes forêts américaines subissent aussi des méga-incendies ces dernières années.

Devons-nous alors sauver coûte que coûte les forêts existantes, par exemple par une irrigation, ou pouvons-nous faire confiance à la Nature pour remplacer nos forêts par une jungle tropicale?
Tous nos écosystèmes disparaîtra-t-il ces prochaines années avec les grands pins et les hêtres?  Sera-t-il remplacé par un autre? Je me demande si un écosystème tropical peut se récréer ici spontanément. Contrairement aux changements climatiques passé, celui-ci se produit beaucoup plus vite, les anciens arbres pourraient donc disparaître avant que le nouveaux, intermédiaires n’aient poussé. D’autre part, les espaces naturels qui subsistent sont petits, limités, séparés par des villes, des champs stérilisés aux pesticides et des routes. Comment les animaux des écosystèmes tropicaux viendraient-ils ici? Allons-nous planter des eucalyptus et importer des koalas dont l’écosystème naturel disparaît dans les incendies?  C’est un des grands problèmes du moment, nous devons nous y atteler tout de suite.

Les forêts suisses meurent-elles cette année? Si elles vivent encore, sauvons-les maintenant!

 

Les forêts suisses meurent-elles cette année? Si elles vivent encore, sauvons-les maintenant!

Les arbres de nos forêts meurent

Au printemps passé, des pins ont bruni par-ci par-là dans le Chablais. En été, ces arbres ont pris une teinte rousse et leur mort est devenue apparente.

Ils ont apparemment succombé aux bostryches, mais ceux -ci attaquent en priorité les individus tombés ou affaiblis, par exemple par la sécheresse.

Cette année les pins sur les collines environnantes semblent trop bruns contre le vert frais des jeunes feuilles autour d’eux. Là, ce n’est pas un pin sur dix, mais une grande partie, la moitié de la forêt peut-être. J’ai peur qu’ils ne meurent, que la moitié de la forêt ne dépérisse cette année.

Cubly-Belvédère, Vaud, le 10 mai 2020

Et les arbres meurent partout autour de nous. En France, dans l’Est de la France, un dépérissement important des sapins pectinés a été observé l’année passée. Affaiblis par les changements climatiques, les végétaux succombent aux insectes. Dès qu’ils rougissent, ils sont condamnés. Les sapins blancs du Jura ont aussi été touchés, ainsi que des forêts de hêtres. Les arbres meurent du réchauffement climatique en Afrique, en Amérique du Sud, les séquoias en Californie, les genévriers au Moyen-Orient, les chênes en Espagne et en Grèce. De nombreuses forêts pourraient disparaître ces prochaines années (lien).

Les arbres sont essentiels à notre biosphère

Les bois modèrent le climat, attirent la pluie, purifient l’air, abritent les animaux. La mort des arbres est un signe de plus de la mort de la Nature, de la fin de notre monde. Elle survient après la disparition de la majorité d’insectes, d’oiseaux, de hérissons de notre environnement. Tout meurt autour de nous, remarquons-le.  L’ampleur des changements dépasse les prévisions. Serons-nous épargnés?

Actuellement, certains essayent de mettre un prix sur les services que la Nature rend à l’Humain. Mais quel est le prix réel de l’air, de l’eau, du climat modéré dont nous avons absolument besoin pour vivre? Combien serons-nous prêts à payer pour respirer ou pour ne pas être exposés à 60°C? Réaliserons-nous assez tôt que ces éléments absolument nécessaires à notre survie sont menacés? Nous avons besoin de la Nature de maintes autres façons, nous ne comprenons que partiellement la façon dont les différents éléments de la biosphère interagissent entre eux. Bien de fois par le passé, la disparition d’un animal ou d’un insecte a permis de constater une perturbation de l’environnement dangereuse pour l’Homme aussi.

La mort des arbres ajoutera à l’effet de serre. Ces végétaux maintiennent en place le sol de la forêt, grâce à l’arbre, tout l’écosystème forestier existe et prolifère, animaux, insectes, mycorhizes millénaires. Le sol n’est pas du sable, mais un enchevêtrement de racines, de feuilles mortes et d’insectes et de micro-organismes vivants.

SI les forêts de montagne disparaissent, bien de rochers ne tiendront plus, des coulées de boue encore plus importantes se produiront, s’ajoutant aux effets des les précipitations de plus en plus intenses.

Les modèles climatiques prévoient que le réchauffement causera la disparition totale de l’épicéa , du hêtre, et des problèmes climatiques pour le sapin et pour le chêne dans les collines et les montagnes où ces arbres subsistent encore (lien).  Actuellement, la Nature change plus vite que prévu.

Arbres menacés dans les zones montagneuses où les forêts subsistent encore. Pour l’épicéa le risque est encore plus important.

Il est probablement inutile de planter des hêtres et des chênes, mais que faut-il prévoir? Des bambous? Des eucalyptus? Des palmiers? S’ils survivent aux températures de 50°C, y arriverons-nous? Le pays sera-t-il alors balayé de tornades et d’ouragans?

Il faut un plan d’urgence pour les arbres

J’aimerais que les forêts actuelles soient sauvées, qu’elles survivent le plus longtemps possible, dix ou vingt ans, jusqu’à ce que nous ayons repris nos esprits et remis le climat sur la bonne voie. Il faudrait aussi planter le plus des arbres possible, au-dessus des trottoirs, au-dessus ou à la place des parkings, partout où un mètre carré est disponible. Nous serons bientôt heureux d’avoir de l’ombre.

Les pins sont apparemment attaqués par des insectes, des bostryches, quand ils sont affaiblis par la sécheresse. D’autres arbres succombent directement au manque d’eau.

Il faut former un organisme chargé du sauvetage des forêts, déclarer le pays en état de catastrophe naturelle, et déployer des moyens suffisants pour sauver les forêts. Des chômeurs, il y en a,  et je veux bien aller creuser bénévolement pour sauver les forêts.

Combien de forêts pourraient être sauvées avec un réseau de réservoirs et de bisses qui éviteront la sécheresse au printemps? A bien d’endroits, la fonte des neiges fournirait suffisamment d’eau.  Un arrosage artificiel modéré pourrait être considéré aussi. Pouvons-nous préparer des canaux d’arrosage pour le printemps prochain pour des forêts qui montrent des signes de sécheresse cette année mais où les arbres survivent encore?

La forêt est un écosystème ancien et très diversifié, elle abrite des milliers d’insectes et elle fonctionne ainsi, dans l’équilibre de nombreux êtres vivants. Un arrosage d’insecticide décimerait la vie de la forêt.

  Naïvement, pourrions -nous tenter un élevage à grande échelle de pics qui seraient libérés dans la forêt? Le WSL a la liste des ennemis des scolytes (lien). Pouvons-nous organiser des lâchers d’insectes protecteurs?

Nous devons nous mobiliser pour sauver les bois, créer un organisme d’action et investir des moyens suffisants. Ce sera vite rentabilisé par l’évitement de glissements de terrain, sans parler d’un climat supportable.  Signalez aussi tous les arbres jaunis qui apparaîtront de plus en plus clairement ce mois-ci.

Le mois d’avril a été exceptionnellement sec, l’hiver très doux: https://www.meteosuisse.admin.ch/home/actualite/infos.subpage.html/fr/data/news/2020/5/bulletin-climatologique-un-mois-davril-extremement-chaud-ensoleille-et-sec.html

La mort des grands arbres condamne les forêts tempérées

 

 

Le climat, comme la pandémie, doit être maîtrisé le plus vite possible

Un monde déstabilisé

Enfant, j’ai appris le monde qui m’entourait. Les mois se succédaient, attendus, des hivers blancs, des printemps fleuris, des étés aux nombreux jours frais et pluvieux. Je croyais vivre sur une Planète où le cycle des saisons était immuable, mais ces dernières années j’ai vu des températures de presque vingt degrés en hiver, des pluies tropicales, des chaleurs sans précédent, des automnes qui d’attardent jusqu’à Noël.

Je ne veux pas de cette Terre-là, je veux de la neige en hiver comme par le passé. Je ne veux pas de ce film de science-fiction où une phalange en combinaison étanche répand un nuage de désinfectant dans la rue.

J’aimerais surtout que le monde soit constant et prévisible comme il semblait l’être auparavant.

J’aimerais pouvoir planifier mes prochaines vacances et sorties sans prendre en compte les épidémies, les catastrophes climatiques, les frontières fermées.

Malheureusement, cela deviendra de plus en plus rare, puis quasiment impossible. Nous avons atteint plusieurs limites du système planétaire: la disparition d’écosystèmes, la déforestation, la pollution des sols, le réchauffement climatique (Stockholm Resilience Center) empêcheront désormais la vie sur Terre de se dérouler comme elle l’a fait jusqu’à présent. Des catastrophes et des états d’urgence de plus en plus fréquents nous attendent, et pourraient devenir extrêmement graves.

Nous entrons dans une période de turbulences. L’Etat doit organiser l’alimentation, la santé, la sécurité face aux différents dangers qui nous menacent. Il doit mieux les anticiper et préparer des plans d’urgence pour toutes les catastrophes prévues par les experts.

Au niveau personnel, nous devons peut-être aussi inventer un nouveau mode de vie adapté à ces circonstances. Il faudra désormais nous focaliser sur la survie et sur l’essentiel.

Pas ce monde-là                                             Ce monde

Mieux vaut prévenir que guérir

Lors de l’épidémie actuelle, nous voyons défiler en accéléré quarante ans de politique climatique. Les experts ont prévu le changement climatique, mais très peu a été fait jusqu’à ce que ses effets se fassent réellement sentir.

Les scientifiques chinois ont prédit la pandémie et son évolution.  Le gouvernement a peut-être sous-estimé tout d’abord la gravité de la situation, puis, confronté à la multiplication rapide du nombre de cas, a pris des mesures pour l’arrêter. Dans l’allocution du vendredi treize par exemple, le Conseil Fédéral avait annoncé qu’il agirait en fonction de l’évolution de la situation, à mesure que des nouveau cas se présenteraient.

Pourtant, la suite des événements était déjà prévue et annoncée par certains experts, je l’ai lu dans les journaux.  Au tout début, il aurait probablement été possible d’isoler seulement les personnes qui sont entrées en contact avec les malades. Une semaine plus tard, le virus a contaminé bien fois plus de Suisses, et tout le pays finit en semi-isolation. Les hôpitaux se remplissent actuellement de patients contaminés avant l’instauration des mesures actuelles (écoles fermées, télétravail généralisé, interdiction de réunion de plus de cinq personnes). Espérons que celles-ci portent leur fruits et que la contagion s’arrête bientôt.  Elles devraient éviter qu’il n’y dix fois plus de malades à la fin de la semaine prochaine, et cent fois plus dans deux semaines.

Et encore, la prise de conscience de l’épidémie de covid-10 a été incomparablement plus rapide que celle du climat, qui est attendue depuis quarante ans.  Comme pour le coronavirus, la situation doit être maîtrisée très vite car elle deviendra de plus en plus difficile à contrôler. Plus les mesures tardent, plus l’action devra être énergique. Récemment, nous avons déjà perdu quelques personnes dans des rivières en crue, dans des forts orages et dans des grandes avalanches. Que ferons-nous quand il y aura plus de victimes du climat? Selon l’ONU, il nous reste environ un an pour mettre en place des solutions efficaces pour la réduction des émissions de carbone.  Si nous tergiversons quelques années encore, le problème deviendra si grave qu’il faudra alors par exemple recourir à l’arrêt de toutes les voitures et du chauffage des appartements pour rester en vie.

Nous devons tout de suite mettre en place plusieurs solutions pour réduire l’effet de serre et pour maîtriser le réchauffement climatique. Il nous reste peu de temps, mais nous pouvons encore y parvenir.